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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 16:50

            28 février

 

Il fait toujours très beau ici, alors qu’en France tempête et pluie font rage partout, quelle chance d’être au soleil sous les palmiers !!! 

Ce matin les accros d’internet sont à pied d’œuvre, l’une dans son camping-car, les autres sur le trottoir, devant la maison des femmes, confortablement installées sur un bureau de fortune… pour une meilleure connexion. Brigitte à toujours quelques difficultés nous allons tenter de solutionner son problème du moins provisoirement.

Repas de midi dehors où il fait bon se prélasser. Avant de prendre la route nous voudrions bien terminer nos connexions, nous ne nous éterniserons pas car le vent se lève et avec lui sable et poussière.

Nous quittons à regret ce petit coin de Maroc authentique que j’aime particulièrement, où personne ne nous importune, où tout le monde nous salue et nous demande comment nous trouvons la ville. Ils semblent très fiers d’habiter Figuig. Nous avons trouvé ici un dépaysement complet, le calme, un accueil chaleureux sous des cieux très cléments.

Le vent souffle maintenant en rafales soulevant sable et poussière, nous essuyons une mini tempête de sable. Les collines sont blafardes, comme enveloppées dans un voile léger couleur ocre. L’atmosphère est lourde presque irrespirable, nos narines s’assèchent, nos bouches s’empâtent. Les petits grains légers virevoltent, tournoient et se faufilent partout, par endroits il est presque difficile de voir la route. Ce ciel tumultueux ne laisse rien présager de bon !!!

Arrivée à Bou Arfa, installation à l’hôtel climat du Maroc où le gardien ne semble pas ravi de nous voir, un camping-car est déjà installé. La température a considérablement chuté le thermomètre ici ne plafonne plus que vers 20°.

Attendons Abdellatif qui doit passer nous voir, il rentre d’Ich. Il s’excuse, mais ne pourra venir nous le verrons demain à l’école.

 

01 mars

 

Ce matin nous avons perdu 30° par rapport à hier en seulement 100kms parcourus, surprenant !! Le soleil est bien là mais le vent nous transperce.

Nous attendons un petit instant Abdel et tentons de bavarder avec les enfants que nous avons beaucoup de mal à comprendre. Abdel s’excuse pour son retard, bavardons avec lui, lui remettons les photos et c’est le départ vers Rich.

Nous traversons un plateau semi désertique bafoué par le vent et brulé par le soleil, où seules des touffes d’épineux résistent. Pas la moindre vie apparente sauf de gros troupeaux de moutons où se mêlent des biquettes noires accompagnées de petits chevreaux bondissants. Pas la moindre habitation à l’horizon, seules des collines dénudées et quelques dunes éparses nous accompagnent.

Après plus de 40kms de cette campagne monotone et désolée l’eau doit être présente, eau source de vie : voilà quelques maisons, des arbres et de minuscules champs verdoyants, plantés là au milieu de nulle par dans un décor presque irréel.

Notre route est, par endroit, si étroite que nos chauffeurs doivent passer sur le bas côté lors des dépassements ou des croisements, la couche de goudron est si mince que les bords se délitent rendant la conduite parfois un peu délicate, fort heureusement il y a peu de circulation et nos chauffeurs sont des chauffeurs chevronnés.

Notre halte café quotidienne se fait en bordure de la route, près de tentes berbères. A notre grande surprise deux Messieurs viennent nous saluer, nous demander comment nous allons et repartent tranquillement chez eux.

Traversons l’oued Zelou qui coule paisiblement et un long ruban de verdure suit son photos-9031.JPGcours. La route est longue et monotone, un troupeau de dromadaire viendra l’égayer.

Ce n’est qu’après plus de 130kms que nous rencontrons un gros bourg entouré de verdure, beaucoup d’enfants dans les rues, les filles souvent en blouses blanches, beaucoup de sourires et de saluts amicaux, ici pas de gestes déplacés, comme dans certaines régions.

Repas de midi dans ce désert austère. Nous sommes les seuls à manger dehors sans doute parce que j’apprécie particulièrement les doux rayons de soleil qui caressent ma peau et la brise qui chatouille mes narines. Devant cette immensité un sentiment de paix et de liberté m’envahit… Les yeux rivés sur l’infini, je pourrai, rester là des heures à rêver.

Boudnid est une grande ville, une vraie fourmilière grouillante d’enfants, les toutes petites filles portent des blouses roses.

Nous quittons la nationale 10 pour la direction de Rich et notre petite route s’élève rapidement au bord de l’oued Guir qui coule entre de magnifiques falaises, nous faisons de CSC_9066.JPGnombreuses haltes photos. Ici et là des palmiers bordent l’oued, puis apparaissent de magnifiques palmeraies fort bien cultivées. C’est un décor de rêve que nous apprécions.

A Tazouguerte, un petit village, une petite gamine, haute comme trois pommes,  lance des graviers sur le camping-car de Jack et Barbel, n’avons pas même le temps de réagir elle est rentée à la course chez elle. Espérons que cela ne va pas recommencer, sinon nous allons réagir. Un peu plus loin certains tenteront de nous barrer la route avec de gros fils noir. Ah ces enfants !!! A Kadoussa, tous les garçons sont dans la cour de récréation et tous en blouse bleue, nous l’avons échappé belle….

De près ou de loin suivons toujours l’oued qui scintille au soleil. Des peupliers parés de leur robe de printemps vert tendre se mêlent aux feuillages sombres de palmiers et au vert argenté des quelques oliviers, créant ainsi une symphonie de vert très agréable.

Un passage d’oued un peu difficile, le pont est en construction nous devons le P1050317.JPGtraverser  mais il y a environ 30cm d’eau et le sol est sablonneux. Nos chauffeurs hésitent, vérifient l’état des lieux et finalement  décident de passer. Nous avons failli sortir nos bouées…. Pas de problème.

L’entrée de Gourama est infecte des « corbeaux » partout maintenant il y  aussi des « tourterelles » et des « pigeons » (en effet depuis peu il y a des sacs plastiques blancs et gris).  C’est aussi cela le Maroc, le bien peut côtoyer le mal….Malgré tout beaucoup de progrès depuis notre premier séjour en camping-car en 2004.

Dans le lointain se profile le Djebel Ayachi avec ses pics enneigés. Progressivement l’altitude s’élève atteignant les 1400m, la végétation change, des conifères font leur apparition.

Arrivée à Rich après plus de 300kms, Rich est une grosse bourgade qui étale des maisons saumon aux pieds des plissements calcaires du Djebel Bou Hanid. Nous élirons domicile, sur une place près de la protection civile, donc sous haute protection, le lieu semble très calme

 

02 mars

 

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, la pluie à tambouriné presque toute la nuit rythmant ainsi notre sommeil et tombe toujours ce matin.

Rien ne presse, nous prenons notre temps, aujourd’hui sera une journée cool…. Nous décidons de nous arrêter et de tenter de capter la TV pour voir « Plus belle la vie », peine perdue, elle reste muette. Les enfants vont à l’école, mais on entend « donne moi un stylo, donne moi un dirham, donne moi un dollar » et ils commencent à devenir un peu agressif, c’est alors que je sors l’appareil photo et les voilà qui partent comme une volée de moineaux après le coup de fusil d’un chasseur. 

Le ciel est menaçant et bas et le brouillard enveloppe généreusement les cimes des djebels. Le Ziz, boueux zigzague paresseusement. Né dans le djebel Ayachi le Zig est un oued typiquement saharien, le plus souvent à sec mais susceptible de crues terribles, il arrose le Taflilat avant de se perdre dans les sables du côté de Taouz, après un cours de 200 kms.
        DSC_9094.JPG                                                             Il creuse des gorges profondes et impressionnantes, ce passage étroit était, par le passé, un passage stratégique. En effet en 1930 les légionnaires, armée de pioches ont creusé, à la sueur de leur front, le tunnel du légionnaire. Cet oued fort sensible aux caprices du temps donne vie à un chapelet d’oasis jusqu’à la grande palmeraie du Tafilat vers Erfoud. Les gorges sont magnifiques même sous la pluie et cette route nous conduira en deux jours aux portes du désert. La route en corniche plonge dans les eaux boueuses de l'oued qui contrastent avec le rouge des roches. Le paysage est sublime malgré le temps. De petits villages en torchis se confondent avec la roche, seules de grandes taches vertes se détachent.

Le Ziz, peu avant Er Rachidia, est retenu par un grand barrage, le barrage Hassan Addakhil, qui est sensé le réguler, évitant ainsi les inondations dans les villages du cours inférieur. Ce lac, malgré la pluie qui tombe abondamment et le ciel noir, est bleu pétrole. Nous regrettons vraiment l’absence de ce soleil si généreux les jours derniers.

A la lisière du haut Atlas Er Rachidia est une grande ville moderne en pleine expansion, c’est un chef lieu de province, une capitale administrative crée par la France en 1916. L’armée marocaine est le principal employeur de la ville.

Après une vingtaine de kms vers le sud, à la lisière de l’oasis du Ziz se trouve la source bleu de Meski qui nait dans une cavité rocheuse et  alimente une piscine construite DSC_9115.JPGpar les légionnaires dans les années cinquante. Vu les pluies récentes qui viennent de tomber le camping est fort boueux, mais le lieu est agréable et de la falaise qui surplombe la palmeraie on a un beau point de vue sur l’oasis, la vallée et le vieux ksar abandonné de Meski.

Après cette route austère de hamada, la vallée du Ziz apparait comme un large ruban vert qui contraste avec l’aspect désertique du relief tabulaire qui l’encadre. De vieux villages en pisé, aux maisons cubiques, aux toits en terrasse, s’étalent tout le long de la route, ksour et kasbah se succèdent pour le plus grand plaisir de nos yeux curieux. Quelques dunes de sables roux donnent un avant goût du grand erg tout proche.

A Zoulà nous bouderons le camping Tissirt un peu trop exigu et un peu boueux et préférons continuer notre route vers Erfoud. Erfoud est une bourgade grouillante, photos-9102.JPGentourée de palmiers, c’est aussi un centre commercial, c’est l’entrée du désert et le début d’une expérience inoubliable, mystérieuse et attirante. Avec ses grandes rues rectilignes plantées de tamaris, Erfoud rappelle qu’elle fût à l’origine une garnison française crée en 1914. De nombreux et beaux hôtels, style casbahs, fleurissent le long de la route qui conduit à l’erg Chebbi.

Une dizaine de kms plus loin nous nous installerons au camping Tifina, un nouveau camping tenu par des français associé à un marocain. Un superbe camping, propre et agréable. Nous commanderons un repas servi au camping car, le tajine au poulet sera excellent.

 

03 mars

 

Le soleil est de retour et nous l’apprécions. Matinée cool, café dehors confortablement installés et saines occupations de camping-caristes. Depuis plusieurs photos-9152.JPGjours des odeurs de gaz se dégagent des grilles de nos frigos, ce matin est donc propice au ramonage ou au bricolage sur l'antenne. C’est sans doute le butane qui est la cause de ces petits désagréments.

Luc vient discuter avec nous, il est très agréable et fort sympathique, il parle de couscous, donc nous en prévoyons un pour ce soir.

Bien qu’un peu collant, Echatri vient nous proposer ses sorties en 4X4. Papier et crayon à l’appui il nous décrit le circuit qui part de Tifina. Nous demandons un peu de réflexion. 1500 dh pour le 4X4 quel que soit le nombre de personnes, en l’occurrence nous sommes six. Le trajet nous convient et le prix aussi, nous ne le discutons même pas, une fois n’est pas coutume.

Le départ se fera donc demain à 9H du camping et retour vers 17H. Nous allons donc rester deux nuits supplémentaires ici. C’est aussi cela le Maroc, rien n’est réellement programmé, même si nous avons tissé un fil conducteur. Il faut laisser place à l’aventure et à l’imprévue. C’est comme cela que je conçois le voyage dans un pays où « les gens pressés sont déjà morts » calmement au gré de nos coups de cœur.

Le camping est très agréable, très propre, avec des emplacements spacieux bien délimités possédant des prises électriques,  pour le moment sans ombre, mais cela n’est nullement gênant car en plus certains possèdent une petite pergola, une table et parfois une arrivée d’eau. Il est conçu en matériaux traditionnels : le pisé qui est isolant thermique très apprécié sous cette latitude. Les douches sont très grandes équipées en plus d’un grand lavabo en pierre d’Erfoud, incrustée de fossiles, les sanitaires sont propres, les bacs à linge sont alimentés en eau chaude, il y a aussi machine à laver, étendoir et une vrai aire de vidange pour les camping-cars. C’est le luxe aux portes du désert avec en plus un accueil très chaleureux.

Après midi Luc nous amène en ville en 4X4, dans un super café où l’on peut se connecter à Internet. Confortablement installés à l’ombre des palmiers, les trois « nénettes » surferont patiemment en sirotant un excellent thé à la menthe. Un petit P1050350.JPGincident de parcours, à noter tout de même, heureusement sans gravité, Brigitte s’assied sur le coussin débordant et « patatras », la voilà au sol. Sur le coup, elle est, comme l’on dirait dans le midi « toute estourbie ». Elle va avoir quelques beaux hématomes et quelques douleurs supplémentaires, dès ce soir. Comme nous voudrions prolonger notre surf, Luc s’en va et passera nous reprendre tout à l’heure.  Ce n’est donc que quelques heures plus tard que l’on viendra nous chercher. Cela est fort appréciable. Quel accueil !! Nous reviendrons.

Le coucher du petit disque d’or est magnifique, il se cache rapidement derrière deux minuscules mamelons laissant ainsi un ciel rougeoyant pendant de longs instants.

Ce soir couscous au poulet, très bon aussi et oranges à la cannelle. Bravo Luc.

 

04 mars

 

DSC_9175.JPGA 8h45, notre chauffeur, Hassan, est déjà là, rare pour un marocain d’être en avance sur l’horaire. Partons donc sur Erfoud, arrêt pain pour notre casse croûte de midi et café pour notre conducteur, passons vers le petit marché couvert, le souk aux moutons, traversons le Ziz et continuons à rouler sur le goudron. De grands cairns bien pointus, placés sur tous les mamelons, délimitent la première carrière de fossiles. Après 17kms de goudron empruntons une piste bien roulante pour aller voir une autre carrière, personne ne travaille, nous verrons de gros blocs brut qui servent à la fabrication des divers objets. La masse rocheuse remplie de fossiles s’étend sans discontinuer d’un seul bloc jusqu’à la frontière Algérienne. Les vendeurs de fossiles voyant un 4X4, synonyme de touristes et d’acheteurs éventuels, arrivent à vélo ou mobylettes. Mais Hassan veille afin que nous ne soyons pas importunés, il est vrai que nous n’aimons pas trop être harcelés.

Dans cet hostile désert de pierraille, à l’aire primaire s’étendait une mer chaude et il y a quatre cent cinquante mille ans y vivaient des goniatites, des trilobites et des orthocères d’où la présence de fossiles.

La hamada n’a plus de secret pour nous : immensité plate, morne et grisâtre dont la surface est parsemée de millions de cailloux noirs, parfois une minuscule dune vient troubler cette monotonie. Mais au fil des kilomètres, sur notre droite s’étale l’erg Chebbi et ses magnifiques dunes orangées ou roses dont la couleur varie en fonction de l’éloignement. Le paysage devient magnifique et cette sortie me plait particulièrement, j’aime ce désert qui me fascine, j’aime ce sable roux, doux et changeant et je me sens toute petite dans cette immensité, mais en parfait accord avec ce lieu magique. A notre gauche on aperçoit le rebord de la hamada du Guir située pour la plupart sur le territoire Algérien, où se dressent des postes militaires.

DSC_9193.JPGNous faisons de nombreuses haltes photos et en même temps Hassan nous montre des oignons sauvages qui poussent dans au milieu des cailloux où dans le sable, ils sont fort difficiles à arracher, mais gentiment Hassan le fait pour nous. Des Canadiens viendraient les ramasser et parait que cela se vent 100dh le kilo dans les grandes villes. Nous allons goûter cela dès demain.

La petite oasis de Tisrdmine n’est qu’un village militaire entourée de verdure, un poste de garde marocain se dresse sur la colline. Il n’est là que pour la sécurité touristique, les militaires ne resteraient  en poste qu’une semaine afin d’éviter tout échange avec leurs collègues Algériens.

Notre piste passera par l’oasis aux dromadaires, endroit où pousse l’herbe plus ou moins épineuse et où les chameliers amènent paitre leurs animaux.

Une nouvelle halte vers les nomades, les vrais, ceux qui ne sont pas là pour le business ou le folklore, sera l’occasion de boire le thé sous une tente berbère, de voir DSC05321.JPGfaire cuire le pain rond contre les parois d’un petit four à bois en terre cuite. Je ne résisterai pas à donner une peluche aux deux petits enfants présent, mais cela ne semble guère les intéresser. Hassan nous précise qu’ils ne savent pas jouer avec, effectivement d’autres peluches trainent à même le sol ou sur le toit de la petite maison carré en pisé. Des branchages d’épineux posés sur des piquets à soixante centimètres du sol servent d’abris à beaucoup de petits chevreaux qui veinent de naitre.

Nous continuons par la piste, (Brigitte à mis ses deux ceintures de …… l’une autour du cou, l’autre autour de la taille pour éviter les secousses, bien que notre chauffeur conduise de façon irréprochable) pour atteindre le village des Français (Mifis). Seules quelques maisons sont occupées par des militaires dont le poste de garde se trouve juste au dessus. Ce village en deux parties, l’une toute simple pour les ouvriers, l’autre beaucoup plus cossue pour les chefs, a été construit lors de l’exploitation des mines de plomb qui se situent un peu plus haut. Ces dernières ainsi que la plupart des habitations tombent en ruines. Nous pourrons voir les entrées des galeries, trous dans la nature sans protection.

 Après un passage sablonneux, passé sans encombre, une belle halte photo s’impose, nous voulons profiter encore un dernier instant de cette vue étrange et mythique des dernières dunes magnifiquement sculptées par le vent qui rougeoient sous le soleil. C’est un petit coin magique, c’est l’envers du décor de Merzouga (ci-dessous) où il y a encore peu de touristes et où il fait bon flâner.

  

dune1 

 

Nos estomacs commencent à crier famine, il est près de 13h30, nous arrivons au village africain des gnaouas, descendants d’esclaves soudanais. Depuis notre passage en 2004 le lieu a vraiment changé, la petite école est toujours là, mais sur la place des tentes berbères sont installées avec des tables pour recevoir les touristes, le lieu est propre. On nous offre le thé de bienvenue et nous mangeons nos casse-croûtes.

Après le repas sommes invités « aux pigeons du désert » où les africains donnent DSC_9234.JPGleur petit spectacle. Ils jouent du tambour ou du crotale (sorte de castagnette en fer faite d’une tige renflée en forme de coque à chaque extrémité). Nous participons, à notre manière, Jack et Lucien font un peu les clowns… Les gnaouas, en djellabas blanches, chantent des chants religieux en arabe et le rythme saccadé de leur musique peut conduire les danseurs en état de transe. Nous leurs laisseront quelques vêtements et quelques peluches ainsi qu’un pourboire.

Notre balade se poursuit sur la route de Taouz à Merzouga, les campings auberges fleurissent avec le flot des touristes. C’est du centre ville que nous apprécierons le mieux la dimension de la grande dune qui fait 170m de haut, mais dont la hauteur peut varier en fonction du vent. Le sable fin et fluide y créait des microreliefs aux formes douces et arrondies d’un bel orangé. C’est magnifique mais il faut déjà partir.

Traversons le village pour nous diriger vers le lac Dayet Srgi qui a beaucoup d’eau depuis 2006, date où Merzouga a connu une catastrophe suite à un très violent orage 005.JPGtombé dans la région la nuit du 27 ou 28 mai. Plus de six cents familles ont été touchées ainsi que certaines structures hôtelières, certaines ont beaucoup de mal à s’en remettre, Peu de flamands roses sur le lac, trop souvent dérangés par les 4X4  ou les mobylettes des vendeurs de fossiles attendant un hypothétique client. Hassan, en chauffeur attentionné, nous conduira de l’autre côté du lac pour que nous puissions l'admirer avec en toile de fond les dunes prenant une teinte ocre en cette fin d’après midi.

Après quelques kilomètres parcourus sur le bitume en direction de Rissani nous retrouverons la piste pour atteindre Erfoud. Ainsi « la boucle est bouclée »…

Un arrêt à la fabrique de pierres fossilisées nous apprendra comment des grands blocs que nous avons vu ont été transformés en divers objets, le tout artisanalement, notamment des tables et des vasques. Nous verrons de très belles pièces, un peu foncées à notre goût.

Retour au camping, Hassan très bavard nous a parlé en toute simplicité de ses ressentis sur la Maroc, a fait le maximum pour nous satisfaire et nous éviter le harcèlement des vendeurs de fossiles qu’il à éloigné discrètement. Nous l’en remercions. 

Voilà une journée bien remplie, très enrichissante et appréciée de nous tous.

 

 

05 mars

 

Ce matin c’est sous la tonnelle que nous prendrons thé, café et petits gâteaux, sous un ciel mitigé et une température très agréable 21°.

Départ vers d’autres lieux, départ pour le désert…. Ce matin c’est Jack le chef de file et Lucien le petit dernier. Nous roulons d’abord sur une route bordée de tamaris puis dans une agréable palmeraie luxuriante ou circulent quelques beaux tracteurs, laissant supposer de grandes exploitations

 

 

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CSC_9267.JPG

 

  La porte de la ville

 

  

 Un petit arrêt à Rissani, toujours le même problème avec des jeunes qui s’improvisent gardiens et qui n’en sont pas… Peu fréquentée par les touristes la ville a gardé son authenticité. Nos hommes restent aux camping-cars et nous partons en ville faire les courses dans le souk, peu vivant ce matin et dans les ruelles semi couvertes avons beaucoup de mal à trouver nos légumes, mais les commerçants sont très agréables.

La plupart des femmes sont en habit noir et très voilées, souvent seul un œil est visible, rien ne semble avoir changé depuis notre dernier passage. Les saluts sont presque inexistants, on se sent un peu intrus.

Nous avons décidé de prendre le chemin des écoliers donc de suivre la route touristique que personne ne connait. Notre route très étroite louvoie dans une immense palmeraie, traverse de nombreux ksour dépeuplés, parfois en ruine, des casbahs à DSC_9262.JPGl’abandon. Mais partout des hordes d’enfants qui nous suivent, nous hèlent et montent même sur les marche pieds de nos camping-car nous obligent même à descendre tant il y a des risques, d’ailleurs les filles sont parfois plus virulentes que les garçons. Le ksar Oulad Abdel Halim est un des mieux conservé et des plus beaux du Tafilet.

Deux kilomètres plus loin entrons dans le village de Moulay Ismaël où se dresse le mausolée de Moulay Ali Chérif. Nous sommes vendredi, c’est l’heure de la prière, nous nous installons sur la place pour manger mais les enfants tournent autour et réclament, stylos, bonbons ou dirhams. Cela commence à devenir très pénible, mais ne cédons pas. Dès que les adultes sortent les enfants disparaissent.

Nous irons visiter le mausolée, un charmant jeune homme fort élégant dans son turban jaune et sa djellaba bleu, s’exprimant dans un bon français vient nous donner P1050492quelques explications fort gentiment. Nous acceptons volontiers car il est très agréable. Le mausolée est entièrement reconstruit. Le patio avec palmiers, fontaine et zelliges est très reposant et agréable. La chambre funéraire n’est accessible qu’aux musulmans mais nous pourrons la voir depuis la porte, ainsi que la mosquée aux belles portes en cèdre coloré avec des couleurs naturelles.

 

 

 

 

 

 

 

                   Le patio du mausolée

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Notre guide prendra quelques instants pour nous faire visiter le ksar Akbar, essentiellement fait de  ruelles couvertes avec en leur centre une rigole qui sert d’égout et de longs couloirs sombres avec de temps à autre un puits de lumière. Un puits intérieur à double palan permet de monter l’eau salée dans une outre faite avec des pneus. Cette eau sert à la lessive ou au breuvage des animaux. Dans ce ksar vivent environ 150 familles, les plus aisées ont un puits personnel.

Sur les indications de notre guide mais sans insistance nous irons voir la coopérative artisanale, il se retirera sur la pointe des pieds et nous laissera faire le tour en toute tranquillité. Un whisky berbère nous sera servi par le maitre des lieux. De retour au camping-car nous retrouverons notre guide venu nous souhaiter une bonne continuation. Nous ne manquerons pas de lui donner un pourboire, nous avons été très satisfait de ses services, il a été très discret nous proposant son aide sans agressivité ni insistance. C’est comme cela que nous aimerions toujours visiter le Maroc.

Par contre les enfants sont très agressifs et nous devons nous fâcher car l’un d’eux, plus hardi se dit gardien et réclame des dirhams, ce que nous refusons d’ailleurs et cela sous les yeux de certains adultes qui ne réagissent même pas. Jack doit même descendre de son camping-car car, de colère l’adolescent a donné un coup de pied . C’est alors qu’un adulte voyant la scène l’amène par le bras.

Après Rissani la route file au milieu du désert de pierres noires où se mêle parfois un peu de sable blond, conférant au paysage une certaine âpreté, puis les premières dunes roses ou blondes de l’erg Chebbi se profilent à l’horizon donnant alors une certaine volupté.

Arrivée à Merzouga c’est une immersion saharienne avec cette étonnante barrière photos-9296.JPGde dunes offrant un dégradé de tons d’une infinie douceur.

Ici encore rien n’a changé, les rabatteurs sont encore là, à mobylette ou à pied et presque au milieu de la route…. Quand comprendront-ils que nous européens n’avons que faire de leurs agissements et de leurs sollicitations qui font souvent l’effet contraire de l’effet escompté.

Nous avions décidé d’aller à la Gazelle bleue et rien ne nous a fait changer d’idée. Nous y sommes donc installés en toute tranquillité et fort bien reçus par Mohamed, le patron.

Il est encore tôt, nous partons donc en amoureux faire un tour dans les dunes aux pieds desquelles sommes installés. C’est main dans la main, à petits pas chaloupés (comme les vaisseaux du désert) que nous foulons se sable fin qui glisse délicatement sous nos chaussures ou nos pieds nus. Quel plaisir de se laisser aller à la contemplation de ce paysage fabuleux, inhabituel pour nous, qui, même si nous le connaissons, ne nous est pas familier ou encore de dévaler les pentes à grandes enjambées. Un plaisir simple que nous savourons pleinement et qui me ressource particulièrement.

Au retour les trois « accros » d’internet, vous avez deviné qui !!! Pas besoin de les nommer !!! surferont pour donner des nouvelles en France ou encore alimenter le blog.

 

06 mars

 

Ce matin se sont les mouches qui nous réveillent tant elles sont pénibles. « Toc, toc » on frappe à la porte c’est Jack une assiette à la main qui vient nous apporter crêpes et beignets offerts par la patronne. Qu’elle gentillesse !!

 

DSC 9300

 

Le soleil semble bouder, peu importe nous avons décidé de monter sur les dunes, nous partons donc comme prévu, les petits jeunes héraultais ne semblent pas décidés nous partons donc à quatre. Suivant le conseil de DSC 9301Mohamed, affronterons la dune par la gauche, la montée, plus longue sera moins pentue et ménagera nos jambes et genoux. Un petit air frais et agréable nous accompagne.

Des nombreuses traces laissées par des scarabées bleus partent dans tous les sens, il y a aussi beaucoup d’autres traces qui s’estompent petit à petit mais ne savons pas les identifier. Difficile d’imaginer cette vie invisible mais bien réelle.

Nous pieds légers s’enfoncent délicatement dans ce sable doux et fluide, suivent la DSC_9306.JPGligne de crête, déclenchant au passage de mini avalanches qui roule doucement avant de s’arrêter.

Nous nous immergeons dans cet univers de sable fin, rose ou beige orangé qui prend au fil des heures une intensité merveilleuse car le petit disque d’or devient de plus en plus rutilent.

La montée est rude, de petites pauses sont les bienvenues, assis sur ce sable léger nous pouvons admirer ces  véritables sculptures mouvantes en forme de draperies aux couleurs changeantes.

Deux petites taches, l’une blanche, l’autre verte, chacune sur deux jambes nous intriguent….nous surprennent…  A pas lents elles avancent dans nos traces. Les jumelles DSC_9313.JPGnous permettent de distinguer clairement nos petits héraultais qui nous suivent de très près. Nous continuons notre progression et arrivons au sommet de la première dune. Barbel est très heureuse, nous aussi, elle ne pensait pas y arriver, sa ténacité a eu raison de ses douleurs. La, dans un silence total, nos regards s’égarent sur ce sable aux couleurs changeantes et se perdent à l’infini.

Nous encourageons chaleureusement Brigitte et Lucien qui nous rejoignent rapidement. Bravo Brigitte. Après une nouvelle halte bien méritée nous repartons à DSC_9324.JPGl’assaut des deux autres grandes dunes. Le plus difficile est derrière nous, nous progressons rapidement jusqu’à la plus haute. Nous savourons ces moments de liberté et de joie à six.

La descente, à grandes enjambées, face à la pente, nous procure des moments agréables et enchanteurs qui nous font oublier que la montée fût rude. Qu’il est bon de se laisser       glisser dans ce sable mouvant, tantôt chaud, tantôt froid.DSC_9346.JPG

 

Pour le retour nous suivrons la route depuis le camping de la tradition, passerons devant Ksar Sania de Gérard et Françoise, non il ne s’agit pas de nos amis Meylanais… à qui, en passant nous faisons un petit coucou.

 

 

 

 

 

 

 

Par chance nous avions commandé nos repas au restaurant. Nous n’avons donc qu’à mettre les pieds sous la table et nous faire       servir. Après une douche rafraichissante DSC07374et bienfaitrice nous mangerons harira pour les uns et super salade pour les autres. C’est un excellent couscous qui suivra, un couscous poulet aux sept légumes qui régalera nos papilles, en dessert oranges et bananes. Que du bonheur pour tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

                               Miam miam....                c'est très appétissant !!!

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Le temps du repos est venu, mais le vent forcit, le ciel s’assombrit, la pluie n’est pas loin, d’ailleurs Mohamed vient nous prévenir qu’il faut rentrer notre linge. Tout cela laisse présager une tempête de sable, mais il n’en est rien. Nous n’aurons que quatre grosses gouttes, juste de quoi salir nos camping-cars. 

 

Les « accros » du mulot se remettront sur internet confortablement installées dans la salle à manger.

Ce soir apéro chez nous, nous passons ainsi d’agréables moments à rigoler et à plaisanter.

          Demain sera un autre jour…. Nous verrons en fonction du temps et de nos envies, mais nous restons sur Merzouga. Encore un petit coin de paradis où pour l’instant il n’y a pas trop de monde.

 

07 mars

 

Ce matin le soleil est toujours au rendez-vous, vers 7H30 on tape à la porte, une main me tend une assiette avec des crêpes, je passe la tête, ce n’était pas Mohamed mais Lucien qui se cachait pour faire une blague. Nous sommes vraiment chouchoutés et l’on apprécie vraiment cet accueil, un petit déjeuner par ordinaire dans le désert.

On bavarde, on boit thé et café, on déguste de petits gâteaux. Et on part en balade dans le village et la palmeraie. Quelques enfants viennent nous saluer et demandent des « caramels » et de surcroit mou, devant notre refus ils n’insistent pas et tout se passe bien.

Plusieurs auberges font aussi camping, des camping-cars y stationnent, les lieux ont l’air très bien entretenus.

Un nouvel petit accident de parcours, une nouvelle chute…. Paul met le pied dans photos-9364.JPGune ornière et le voilà au sol, replié sur lui-même, mais avec une petite entorse. Il continue tout de même avec nous, traversons la palmeraie mais ne verrons pas la source, seulement un canal d’irrigation. Il rentrera en compagnie de Jack tandis que nous irons en ville chercher le pain et eau.

Sa cheville a considérablement enflée malgré les soins prodigués, donc après midi relax et TV.

Repas de midi dehors ombre ou soleil au gré de chacun.

Le thermomètre indique 28°  alors qu’en France, du moins en Isère il neige. Nous avons du mal à imaginer, nous qui sommes si bien ici (à la lecture de forum nous verrons que sur la côte Atlantique Marocaine il pleut). Donc restons au frais dans la salle à manger devant nos micros.

DSC_9359.JPGJack et Lucien font une partie de pétanque, Brigitte lit, Barbel et moi-même allons faire une petite balade dans les petites dunes. Le soleil commence à descendre à l’horizon, la luminosité est telle que les grandes dunes nous paraissent encore plus belles, leurs formes encore plus douces et leurs contours encore plus en relief.

Nous cheminons tranquillement vers Hassi Labied, bavardons et admirons toujours ce paysage magique aux couleurs changeantes où les quelques touches vertes des arbres s’intègrent parfaitement dans ce milieu orangé. Un petit tour dans le village où l’on nous réclame encore des caramels. C’est bien, pour l’instant, le seul endroit où l’on entend cela. Rentrons à la tombée de la nuit, ravies de notre promenade.

P1050536.JPGCe soir apéro chez Brigitte et Lucien, remarquez bien les verres, trois verres d’orange… un de coca-cola et pour les deux autres : vodka nature (et un bon verre…) et pastis. Cherchez l’erreur !!!!  pour ceux qui nous connaissent, je suis sûre que vous avez trouvé. Si vous ne trouvez pas je vous dévoilerai le secret plus tard.









 

  

 

 

 

 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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commentaires

Jerard 24/10/2015 22:31

Camping car Merzouga = 5€/Nuit
Tour des dunes en 4x4 = 60€/Vehicule
Randonee a dos dromadaire & bivouac = 35€/Personne
Plus d'infos au : www.morocco-excursion.com

Jerard 24/10/2015 22:31

Camping car Merzouga = 5€/Nuit
Tour des dunes en 4x4 = 60€/Vehicule
Randonee a dos dromadaire & bivouac = 35€/Personne
Plus d'infos au : www.morocco-excursion.com

izard 30/11/2010 16:48


bonjour c luc a erfoud de passage a erfoud j ai ouvert b&b votre restauraznt traditionel retrouvez moi

luc


Les pollhuguett's 05/12/2010 23:43



Bonsoir,


Pourquoi pas si nous passons par là. Nous donner plus de précisions.


merci.


Amicalement.



loulou 08/03/2010 18:05


Heureux de vous voir en photo. Depuis quelques jours, je croyais que l'appareil était en panne !


Les pollhuguett's 17/03/2010 19:18



L'appareil n'est pas en panne, c'est la conneion internet qui rame
Amicalement