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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 01:18

                13 avril

                  Le blouson en cuir de Lucien est arrivé à l’heure…. Partons donc comme prévu vers 9H et le premier arrêt sera pour Marjane. Nous achetons le nécessaire mais aussi du superflu…pour assouvir notre gourmandise. Barbel sera remboursée de ses deux kilos d’oranges payées 170 dh. Bravo Marjane car il s’est écoulé trois semaines depuis l’erreur. Café, thé et viennoiseries prises sur place.

            Direction Sefrou par une quatre voies en travaux et souvent limitée à soixante à l’heure.

            Sefrou, étagée entre 800 et 900m, sur les deux rives de l’oued Agaï, parfois fort tumultueux, cité paisible où il fait bon flâner dans sa médina, ceinte de remparts du 18ième  siècle, occupe un site privilégié aux confins de la plaine de Fès et des plateaux du moyen atlas. L’oued coule entre de hautes murailles bordées de verdure mais aussi hélas de quelques détritus. Les ruelles étroites sont bordées de toutes petites échoppes montrant une activité authentique, ici peu de touristes. Nous ne trouverons pas les petites boutiques des artisans qui travaillaient là comme au siècle dernier lors de notre passage en 2004. Sefrou est très renommée pour ses cerises et chaque année se tient un moussem important, donnant lieu à des réjouissances traditionnelles. Passant le petit pont nous entrerons dans le mellah, où des maisons au balcon en bois subsistent, les rues y sont minuscules aux odeurs nauséabondes nous ferons très rapidement demi tour.

            Il est tard, même assez mal positionnés sur le parking prendrons le repas de midi dans nos véhicules, sans le moindre souci.

            Traversons le massif du Kandar, premier contrefort nord du moyen Atlas,  aux collines boisées où cohabitent peupliers, oliviers, conifères mais aussi beaucoup d’arbres fruitiers surtout des cerisiers qui ont revêtus leurs jolies robes blanches, un paysage méditerranéen avec des cactus qui bordent la route.  

            Aujourd’hui il ne fait pas très beau, le ciel est chargé mais le soleil commence à percer le rideau gris qui s’effiloche de plus en plus.

            Le grand plateau qui s’étale devant nous est à la fois désolé et aride à notre gauche et fort cultivé à notre droite avec de très nombreux vergers. Ici c’est encore un autre siècle, les paysans retournent la terre à la pioche ou avec des charrues de bois que tirent des ânes ou des mulets.

            Puis là, posée au milieu de nulle part une école blanche trône, sans doute sa situation permet-elle de répartir au mieux les distances en fonction des habitations dispersées que nous ne voyons pas.

            Notre route en lacet prend rapidement de la hauteur au milieu des collines boisées et des premières forêts de résineux. Puis le grand plateau sauvage et aride  semble seulement peuplé par des chiens errants. Mais  pouvons voir de vieilles masures aux toits recouvert de plastiques, malheureusement habitées, du linge y sèche. D’ailleurs des femmes lavent dans une eau boueuse, leurs ânes près d’elle laissant supposer qu’elles viennent de loin. Quelle vie, est-ce possible ? En plus à une altitude élevée car le printemps arrive à peine, les arbres se parent juste de frêles et petites feuilles. Cette immensité désolée est parcourue par de grands troupeaux et leurs bergers.

           suite-0480.JPG suite-0479.JPGVers 1650m, nichée dans la verdure, Ifrane surprend par son architecture, ses pignons aigus et ses hautes cheminées où les cigognes ont élu domicile, ses toits de tuiles rouges, ses chalets, ses allées bordées d’arbres et fleuries. On ne se croirait plus au Maroc mais chez nous, dans une station d’altitude. Ici pas d’ânes, pas de mulets, pas de carrioles dans les rues seulement de belles voitures et beaucoup de touristes.

 

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 Un petit coucou à Amélie et Didier

 Sika est connu dans le "Chamonix  Marocain"

 

 

 

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             Le chauffeur de tête ne veut pas écouter le copilote et c’est deux tours pour rien en ville avant de retrouver la route d’Arzou.

            Nous devions aller au camping Amazigh, avant raté l’entrée nous resterons donc à l’Euro camping.

 

 

            14 avril

 

            Ce matin grand ciel bleu et soleil radieux, mais fraicheur matinale, 11° à 7h30.

            Direction Fès puis une petite route à droite indiquant « cèdre Gouraud ». Il est l’arbre le plus célèbre du Moyen Atlas. Visiblement tout est prévu pour l’arrêt, parking avec gardien officiel ou officieux, peu importe, de petits estancos et des chevaux bien harnachés en prévisions de balades.

           suite-0486.JPG Bien que mort apparemment depuis 2002 ce cèdre multiséculaire (il aurait 820 ans)  trône au bord de la piste. Il porte le nom d’un général qui n’avait qu’un bras, à cause de sa forme, reconnaissable à son énorme branche en forme chandelier .Nous nous mettrons à cinq et demi pour faire le tour du tronc,  c’est le plus grand du Maroc quarante mètres de hauteur, neuf mètres de suite-0489.JPGdiamètre.  La forêt aux alentours est magnifique et nous pourrons observer de beaux spécimens aux branchages harmonieux.

         

  

  

 

   Nous virons, tournons, scrutons les alentours pour voir les singes. Mais rien à l’horizon, un peu frustrés nous redescendons vers nos maisons roulantes. Ô surprise en voilà déjà trois près du cèdre et des marchands   Puis une ribambelle ainsi que des mamans avec leurs bébés. Trop beau de les regarder porter leurs petits et de les prendre dans leurs bras, comme nous faisons avec nos progénitures. Craquants ces animaux qui décortiquent habillement  les DSCN9700cacahouètes que nous leur donnons, qui s’agrippent à nos pantalon nous faisant comprendre qu’il faut les servir,  dérobant  même le sac avec beaucoup d’agilité. Le gardien nous demandera une bouteille d’eau  et le fera boire comme une personne. Il nous en faut peu, tout cela nous amuse c’est trop drôle. Mais ces pauvres animaux sont sans doute conditionnés. De plus c’est à cette heure là que les cars de touristes affluent….

            DSCN9726La piste ne nous convenant pas, surtout qu’on nous en prédit quatre kilomètres, sans doute des kilomètres marocains, nous préférons faire demi-tour.

            Notre route déjoue les collines et joue à saute mouton, collines cultivées vert clair et collines boisées vert foncé se mêlent en un doux paysage, mais il faut prendre garde aux limitations de vitesse « les yeux de Sarco » veillent…..

            Après Khènifra la route est très mauvaise, parfois semblable à de la tôle ondulée mais le paysage est magnifique, un moutonnement de collines dans une symphonie de verts et de rouges. Nous longeons à nouveau le lac Ahmed El Hansali, un beau lac parsemé de nombreuses iles, un lac tout en finesse qui épouse admirablement le relief.

            Une immense plaine céréalière s’étend à perte vue, de chaque côté de la route des vendeurs de petits pois et des bergers qui gardent leurs petits troupeaux.

            Le vent souffle en rafales, le ciel s’assombrit, des feuilles et de la poussière volent et quelques gouttes retentissent.

            Vu l’heure et le ciel préférons nous arrêter plus tôt, mais où ? Pas de camping à l’horizon. Beni-Mellal sera notre point de chute.

            suite-0513.JPG La route est bordée de drapeaux, de nombreux policiers sont en faction. Le roi et sa suite est passé ou va passer….Nous ne verrons rien, cela ne perturbe d’ailleurs personne.

            Beni-Mellal est en effervescence, des policiers en renfort à tous les coins de rue…des barrières sur les trottoirs. Nous décidons donc sur les conseils de la gendarmerie de stationner sur le parking d’Acima. Ce soir c’est la fête, des musiciens improvisés jouent sur le terre plein. Mais l’orage par petites ondées successives fait fuir tout le monde. 

 

            15 avril

 

            Un début de nuit très bruyant, musique, ballon, bla bla bla…. Mais une dernière averse dispersera  définitivement tout le monde.

            Le roi était là hier, il inaugurait la future construction d’un abattoir le plus grand du Maroc et sans doute d’Afrique, celle de l’autoroute ainsi que d’un hôpital.

            Beni Mellal, grande ville en pleine expansion, située entre Moyen Atlas et plaine céréalière de Tadla, est né de la présence de l’eau (de nombreuses sources abondent suite-0519.JPGautour de la ville). Des plantations d’orangers (parait qu’il s’agit des meilleures oranges nu Maroc) cohabitent avec une très grande oliveraie où se glissent des arbres fruitiers : figuiers, grenadiers, abricotiers et pêchers. C’est une des rares villes du Maroc à avoir un boulevard extérieur, de  belles et nombreuses villas y poussent comme des champignons.

            De gros nuages menaçants s’accumulent sur l’atlas et cachent définitivement le soleil.

            Un grand souk se tient à la sortie de la ville, une foule nombreuse colorée et bigarrée se presse. Des  camions, des voitures, des mobylettes, des vélos des charrettes tirées par des mulets ou des ânes envahissent la chaussée, difficile pour nous de se frayer un passage.

           CSC_0533.JPG La route est bonne, en ligne droite, nous pouvons, après l’effervescence, accélérer sans être chahutés, une belle allée d’eucalyptus aux troncs peints en blanc (visite royale oblige) puis d’oliviers nous accompagne.

            La vaste plaine de Tadla affiche ses immenses propriétés délimitées par des cyprès, des vergers d’orangers puis d’oliviers dont le feuillage argenté s’agite au moindre souffle.

            A mesure de notre progression les nuages se dispersent et jouent à cache cache avec un soleil timide. Cependant la température est très agréable. L’eau ne semble pas manquer les cultures céréalières, bien fournies, blondissent et  se heurtent aux derniers contreforts.

            L’on commence à enlever les drapeaux plantés là, sur les bords des routes mais beaucoup de taxi affichent encore le leur ainsi que la photo du roi. Il semble très aimé pas son peuple contrairement à son père.

            La route de Marrakech est chargée, beaucoup de camions y circulent, parfois les doubler devient périlleux. De nouvelles stations Afriquia voient le jour, bien décorées, bien fleuries avec restaurant et café, sans oublier la mosquée.

            Loin des rumeurs de la ville nous nous posons pour le repas de midi, sur un terre plein isolé (du moins en apparence), le vent est trop fort nous décidons de manger à l’intérieur. Peu après une horde de gamins surgit des maisons en torchis qui se confondaient avec la terre et que nous n’avions pas vu. De jeunes garçons et des ados fort bruyant, ne parlant pas français, nous demandent de l’eau. Nous faisons l’effort de leur donner des bouteilles, ils les vident sans même boire. La tension monte, la présence de nos hommes ne les calme même pas, l’appareil photo encore moins, ils posent, le téléphone non plus. Nous finissons de manger à la hâte et voilà que des filles, une dizaine au moins, arrivent réclamant des vêtements par signes. Tout se monde s’excite heureusement que nous ne comprenions pas leur langue…. Nos chauffeurs partent avec les camping-cars nous suivons à pieds espérant éviter les jets de pierres. C’est alors qu’un adulte en mobylette, ne parlant pas français, mais comprenant la situation vient à notre rescousse en les chassant. Nous lui répétons des mercis mais surtout des « chocran, chocran », pour qu’il soit sûr que nous le remercions chaleureusement.

 

     A la station le remplissage...

            suite-0526.JPG                                                  

 Nous partons rapidement et terminerons notre repas à la station après avoir fait le plein. Tout cela est désagréable, tout cela nous stresse, heureusement c’est la première fois que nous sommes confrontés à des enfants aussi effrontés et agressifs.

            Après El Kelaa, changement de paysage des collines dénudées moutonnent à l'infini.

             Nous arrivons sur Marrakech, les palmiers parfois un peu déplumés font leur apparition sur fond d’atlas encore bien enneigé. Nous cherchons notre route, sommes en direction de Ourzazate… demi tour… contournons finalement la ville par l’ouest, longeons les remparts et retrouvons notre direction. Premier embranchement raté, mauvaises indications par la gendarmerie, rebelote demi tour… cela devient un peu angoissant, l’heure tourne. Finalement le lac Lala Takertoust est fléché, mais la route est mauvaise… il se mérite….. Sera-t-il beau ?

             Mais le cadre est superbe, en cette fin d’après midi où la luminosité est excellente. Les rives de ce beau lac de sept kilomètres de long sont dominées par lesSDC11009.JPG sommets enneigés de l’atlas.  Il n’est pas très aisé d’y stationner, préférerons une petite plateforme près du restaurant « la Perla du lac »  à celle situé sur la colline voisine, les tours opérators  y ayant déversé leur flot de touristes pour une soirée aminée. 

            C’est entre deux gorges pittoresques de l’oued Nfiss que ce barrage de 357m de long, 62m de haut et 42 m d’épaisseur a été construit avec pour vocation première l’irrigation.

                  

               16 avril

 

            Ecoutons les infos… depuis hier au soir connaissons les perturbations des transports aériens suite à l’éruption volcanique d’Islande. Partiront-ils ?  Eliane et Michel n’ont aucune confirmation pour l’instant, seules les  liaisons sur les 25 aéroports du nord de la France sont interrompues. Et Lyon ???

           suite-0549.JPG                                                    Visite du restaurant la Perla du lac ingénieusement situé sur une colline, dominant  le magnifique lac émeraude sous le soleil matinal. Ce superbe restaurant, bien entretenu, au décor agréable dressent ses tables sur la terrasse sous tonnelles de canisses au milieu des fleurs et de la verdure. Il bénéficie d’une des plus belles vues à la fois sur le grand miroir et sur les sommets enneigés.

           

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  Balade rive gauche du lac, sans Lucien resté aux fourneaux…maintenant l il se pare de beaux reflets d’argent sous un ciel grisonnant et sans soleil. Nous le longeons de très près faisant fuir quelques tortues très agiles et quelques reinettes. Les petites vignes des alentours sont de véritables treilles formant de belles tonnelles.

           

 

             Rencontrerons des journalistes venus présenter des 4x4 Renault à la presse marocaine, il y en a au moins une dizaine, du modèle de base au modèle supérieur.

            A midi trente nous irons en compagnie d’Eliane et Michel manger au restau, en terrasse, sous la tonnelle, un délicieux tajine de bœuf aux pruneaux. Les petits pains ronds servis chauds sont excellents. Oranges à la cannelle en dessert. Ici le cadre se paye…. C’est notre repas d’adieux offert par Eliane et Michel.

 

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   La "Perla" du lac

 

 

 

 

   

              Vers  15h30 partons pour l’aéroport, Michel semble inquiet… Le passage en ville se fera en douceur, pas de problème d’itinéraire, pas trop de circulation.

            La confirmation a pu être faite et aux dernières nouvelles pas de vol annulé n’y d’horaires modifiés. Tout semble ok, verrons bien demain. Inch Allah.

            Ce soir c’est aussi apéro d’adieux chez nous.

 SDC11022.JPGSDC11020.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

           

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              Vers 22h une nouvelle info tombe sur le portable d’Eliane : Lyon st Exupéry serait fermé demain à 8H (Audrey par sms). Info bien réelle vérifiée sur Internet, mais le vol ne semble ni annulé ni retardé…. Que penser ? Demain sera un autre jour.

 

 

                 17 avril

            Comme prévu Eliane et Michel vont à l’aéroport à  4H15, nous retombons dans les bras de Morphée en toute tranquillité et nous nous levons comme à l’ordinaire vers 7h30. Personne à l’horizon, pensons que nos cousins sont partis au moins sur Casa et prenons le petit déjeuner sans souci.

            Huit heures surprise, surprise, Eliane et Michel sont là, ils n’ont pu partir et viennent prendre un café avec nous avant de tenter d’avoir plus de précision. Après un coup de fil ils seraient sur une liste d’attente pour 15h30. C’est peut être malgré tout la galère qui commence. Nous prenons cependant le chemin de Ouarzazate par le col du Tichka.

            Ce matin le contournement de Marrakech n’est qu’une simple formalité, malgré une circulation intense et plutôt anarchique. Il faut une attention de tous les instants, à nos chauffeurs chevronnés, pour déjouer tous les pièges.  

           photos-0578.JPG                                                  

          Marrakech : une grande ville très fleurie se déclinant en ocre, rose ou rouge suivant la luminosité et les heures de la journée, s’étire au milieu de la plaine du Haouz, entre palmeraie et haut atlas aux sommets encore enneigés. « Marrakech c’est comme un perle jetée sur l’atlas » ainsi en parlait une poétesse andalouse.

           

 

           Cette année nous ne ferons que passer et repasser sans visiter malgré le charme de cette ville berbère que nous aimons beaucoup mais où les Marrakchi sont encore un peu collants.

           suite-0586.JPG La  plaine d’Haouz que nous traversons n’est réellement cultivée que dans les parties bien irriguées, les autres terrains n’offrent qu’une agriculture rudimentaire.

            Nous allons donc emprunter la route du Tizi-n-Tichka , l’itinéraire qui franchit l’impressionnante barrière de l’atlas faisant communiquer Marrakech aux contrées présahariennes.

            Passé Aït Aourir notre route suit l’oued avant d’attaquer réellement la montagne, le ruban argenté formé pas les oliviers suit son cours.

           On pénètre dans une cluse où l’oued Zat se fraie un passage le long des pentes du djebel Tasghimout.

            Le paysage change dès le col Aït-Imguer à 1470m et l’on traverse alors des forêts de conifères et de chênes. La vallée dévoile quelques beaux villages de pisé à flanc CSC_0597.JPGde montagne qui se confondent avec la terre rouge du lieu. Au bord de la route le village de Taddert, village alpestre,  blotti dans les noyers, possède des petits bistrots et gargotes où les tagines fumantes sont entrain de mijoter. Dans la vallée des minuscules cultures en terrasses verdoient.suite-0587.JPG

           

          Vers 14h30 un sms d’Eliane nous confirme qu’ils ont trouvé une chambre sur Marrakech, out est bloqué et peut être lundi la situation évoluera. Inch Allah !!!

           

 

            Chemin faisant nous rencontrons d’innombrables vendeurs de géodes, malheureusement colorées  en rouge et sans grand intérêt ainsi que des stands de fossiles et de minéraux de plus en plus nombreux.

           galerie-membre,maroc,col-du-tichka-1[1]                                                   L’ascension  tout à fait spectaculaire se poursuit ensuite par une route plus étroite à grands lacets tracés sur les crêtes dans un paysage montagnard dégagé et où la végétation se réduit à de maigres prairies.

              Le col à 2260 m, le plus haut col du Maroc, offre un paysage dénudé de pierres sombres toujours balayé par le vent et des vues  sur les Djebels  Bou Ouriol et Tistouit. Malgré un soleil mitigé la température est pour nous relativement fraiche, bien qu’à 18°.

           

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              La descente rapide ménage de beaux points de vue  au milieu d’un paysage de roches rouges de toute beauté. On pourra remarquer des villages montagnards caractérisés par de petites maisons de pisé empilées comme des alvéoles, à toit plat et entourées de champs d’orge ou de blé cultivés en terrasses.

            Un peu plus bas le village d’Irherm-n-Ougdal  à 1970m pointe sont minaret rose devant un grenier forteresse construit au XVI siècle et maintenant  restauré. C’est une suite-0614.JPGsorte de casbah, aux murs borgnes, flanquée de quatre tours. Une vieille dame est venue nous ouvrir la porte et un jeune marocain s’est improvisé guide, nous donnant quelques explications. Autour d’une cour centrale éclairée par une ouverture à ciel ouvert, deux étages de cellules permettent aux familles d’entreposer des denrées et de profiter d’une surveillance collective. Il serait encore utilisé.

 

            Dans l’entrée à droite «le banc de justice » où siège le chef du village, en cas de différent entre les familles.

            Le village d’Agouim marque la fin de la descente, notre routsuite-0624.JPGe suit désormais l’assif Imini et quelques kilomètres plus loin

nous arrivons au camping Tissa village de Tabourahte où nous élirons domicile.

            L’accueil y sera chaleureux, un jeune marocain fort timide, que nous supposons être le propriétaire, nous invite à boire le thé accompagné de petits gâteaux et nous joue une mélodie au banjo.

                   Fin d’après midi lavage et nettoyage deux occupations de camping-caristes…..

 

             18 avril

 

            Journée de liaison pour aller rejoindre l’atlantique et amorcer, hélas, la remontée.

            Le vent à faibli et le ciel est d’azur et le soleil radieux, la température matinale fraiche mais nous sommes à 1240m, rien d’étonnant.

            Nous refaisons la route jusqu’à Taliouine, donc nous avons maintenant l’envers du décor. Toujours des paysages semi désertiques rougeoyants sous le soleil. Toujours les photos-0625.JPGmêmes scènes, des femmes et des ânes qui reviennent des champs fardeaux sur le dos, des femmes à l’oued Iriqui qui lavent leur linge, c’est la grande lessive.

            La route est étroite et devons souvent descendre sur les bas côtés pour les croisements, parfois périlleux quand les camions nous croisent à grande vitesse.

           

 

            En toile de fond nous avons toujours les neiges scintillantes de l’atlas.

            DSC07207.JPGArrêt à Tazenakht juste pour l’achat du pain, difficile de trouver une boutique, puis des baguettes. J’achète deux pains ronds et nous plaisantons avec le vendeur qui se marre. Sommes alors interpelées par un Monsieur fort rigolo par sa tenue vestimentaire qui nous conduit acheter des baguettes toutes chaudes quelques rues plus loin. Tout cela nous amuse, il rend même la monnaie à la place du marchand, nous fait l’article sur les œufs. Je veux donc lui donner mes deux pains ronds, mais il n’en veut pas, il grignote juste le quignon de la baguette de Brigitte. Chemin faisant il nous dit qu’il s’occupe d’une association et nous mène au magasin pour nous donner sa carte. Nous en resterons là, pas de déballage de tapis, ni d’insistance. Nos hommes perplexes nous attendent sans comprendre.

                                                                 aubergeJPG.jpgNous arrivons de bonne heure à l’auberge camping du Toubkal à Taliouine, une après midi de repos que chacun occupe à sa façon, les hommes bricolent les femmes surfent… mais galèrent....

 

 

             19 avril

 

            Ce matin nous ne pressons pas devons rendre visite, comme promis, à la famille Choucri, rencontrée lors de  notre premier voyage en camping-car en 2004.

            Départ vers 10h, arrêt au safran puis à la mairie pour rencontrer Zaccaria, l’ainé des enfants Choucri que nous n’avions pas vu lors de notre passage il ya trois semaines. Nous sommes très heureux de le rencontrer, plaisir partagé. Il quitte donc son travail et vient nous rejoindre chez sa maman.

            Tous les fils sont là pour nous saluer, toujours le même accueil, toujours la même gentillesse. Thé et petits gâteaux servis dans l’immense salon, remis en état depuis notre passage car les dernières et fortes pluies avaient fait beaucoup de dégâts.

            Zaccaria très bavard, très instruit s’intéresse à tout y compris à la politique et adore lire des livres français. Le dialogue est très facile et les échanges fort agréables. Il a des idées bien arrêtées, mais très lucides, il est le digne représentant de son papa décédé voilà maintenant plus de deux ans. Il connait parfaitement son pays, sa région et tous les douars environnants, déjà par son travail en mairie, mais aussi par toutes les associations dont il s’occupe. C’est un homme chaleureux que nous apprécions beaucoup.

            Kébira, la maman avait tout prévu et vers midi le repas est servi à l’autre bout du salon par Aziz l’autre fils. Petites salades marocaines, poulet grillé aux amandes et aux DSCN9730.JPGœufs. Et bien oui, encore un repas délicieux servi avec des gros pains ronds et chauds cuit au four traditionnel de la maison. En dessert semoule au sucre glace et aux cacahouètes et fruits. Le tout arrosé d’un jus d’orange maison. Quelle amabilité ! Nous ferions bien de prendre quelques leçons…

          DSCN9731.JPG                                                             

  Le thé et les petits gâteaux seront servis dans le jardin à l’ombre des oliviers, l’occasion de faire un tour dans la propriété où poussent des céréales et arbres fruitiers.

DSCN9742.JPG                                                                                                                                    Avant de partir nous irons voir le dernier né de la famille le petit Hassan (en l’honneur de son grand père) et sa maman Khadidja. Hassan un beau petit garçon de six mois et demi, bien éveillé, aux grands yeux noirs qui fait la joie de toute la famille. Khadija est très belle, parle très bien le français et à toujours le sourire.

            Kébira fera des confidences à Paul, petit problème de cohabitation avec sa belle fille…. Zaccaria ne manquera pas de nous faire remarquer que sa maman se plaint beaucoup, mais va très bien. Ce n’est que vers 16h que nous prendrons la route…

            Des fleurs jaune-orangé forment de vrais tapis, les céréales blondissantes ondulent sous la brise, de grosses taches vertes se mêlent aux collines rouges donnant un charme particulier aux paysages traversés.

 

                                                                                                                                     CSC_0627.JPG

La circulation est assez dense, surtout de gros camions avec de grands chargement emmaillotés dans de larges filets.

            Dès que l’on atteint la plaine fertile du Sous, les cultures s’intensifient, beaucoup de grands vergers d’oliviers et d’orangers.

           

 

   

 

 

 suite-0633.JPGArrivée sur Taroudant après avoir traversé l’oued Sous, à sec, mais qui a sans doute beaucoup  rugit cet hiver emportant au passage un pilier du pont.

 

            Juste trois place pour nous dans une contre allée face aux remparts. Il l’heure de « Plus belle la vie »….

 

 

           

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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ROMANE 21/04/2010 13:39


quels moments magnifiques vécus au fil des jours....je vous vois souvent a table dégustant la cuisine locale....hummmm!!!!!! Et j'ai vu des " belles fleurs " au milieu des fleurs du pays....
j'apprécie et me délecte du style, tour à tour enjoué, croustillant, de l'écrivain et j'apprends beaucoup de choses sur les us et coutumes....une manière de voyager ici, devant l'ordi, à Beaune

bon séjour, continuez bien votre périple....bisous à Barbel et Jack et amitié au narateur...bonne continuation