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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 19:38

            08 mars

 

            Ce sera encore une journée tranquille avec peu de kilomètres au compteur puisque nous partons en direction de Taouz.

Mohamed est venu apporter les crêpes et a chargé Lucien de les donner  au « Pacha » à savoir Paul, encore dans les bras de Morphée. Devant s’absenter il viendra  saluer tout le monde, nous demandant de prendre des cartes de visite et de les donner aux camping-caristes. Ce que nous ferons lorsque l’occasion se présentera car nous sommes très satisfaits des prestations et de l’accueil.

            Personne n’est pressé, c’est internet pour les unes, réglage TV pour les autres…. Décollons donc vers 11h30 pour un arrêt en ville, pain, eau, chez un petit commerçant très aimable.

                                                              DSC 9376L’heure du repas approche, passons le dernier village et nous nous installons.

Manger dehors est un véritable plaisir, le lieu est calme et en toile de fond nous avons l’erg Chebbi et ses belles dunes orangées. A peine installés dans ce décor de rêve que les enfants viennent étaler leurs fossiles, un puis deux puis une ribambelle. Ils sont gentils, pas agressifs, mais tentent de nous soutirer quelque chose.

 

DSC_9378.JPG

           

        Roulons dans la hamada désolée et noire où poussent quelques arbres rabougris, des reliefs tabulaires noirâtres barrent l’horizon, seules des fleurs éparses roses ou jaunes égaient un peu cette route rectiligne et monotone. Les passages d’oueds sont un peu chaotiques et nous secouent, sans doute pour aider notre digestion….

           DSC_9380.JPG Taouz apparait, là s’arrête le bitume, là commence la piste…..  Taouz est une bourgade aux confins du désert, un village de militaires, avec un grand collège où les enfants sont internes et viennent même de Merzouga. Les petites maisons basses, carrées et en pisé possèdent un petit dôme borgne. Un peu plus loin le vieux village de Taouz, avec beaucoup de maisons abandonnées. Peu d’habitants y sont restés,  la plupart ont émigré depuis la sécheresse des dernières décennies, allant chercher ailleurs  le travail qu’ils ne trouvaient plus ici.

            Nous rebroussons chemin, puis virons à gauche et après trois kilomètres de bonne piste nous arrivons au Bivouac camping Znigue, une immense cour encadrée de murs aux pieds des dunes. Personne à l’horizon pas même le patron.

            Il fait chaud les relax sont les bienvenus même si une brise légère rafraichit un peu l’atmosphère, nous nous reposons, lisons ou nous prélassons.

            Ces magnifiques dunes m’attirent, personne ne peut venir, Paul a toujours sa « patte folle », le soleil est encore trop violent pour Barbel qui veut se protéger. C’est donc seule, à grandes enjambées, appareil photo à la main, que je parts à l’assaut de la première dune. Celle-ci sera vite gravie, le sable est assez dur et permet une progression rapide. Le panorama est immense, un esprit de liberté m’anime et mes idées vagabondent.

            Côté face le sable est lisse presque compact, côté file il est tout plissé, on croirait la peau ridée d’une vieille dame burinée pas les ans. Je monte, je descends, j’admire ces sculptures faites par le vent, au gré de mes envies. Escalader des dunes demande quelques efforts, dur dur parfois d’arriver au sommet de ces collines mouvantes où l’on fait souvent deux pas en avant et un en arrière.

           DSC_9396.JPG Il y a tant de scarabées bleus  et tant des traces de leurs petites pattes agiles que l’on croirait que  le rallye des sables est passé par là. Mais où est l’enjeu ? Un scarabée creuse un trou à la recherche d’un peu de fraicheur, sa tête avance lentement dans ce sable mou alors que les pattes arrières jouent le rôle de pelles et le  projettent à l’extérieur.  Amusant de voir cette vie dans un endroit aussi désert et aride.

            A l’abri du vent de petites graminées aux frêles épis semblent une providence de la nature, posées là pour retenir ce sable si fin et si mouvant qui ne demande qu’à se déplacer. DSC_9407.JPG

            Des dromadaires broutent des épineux et bien qu’entravés se déplacent lentement, levant parfois la tête pour me regarder d’un air interrogateur.  Quelle est donc cette intrus, en short et débardeur, un drôle d’objet à la main, qui se promène sur les crêtes ?

            Des dunes, encore des dunes, toujours des dunes, quel bonheur de les fouler sans contrainte. Encore un petit bout du monde comme je les aime, personne à l’horizon ou presque. Seuls, sous deux tentes blanches, des trekkeurs semblent attendre le coucher du soleil et peut être une nuit réparatrice après de longues heures de marche dans le désert.

           DSC_9409.JPG Ce sable façonné par le vent est changeant, une simple petite herbe peut tournoyer sur sa tige et décrire un cercle aussi bien qu’un compas, surprenante cette nature qui semble figée mais qui est en perpétuel mouvement.

            Du haut d’une belle dune les camping-cars ne semblent qu’une petite tache blanche, les amis autour, que des petits points noirs perdus dans l’immensité. Fouler ce sable chaud qui glisse sous mes pieds nus est un moment agréable.

            Le petit disque irisé pâlit tout doucement, ses rayons perdent leur ardeur et Barbel peut venir faire un petit tour avec moi dans ce coin magique où je me sens parfois grain de sable, infiniment petite et fragile, balancée par le vent et pas toujours maître de mon destin.

            Arrivée au bivouac j’essaye de retracer mon ressenti, de décrire ce que j’ai vu, mais les mots me manquent, le désert ne se raconte pas, il s’admire, il se vit.

            Paul et Lucien, en bons samaritains aident à décharger un camion. Le propriétaire, un homme jeune, au turban bariolé, vient nous voir, alors que des Néerlandais arrivent, Barbel fait l’interprète, le tarif sera de 15dh, une misère. Il est vrai que pour l’instant il n’y a pas grand chose (ci-dessous les sanitaires). Mais la beauté du lieu fait oublier tout cela, surtout que nous avons tout à porté de main, dans nos petits cubes.DSCN9292.JPG

            Le coucher du soleil est magnifique dommage, nous aurions dû monter sur la dune comme les trekkeurs. Le ciel s’embrase et puis c’est la nuit.

 

            09 mars

 

            Dés la grande route retrouvons avec beaucoup de plaisir le long cordon de dunes oranges de l’erg Chebbi qui s’étire bien après Merzouga. J’avais envie de m’arrêter juste pour admirer encore une fois ce paysage fabuleux et m’imprégner de la magie des lieux. Après c’est la hamada noire et monotone avec çà et là des petites touffes vertes. Au revoir Merzouga nous reviendrons…..

            Peu après Rissani prenons à gauche la Nle 12 qui se faufile au milieu d’une steppe aride, battue par le vent et écrasée sous le soleil, il fait déjà plus de 30°, la pierre se mêle encore un peu au sable roux. Puis c’est un paysage austère parfois grandiose, peu de villages, quelques rares palmiers un peu déplumés pointent leurs palmes vers un ciel d’azur et semblent lutter avec l’énergie du désespoir contre la sécheresse qui persiste depuis plusieurs années.

            CSC_9426.JPG Nous arrivons à Alnif.  La palmeraie verdoyante ressemble à un long et étroit ruban vert,  les femmes rentrent des champs avec leurs ânes lourdement chargés. Ici les graminées sont très hautes et leurs épis vert clair ondulent sous la brise.

            Le village de Tazzarine et sa vaste palmeraie apparaissent, c’est ici qu’il y deux ans, avons vue l’arrivée impressionnante du Marathon des sables. De temps à autre des arganiers un peu torturés sans doute par le climat tentent de résister dans ce milieu hostile et sec.

            Le village M’Cissi s’étale dans une petite palmeraie aux pieds du djebel Ougnat, sur ce vaste plateau l’altitude varie entre 600 et 800m. Les pommiers de Sodome ne sont pas encore en fleurs mais ils ont des allures d’arbustes aux gros troncs beiges. Le djebel prend des formes diverses et ressemble souvent à des tajines hérissés de rochers sombres ou forment de grands sillons transversaux.

           DSC_9441.JPG Poursuivant notre route dans ce milieu inhospitalier,  au milieu de nulle part, surgit une petite oasis  autour de N’Kob qui est un admirable village en pisé, très propre et bien restauré, à l’écart des grands circuits touristiques et qui a gardé son authenticité. Il comporte 45 casbahs dont certaines dates de plus d’un siècle, c’est le fief de la tribu des Aït Baha. Nous flânerons dans le village en toute tranquillité, avons d’ailleurs laissé nos trois camping-cars sous la surveillance d’un adolescent. N’Kob vit de l’agriculture, dans l’oasis, irriguée par les oueds venant du Djebel Sarho, à l’ombre de beaux palmiers poussent maïs, blé et fèves. C’est un véritable enchantement de voir la verdure éclatante des jardinets sous les palmiers dattiers.

            La route se glisse entre les versants plissés de couleur violine du Djebel Sarho, massif volcanique modelé par l’érosion à droite et du Djebel  Amou à gauche, elle sera entrecoupée de nombreuses déviations sur piste qui ressemble parfois à de la tôle ondulée, nous obligeant à ralentir considérablement, faisant ainsi chuter lamentablement notre moyenne et nous plongeant dans des nuages de poussières. Il fait très chaud, l’atmosphère est étouffante nous apprécierons nos climatisations.

           CSC_9452.JPG La route rejoint la vallée du Draa et sa majestueuse palmeraie et ne s’en éloigne guère jusqu’à Agdz. L’oued est très large et ses eaux encore boueuses témoignent des violentes pluies qui se sont abattues au Maroc ses dernières semaines. Le Draa est le plus long cours d’eau du Maroc, qui nait près de Ouarzazate mais qui n’atteint qu’exceptionnellement l’océan sauf lors de crues exceptionnelles et se perd dans les sables après le coude de Mhamid. Au niveau de la casbah de Tamnougalt la hauteur et la force de l’eau ne permettent plus de traverser le Draa, chose que nous n’avions encore jamais vu.

            Agdz est un site remarquable  dominé par l’étrange silhouette du Djebel Kissane qui culmine à 1531m et un bourg moderne qui s’étire le long d’une rue principale où des maisons à arcades abritent des marchands en tout genre. DSC_9483.JPG

            Installation au camping la palmeraie près de la casbah du Caïd Ali Aslim où il y beaucoup de monde. Le camping dans la palmeraie est très agréable par cette chaleur.

            Ce fût une longue étape de plus de trois cents kilomètres, une étape de transition qui nous a permis de découvrir encore une fois des paysages sauvages et désertiques mais toujours différents.

 

            10 mars

 

            La nuit fût calme et nous sommes réveillés tardivement par le roucoulement des tourterelles ou le gazouillis des oiseaux. Une fois n’est pas coutume, nous déjeunerons au pain frais et pas n’importe lequel : des baguettes. Il est parfois difficile de changer nos habitudes françaises…..       

            Ce matin saines occupations de camping-caristes avec changement de place vue les nombreux départs. Durant la traditionnelle pause café nous parlons repas et décidons d’aller voir à la réception et pourquoi ne pas rester un jour de plus. Le lieu est agréable, la palmeraie est superbe le temps est idéal et propice au farniente. Repas commandés pour demain puisque tout à l’heure allons visiter la casbah.

           DSC_9456.JPG Gaëlle, une parisienne, épouse d’Aldelaziz, fils du caïd, nous commentera la visite.

Tout d’abord elle nous parlera de la palmeraie et de la culture à trois étages, les palmiers, puis les arbres fruitiers et enfin céréales et légumes, avec deux récoltes par an. La pollinisation artificielle est beaucoup plus rentable car la production est environ triplée. Dans sa palmeraie il y a douze variétés de dattes, dans la vallée du Draa il y en a plus de cent. Leur prix peut aller de 1dh le kilo à 1dh la datte pour une variété très grosse et très prisée, qui est vendu très rapidement car elle procure un revenu substantiel.

            Cette année il y a eu tant de pluie que les barrages sont à 105 ou 115% de leur capacité et il y aurait des réserves pour 10ans. Le barrage de Ouarzazate déborde même d’où une arrivée d’eau importante, celle-ci n’est donc plus qu’à 4m dans les puits du domaine qui servent à l’irrigation. Belle aubaine pour le lieu.

            Nous visiterons ensuite la casbah, les chambres simples, mais agréables, climatisées naturellement, avec plafond décorés, s’ordonnent autour d’un immense patio à arcades roses.  Le site est classé monument DSC_9467.JPGhistorique au patrimoine du Maroc. Donc avec le concours d’universitaires allemands spécialisés dans la construction traditionnelle (qui permettent en même temps de former des marocains), une aide précieuse et peu couteuse, Gaëlle et son mari continue à restaurer la casbah familiale.

            Cette casbah date de 150 ans, y vivaient à l’époque 200 personnes et chaque groupe de femmes, par tranche d’âge, avait son rôle dans les travaux domestiques, mais il y avait changement toutes les semaines pour éviter les conflits. Actuellement il n’y aurait que 16 personnes, 9 enfants et 7 adultes. Les appartements étaient attribués en fonction du nombre d’enfants, ils restaient avec leurs parents jusqu’à l’âge de 7ans, après tous les enfants dormaient ensemble et vers 12 ans, à l’âge de la puberté, les garçons et les filles étaient séparés.

            A l’étage supérieur nous pourrons voir le bureau du Caïd orné de riches faïences et de la terrasse DSC_9479.JPGnous admirer le Djébel Kissane qui se détache au dessus de la palmeraie et de la vallée du Draa.

            Une après midi cool pour tout le monde, les relax sont fort utiles. Les plus courageux iront en ville, faire de petits achats car les légumes ne sont pas très beaux, espérons mieux demain, jour du souk hebdomadaire. Barbel et Huguette achèterons des œufs, voici donc deux DSC09410.JPG« cocottes » parmi les œufs….. Devinez qui a pris cette photo insolite......

Je crois que vous avez tous trouvé, c’est notre ami Jack, bien sûr….

            Le trajet ne fût pas très long contrairement aux apparences, au retour avec discuté avec de charmantes marocaines rentrant des champs sur une charrette, puis avec des jeunes filles sortant du collège. Je ne sais pas si c’est notre tenu vestimentaire qui les amusait mais en tout cas elles riaient de bon cœur en nous voyant.

           C’est devant le traditionnel apéritif que nous regarderons tous ensemble « Plus belle la vie ».

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                    La casbah

            

                    La piscine du camping




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   Occupations de camping-caristes


             




             11 mars

 

            Ce matin encore, vers 4h30, du haut de son minaret le Muezzin lance son chant monocorde pour appeler à la prière. Cette dernière consiste à réciter un verset du coran, peut être faite n’importe où, mais il faut être tourné en direction de la Mecque, c’est l’un des cinq piliers de l’islam. C’est un peu dérangeant pour certains, personnellement à cette heure là je suis très souvent dans les bras de Morphée et cela ne me perturbe nullement.

            Les bobos de certains disparaissent, d’autres commencent, mais rien de grave.

            Ce matin c’est le souk au village, direction Zagora. Les trois « nanas » courageuses iront donc faire leurs courses sous la surveillance de Lucien…. Certains préférant le repos ou le « papotage »….

            DSCN9312.JPGCe souk hebdomadaire est presque une ville éphémère où se mêlent odeurs et couleurs. Dans un « désordre organisé » chaque vendeur s’installe sous de petites toiles où à même le sol surtout pour les fruits et légumes. Très tôt ce matin à dos de mulets ou d’ânes, les hommes sont venus vendre leur surplus de production, où le troquer contre des produits manufacturés comme l’huile , le thé, devant le souk verrons donc un parking improvisé que nous n’avons pas l’habitude de voir, un parking  pour nos amis à quatre pattes et leurs charrettes.  

            Les vendeurs sont regroupés, d’abord le souk aux moutons, puis aux vaches, les vendeurs d’épices, d’olives, les bazars avec leurs lots de babioles à trois sous, puis protégés sous des canisses les vendeurs de poissons avec leurs cagettes bien remplies mais contenant aussi de la glace.DSCN9309.JPG

            Nous faisons notre tour cherchons les meilleurs légumes, point de salades, nous sommes un peu en manque, achetons épices, olives.

            Il y a beaucoup de monde, nous voyons aussi des européens, qui comme nous font leur marché. Certaines  personnes qui viennent de loin profitent de cette occasion pour régler leurs problèmes administratifs ou financiers. En effet, ce matin, avons fait la queue pour le change tant il y avait de monde, des hommes surtout. Le taux sera le même que les fois précédentes à 10,989, contrairement à ce que l’on nous a dit avant-hier à Tazzarine.

           DSCN9315.JPG Chargés comme de petits bourriquots, rentrerons sous un soleil ardent au camping, le chemin du retour nous semble bien long, il est vrai que le souk était à l’extérieur sur la route de Zagora. En route serons guidé par nos nez……  une bonne odeur de gâteaux emplit nos narines. Nous rentrerons donc dans une toute petite boutique peu éclairée, Lucien en tête….. gentiment l’on nous fera déguster des sablés chauds, le tout à 50dh le kilo soit 4,6€. Voilà donc de quoi satisfaire les gourmands, je ne citerai pas de nom, ils reconnaîtront…..

           


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Deux délicieux tajines et

     une excellente pastilla




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Tout va très bien, ce midi mangeons au restau du camping, face à la piscine. Après une salade marocaine chacun a choisi son plat principal : tajine au poulet pour Barbel et Jack, tajine au bœuf pour Brigitte et Lucien quant à nous avons préféré la pastilla,  excellente et très copieuse, dommage elle n’était pas suffisamment chaude. Gaëlle vient voir si tout va bien et nous fait amener le thé à la menthe.

           DSC09422.JPG L’après midi sera encore reposante pour tout le monde. Confortablement installée sur mon relax mi-ombre mi- soleil je resterai là rêver les yeux rivés sur les palmes des dattiers qui s’agitent doucement sous la brise légère avec en toile de fond un ciel d’azur où des petits nuages blancs et cotonneux s’effilochent. Que du bonheur de camping-caristes retraités qui ont le temps « de prendre du temps ». Quand on connait la météo et les températures en France on est doublement ravis, soleil et températures agréables sont devenus notre quotidien depuis pas mal de jours.

            Le soleil calme ses ardeurs Barbel, Paul et moi-même allons dégourdir nos jambes, la vie trop sédentaire ne nous convient pas vraiment et avons besoin de bouger un peu pour calmer nos vieilles douleurs récalcitrantes. Passerons entre les deux casbahs et filerons dans la magnifique palmeraie très verdoyante au gré des CSC_9525.JPGsentiers. C’est un labyrinthe, un véritable havre de paix avec ses jardins  ombragés et ses  palmiers où il très agréable de flâner. Nous irons même jusqu’au  Draa qui roule encore une boueuse et notre vue s’arrêtera sur le majestueux djebel kissane qui se dresse fièrement en obligeant ce puissant oued à faire un coude avant de poursuivre sa course.

 

DSC_9503.JPG         




        
            12 mars

 

            C’est Gaëlle qui nous reçoit ce matin, ma note tiendra compte du fait que je suis forumiste, plus une petite diminution car j’avais déjà visité la casbah il y a deux ans, très commercial tout cela. L’accueil était parfait, le lieu idéal par ce beau temps. Nous reviendrons…

            Le premier arrêt sera deux kilomètres plus loin, en ville, pour acheter eau et des produits de dépannage. Le deuxième sera seulement à la sortie de la ville à la station service pour faire les pleins de GO, gonfler les pneus ou encore donner un coup de soufflette dans la cheminée de notre frigo.

            Fort heureusement nous n’avons pas l’intention de faire beaucoup de distance ce jour. Nous roulons tranquillement entre les deux djebels aux teintes splendides allant du marron au violet en passant par toute une palette intermédiaire.  De temps à autre des palmiers tentent de survivent dans ce milieu sec et austère. Bien que ce lieu soit un lieu de désolation sans habitation le paysage est magnifique et changeant, une mer de collines à l’horizon infini.

          DSC 9529  La vallée se resserre laissant juste la place à une route tortueuse qui s’élève progressivement vers les mille mètres.  De gros troupeaux paissent une herbe rare, brûlée par le soleil ardent.

            A Bou Azzer nous pourrons voir la mine de cobalt qui occupe une grande place dans la vallée, d’un côté des habitations modestes en pisé, à toit plat avec des branchages, de l’autre côté des petites maisons coquettes aux toits de tuiles rouges. La vue s’entend au loin sur l’Atlas enneigé.

           



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Un petit incident qui aurait pu tourner au drame. Alors que nous allions stationner sur un terre plein, à droite, clignotant allumé, un motocycliste, après avoir doublé des deux camping-cars qui nous suivaient, à tenté de nous dépasser par la gauche. L’accident a été évité justesse grâce à ses bons reflexes. C’était un jeune instituteur qui reconnu ses torts.

            Nous avons peu roulé mais il est l’heure du repas, installés dehors au milieu de nulle part nous apprécierons notre pastilla chaude cette fois, d’ailleurs encore meilleure réchauffée.

            DSC_9546.JPGNotre route vire presqu’à angle droit à gauche laissant ainsi la direction de Ouarzazate. Malgré l’austérité du coin il est d’une beauté saisissante, des plissements tourmentés (parfois en forme de tarte aux pommes), des collines arrondies des pics acérés et déchiquetés et une multitude de couleurs.

            Là un village isolé où les maisons en pisé se confondent avec l’ocre de la terre, peu d’agriculture, juste une minuscule palmeraie. La première chose qui me vient à l’esprit : de quoi peuvent vivre ces pauvres gens ? Cela m’interpelle toujours, mais sans doute vivent-ils aussi bien que nous sinon mieux, sans futilités mais avec l’essentiel pour subsister.

            L’oued Ouhmidi, que l’on imagine fougueux tant il a fait des ravages, est presque à sec, l’eau se perd lamentablement dans le sable. La route en réfection nous oblige à prendre une déviation qui traverse l’oued puis le suit ; Il n’y a que peu d’eau mais les enfants nous guident afin que nous traversions correctement, pour une fois ils sont agréables, pas de même un peu plus loin….

            Encore un petit incident de parcours, les enfants, toujours les enfants…. Voilà une fronde qui dégaine, Brigitte et Lucien entendent un grand choc. Arrêt immédiat, mais les enfants sont déjà loin….Plus de peur que de mal, en réalité on ne retrouve pas l’impact. C’était à Lamhabid deuxième village avant Foum  Zguid. Quelques kilomètres plus loin la gendarmerie est confortablement installée au bord de la route. Nous leur signalons les faits, ils prennent cela à la rigolade étant donné qu’il n’y a pas de vitres cassées. « Ce n’est pas grave, Madame », diront-ils avec flegme à Brigitte. Que faire porter plainte mais pas d’impact visible, peut être le trouveront-ils lorsque le cc sera passé au lavage…. Nous repartons de mauvaise humeur….

            Une petite descente s’amorce et nous voilà à Foum Zguid, la ville semble à l’écart du tourisme, une ville indolente, à demi déserte, où il fait chaud en cette fin d’après midi.DSC 9564

            Installation au camping Khaïma Parc, dans la palmeraie. Etalée, au soleil, les yeux rivés sur un livre je me prélasserai.

 

            13 mars

 

            Voilà un mois que nous avons passé la frontière, et oui un mois déjà. Nous avons perdu un peu la notion du temps, des jours qui se passent presque sans repères, sans dates. Le temps file si vite qu’il semble nous échapper….

            Cette nuit fût agitée, les rafales étaient si fortes que notre chambre à coucher tanguait…elles ont rythmé notre sommeil. Au lever c’est déjà la chasse aux mouches elles sont nombreuses et virevoltent méchamment.

            Une nouvelle belle journée qui s’annonce, à 8h30 il fait déjà 18°. Nous partons comme d’habitude, sans précipitation encore une journée où nous ferons peu de kilomètres.

            C’est une immense plaine désertique et monotone qui s’offre à nous, puis des dunes de sable clair font leur apparition, enfin nous roulons dans une steppe où seuls quelques arganiers bizarres tentent de braver le temps. Comme dit Jack on se croirait dans la savane, mais là hélas point d’éléphants, point de zèbres, point de girafes ou d’autres animaux tropicaux, seuls de petits oiseaux voltigent et jouent à rase motte devant les camping-cars.

            Au loin l’on distingue une grande palmeraie qui dressent ses palmiers sur fond de montagne rocailleuse et Tissint, une petite bourgade rose avec des arcades comme dans beaucoup de ville au Maroc. DSC 9579  DSC_9584.JPG  Les cascades d’Atiq sur l’oued Tissint,  un lieu agréable, plutôt surprenant, avec un mini lac aux eaux bleues et des palmiers. Dans les rocailles et dans le sable poussent de nombreux câpriers.

             C’est ici que subsiste la maison délabrée où séjourna Charles de Foucault en 1883. C’était un officier de la cavalerie qui entreprit une reconnaissance du Maroc. Déguisé en juif, muni « d’un cahier de 5 centimètres carrés et d’un crayon de 2 centimètres » il parcourut le Maroc. Les connaissances géographiques rapportées lui valurent une médaille d’or. Trahi par l’inobservance d’un rite il dût passer en Algérie où il fut assassiné.

           DSC 9592 Le village d’Akka Igurn réparti ses maisons de pisé au dessus de l’oued et d’une petite  palmeraie. Des villageoises  sont dans l’oued entrain de laver. Plus loin la terre blanchâtre, curieusement plissée constitue un étonnant paysage lunaire où coule l’oued Tissint. Notre route se poursuit ensuite sur un plateau désertique.

           DSC_9600.JPG Peu après, posé sur la palmeraie

 

 






Tata surgit dans un paysage jusque là très minéral entre le djebel Bani et l‘Anti-Altlas.

            Tata est pour nous méconnaissable, c’est une grande ville moderne, écrase par le soleil, avec de grandes artères propres,  souvent à angle droit, parfois démesurément larges, avec de nouveaux bâtiments et des jardins.

           DSC_9608.JPG Installation au camping municipal, en ville, mais comme d’habitude surpeuplé. Nous sommes un peu comme dans une boite à sardine, l’on peut se toucher la main par la fenêtre, pour une nuit ce n’est pas très grave, de plus n’avons pas le choix, mais sommes côte à côte. Fort heureusement avons tout le confort chez nous…..

            Chacun s’occupe à sa façon, lecture, tv, blog, mots fléchés ou sodokus.

 

 

            14 mars

 

           DSC 9621DSC 9623 Ce matin nous avons décidé d’aller à Agadir Lehne, ce village à la particularité de posséder une « horloge à eau » très ancienne qui permet de déterminer le nombre d’heures pendant lesquelles chacun peut arroser sa parcelle. C’est une bassine en poterie remplie d’eau et d’un bol en laiton percé à la base. Ce dernier est graduée en quart, demi et trois quarts d’heure, lorsqu’il est plein une heure vient de s’écouler. Et à chaque heure un nœud est fait à la corde. C’était un comité de sept sages qui déterminaient le temps d’arrosage par parcelle, ceci perdure encore de nos jours. La nuit l’eau remplit un bassin et dès 5heures du matin on met l’horloge en fonctionnement, jusqu’à la nuit. Ce sont deux chibanis très aimables qui ont tenté de nous expliquer tout cela dans un français très approximatif.

             Nous sommes envahit par des hordes d’enfants, pas trop insistants mais que les hommes éloigneront. CSC_9635.JPGDes femmes, aux tenues colorées, avec un voile noir cachant même leur visage, viennent des champs avec de lourdes charges sur leur dos où sur leur tête. Certaines nous salueront. Difficile à immortaliser ses scènes d’un autre siècle.

            Plus au nord nous irons voir les grottes de Messalite, à cet endroit l’oued Tata formait une très grande chute d’eau, lors des changements climatiques le débit c’est réduit et les alluvions ont durci. L’eau de pluie occasionnelle a ensuite érodé la roche en  creusant des grottes.DSC09515

            Le paysage est de toute beauté, grands plissements aux couleurs allant de l’ocre au violet en passant par le rouge. Des jeunes filles viennent nous causer, profitant de notre pause café Jack, leur offrira des gâteaux.

            Nous côtoyons des palmiers rachitiques qui luttent contre une sècheresse persistante depuis de nombreuses années, espérons que les dernières pluies importantes leur seront bénéfiques.

            Nous longeons tantôt à droite, tantôt à gauche, une falaise aux roches noirâtres dont le sable roux vient leur lécher les pieds.

            Repas de midi sur une belle plateforme, près d’une palmeraie, des enfants, puis des adolescents viennent quémander, mais devant notre refus catégorique partiront tranquillement en nous disant au revoir.

            Notre route caracole dans une plaine aride, une immensité désolante et monotone où l’on se sent tout petit dans cet univers sauvage, loin de la civilisation et des touristes. Puis ô miracle un petit coin verdoyant, ce n’est pas un mirage, mais une réalité, juste un champ de céréales et puis plus rien sauf quelques acacias aux grandes épines leur permettant ainsi de s’adapter aux dures variations climatiques.

           DSC05499.JPG Arrivée à Icht, au relais Borj Biramane, très bien tenu, très propre où l’on se sent bien. Ici c’est le passage entre l’anti Atlas et le grand sud Saharien. Les plus courageux iront faire un petit tour au village, avec ses rues couvertes et dans la palmeraie.

 

            15 mars

 

            Paul l’un des propriétaires vient nous voir et discuter avec nous, il est d’ailleurs très critique vis-à-vis des marocains, un peu surprenant.

            Nous prenons notre temps, rien ne presse, nous n’allons qu’à Amtoudi. Nous longeons une barrière montagneuse aride, dans le lointain se profilent des collines d’un bleu laiteux, plus ou moins sombre en fonction de l’éloignement.

            C’est notre première rencontre avec de grands troupeaux de dromadaires, avec de nombreux petits qui tètent encore leur mère. Ils mangent avidement des épineux que nous n’oserions même pas approcher.  Ces vaisseaux du désert ne sont pas très beaux ni très gracieux, c’est malgré tout une bonne bête, connue DSC_9675---Copie.JPGsurtout pour sa sobriété et son endurance. C’est un bien précieux d’Allah, si les camions s’enlisent dans le sable, lui jamais, son lait est beaucoup plus riche que celui des vaches, c’est souvent la nourriture essentielle des nomades et sa chair fait le délice des amateurs, si elle est bien cuisinée. Son poil peut être utilisé pour fabriquer tapis et couvertures, son crottin comme combustible. Sa marche lente et chaloupée, la progression dans le silence des pas qui foulent le sable en font un animal sympathique qu’il est parfois agréable de monter pour faire une randonnée reposante.

            Nous quittons la nationale 12 mais notre petite route est bien dévastée, sans doute par les dernières intempéries. Certains passages sont étroits et difficiles, sommes souvent obligés de faire un tour dans l’oued, les ponts sont emportés. Comment ne le seraient-ils pas, il y a si peu de passage pour l’eau qu’elle entraine tout avec vivacité lors des grosses précipitations, les routes sont très fragiles construites à même la terre avec seulement deux centimètres de goudron, comment pourraient-elles résister aux montées subites et intempestives de l’eau.

            Au bout de cinquante kilomètres nous arrivons dans un petit cirque rocailleux admirable où trône l’imposant agadir It Aïssa et à ses pieds la palmeraie luxuriante dans la vallée supérieure de l’oued Sayad. Un petit bout du monde exceptionnel comme je les aime et où il fait bon se promener.

            Installation au camping auberge Ad Aïssa, il ya déjà pas mal de monde et l’accueil n’y est plus chaleureux, on se demande si on est les bienvenus. Le gérant nous fait déplacer à cinquante centimètres près, une foutaise….

            Nous pourrons quand même manger tranquillement dehors, puis se prélasser sur nos relax en lisant ou en rêvant. Il fait bon, une brise légère rafraichit l’atmosphère.

            Vers 17h les plus courageux monteront voir le grenier collectif du XII siècle, planté sur son piton dans un décor de rêve, c’est l’un des plus beaux du Maroc. L’édifice couronne un plateau accessible par un DSC_9685.JPGsentier escarpé. Il y a des citernes, actuellement asséchées, mais grâce à elles les gens ont pu survirent durant les périodes de siège. Il est protégé par des remparts crénelés et des tours de garde. Les Berbères ont construit de tels bastions pour se préserver des razzias dont ils étaient victimes et par temps de danger les habitants des villages s’y réfugiaient avec leurs biens.

            Sur notre route rencontrerons une petite fille de 12 ans Kadija qui parle très bien le français et qui est très agréable, elle nous conduira gentiment, avec un cousin, au sommet du piton, sans jamais rien demander.

            Notre premier arrêt sera pour l’auberge « on dirait le sud » dont tout le monde vante la cuisine, nous y rencontrerons Abdoul et lui commanderons pour demain deux tajines au chevreau.

            Nous poursuivrons donc notre montée dans un sentier caillouteux mais bien marqué et notre petite guide monte allègrement avec des claquettes plastiques aux pieds. Elle nous parle de la végétation, nous chante des chansons en français. Un peu essoufflés nous atteignons le but, mais hélas le gardien n’est pas là. Nous pourrons tout de même pénétrer dans la partie ouverte d’où la vue s’étale sur toute la vallée, le canyon, le ruban vert de l’oasis et les maisons en pisé, à toit plat qui s’y blottissent.DSC_9705.JPG

            Redescendrons par un autre sentier encore plus vertigineux qui fera souffrir quelques genoux. A mi-chemin le gardien nous appelle du haut, mais n’avons nullement envie de remonter. Il semble parler sévèrement à Kadija, mais elle me dit qu’il ne l’a pas grondée, avons hélas un peu de mal à la croire, pourtant avons trainé pas mal de temps au sommet tant la vue était agréable.

            Arrivés au camping nous remercierons notre petite accompagnatrice et son cousin, ballon, bonbons et vêtements. C’est comme cela que nous voudrions voir les enfants et pas en lanceurs de cailloux….

            Brigitte et Lucien se joindrons à nous pour le repas de demain après la visite de la palmeraie et de l’autre agadir.

 

            16 mars

 

            Ce matin nous chaussons nos basquets et partons tranquillement dans les superbes gorges taillées par l’oued. Marianne, une petite fille de 10 ans tente de nous accompagner gentiment, de nous montrer les boutiques mais au village doit nous laisser pour aller à l’école.

            Nous marchons dans un superbe canyon taillé par les eaux où un long ruban vert éclatant s’étale et où de petites maisons en pisé si blottissent. La palmeraie est luxuriante et la végétation très variée.

            Bientôt apparaitra un autre agadir fortifié, plus petit,  posé sur un piton encore plus escarpé. Les DSC 9727rochers et les pierres sont par endroit d’un noir brillant c’est ce que l’on appelle le vernis du désert, elles ont été polies par les tempêtes de sable du Sahara.

            Une jeune maman avec sa petite fille ramasse des branches de palmier, nous cause et nous demande de photographier l’enfant. Ce que nous faisons volontiers.  Et voilà la petite qui, sur les conseils de la maman, vient nous demander des bonbons. Déjà à la bonne école malheureusement nous n’avons rien à lui offrir.

            Nous poursuivrons par l’oued, un peu plus difficile car il y a de gros blocs, et quelques belles gueltas aux eaux claires. Vu l’heure tardive et les difficultés nous nous retournerons.

            Nous avons réservé au restaurant « ondiraitlesud », tenu par un français où nous mangerons un excellent tajine au chevreau et à l’agneau. Une très bonne chose après notre balade.

            L’après midi sera une après midi des plus calmes, nous apprécions beaucoup nos relax et personne n’aura le courage de monter au grenier.

 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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