Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 00:32

            31 mars

 

            Il est 8 heures « Toc toc…. » Omar devait surveiller l’ouverture des rideaux…  il nous amène 8 crêpes chaudes. C’est vraiment très gentil et nous apprécions.

                Nous allons saluer Claudie et son équipe et les remercier pour leur amabilité, nous leur laisserons encore du fromage, car ici ils en sont un peu privés.

 

DSC00134.JPG            Myriam et Patrick, nous quittent, Myriam ne peut retenir ses larmes, elle si heureuse d’avoir pu retrouver ses parents. Ils vont continuer leur périple vers les casbahs de Aît Ben Haddou et de Télouet , franchir le tizi N’Tichka, pour arriver à Marrakech (arnakech) où ils vont y passer quelques jours avant de reprendre l’avion. Et oui il y en a qui sont jeunes et travaillent !!!! Nous les chibanis nous pouvons continuer nos visites au gré de nos envies, sans se presser.

            Arrivé à Ouarzazate sommes accueillis par une grande route neuve bordée de très nombreux lampadaires.

            Au pied des reliefs grandioses du haut Atlas, au croisement d’éblouissantes vallées, la ville est, comme Agadir, synonyme de tourisme de masse. Entre contrées montagnardes et sahariennes la ville doit aussi son existence à l’industrie du cinéma. Aux confins du grand sud c’est une ville étape, récente, en plein essor, sortie des entrailles de la terre qui mène aux espaces infinis entre dunes, hamadas et oasis. Difficile de se perdre dans Ouarzazate : une grande rue principale, sinueuse, excessivement large et très longue.

            Prendrons le temps de flâner dans les souks, achetant épices, chaussures, ceintures, menthe. Nous pouvons regarder, discuter, marchander sans le moindre souci.

            Confortablement installés à la terrasse d’un salon de thé, à l’ombre des palmiers DSCN9468.JPG nous siroterons un verre offert par Eliane et Michel. Mais surtout nous ne manquerons pas d’aller acheter d’excellents petits gâteaux marocains.

            Peu de kilomètres après stationnerons au bord du lac artificiel du barrage El Mansour Eddahbi, bien en eau cette année, pour le repas de midi. Le cadre est très agréable, les eaux bleues où se mirent presque photos-0008.JPGles sommets enneigés de l’Atlas. C’est l’eau du Dadès et du Todra réunies qui assurent ensuite l’irrigation de la vallée du Draa.

            Très vite dans un paysage lunaire apparait un ensemble de casbahs neuves jouxtant le golf royal. Ce paysage toujours autant désertique se pare de rochers rouges et roses.

            Installation au camping Amerhidil, près de la casbah du même nom, camping très rustique mais qui nous permettra de laver notre linge et de le sécher rapidement, vue la température 31°. Après midi cool, chacun vaque à ses occupations ou ses loisirs.

          DSC_0036.JPG  Ce  n’est que vers 17h ici, 19h en France que nous irons seulement à quatre dégourdir un peu nos jambes. Franchirons l’oued Hajad à sec et admirerons la belle casbah d’Amerhidil encore habitée par ses propriétaires. Belle casbah du XVII siècle, aux dimensions surprenantes, en partie rénovée, servant de chambres d’hôtes. La seule beauté de ses façades mérite bien le détour.         

                  Poursuivrons notre ballade parmi les palmiers, les oliviers et les champs de céréales ou de fèves, écoutant le bruissement des feuilles où les cri cri des grillons qui chantent en cette fin d’après midi. Atteindrons la casbah Ben Moro, en bordure de route, elle aussi restaurée et servant d’hôtel.               

           Nos avons occulté ce soir plus belle la vie pour cette agréable promenade nous faisant découvrir des coins magnifiques. Au retour toasts et apéro offert par Barbel et Jack, la température est si clémente que nous avons pu apprécier tout cela dehors au clair de lune.

           

            1er avril

 

            Après une nuit calme et réparatrice nous prenons le temps, rien ne presse nous n’avons pas beaucoup de kilomètre à faire…. Nous devons aller au camping du soleil.

P1050853.JPG            Ce matin nous avons un nouvel artisan, sa devise : travail soigné à prix modéré. C’est Lu et Cie, échelle sous le bras qui nettoie les panneaux solaires et les lanterneaux.

 

         Dommage il manquent nos amis Barbel et Jack

 

trois.JPG

 

           Visite de la casbah Amerhidil : On franchit la porte et l’on rentre dans un petit patio planté de figuiers, de grenadiers, de palmiers dattiers et divisé en quatre petits jardins, un pour chaque épouse, comme pour une invitation à la pause avant de monter dans les étages par l’ascenseur berbère : escalier aux marches très inégales !!! Visiterons quelques pièces, les cuisines, la mosquée avant de monter sur la terrasse d’où la vue s’étend sur la palmeraie et l’Atlas.DSC_0032.JPG

            Café et thé traditionnel avant d’aller payer le camping. Qui paye ? Comme d’habitude les trois « nanas ». Voilà le patron déstabilisé nous demandant pourquoi se sont les femmes qui payent. C’est sans doute très surprenant pour le Maroc mais personne à ce jour ne nous a fait une réflexion.

            Nous traversons un immense plateau où la terre prend des couleurs rouges, parsemée par endroit de petites taches vertes, quelques vergers plantés là sans doute parce qu’il y a un peu d’eau avec une habitation qui se confond avec la terre.

            Au village d’El Kalaa M’Gouna nous retrouvons Josiane et Claude avec leurs amis, photos-0047.JPGsommes ravis de les rencontrer, ils arrivent de Mhamid. Cet arrêt sera l’occasion d’acheter une bouteille de gaz. Nouvelle réflexion du marchand au sujet des femmes qui payent….

            Nous traversons la ville, ratons l’embranchement de Tourbist et décidons de nous arrêter manger sur un terre plein devant l’école et une caserne car il est déjà 12h30.

            Nous reprenons la route en sens inverse pour retrouver notre embranchement pour la vallée des roses. Notre route prend d’assaut la colline et se faufile entre deux casbahs délabrées avec à leurs pieds l’oued M’goun boueux et son cordon de verdure. Les DSC_0071.JPGpaysages très divers, des roches colorées de carmin ou de magenta en passant par le rouge et le violet, un paysage à couper le souffle tant les couleurs sont belles. Par endroit les gorges serrées laissent juste passer l’oued, de grandes falaises semblables aux doigts de singes de la vallée du Dadés où à une cathédrale. La couleur rose domine c’est vraiment magnifique et pour l’instant pas de roses. La rosa damaskina , petite mais odorante est cultivée dans la région en haies épaisses. Il y a d’ailleurs deux distilleries et l’essence retirée est directement envoyée aux parfumeurs français. Cependant de nombreuses boutiques sur place se sont spécialisées dans les dérivés.

            Notre trajet est ponctué par de nombreux arrêts photos, les paysages sont si fantastiques et si spectaculaires que l’on a envie de les immortaliser. Cela nous permettra DSC_0076.JPGde discuter avec des jeunes femmes que j’avais photographiées par surprise et de les faire rire. Mais sans doute heureusement que nous ne comprenons pas leur langage…

            Barbel et Brigitte ont « craqué » pour deux toutes petites filles adorables qui n'ont rien demandé, dont l’une transportait un chevreau sur le dos et ont donné bonbons et peluches.

            Après quelques centaines de mètres de route difficile  Bou-Thrarar avec son architecture  berbère traditionnelle apparait. Surplombant l’oued M’Goun et sa  frange de verdure, les maisons du village se confondent avec les falaises environnantes. Les habitants vivent des ressources de leurs récoltes de pêches, amandes et noix. En berbère le village se nomme « Tamaloute » petite ombre  car une partie du village est ombragée le matin.

            Nous retrouverons Elboussine le patron de la casbah Tamaloute, un monsieur qui DSC_0102.JPGparle très bien le français rencontré un peu plus bas dans la vallée. Bien installés sur la terrasse nous boirons un thé à la menthe gentiment offert accompagné d’amandes de son verger. Comme il parle beaucoup il nous racontera sa venue en France, sa surprise lors d’une manifestation contre Sarco à Toulouse, nous expliquant qu’ici personne n’oserait critiquer le roi, de son étonnement sur les prix d’une robe courte, d’un café à Paris…. C’était sa première venue en France le choc a dû être terrible.DSC_0097.JPG

            Il nous fera visiter son établissement, très bien fait, très propre, avec des belles chambres douillettes, de grandes terrasses d’où la vue est splendide, et nous expliquera comment il en est arrivé là. C’est une affaire familiale avec frère, sœur, leurs conjoints et enfants, soit quinze personnes au total. Il doit susciter la convoitise et la jalousie dans les environs.

 

Si vous avez envie de passer quelques jours tranquilles ou envie de randonner dans le coin, vers le Mgoun, nous ne pouvons que recommander cet établissement où l'accueil et l'hospitalité ne sont pas de vains mots, comme dans la majorité des endroits au Maroc.

 

            Nous nous installerons au bord de l’oued, pas de risque pour cette nuit… le temps est au beau fixe. Elhoussine voudrait bien nous faire descendre dans l’oued, impossible pour nos camping-cars. Devinez ce qu’il voulait faire ? Refaire le chemin avec un bulldozer car il est le chef du village !!!

            Nous devions aller plus loin, dans la vallée de Todra, faire des courses à Tinérhir et bien tant pis restons ici, nous sommes très bien. C’est aussi cela le camping-car,  l’imprévu  et la possibilité de stationner là où l’on a envie, bien entendu sans gêner personne.

            Les enfants tournent sans cesse autour de nos petits cubes, tentant de voir nos intérieurs ou de récupérer quelque chose, y compris nos sacs plastiques qui se trouvent dans les vides poches de nos portes. Pas agressifs mais un peu agaçants….

            Ce soir, à l’inverse de l’an dernier, nos avons loué la salle de Brigitte et Lucien, impossible de boire l’apéro dehors, il y beaucoup trop yeux étonnés et curieux, pas question d’y renoncer pour autant, c’est ma fête. Et non ce n’est pas un poisson d’avril !!!!

            Les héraultais et Paul (trop curieux) ont rencontré des trekkeuses de Montpellier et l’accompagnateur local d’Allibert qui ne semble pas partager la façon de faire du patron de Tamaloute, sans doute un brin de jalousie…. Peu importe nous ne changeons pas d'avis pour autant.

            Avec nos camping-cars nous sommes un peu l’attraction du village, tout le monde sait que nous passons la nuit près de l’oued.

 

            02 avril

 

            Le nuit a été très calme, juste un petit ronronnement de l’eau et l’appel à la prière ce matin, que certains ont entendu.

            photos-0121.JPGDe nombreux trekkeurs passent avec accompagnateurs, mais aussi leurs muletiers transportant ainsi tout le nécessaire à une bonne organisation.

            Passerons dire au revoir à Elhoussine mais il n’était plus là, nous comprenons maintenant pourquoi il voulait que nous passions de bonne heure ce matin.DSC_0130.JPG

            La luminosité est excellente rendant naturellement certains endroits encore plus beaux que la veille. Tout en bas serpente le ruban boueux de l’oued le long des falaises DSC_0129.JPGplus

 

 

 

 

 

 

 

 

ou moins abruptes sur lesquelles apparaissent clairement des différentes couches géologiques de toutes les couleurs. Sur les rives poussent quelques peupliers blancs dont le feuillage argenté s’agite au moindre souffle.

            Rencontre inattendue avec nos amis les dromadaires, ces vaisseaux du désert que l’on dit pas beaux, à la démarche disgracieuse, à l’air dédaigneux et doté d’un fichu caractère, paissent tranquillement, certain nous regardent et semblent nous dire dirhams, dirhams….

           DSC_0136.JPG Les montagnes de l’atlas sont encore couronnées de neige étincelante.

            Après trente kilomètres de paysages fabuleux nous atteignons El Kelaa M’Gouna qui n’est qu’une suite de bâtiments et de maisons roses Marrakech, qui s’étalent jusqu’à Boulmane de Dadès. Point de souvenir ancré dans ma mémoire, est-ce un passage effacé où un changement notoire depuis notre dernier passage.

           

    Nous rencontrerons toujours des femmes revenant des champs et lourdement chargées, cela ne changent pas.

            Un arrêt à Tinerhrir nous permettra de faire quelques courses, pas de petit vendeur de salade avec son panier et sa bicyclette comme les années précédentes. Dommage il avait de beaux légumes. Nous devrons chercher car ici les légumes n’étaient pas très frais.

            Il est tard nous irons directement nous installer au camping du soleil. Mais en passant sur la plateforme nous pourrons admirer furtivement l’immense tapis verdoyant P1050900.JPGde la palmeraie dans un paysage dénudé de roches rouges et de vieilles casbahs délabrées. L’oasis déploie sous ses palmiers, de nombreux petits jardins, de minuscules champs cultivés et quelques vergers.                

             C’est l’heure du repas nous pouvons manger confortablement installés dehors car les places sont grand confort.

            Après midi cool chacun fait ce qu’il lui plait.

 

      Entrée du camping du soleil   

 

 

             03 avril

 

            Même à 1350m d’altitude nous pouvons prendre notre petit déjeuner dehors, un plaisir simple mais très agréable.

           DSC_0148.JPG Une balade fort sympathique dans la palmeraie;  nous allons faire un tour au camping de l’Atlas où Barbel et Jack ont séjourné lors d’un précédent voyage. Nous y retrouverons, les Bretons , rencontrés à Skoura, qui tractent une voiture.DSC_0173.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Traverserons l’oued sur un pont de fortune, un tronc de palmier. Deux Marocains qui voudraient nous accompagner sont là, insistant, nous suivant, tentant de nous guider et de nous donner quelques explications. Mais n’avons nullement envie de leur présence et ne prenons pas la direction qu’ils voudraient et ne pretons guère attention à leurs propos. Ils comprennent enfin !!! mais cela tourne aux discussions pas très agréables. Ils sont souvent collants et cela nous déplait fortement, c’est aussi cela le Maroc.

                                                             photos-0149.JPGCette belle palmeraie vert sombre est toute grouillante et bruissante : là des petits piaillements et des couic couic d’oiseaux invisibles, là des hommes avec des pioches qui retournent la terre ou qui ouvrent et ferment les canaux d’irrigations, des femmes serpettes en main qui ramassent de l’herbe ou encore les pas d’un âne lourdement chargé transportant du bois. Perchés sur les sommets des arbres les hommes, machettes à la main, coupent les palmes qui tombent bruyamment.  Une vie insoupçonnée que l’on ne voit que lorsque l’on se promène à l’ombre des palmiers ou des oliviers à travers ces petits jardinets et ces petits champs verdoyant et cultivés. photos-0178.JPG

          

  Furtivement en arrière plan, à travers les feuillages vert sombre ou argentés une vieille  casbah ocre et délabrée apparait, s’intégrant parfaitement à la falaise.  Les murets en pisé séparant les jardins, les pêchers aux belles fleurs roses, les cultures vert clair, les palmiers et oliviers prennent encore plus de relief et d’éclat en cette fin de matinée.

           

                                                                  C’est aussi l’heure de la lessive, les lavandières sont à pied d’œuvre au bord de DSCcop_0179.JPGl’oued avec des piles de linge. A genoux, dans l’eau ou encore penchées sur leur cuvier gris elles lavent inlassablement, nous jetant des regards inquiets. Un autre temps, une autre époque, un autre siècle…..Quelques silhouettes fugitives et effarouchées tentent de nous éviter d’autres au contraire nous saluent amicalement.

           

 

Les enfants pêchent avec un roseau qu’ils coupent au bord de l’oued, ici pas de canne à pêche sophistiquée en carbone….

            Retour par la rive droit de l’oued.

            Il est l’heure du repas, nous mangeons donc toujours dehors à l’ombre, chacun son DSC_0189.JPGtajine, soit végétarienne soit  agneau aux légumes quant à nous agneau aux pruneaux et amandes grillées. Un vrai régal.

            L’après midi sera relaxante pour tout le monde. Installée à l’intérieur du restaurant, en wifi, je mettrais ce blog à jour.

 

 

      

 

 

 

   

              04 avril

 

            Toujours notre petit déjeuner dehors même si le soleil est absent la température est très douce.

            Une légère brume vaporeuse enveloppe le paysage environnant. Premier arrêt sur la plateforme pour admirer la belle palmeraie qui s’étend à nos pieds sur un fond de casbahs et de collines ocre.

 photos 0191    

           Le deuxième arrêt sera pour nos courses à Tinerhir, d’abord au super marché et puis au souk où les légumes seront bien plus beaux que lors de notre dernier passage. La boulangerie manquera de baguettes mais en revanche y trouverons de bons petits gâteaux. J’achèterai un poulet rôti croyant le porter je le trouve froid, j’étais prête à râler quand Michel me confirme que c’était lui qui le transportait. Voilà une occasion supplémentaire de rigoler…. Au Maroc on est un peu déboussolé…

              La vue d’une femme assise à même le sol et buvant dans une plaque d’eau boueuse a bouleversé Barbel à tel point qu’elle a oublié ses légumes. Fort heureusement n’avons pas assisté à cette scène pénible.

 

            Troisième arrêt à seulement quelques centaines de mètres pour la pause café. Des gamins tournent autour, ils ne sont que trois et bavardent gentiment nous leur  donnerons un gâteau car leurs yeux en disent long….

            Notre route court dans une hamada noire désertique et sauvage, pas une âme à la ronde, pas une habitation à l’horizon. Le djebel Tisdafine étire sa chaine à notre gauche tandis qu’à droite le Djebel Ougnat profile ses pics grisâtres.

            Là planté au milieu de nulle part, de chaque côté de la route trône un porte rose indiquant sans doute le changement de province. Une nouvelle rencontre avec les dromadaires qui changent sans doute de pâture.

            L’heure tourne, avons fait peu de kilomètres mais il va être midi. Nous nous installons sur le grand parking des sources Lalla Mimouna que presque tout le monde visitera. Zaïd Abbou, calligraphe,  un personnage haut en couleur, très courtois, viendra nous souhaiter la bienvenue, nous offrant la possibilité de rester là même pour la nuit.   DSC00006.JPGC’est un musée consacré au Maroc traditionnel et à l’eau. Zaïd a investi dans la réhabilitation des ces sources séculaires laissées à l’abandon. Autour de ces sources d’une eau claire au pétillement délicat s’organise un village. Chacune d’elle expose une partie du patrimoine culturel marocain : costumes, artisanat, cuisine, agriculture et vie culturelle. Je ne revisiterai pas ce lieu qui m’avait beaucoup intéressé, il y a deux dans lors de notre passage, mais ce n’est DSC00002.JPGpas Saïd qui commentera la visite.

 

 

            Peu après traverserons Tinejdad, une bourgade administrative dans la palmeraie du Ferkla. Prendrons ensuite la petite route pour nous rendre à Goulmina où un passage défoncé par l’oued, ne pose pas de problème, une 4L y était en panne au milieu de la côte. Nos hommes sont descendus pour apporter de l’aide, mais il attendait quelqu’un…..

            Cette route est agréable, sans plus, traverserons une belle palmeraie où se niche le village.

    DSC00051       

                                                                                                                             Arrivée à Goulmina au camping les tamaris chez Michèle, un camping quelconque

où le bloc vaisselle et lavage s’avère délicat vu le peu d’eau qui coule.

            Il a fait très chaud aujourd’hui le mercure est monté allègrement à 33°, dans une atmosphère lourde et irrespirable. A l’heure où j’écris ces lignes  il fait encore 24°. Nous pensons à vous toutes et vous tous, restés au pays et où le temps Pascal ne semble pas au beau fixe.

            J’allais oublier, avons eu de bonnes nouvelles de Myriam et de Patrick qui sont rentrés dans la froidure de leur Bourgogne. Nous leur envoyons du soleil, quelques degrés et leur disons que nous avons été très heureux de faire leur connaissance.

 

 

            05 avril

 

            Nous sommes bercés par les roucoulements des tourterelles alors que nous prenons notre petit déjeuner dehors.

            Chacun s’active, alors que nos petits jeunes n’ont pas encore donné signe de vie. Seraient-ils asphyxiés ? Non non voilà Brigitte qui sort cheveux en bataille….Panne d’oreiller semble t-il !!! Problème d’heure !!!  N’auraient-ils pas trop usé ou abusé de « vas-y, vas-y » !!!

            Traversons une partie de Goulmina, une grande ville dans la vallée du Ghéris, une oasis regroupant de nombreux ksour. Nous allons donc visiter le vieux ksar de Goulmina. DSC_0198.JPGCes ksour possèdent un mur d’enceinte percé de portes et défendu par des tours d’une hauteur imposante.

            C’est par une porte semblable que Saïd, un guide officieux, comme il dit, nous fera pénétrer dans le ksar, un ksar du XV siècle, d’une belle unité architectural mais rénové où vivent encore de nombreuses familles. Nous trainerons dans ce labyrinthe à travers des ruelles couvertes, dans un dédale d’impasses et de rues plus ou moins sombres. Une vraie ville souterraine à l’abri de la lumière qui permet de garder une certaine fraicheur.

 RSCN9492.JPG           Les femmes s’activent et vont surtout chercher l’eau, avec de nombreux bidons plastiques soit chargés sur des brouettes soit sur des ânes soit sur leur dos,  l’eau distribuée par endroit par un robinet, les autres puisent à même le petit canal.  Elles acceptent parfois de l'aide avec un sourire radieux, photo ci-contre....

            Nous rentrerons dans une boutique d’artiste, travail sur bois.DSC_0210.JPG

            Avant de pénétrer dans la palmeraie pourrons voir des « étables à ciel ouvert ». Les vaches sont dans des espèces  d’enclos désastreux en terre battue, au  milieu des DSC_0214.JPGmaisons.

 

 

Elles ne bougent pas de là et leur nourriture est apportée des champs. Surprenant,  mais ces pauvres vaches  sont vraiment maigres et décharnées.

           

 

   

photos-0216.JPG Nous flânerons donc dans une belle palmeraie fort bien cultivée qui s’étire jusqu’à l’oued Ghéris.

            Saïd nous conduira dans une maison berbère où gentiment l’on nous offrira le thé, pain et huile d’olive. Dés qu’elles sont à l’intérieur les femmes sont dévergondées et se laissent facilement photographier, mais pas d’internet précisent-elles.  L’on nous fera visiter la maison qui est sur plusieurs étages, propre mais très rustique et peu éclairée. De la terrasse pourrons avoir une vue d’ensemble du ksar et de la palmeraie. Les maisons DSC_0227.JPGsont vraiment imbriquées les unes dans les autres, beaucoup de terrasses et de paraboles ou d’antennes en forme de nœud papillon.

            Poursuivrons notre route vers le nord dans cette ville toute en longueur où il y a beaucoup d’agitation, artisans au boulot, va et vient d’enfants sortant de l’école, de nombreuses femmes dans leur haïks noirs bordés d’un liseré très coloré rentant des champs avec un lourd fardeau sur le dos.     

           CSC_0229.JPGLe ‘modernisme’ arrive : de plus en plus les ânes remplacent les femmes pour le transport de l’herbe.

          

  Au milieu de cette steppe désertique de maigres champs de céréales tentent de survivre dans cet univers austère, leurs frêles épis bien maigres ne produiront guère de grains. Cà et là un troupeau de chèvres et de moutons cherche une maigre pâture.

            L’atmosphère est lourde, ciel et terre se confondent dans une espèce de brume laiteuse et poussiéreuse.

            Au village de Tahemdount les hommes jouent à la pétanque, encore jamais vu au Maroc.

            Un long cordon vert suit l’oued  Ghéris puis disparait aussi vite. Le lit est envahit par des lauriers roses qui commencent à fleurir. Nous commençons de traverser des collines ocre où de nombreux rochers défient toutes les lois de l’équilibre.

            Notre route se contorsionne ensuite dans de grandes falaises, les gués se DSC_0235.JPGmultiplient nous obligeant à réduire notre allure. Les intempéries de ces dernières années les ont considérablement dégradés, nos petits cubes sont alors fortement chahutés.

            Une grande plateforme au milieu de l’oud asséché sera notre salle à manger, à ciel ouvert bien sûr. Deux jeunes gens viendrons nous demander de l’eau, c’est avec plaisir que nous leur donnerons une bouteille et de surcroit deux bananes. Nous avons fait notre BA.

            photos-0254.JPGJe ne connais pas le menu de nos amis, mais ils sont sans doute devant un bon repas. Quant à nous mangerons un repas bien marocain : tartiflette…. Pas mal dans ce lieu.

           

 

 

 Nous croiserons de nombreux fourgons lourdement chargés de marchandises mais DSC_0256.JPGtransportant aussi beaucoup de marocains parfois accrochés aux portes arrières où installées au milieu des sacs et des chèvres sur les impériales, nous obligeant ainsi à descendre sur le bas côté. Il devait y avoir un souk dans les environs.

          

 

 SDC10386 Arrivés à Rich nous nous installerons, comme le mois dernier, devant les forces auxiliaires. Il est encore bonne heure nous irons donc faire un tour au souk, acheter des fruits et légumes toujours à des prix intéressants, un kilo de fraises pour même pas un euro.

 

            06 avril

 

            Avant de prendre la route nous irons faire du change au CA, c’est un directeur âgé et édenté qui fera la transaction, toujours à peu près le même cours.

            Toujours cette brume envahissante qui estompe les reliefs à tel point que nous avons beaucoup de mal à les distinguer.

            Traversons une immensité semi désertique où des troupeaux de  moutons et chèvres cherchent une maigre nourriture, quelques dromadaires alignés semblent faire une méharée.

            Notre route s’élève petit à petit, surplombe l’oued, elle est très belle, chose assez rare au Maroc donc nos oreilles sont ravies….nos petits cubes ne font pas de bruit.

            Dès que nous prenons un peu plus d’altitude les pins font leur apparition, le paysage devient alpestre  et passons le col Tagalm à 1907m. Après ce passage en altitude de gros genévriers noueux, torturés pas les intempéries et éparpillés parsèment les montagnes. Une forte déclivité en lacets serrés demande à nos chauffeurs une attention de tous les instants ainsi que beaucoup de précautions pour ménager nos freins.

            A Midelt notre spécialiste pierres semi précieuses, Brigitte, sera ravie de faire un tour dans les boutiques. Discuterons avec le vendeur et d’après lui la route Midelt Imichil n’est pas asphaltée. Nous redemanderons à notre vendeur de pain qui dit la même chose ainsi qu’un chauffeur de taxi, dernière confirmation par un gendarme.

            A regret nous rebroussons chemin pour repasser par Rich, résultat cent cinquante kilomètres pour rien. Cela me contrarie beaucoup, mais que faire. N’avons pas le choix ou nous nous retournons ou nous occultons cette partie que j’aimerai bien refaire et faire connaitre à nos amis.

            Un petit arrêt technique, tout le monde descend et voilà Brigitte et Lucien dehors, camping-car fermé avec les clés à l’intérieur. Panique à bord !! Que faire ? Comment faire ? Toutes les solutions sont envisageables : testons toutes les clés, portières, soute, arrêtons un camping-car pour essayer les siennes, peine perdue. Nous ne sommes pas bons cambrioleurs. C’est pourtant avec un porte manteau en ferraille que Lucien avec beaucoup de dextérité, décrochera  l’ergot d’une vitre latérale. Ouf quel soulagement…. Mais maintenant il faut rentrer par un espace étroit. Qui peut donc y passer ? Eliane ou moi… et me voilà hissée, poussée par des mains et des bras que je ne connais pas dans « la faille » j’arrive enfin à déverrouiller la portière passager. C’est avec beaucoup de mal que je m’extirperai de cette position inconfortable.  Quel bonheur surtout pour Brigitte qui était très angoissée. En peu de temps tout est solutionné et continuons notre périple.

            Il fait chaud, une chaleur lourde et oppressante qui avoisine les 33° et nos climatisations sont donc fort utiles.

             Nous longeons, suivons, contournons, traversons  l’oued Ziz qui se traine en zigzagant dans son lit bordé de peupliers blancs au feuillage printanier, arrosant au passage de nombreux champs verdoyants. Les cultures et les arbres forment un superbe camaïeu de verts. Dès que l’on s’éloigne de ce ruban d’argent qui scintille au soleil,  le paysage devient semi désertique mais de belles fleurs jaunes égayent notre passage et ne verdit que lorsqu’il le côtoie.

            Un appel retentit au talkie Walkie, Brigitte et Lucien ont un problème mécanique… un témoin rouge allumé… de l’eau dans le gas-oil…. Une simple purge suffira à résoudre cet incident. Ce n’est pas le jour, il y a des jours ainsi où parfois on ferait mieux de ne rien faire…

            La vallée s’élargit, des pommiers plein vent fleurissent, des noyers arborent leurs jeunes feuilles d’un beau vert brun et les sommets environnants portent encore des traces de neige. Nous franchissons ensuite de grandes dalles qui surplombent notre route sur DSC00144notre droite tandis que de magnifiques plissements nous accompagnent à notre gauche. Cette dernière est parfois en mauvais état, les fortes pluies ont eu raison de la mince couche de goudron et il est difficile d’éviter tous les trous.

            Beaucoup d’enfants dans les villages, ils nous hèlent et tentent de nous arrêter, mais restons imperturbables, ne cédant jamais à leurs sollicitations sauf pour un service rendu. Ils s’agglutinent autour de nos camping-cars, aux passages délicats, comme des mouches sur du miel.

            En cette fin d’après midi les rues d’Imichil sont très aminées, des femmes, des enfants, des hommes qui vont qui viennent qui nous font un petit signe amical.

            Arrivés à l’auberge de Tislite, Malika, nous accueillera par de grandes embrassades, elle nous reconnait et me dit avoir reçu les photos envoyées il y a deux ans déjà.DSCN9502.JPG

           

 

 

          acceuil de Malika 

 

 

 

 

 

 

 

SDC10413Nous stationnerons près du lac, les grosses pluies de ce printemps ont considérablement augmenté le niveau de l’eau. Après de nombreuses hésitations et n’ayant pas envie de caler Lucien et Jack stationnerons devant l’auberge, sur un terrain en forte pente.

            Malika, avec sa gentillesse habituelle, nous offrira  un succulent thé à la menthe accompagné d’excellents petits gâteaux et de cacahouètes.

 

            07 avril         

 

            Imichil, un village de montagne à 2160m d’altitude, dans un cadre austère et au climat rude a été surnommé par les français « le petit Tibet ».

            Chaque année fin août ou début septembre a lieu le moussem des fiancés, l’occasion de sacraliser leur union et de faire la fête. Les lacs sur le plateau avoisinant ont inspiré une légende bien romantique, en quelque sorte Roméo et Juliette marocains. Deux amoureux de tribus différentes dont les parents s’opposèrent à leur union pleurèrent amèrement tant et si bien que de leurs larmes naquirent deux lacs : le lac Tislit, lac de la fiancé et Isli, lac du fiancé. Une petite précision donnée par Guy, notre aimable organisateur du voyage en Mauritanie de l'an dernier. Il faut se baigner dans les deux lacs ou dans aucun sous peine de voir son couple chavirer. Ouf !!!! Nous l'avons échappé belle. Aucun des quatre couples ne s'est baigné. Merci Allah.

            Ce matin rando pour tout le monde après notre rendez-vous café, rando pour le lac Isli situé environ à 9 kilomètres. Nous partons tranquillement après les conseils de Malika : se protéger du soleil (Paul écoutera et mettra son chèche) et ne pas boire chez les nomades (personnes malades).

            Les montagnes environnantes fortement plissées se reflètent dans les eaux du  lac Tislit ternissant un peu sa couleur. Cependant le cadre est très beau et très agréable. Le niveau ayant considérablement monté la piste est sous l’eau.

  lac-copie-1

           

             C’est dans ce cadre austère que nous poursuivons notre balade. De nombreux bergers et leurs troupeaux de chèvres ou de moutons hantent  ces étendues désolées arides où souffle le vent.

            Malgré une altitude avoisinant les 2300m le soleil nous darde de ses chauds rayons et brunit ou rougit notre peau.

            Passons devant de nombreux bergers et bergères ainsi que quelques maisons isolées. Que la vie doit être rude sur ce haut plateau, surtout qu'ils y vivent en autarcie complète, quand les rigueurs de l’hiver se font sentir !!! Difficile à imaginer cette vie sans eau, sans électricité, sans contacts,  perdus dans cette campagne inhospitalière, pour nous européens.

            Les enfants courent à notre rencontre, nous sommes sans doute « leur distraction », nous bouleversons un peu leur quotidien monotone. Ils nous font des petits photos-0271.JPGsignes amicaux, parfois sans ne rien dire, parlent-ils notre langue ? D’autres plus hardis, un cabri sur le dos, viennent pour quelques dirhams, se faire photographier.

            Un nomade viendra nous proposer le thé, suivant les conseils prodigués, nous déclinerons son invitation amicalement.

         

 

 

 

           Enfin après deux heures trente de marche difficile parviendrons dans ce lieu magique aux couleurs étranges où se niche le lac d’Isli. Un lac rond couleur émeraude dans un cadre de montagnes sauvages et plissées dont les couleurs varient du rouge au violet en passant par le rose. Les « ta mal ou » sont un peu fatigués et ont les leurs estomacs dans les talons….Pause appréciée.

 

lac iseli1

           

           Saucisson et fromage bienvenus….Un chien de berger vient à notre rencontre, il dédaigne la peau de saucisson laissée sur place… un vrai chien musulman… Profitons de cet arrêt pour nous reposer, un vent frais vient nous chatouiller les narines, il nous accompagnera sur le chemin du retour.

  photos-0282.JPG

      

   

 

         

                Les "Ta mal où "  au repos

  

  

 

 

 DSC00184 photos 0283

 

 

 

 

            photos 0281 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

   Le soir le lac a une belle couleur émeraude. Chacun ses petits bobos, mal de hanche, de genoux, de pieds. Même trajet, même temps de marche. La douche sera plus que nécessaire, nous sommes couvert de poussière, Eliane et Michel la prendrons à l’auberge.

           DSCN9505.JPG Ce soir, rien à préparer, nos mettons les pieds sous la table avons commandé un couscous à Malika, couscous poulet et agneau. Il sera excellent.

            Avant d’aller nous coucher discuterons avec Malika, elle se relève d’une opération, il y a un mois seulement, opération dans une clinique de Marrakech. Elle semble inquiète pour le couscous et insiste pour savoir si nous avons été satisfaits. Il y avait beaucoup de monde et elle a du faire vite. Nous l’avons rassuré il était très bon.

          

  En novembre dernier le roi est passé, les généraux étaient à l’auberge, le roi a fait du bateau sur le lac, sur un petit nous dit-elle. C’est ainsi qu’ils ont refait les peintures et les tableaux en son honneur. Le roi est très vénéré au Maroc et peu de gens se permettraient de le critiquer ouvertement (pas comme chez nous).

            Quelques coups de tonnerre retentissent, quelques gouttes tintent sur notre toit puis le calme revient et les camping-cars se colorent en marron.... 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
commenter cet article

commentaires