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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 21:03

            27 avril

 

            Sms à Nour et Souad pour les remercier de leur accueil, de leur gentillesse et de leur disponibilité.

            Ce matin les « chibanis » ne sont pas pressés, ils prennent le temps de vivre… de déguster "les mille trous" de Souad et de voir plus belle la vie.

            Il fait très chaud ce matin et le mercure annonce déjà 27°, un soleil de plomb et un temps lourd et surtout pas de brise océanique.

            A la sortie d’El Jadida belle plage de sable fin sur notre gauche et champ de courses à notre droite. De belles propriétés se profilent ainsi que des pépinières, paysage inhabituel. De magnifiques bois d’eucalyptus cachent le golf royal.

                              CSC 0806                                Azemour, encore raté cette année, impossible de stationner en ville et passé le pont de l’estuaire de l’Oum Rbia juste la possibilité de faire une photo de la ville et de l'oued.

            Une route fort chaotique bordée d’arbustes ne nous laisse que de rares échappées sur la campagne environnante où les céréales pointent leurs têtes bondes . Tout le long de la route, à des kilomètres du village rencontrons beaucoup d’écoliers, cartables sur le dos, qui rentrent chez eux. Ces enfants sont entrainés très tôt à la marche. Alors que nos petits chérubins du même âge ne sont pas à même de faire cinq cents mètres….

            Pour ce midi notre salle à manger sera le front de l’océan, devant une belle plage de sable blond à Dar  Bouazza.

            Nous traverserons Casa, un peu trop en ville, au milieu d’une circulation dense et anarchique, nos chauffeurs doivent avoir de bons yeux et de très bons reflexes pour éviter piétons, cyclos ou voitures. Désolé le copilote n’a pas été à la hauteur… mais sommes tout de même sur la bonne route.

            L’arrivée à Mohamédia n’est pas très aisée non plus, point de camping signalé à l’entrée de la ville, point de Marjane en vue. Après quelques renseignements pourrons faire nos courses et trouver le camping de l’océan bleu. Petit camping agréable sous les eucalyptus au bout de six cents mètres de piste en mauvais état. Les sanitaires sont rustiques mais convenable, l’eau est chaude, légèrement salée. Ali, forumiste sympathique, nous a accueilli avec beaucoup d'attention.

            Mohammedia, ville industrielle et paysage urbain un peu ingrat au premier abord, devient plus agréable lorsqu’on découvre ses belles plages et ses magnifiques avenues bordées  de  palmiers.

            La température est montée jusqu’à 38° en ville et ce soir à l’extérieur il fait encore très bon, 23° à minuit passé de chez nous.

 

 

            28 avril

 

            De loin ou de près suivons la côte où les constructions se multiplient, ne vont-elles pas défigurer cette région sauvage où sable fin et baies protégées se succèdent. On se croirait presque sur la côte espagnole. Ne sommes pas là pour juger, si cela apporte un bénéfice au Maroc et à ses habitants pourquoi pas….. L’avenir nous le dira….  Inch Allah !!!

            L’entrée sur Rabat se fait sans problème de beaux immeubles côtoient encore des bidonvilles, certes en diminution, mais hélas encore bien présent. Rabat est en pleine mutation, des travaux partout et bientôt une ligne de tramway pour relier la ville à sa proche voisine et ennemie, Salé.

            Rabat bien que ville impériale est moins envoûtante que ses rivales, elle fait figure de capitale sereine mais conserve des vestiges impressionnants : ses longues murailles ocres qui corsètent la médina, les colonnes inachevées de la mosquée Yacoub el Mansour, la tour Hassan ou encore  le Chellah, nécropole royale, chargée d’histoire sans oublier la célèbre casbah des Oudaïas.

            Ville cosmopolite et administrative c’est ici que réside le roi, laissant à Casablanca le rôle de capitale économique, ville qui reste à l’échelle humaine et où il fait bon vivre.

            Quant à sa voisine Salé la blanche, son éternelle rivale, où au temps jadis les corsaires faisaient trembler les marins, est devenu une cité calme et tranquille.

           suite-0812.JPG                                                   Nous flânerons dans la casbah des Ouadïas, citadelle qui domine l’océan et l’estuaire du Bou Regreg, nouvellement désensablé et transformé en promenade, isolée du tumulte de la ville par des murailles crénelées. Sa porte principale massive, imposante par sa décoration, à usage défensif est taillée dans la pierre ocre.

             

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Il fait bon se promener dans le jardin andalou aménagé en terrasses, les plantes y prospèrent. Une porte donne accès au célèbre café maure d’où la vue est imprenable  sur l’oued et Salé.

                                             suite-0831.JPGCette médina  agréable formée de ruelles et de venelles dallées, aux façades blanchies à la chaux et à l’encadrement des portes peintes en bleu, est dotée d’une ambiance très méditerranéenne. Nous atteindrons la plate forme d’où la vue s’étale du grand cimetière à l’embouchure de l’oued et à Salé.

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         Repas de midi dans nos camping-cars.

           

 

     

        Malgré la chaleur étouffante nous irons voir l’esplanade de la mosquée de Yacoub el-Mansour. Cette vaste esplanade de colonnes tronquées, dominée par un minaret inachevé laisse une impression mystérieuse.  Ce devait être la plus grande mosquée de l’occident, mais le chantier fût arrêté à sa mort. La superficie était de deux hectares et le plafond devait être soutenu par 441 colonnes. La tour Hassan bien qu’inachevée est un monument grandiose, 16 m de côté et 44 de haut (terminée elle aurait dû faire 65m). A l’opposé de cette tour le mausolée de Mohammed V dresse fièrement sa silhouette blanche coiffée de vert, abritant la dépouille du père de l’indépendance et de son fils Hassan II. Par une galerie balcon, surveillée par quatre gardes on peut faire le tour en surplombant les tombeaux.

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           Nous poursuivrons notre visite par le Chellah, après une bonne marche sous un soleil ardent. Passé la grande porte  fortifiée, en pierre de taille on se trouve dans un suite-0862.JPGhavre de paix, le Chellah y sommeille dans un cadre rural mystérieux. On se promènera au hasard dans ce jardin parsemé de ruines, de murailles et de tombes. Ce lieu qui semble un peu à l’abandon, est chargé d’histoire et de légendes. Perchées sur les arbres ou le minaret les cigognes nous accompagneront tout le long de cette promenade. Au pied de la nécropole se trouve le bassin aux anguilles, la source miraculeuse qui l’alimente fait l’objet d’un culte.

 

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             Pour le retour nous prendrons deux petits taxis, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre…....

            La traversée de Rabat et de Salé ne sera qu’une simple formalité malgré la circulation assez dense.

            La forêt d’eucalyptus qui bordait la petite route conduisant à la plage des nations à disparu, le lieu semble étrange, des travaux et un début de construction voient le jour. Le stationnement nous nous semble pas être paisible nous préférons faire demi tour. La belle plage qui s’étend à nos pieds parait très prisée, même en cette fin d’après midi il y a encore beaucoup de monde.

            Nous préférons passer une nuit au calme à Méhdia plage, une petite station balnéaire à l’embouchure du Sebou, qui aligne une rangée de belles maisons face à l’océan et les dunes qui le bordent.  Mais surprise !!  Nous retrouvons dans cette petite ville un monde fou sur le boulevard du front de mer, à tel point que nous avons beaucoup de mal à nous frayer un passage avec nos camping-cars .

            Installation au camping international Méhdia plage où il n’y a pas d’eau, pas de sanitaire et pas d’électricité. Ben oui c’est aussi cela le Maroc, le prix sera en conséquence seulement 40dh.

 

 

            29 avril

 

           suite-0890.JPG Nuit calme pour certains, plus agitée pour d’autres….

            Traversée un peu galère de Kénitra, le chauffeur ayant refusé les directives du copilote. Résultat un petit tour supplémentaire en ville.

            Dés que possible prendrons l’autoroute avons un si mauvais souvenir de la route côtière qui doit nous conduire à Moulay Bousseillam que nous n’osons l’emprunter.

           

 

              Les bas côtés de l’autoroute sont fleuris, les genêts étalent leurs boutons jaunes, des moutons y paissent tranquillement sous la surveillance des bergers, étonnant….

C’est le Maroc.

      CSC_0892.JPG                                                          

 

        Une certaine activité agricole dans cette immense plaine verdoyante que nous traversons. De nombreuses serres fleurissent et protègent de bananiers. Nous roulons entre océan et cordon dunaire d’un côté et lagune de l’autre, lagune où il y a beaucoup d’eau, sans doute à cause des grosses pluies de cet hiver.

           

 

  

              Installation au camping international de Moulay Bouseillam, toujours aussi mal tenu, mais admirablement bien placé au bord du lagon.

             Moulay Bousseillam est une minuscule station balnéaire située au bord de l’océan et surplombant la lagune Zerga.

   

 moulay b

           

            Repas de midi dehors avec en toile de fond cette lagune à marée haute qui scintille au soleil et où les b    arques rouges et vertes, fort bien entretenues, se dandinent doucement sous l’effet de la brise.

            En ce début d’après midi, saines occupations de camping-caristes, chacun son rôle… Nous irons faire un tour dans le village et au bord de la plage, tout à bien changé depuis notre premier passage tout est propre, la grande place devant la mosquée et le marabout, est correctement dallée. Quel changement !  Le Maroc progresse d’année en année et cela est très bien.

            La grande plage est magnifique, de grosses vagues rugissent et viennent mourir à nos pieds.

            Une journée bien calme. Mais hélas, il va falloir penser sérieusement au retour, plus que deux ou trois jours à passer dans ce pays si accueillant que nous aimons tant.

 

 

            30 avril

 

            Il fait toujours beau et chaud… 

            Encore un bout d’autoroute… la route est trop mauvaise…

            De grands champs fraichement labourés ou cultivés nous accompagnent tout le long de notre trajet, des vendeurs de pommes de terres sont installés sur les bords de l’autoroute, un vélo traverse les quatre voies, plus rien ne nous surprend dans ce pays merveilleux.

            Arrêt quotidien café sur un parking de station désaffecté. Au bout de quelques minutes une foule d’enfants, mal vêtus, pieds nus, sont autour de nos camping-cars. Ils nous font pitié, nous n’osons même pas manger nos gâteaux. Que faire ? Devant cela nous ne pouvons résister. Nous leur donnons des gâteaux, des bonbons et quelques vêtements. Nous avons eu certainement tort, mais nous avons laissé parler nos cœurs de mamies et de papis. Nous avons été gratifiés de leurs mercis et de leurs sourires.

            Nous tournerons un peu dans Larache à la recherche d’une bouteille de gaz bleue que nous ne trouverons d’ailleurs pas. Larache n’a que peu de charme, mais la ville s’étire sur un plateau rocheux qui domine l’embouchure du fleuve  Loukos qui se perd en d’innombrables méandres avant d’atteindre l’océan.

            Les paysages changent des collines verdoyantes se profilent, des petits bosquets sont disséminés çà et là.

            Repas de midi sur un petit terre plein au bord d’une forêt de chênes lièges. Le suite-0911.JPGliège de reproduction est le liège femelle celui-ci se forme après avoir ôté le première couche qui est le liège mâle. Cette couche atteint en neuf ans l’épaisseur de vingt cinq millimètres.  A la vue de cela nous « les femmes » nous ricanons joyeusement…. Mais l’attaque est dure….  Une réflexion fuse….Mais venant de Jack ce n’est pas méchant et nous l’acceptons amicalement. On a cherché !!  On a trouvé !!

            La campagne environnante est maintenant un vrai patchwork de verts et marrons, entre terres cultivées où poussent diverses céréales et les marrons changeants des terres labourées. Mais ces terres sont encore souvent travaillées à la bêche, parfois par des femmes rifaines avec leur habit rouge rayé de blanc et leurs chapeaux typiques à pompon. 

            Notre dernière nuit en terre marocaine sera à Asilah, sur un grand parking, face à l’océan, mais plus aux pieds des remparts comme les années précédentes.

            Asilah est une petite ville, pas très marocaine, pas trop espagnole…mais une petite ville dans laquelle nous aimons faire notre dernière escale. Petite cité un peu endormie en ce printemps, apaisante, où les rues de la médina sont éblouissantes de blancheur, cachée derrière ses remparts de couleur ocre, vieux de plus de cinq siècles..

            C’est avec beaucoup de plaisir que nous déambulerons dans les petites ruelles après avoir franchi indifféremment l’une des trois portes percées dans les murailles de 1250m de long, renforcées de tours rondes et ferons nos derniers achats. Nous rejoindrons le rempart maritime, puis après avoir gravit quelques marches pour  accéder à un bastion, dominerons le petit cimetière Sidi Mansour d’où la vue est magnifique. De l’océan déchainé jaillissent de belles gerbes d’eau qui sortent comme des geysers au milieu des rochers. Assis là nous resterons quelques instants à regarder, à rêver, à écouter. La vue est immense sur l’océan et la flottille de pêche au mouillage.

            Brigitte devait rentrer, avancer notre départ d’un ou deux jours ne posait de problème à personne. C’est donc notre dernier soir sur cette terre marocaine, que nous affectionnons particulièrement,  nous avons décidé d’aller au restaurant, mais ce n’est pas un met marocain que nous avons choisi, mais une paëlla. C’est à la « casa Pépé que nous prendrons tous ensemble notre dernier repas en Afrique.

 suite-0916.JPG

           

                          Coucher de soleil sur Asilah

 

   

            1er Mai

           

            Encore du soleil ce matin mais il est moins rayonnant que d’habitude et plus l’on s’approche de Tanger plus il se cache derrière les nuages. Serait-il entrain de bouder notre départ ou de nous préparer au mauvais temps européen que l’on nous prédit ?  Le ciel s’assombrit et devient de plus en plus tumultueux.

            Changement d’heure ou pas ? Nous sommes perplexe…. Les uns disent le premier les autres le deux, finalement c’est bien dans la nuit du premier au deux que le changement sera effectif. Nous en faisons donc les frais car Marjane ouvre exceptionnellement à 10h.

            Donc nous prenons notre mal en patiente et discutons avec un couple de marocain aisés, très agréable et sympathique, qui seront très heureux de visiter notre maison roulante. Encore une fois des gens charmants.

            Après les dernières courses et nos derniers dirhams dépensés, nous filerons directement au port vers 11h30, nous savons qu’à l’ordinaire le passage en douane n’est pas très aisé. Notre bateau rapide devrait partir vers 14h30… Inch Allah !!

            Suivons un camion Vaudois, cinq enfants entre 12 et 14 ans étaient accrochés à l’arrière, pensions à un jeu, dangereux d’ailleurs. Mais quel ne fût pas notre étonnement quand, à l’arrêt à eu feu, nous les vîmes se cacher sous le camion. Voyant cela un marocain en voiture se fâcha et les fit sortir. Mais dès que le camion redémarra ils furent accrochés derrière. Cela me donna la chair de poule, si jeunes ils tentaient sans doute de passer en Europe. Quel malheur ! Le camion prit une autre direction et puis plus rien. Mais au port certains de ces enfants traînaient au milieu des semi-remorques avec sans doute leur idée en tête.

            Passage à la police très rapide, on tente de nous accompagner si petit cadeau. Pas question. Nous nous débrouillons très bien. Pour le camping-car il n’en est pas de même, suite-0926.JPGl’attente au scanner fût un peu longue et folklorique car mal aiguillé dès le départ, nous avons dû faire demi-tour au milieu des camions. Pas très aisé comme situation.

            Une fois le contrôle passé l’attente pour récupérer notre carte grise et papier de douane se prolonge. Enfin vers 14h nous sommes à l’embarquement. Ce n’est que vers 17h10 que nous monterons à bord.

            La prochaine fois passerons par Ceuta c’est beaucoup plus tranquille et surtout moins long.

 

                        Au revoir le Maroc, nous reviendrons !!! Un grand merci pour l’accueil.

           

            Une heure et demie plus tard nous sommes en Espagne.

 

                                    Bonjour l’Europe.

 

            Le passage de la frontière espagnole se fera rapidement sans le moindre souci, mais le chien renifleur est là.

            Un policier embarque un clandestin, vue la taille ce n’est pas un enfant, il était caché sous le camion qui stationnait à côté de nous. Toutes ces personnes croient trouver l’Eldorado en Europe, c’est hélas une erreur.

            Stationnement pour la nuit devant chez Guttierez. Dans quelques jours le train train va reprendre son cours avec des images plein les yeux et des souvenirs pleins la tête. Mais la réadaptation se fait toujours difficilement.

 

            02 mai

 

            Comme à l’aller notre but est d’avaler les kilomètres pour renter chez nous, nous n’avons plus envie de visiter mais de filer directement pour traverser l’Espagne au plus vite.

            Des paysages verdoyants, des terres cultivées, des serres qui défigurent le paysage, encore une végétation exotique puis méditerranéenne.

            Un beau soleil et des températures agréables, une mer d’huile et une côte tantôt rocheuse, tantôt de sable fin.

            Après Malaga des nuages envahissent le ciel d’azur et adoucissent le paysage.

            Arrêt au camping « Cabo de Gata Cat2 » où la wifi fonctionne très bien, mais les prix sont bien différent du Maroc 5€ les 24 heures.

 

            03 mai

 

            Le soleil n’est plus là, la température est en baisse, comme le moral des troupes…

            A pas furtif il revient, mais à midi le ciel prend un ton menaçant, le vent souffle en rafales.

            Juste le temps de manger sur le parking de Leclerc et l’orage gronde de plus en plus belle. Le ciel se déchaine et verse violemment ses grosses larmes amères.

            Cela ne nous empêchera pas de faire nos courses et d’aller à Décathlon.

            Nous continuons notre périple par l’autovia et vers Alicante donc à environ 150m d’altitude une surprise nous attend. Les bas côtés laissent voir des traces de neige récente.

            Le vent forcit et nous malmène, le ciel s’obscurcie à nouveau et dès Gandia nous voilà à nouveau sous la pluie.

            Dès lors on tourne, on vire on cherche notre route pour atteindre le camping l’Alquièraz au Grau de Gandia, où nous nous installons sous la pluie, le vent et une température fraiche. On se croirait presque en hiver, nous allumons même nos chauffages.

 

            4 mai

 

            Aujourd’hui, ce n’est pas un jour comme les autres…. Devinez pourquoi ?

Jack fête son anniversaire. Je tairais son âge, mais soyez certain qu’il parait plus jeune.

            Ce matin le soleil se montre timide et la température un peu fraîche…. Nous n’étions plus habitués à cela. Dur dur, ce retour que nous appréhendons toujours.

            Difficile de se retrouver dans ce dense  réseau routier Espagnol, aucune carte n’est vraiment à jour, tantôt la nationale, tantôt l’autovia, tantôt l’autopista non payante par endroit. C’est à ne rien y comprendre. 

            Nous arriverons à bon port sous un temps toujours maussade et une petite pluie persistante.

            Installation au Park Playa Barra, c’est aussi un camping ACSI (où en cette saison avons des prix variant de 13 à 15€ pour le cc, deux personnes et l’électricité, ce qui est une bonne formule vu les prix pratiqués) à Roda del Barra. Celui-ci, quand on y trouve de grandes places (ce qui n’est pas toujours le cas, car il y a souvent beaucoup de monde), est très avantageux pour nous les chibanis, nous ne payons que le tarif pour les deux personnes et pas l’emplacement, bien sûr hors période estivale et semaine sainte).

            Nous avons vu les infos et le temps hivernal qu’il fait en France…. Nous avons presque envie de faire demi tour….

            Ce soir c’est la fête chez nos amis de côte d’or, champagne et foie gras pour cet heureux évènement. Merci Barbel, Merci Jack, nous espérons en fêter encore beaucoup, surtout en voyage.

 

            05 mai

 

            Le temps est mitigé, mi-figue, mi-raisin….

            Le contournement de Barcelone se fera par le nord, sur l’autoroute ; il n’est d’ailleurs valable que si l’on rejoint la nationale II. Nous décidons de poursuivre jusqu’à la Jonquéra nous aimerions manger au Grand buffet.

            C’est chose faite, un nouveau parking nous accueille. Il y a beaucoup de monde et il est déjà tard, Jack perd patience. Ils mangeront donc au camping-car. Notre installation sera assez rapide, il y a de la place mais le service ne suit pas. Pas mal pour un grand buffet, de quoi satisfaire tout le monde vu le choix.

            Quelques courses rapides et nous voilà de nouveau en route.

            Le vent violent qui sévit dans la région chahute beaucoup nos camping-cars et nos chauffeurs doivent être très vigilants.

            Arrêt sur le parking de Narbonne accessoires pour dire au revoir à Barbel et Jack qui voudraient s’installer, pour la nuit, le plus rapidement possible. Le cœur n’y est pas, dur dur… de se séparer après trois mois…. « de vie commune » …. trois mois où nous avons vagabondé ensemble…. trois mois agréables ou amitié à rimé avec convivialité.

            Chacun suit sa route, eux vers la côte d’or, nous vers les hauts cantons de l’Hérault où nous allons rester quelques jours près de maman.

            Dernier arrêt de la journée à Villemagne, pour faire la bise  à Brigitte et Lucien que nous verrons tout de même avant notre remontée vers l’Isère.

 

            L’énigme n’est toujours pas résolue…. Même à la fin du voyage. Pourquoi est-ce toujours notre équipage qui mène la danse ???? Au prochain voyage il va falloir changer les amis……..

 

            « L’atterrissage »  et la réadaptation sont plus que difficile, hors mis le plaisir de retrouver la famille après 3mois d’absence, rien ne va comme l’on voudrait…  C’est le choc !!!

            choc thermique : il fait froid, on se croirait en hiver, pas même un brin de soleil pour nous réchauffer le cœur,

            choc financier : les prix nous paraissent encore plus exorbitants qu’avant notre départ, surtout gas-oil, fruits et légumes

            choc émotionnel : plus de cohabitation amicale à six et avec tout cela il manque l’accueil de ces marocains qui souvent n’ont presque rien mais nous offrent tout.

 

             Nous rentons ivres du Maroc, des images plein les yeux mais aussi des souvenirs plein la tête et nous allons pouvoir revivre cet agréable voyage en photos et suivre les blogs qui nous replongent dans l'ambiance.

 

            Ce Maroc si différent, si accueillant, si surprenant nous fascine toujours. Nous y découvrons, chaque fois avec le même plaisir, des paysages nouveaux, des paysages connus que nous ne nous lassons pas de revoir, nous y retrouvons en toute amitié les amis rencontrés lors de nos premiers voyages qui nous accueillent toujours avec le même enthousiasme et la même chaleur, nous y faisons de nouvelles rencontres aussi agréables qu’imprévisibles, nous y vivons chaque fois des moments privilégiés et inoubliables.

 

            Cette terre de charme et de contrastes est aussi une terre de sensations où l’ombre joue avec la lumière où le désert et l’oasis ne font qu’un, de parfums enivrants ou subtils, d’odeurs agréables parfois insoutenables, de couleurs mais aussi de saveurs,  alliant océan, plage, désert, djebels abrupts, hauts sommets verdoyants ou arides, neiges éternelles, mais aussi pauvreté, faste, richesse et accueil. Surprenant, étonnant nous ne le dirons jamais assez.

 

            Le Maroc vit à son rythme, rythme qui n’est pas le nôtre, nous européens. Mais essayons de les imiter et de prendre le temps, prendre le temps de vivre… eux ont le temps… nous on à l’heure….

 

            Ce pays merveilleux nous a tendu les bras, la gentillesse et l’accueil de ses habitants envahi le cœur, la beauté des paysages comblé les yeux, la saveur de sa cuisine et son fameux thé à la menthe  régalé nos papilles.

 

            Même à notre sixième voyage en camping-car nous avons encore retrouvé un parfum d’aventure, des coins sympathiques, ignorés, loin des sentiers battus, le Maroc ne semble pas nous avoir livré tous ses secrets.

 

            Nous venons de passer trois mois extraordinaires en compagnie des nos amis, Barbel et Jack, Brigitte et Lucien mais nous avons encore des lieux à découvrir… et à revoir, des marocains à rencontrer et à revoir.  Oublié les quelques problèmes de caillassages qu’il ne faut pas négliger, c’est toujours le même refrain :

 

 

                                   Nous reviendrons….  Il y a encore tant de choses à voir, à en entendre, à sentir,  à découvrir.  

              

                                                                        Inch Allah.

 

 

 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 01:21

                     20 avril

           

            Taroudant petite ville secrète et colorée sommeille derrière d’imposants remparts crénelés, sous le soleil qui écrase la plaine du Sous.

            Eliane et Michel, sont comme nous au petit déjeuner,  à Marrakech. Ils ont fait la queue hier sans succès, avaient le numéro 642 arrêt au 610. Ils espèrent embarquer aujourd’hui….Inch Allah !!!

            Ce matin contrairement à d’habitude tout le monde semble pressé… on lève l’ancre trois quart d’heure à l’avance. Que se passe t-il ?    

            Nous traversons la plaine du Sous, irriguée par l’oued du même nom, qui se situe entre la lisière nord de l’Anti-Atlas et au pied du Haut-Atlas. Ce grand sillon soumis au climat sec et au terrain caillouteux ne porte guère que des arganiers parsemés. Mais l’irrigation a permis de nombreuses cultures de céréales et l’arboriculture (oliviers et surtout orangers, mais aussi bananiers sous serres) ainsi que des cultures de primeurs aux portes d’Agadir.

            En quelques heures, par la nationale 10, sommes à Agadir avec un premier arrêt au Marjane pour les courses essentielles avec repas sur le parking. Puis nous irons au DSCN9748.JPGsouk El Haj faire quelques emplettes. Ce grand souk s’améliore d’année en année pour devenir un peu plus aéré et plus propre. C’est la première fois que nous y trouverons des commerçants très insistants voire presque agressifs qui n’acceptent que difficilement le DSC07230.JPGmarchandage ainsi que des personnes tentant de nous canaliser vers des boutiques  diverses, cela en écoutant nos discussions. Nous avons dû DSCN9749nous fâcher vers un jeune qui nous suivait depuis pas mal de temps même lorsque nous sommes allés acheter nos légumes. Nous avons beaucoup de mal à accepter tous cela.

            Installation au camping Atlantica d’Imourane vers la mi- après midi.

            Il fait beau et plus chaud nous avons pu prendre l’apéritif dehors. Pas de nouvelles de nos cousins, espérons qu’ils ont pu décoller et rentrer en France.

 

 

            21 avril

 

            L’sms d’Eliane stipule qu’ils prendront l’avion le dimanche 25, donc plus d’une semaine de retard, cela parait invraisemblable. Ils ont un bel appartement dans un hôtel avec piscine, à prix promo pour 50€. Ils sont près de l’agence et vont tenter d’avancer leur départ si avions supplémentaires. Que de soucis !!!

            Ce matin grand beau et chaud mais une légère brise tempère l’atmosphère.

            Lavage des camping-cars et fignolage pour certains, les plus minutieux… (C’est perçu comme une qualité et surtout pas un reproche) suivez mon regard et vous devinerez…. !!! Les « gazelles » sont à la lessive qui va sécher en un clin d’œil, aidée pour les grosses pièces par une machine à laver semi professionnelle très rapide, ce qui est fort appréciable.

            C’est en solitaire que j’irai faire une grande balade sur la plage presque déserte, balade détente bercée par la douce mélodie des vagues à marée descendante, les pieds dans le sable mouillé qui crisse sous mes pas, la tête dans les étoiles.

            Après midi cool, au soleil ou à l’ombre mais chacun s’occupe à sa façon.

 

 

            22 avril

 

            Le soleil  est toujours radieux et la brise marine toujours présente.

            Le vendeur de joues et de barres de store est là avec pas mal d’avance, il avait sans doute peur que nous partions car je lui avais bien précisé qu’à 10h nous quittions le camping  avec ou sans.

            Après le café traditionnel, direction à Aourir  pour retirer de l’argent à la « tirette », souci, retrait impossible, le distributeur n’accepte pas les master cards.  Donc direction Agadir pour palier à cet inconvénient, avec un seul camping-car, en amenant Barbel. Quelques kilomètres et pas de problème.

            Enfin en route pour le nord, hélas, nous amorçons la remontée, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

          photos-0642.JPG  La côte sauvage et rocheuse se poursuit avant les grandes plages de Tamrhakt et d’Imi Ouadda où nous irons faire un tour à Atlantica parc, pour voir un camping à la française, propre, bien délimité où il y a peu de monde en ce moment. En effet beaucoup de  camping-caristes remontent… nous aussi d’ailleurs….

            Repas de midi face à une belle plage de sable fin battue par le vent avec çà et là quelques rares baigneurs et des dromadaires qui se promènent.

            Le cap Rhir se profile dans un secteur désolé et sauvage fait de landes où euphorbes puis les genêts poussent en abondance.

            La route fait un grand contour, traverse l’oued Tamri dans le lit duquel sont plantés des bananiers produisant de petites bananes très bonnes, puis saute de collines en CSC_0646.JPGcollines le plus souvent boisées d’arganiers épars. Elle sera jalonnée de petits vendeurs d’huile d’argan et de miel installés sous leur parasol, tendant sur notre passage des bouteilles. On nous a toujours conseillé de ne pas acheter ainsi au risque d’avoir une huile frelatée ou de mauvaise qualité.

            L’arganier un arbre précieux qui ne poussent que dans certaines régions du Maroc surtout d’Agadir à Essaouira, pays Haha, en forêts clairsemées sur des terres ingrates. Il est parfois informe mais souvent majestueux malgré son tronc noueux. Son fruit, une noix photos 0643vert tendre, semblable à une grosse olive fait le délice des chèvres, celles-ci digère la pulpe et rejettent les noyaux dans leurs crottes. Ces noyaux recueillis par les villageois qui extraient l’huile fort appréciée, huile alimentaire mais aussi cosmétique. 

            L’opération est longue et pénible souvent faites par les femmes réunies en coopératives. Il s’agit souvent de femmes seules et ce travail leur permet de survivre. Assises  à même le sol elles cassent les noyaux pour en retirer l’amande et les meilleures ne font qu’un kilo et demi par jour et sont assez peu payées. Ces amandes sont ensuite broyées manuellement à la meule de pierre, puis mélangée à l’eau chaude. Cette pate est ensuite malaxée pendant des heures pour en extraire l’huile goute à goutte. En une journée, une femme, ne produit pas plus d’un demi litre ce précieux liquide.

            A droite du petit village de Smirou  se dresse le Djebel Amsittente qui culmine à 905M avec un éperon calcaire perpendiculaire à la côte. La rue principale du village est bondée d’arcades recouvertes de carreaux bleu vif où s’affairent commerçants et artisans.

            Quittons la nationale et prenons la petite route vers Sidi Kaouki, route qui serpente à flanc de colline, route étroite et pittoresque où trônent toujours les arganiers mais avec l’océan en toile de fond, un vrai tableau de carte postale.

            Aujourd’hui a été jour de lessive, tout le linge sèche sur des buissons devant chaque maison.

            Quelques dromadaires en semi liberté hantent ces lieux où la forêt de thuyas descend jusqu’à la côte.

           DSC09354.JPG Des champs d’orge à peine mûrs sont fauchés à la faucille et les épis sont posés en rangées au sol.

            Arrivée à Sidi Kaouiki à l’aplomb du flot écumant, qui semble sans cesse l’engloutir, se dresse le marabout où a été enterré le saint. Plus loin sur la falaise le phare domine toute la baie battue par de beaux rouleaux écumants. De nombreuses éoliennes tournent inlassablement sous le vent.

           

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       Installation au camping Sidi Kaouki Beach.

            Cette année avons occulté toute la partie de la côte, pourtant très belle, comme le cap Tafalney et son petit port et la pointe d’Imsouane blottie sous la falaise qui domine l’océan du haute de ses trois cent cinquante mètres.

 

             23 avril

 

            On se prélasse on prend son temps, rien ne presse….on boit café et thé et on décolle enfin vers 10h. Nous n’avons qu’un saut de puce à faire…

            Direction Essaouira, cherchons en vain les tortues en route, point de petites bestioles que nous rencontrions souvent. Myriam, nous pensions à toi.

            Au pont de l’oued Ksob prenons la petite route direction Diabat, la construction photos-0664.JPGd’un nouveau complexe en est a son balbutiement. Le nouveau pont est fait mais la route n’est pas terminée elle aboutira au pied du phare. Nous pouvons aisément fouler les petites dunes, la vue y est imprenable sur le port d’Essaouira, les iles Mogador et les ruines du Dar Soltane en parti ensablées.

            Arrivés devant la barrière du camping Sidi Magdoul nous sommes stoppés par le gardien qui nous dit qu’il est complet, perplexe nous repartons sans comprendre. En effet toute la première rangée est libre. Aurions-nous une tête déplaisante ou attendait-il un groupe ? Nous ne le saurons jamais. Peu importe nous allons stationner sur le parking presque en face pour 30dh la nuit.

            Nous tenterons de nous installer le plus près des arbustes afin d’éviter le sable qui vole sous un fort vent maritime et  qui s’infiltre dans nos camping-cars.

            Après le repas nous irons faire un tour en ville. Essaouira la blanche est un peu photos-0676.JPGmystérieuse avec l’animation de son port, ses remparts bien conservés, les étals de ses souks colorés mais aussi la force irrésistible des alizés, la lumière changeante de l’atlantique et la présence obsédante des mouettes.

            Nous flânerons dans le port blotti aux pieds des fortifications de la Scala, peu d’activité cette après midi, quelques pêcheurs raccommodant les filets ou entretenant leurs bateaux avec une escadrille de mouettes qui font un ballet incessant au dessus de nos photos-0692.JPGtêtes et percent le silence de leurs cris stridents. Un peu plus loin le chantier naval avec les carcasses de bois des bateaux en construction.

photos-0683.JPG           

 

 

 

 

   Nous franchirons ensuite la majestueuse porte de la marine, porte néoclassique plus décorative que défensive et passerons devant le petit marché et les gargotes, traverserons la place Moulay Hassan, vaste esplanade à demi déserte et nous nous dirigerons vers les souks. Pas trop d’animation dans ces rues  où les petits commerces ont envahi les maisons blanches aux volets bleus, nous pourrons y déambuler tranquillement au gré de nos humeurs sans risque de se perdre.

photos 0701            Lucien nous abandonnera momentanément pour aller chez le coiffeur.

            Nous mangerons une crêpe salée, très bonne bien qu’un peu piquante, offerte par nos amis Barbel et Jack. Nous retrouverons Lucien pour continuer notre promenade, ne manquerons pas d’acheter des gâteaux avant de rentrer tranquillement dans nos petites maisons roulantes.

            Vers 2OH partirons seuls au restau en ville, super décor, super ambiance (orchestre puis Gnaouas) et super repas.

            Sms d’Eliane et Michel qui semble confirmer départ dimanche après une semaine de visite imprévue de Marrakech.

 

 

                     24 avril

 

             Partons d’Essaouira comme prévu direction Marrakech par une nouvelle quatre voies jusqu’à R301 que nous empruntons pour remonter.

            Toujours du vent, un ciel de traîne mais des températures autour de 21°.

            Nous nous dandinons sur un plateau sur de grandes lignes droites, bordées d’une multitude de petites fleurs jaunes, blanches ou roses, au milieu d’une forêt où poussent l’arganier sauvage, les genévriers mais surtout les thuyas.

            Au détour d’un virage soudain apparait, à nos pieds, l’océan ourlé de blanc où le ciel et l’eau se confonde dans le lointain d’un bleu blafard. Moulay Bouzertoum avec son marabout tout de blanc vêtu  se détache sur la plage grise où des surfeurs profitent du souffle puissant des alizés.

            Les petits champs de céréales agitent follement leurs têtes blondes qui tombent CSC 0649sous les faucilles des paysans et s’amoncèlent en petits tas réguliers. Les genêts et les chardons font une danse endiablée sous le vent qui forcit. Au-delà la route longe de loin la côte tout en la dominant et l’on peut ainsi profiter de la vue sur les plages qui sont inaccessibles avec nos véhicules.

            Entre collines et océan au milieu des champs cultivés  sont construites de  belles maisons en pierres. Ensuite des paysages arides animés par de petits troupeaux de moutons ou de chèvres et quelques dromadaires, sur fond d’océan.

  PORT                     

                   

                                 Le petit Port de Souira Kédima

 

           Notre route contourne l’estuaire de l’oued Tensift où il y a beaucoup d’eau et à Souira Kédima, ville aux constructions nouvelles, désordonnées, à demi achevées nous pourrons l’aborder sans problème. Une belle promenade à demi ensablée affronte le front de mer. Quel gâchis !!! Le petit port de pêche, au mouillage peu profond  ne comporte qu’une centaine de petites barques vertes ou marron.  Le hameau de pêcheurs est construit près des ruines d’un fortin portugais dont les murailles d’enceinte crénelées sont bien conservées, mais semble toujours aussi sale,           

            Repas de midi près de la promenade.

            N’ayant pas osé prendre les petites routes, à Safi changeons de cap, direction Sebt Gzoula pour acheter de l’huile d’olive chez Khoumsi, très bonne et très gouteuse payée 23dh le litre.

            Il n’est pas tard nous traverserons donc Safi, sans nous arrêter,  par le grand boulevard qui fait peau neuve. Après la ville, chèvres, moutons et dromadaires cohabitent sans difficulté. Nous longerons une belle côte aux falaises ocre avec un océan d’un vert émeraude éblouissant, paysages étonnants à la lumière du couchant. Dans cette région  ingrate le phare de Beddouza surgit au dessus d’une côte rocheuse au romantisme sauvage qu’un jeu d’ombre et de lumière rend encore secrète. Les vagues calmes et légèrement écumants semblent jouer avec ce vent venant de la terre qui tente de les repousser vers le large.

            Notre route est jalonnée de petits tas de pierres sèches où sont plantées des cannes à pêche indiquant qu’un pauvre pêcheur y vend ses poissons. Qu’elle patience et  qu’elle vie !!! Des champs de cultures délimités par des murs ou des roseaux dévalent la pente jusqu’à la plage. Le vent redouble, le sable voltige sur la chaussée créant parfois de petites congères.

            Tantôt le sol sableux ne permet pas de culture tantôt beaucoup plus riche les champs s’étirent en longues bandes aux contours zigzagants, les serres commencent à fleurir. Que cachent-elles ?

            Arrivons à Oualidia qui dispose ses maisons blanches en amphithéâtre autour de photos 0725la lagune. Lagune, toujours aussi belle, protégée des vagues par une barre de rochers, se pare de splendides teintes en cette fin d’après midi.

            Installation au camping les sables d’or, camping bondé horrible et fort cher pour ce qu’il propose…  Plus de camping sauvage au bord de la lagune, dommage la vue y était imprenable et Mohamed le gardien était fort sympathique.

           

         Téléphonerons à Haïssa et Zhora, malheureusement nous ne les rencontrerons pas ils sont en France chez une de leur fille. Sommes un peu déçus  nous aurions tant aimé les revoir. Avons laissé un mail à Nour pour le prévenir de notre passage demain.

 

  

             25 avril

 

            Le ciel est gris et bas, le vent souffle mais la température oscille entre 20 et 21°. A 9h toc toc, la pluie s’invite, seulement quelques gouttes, juste pour salir nos pare-brises. 

  lagune               

 

                 Magnifique lagune d'Oualidia   

  

               Nous sortirons d’Oualidia jusqu’au parc N°7 là, nous pourrons surplomber et admirer la lagune dans toute sa splendeur. D’Oualidia  à Sidi Moussa s’étire L’Oumja, écosystème formé par une succession de lagunes étroites et séparées de l’océan par un superbe cordon de dunes. L’homme y a aussi crée des marais salants mais aussi de cultures maraichères dont les parcelles sont séparées par des roseaux.

            La côté déchiquetée est battue par les vagues écumantes, puis la vue des  belles falaises du Cap Blanc embrase la baie de Jorf-Lasfar et ses installations portuaires. photos-0718.JPGC’est un port international ayant pour première vocation le transit des phosphates et de ses dérivés. Mais de nouvelles installations en font un grand port ayant un rôle économique important.

            Nous raterons la petite route côtière qui rejoint Sidi-Bouzid, mais la rejoindrons un peu plus loin. Repas de midi près de la côte à Moulay Abdallah.

            Nous referons donc cette route côtière vers le port, nous avions beaucoup aimé photos-0751.JPGles petits marchands de légumes qui la bordent, les légumes y sont très beaux, très frais et très bons.

            Arrivée au camping d’El Jadida, toujours le même état de délabrement, heureusement nous avons tout ce qu’il nous faut chez nous…..

            Un message sur le forum me donne le numéro de téléphone de Nour et de Souad que nous devons appeler dès notre arrivée. Aussitôt lu, aussitôt fait.

            Juste le temps de faire un peu de lessive et Nour est déjà là pour venir nous DSCN9750.JPGchercher et nous demande de le suivre au local de l’association. Nous rencontrons donc Souad et Abdel. Parlons association, forum, voyons des photos de la dernière rencontre à Atlantica park, rencontre fort sympathique.  Sommes accueillis avec des milles trous et des galettes succulents.

            Apporterons notre humble  contribution à cet édifice avec beucoup de plaisir.DSCN9752.JPG

            Nour et Abdel nous accompagneront faire un tour en ville et rencontrer Madame Nour, une très belle femme, très agréable et très souriante. Connaitrons aussi trois de leurs enfants dont ils peuvent être très fiers.

           

 

   

 

   

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 Souad était resté en cuisine, elle nous a préparé un excellent couscous que nous dégusterons au local. Que de gentillesse, quel dévouement et quel accueil pour une si petite goutte d’eau apportée à leur association. Nous avons beaucoup de leçon à apprendre. Souad est une superbe cuisinière d’ailleurs elle met beaucoup de recettes et de conseils à notre disposition sur le forum des amoureux de Maroc qui est une mine de renseignements et une grande famille malgré les coups de gueules souvent déplacés et surtout déroutants.

           

          Ce n’est que tard dans la soirée que nous retrouverons le camping, très heureux de  notre soirée et de nos rencontres.

 

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    Coucher de soleil à El Jadida

 

 

 

 

 

                   

               26 avril

 

            Ce matin nous trainons sous notre couette, rien ne presse, nous avons le temps….puis chacun s’occupe selon ses envies ou ses besoins : lavage des camping-cars, lessive, cuisine ou micro….

            Il fait grand beau et chaud nous pourrons même prendre le repas de midi dehors.

            Comme prévu vers 14h retrouvons Nour, Souad et Abdel à l’association. Ils vont nous faire visiter la ville et nous accompagner pour nos achats avec patience et gentillesse. Brigitte trouvera ses tables, décidément les marocains nous surprendrons toujours, ils sont capables de nous dénicher, en un rien de temps, ce que l’on veut et qu’ils n’ont pas sur place. Souad nous achètera nos petites pinces servant à la confection des gâteaux..

            Nous flânerons ensuite dans la vieille cité portugaise avec beaucoup de plaisir, en compagnie de Souad et Abdel, Nour étant contraint de nous attendre. Il se dégage une photos-0773.JPGatmosphère paisible qui contraste beaucoup avec l’agitation de la ville nouvelle. Par la rue centrale atteindrons la porte del Mar, grand arc en plein cintre dont la herse laisse entrevoir le petit port et de nouveaux prisonniers….. Que vous reconnaitrez facilement…..

       

 

                                                                  

                                                                   Monterons au bastion de l’ange, dominant   les bateaux de pêche, bastion des amoureux….. Regardez bien les photos …..surtout celle ci-dessous à gauche........ Suivrons ensuite le chemin de ronde pour atteindre le bastion du St Esprit. Du haut des remparts dominant l’océan,  nous apprécierons la spécificité d’El Jadida : ensemble harmonieux de ruelles et d’arcades et son phare en pleine ville.

 

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       Retour à l’association pour un bon whisky berbère accompagné "des mille trous " que nous apprécions beaucoup.

            Nour ne manque pas de nous mettre en photo sur le forum avec un petit mot gentil.

            Souad ira acheter tout ce qu’il faut pour faire "les milles trous" et nous voilà donc partis pour une leçon de cuisine en direct. Tous "les mille trous" nous seront offert DSC00452.JPGpour notre petit déjeuner demain matin. Quel gentillesse et quelle disponibilité,  car il est déjà 20h. Nous tirons notre chapeau à ces bénévoles aux grands cœurs.

            Nous promettons à Nour de rester plus longtemps la prochaine fois.  Inch Allah !! Comme l’on dit ici. Mais nous espérons que la prochaine fois sera l’an prochain    

 

                                                                     DSCN9760.JPG

            

 

 

 

 

  Les succulents "mille trous" de Souad 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 01:18

                13 avril

                  Le blouson en cuir de Lucien est arrivé à l’heure…. Partons donc comme prévu vers 9H et le premier arrêt sera pour Marjane. Nous achetons le nécessaire mais aussi du superflu…pour assouvir notre gourmandise. Barbel sera remboursée de ses deux kilos d’oranges payées 170 dh. Bravo Marjane car il s’est écoulé trois semaines depuis l’erreur. Café, thé et viennoiseries prises sur place.

            Direction Sefrou par une quatre voies en travaux et souvent limitée à soixante à l’heure.

            Sefrou, étagée entre 800 et 900m, sur les deux rives de l’oued Agaï, parfois fort tumultueux, cité paisible où il fait bon flâner dans sa médina, ceinte de remparts du 18ième  siècle, occupe un site privilégié aux confins de la plaine de Fès et des plateaux du moyen atlas. L’oued coule entre de hautes murailles bordées de verdure mais aussi hélas de quelques détritus. Les ruelles étroites sont bordées de toutes petites échoppes montrant une activité authentique, ici peu de touristes. Nous ne trouverons pas les petites boutiques des artisans qui travaillaient là comme au siècle dernier lors de notre passage en 2004. Sefrou est très renommée pour ses cerises et chaque année se tient un moussem important, donnant lieu à des réjouissances traditionnelles. Passant le petit pont nous entrerons dans le mellah, où des maisons au balcon en bois subsistent, les rues y sont minuscules aux odeurs nauséabondes nous ferons très rapidement demi tour.

            Il est tard, même assez mal positionnés sur le parking prendrons le repas de midi dans nos véhicules, sans le moindre souci.

            Traversons le massif du Kandar, premier contrefort nord du moyen Atlas,  aux collines boisées où cohabitent peupliers, oliviers, conifères mais aussi beaucoup d’arbres fruitiers surtout des cerisiers qui ont revêtus leurs jolies robes blanches, un paysage méditerranéen avec des cactus qui bordent la route.  

            Aujourd’hui il ne fait pas très beau, le ciel est chargé mais le soleil commence à percer le rideau gris qui s’effiloche de plus en plus.

            Le grand plateau qui s’étale devant nous est à la fois désolé et aride à notre gauche et fort cultivé à notre droite avec de très nombreux vergers. Ici c’est encore un autre siècle, les paysans retournent la terre à la pioche ou avec des charrues de bois que tirent des ânes ou des mulets.

            Puis là, posée au milieu de nulle part une école blanche trône, sans doute sa situation permet-elle de répartir au mieux les distances en fonction des habitations dispersées que nous ne voyons pas.

            Notre route en lacet prend rapidement de la hauteur au milieu des collines boisées et des premières forêts de résineux. Puis le grand plateau sauvage et aride  semble seulement peuplé par des chiens errants. Mais  pouvons voir de vieilles masures aux toits recouvert de plastiques, malheureusement habitées, du linge y sèche. D’ailleurs des femmes lavent dans une eau boueuse, leurs ânes près d’elle laissant supposer qu’elles viennent de loin. Quelle vie, est-ce possible ? En plus à une altitude élevée car le printemps arrive à peine, les arbres se parent juste de frêles et petites feuilles. Cette immensité désolée est parcourue par de grands troupeaux et leurs bergers.

           suite-0480.JPG suite-0479.JPGVers 1650m, nichée dans la verdure, Ifrane surprend par son architecture, ses pignons aigus et ses hautes cheminées où les cigognes ont élu domicile, ses toits de tuiles rouges, ses chalets, ses allées bordées d’arbres et fleuries. On ne se croirait plus au Maroc mais chez nous, dans une station d’altitude. Ici pas d’ânes, pas de mulets, pas de carrioles dans les rues seulement de belles voitures et beaucoup de touristes.

 

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 Un petit coucou à Amélie et Didier

 Sika est connu dans le "Chamonix  Marocain"

 

 

 

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             Le chauffeur de tête ne veut pas écouter le copilote et c’est deux tours pour rien en ville avant de retrouver la route d’Arzou.

            Nous devions aller au camping Amazigh, avant raté l’entrée nous resterons donc à l’Euro camping.

 

 

            14 avril

 

            Ce matin grand ciel bleu et soleil radieux, mais fraicheur matinale, 11° à 7h30.

            Direction Fès puis une petite route à droite indiquant « cèdre Gouraud ». Il est l’arbre le plus célèbre du Moyen Atlas. Visiblement tout est prévu pour l’arrêt, parking avec gardien officiel ou officieux, peu importe, de petits estancos et des chevaux bien harnachés en prévisions de balades.

           suite-0486.JPG Bien que mort apparemment depuis 2002 ce cèdre multiséculaire (il aurait 820 ans)  trône au bord de la piste. Il porte le nom d’un général qui n’avait qu’un bras, à cause de sa forme, reconnaissable à son énorme branche en forme chandelier .Nous nous mettrons à cinq et demi pour faire le tour du tronc,  c’est le plus grand du Maroc quarante mètres de hauteur, neuf mètres de suite-0489.JPGdiamètre.  La forêt aux alentours est magnifique et nous pourrons observer de beaux spécimens aux branchages harmonieux.

         

  

  

 

   Nous virons, tournons, scrutons les alentours pour voir les singes. Mais rien à l’horizon, un peu frustrés nous redescendons vers nos maisons roulantes. Ô surprise en voilà déjà trois près du cèdre et des marchands   Puis une ribambelle ainsi que des mamans avec leurs bébés. Trop beau de les regarder porter leurs petits et de les prendre dans leurs bras, comme nous faisons avec nos progénitures. Craquants ces animaux qui décortiquent habillement  les DSCN9700cacahouètes que nous leur donnons, qui s’agrippent à nos pantalon nous faisant comprendre qu’il faut les servir,  dérobant  même le sac avec beaucoup d’agilité. Le gardien nous demandera une bouteille d’eau  et le fera boire comme une personne. Il nous en faut peu, tout cela nous amuse c’est trop drôle. Mais ces pauvres animaux sont sans doute conditionnés. De plus c’est à cette heure là que les cars de touristes affluent….

            DSCN9726La piste ne nous convenant pas, surtout qu’on nous en prédit quatre kilomètres, sans doute des kilomètres marocains, nous préférons faire demi-tour.

            Notre route déjoue les collines et joue à saute mouton, collines cultivées vert clair et collines boisées vert foncé se mêlent en un doux paysage, mais il faut prendre garde aux limitations de vitesse « les yeux de Sarco » veillent…..

            Après Khènifra la route est très mauvaise, parfois semblable à de la tôle ondulée mais le paysage est magnifique, un moutonnement de collines dans une symphonie de verts et de rouges. Nous longeons à nouveau le lac Ahmed El Hansali, un beau lac parsemé de nombreuses iles, un lac tout en finesse qui épouse admirablement le relief.

            Une immense plaine céréalière s’étend à perte vue, de chaque côté de la route des vendeurs de petits pois et des bergers qui gardent leurs petits troupeaux.

            Le vent souffle en rafales, le ciel s’assombrit, des feuilles et de la poussière volent et quelques gouttes retentissent.

            Vu l’heure et le ciel préférons nous arrêter plus tôt, mais où ? Pas de camping à l’horizon. Beni-Mellal sera notre point de chute.

            suite-0513.JPG La route est bordée de drapeaux, de nombreux policiers sont en faction. Le roi et sa suite est passé ou va passer….Nous ne verrons rien, cela ne perturbe d’ailleurs personne.

            Beni-Mellal est en effervescence, des policiers en renfort à tous les coins de rue…des barrières sur les trottoirs. Nous décidons donc sur les conseils de la gendarmerie de stationner sur le parking d’Acima. Ce soir c’est la fête, des musiciens improvisés jouent sur le terre plein. Mais l’orage par petites ondées successives fait fuir tout le monde. 

 

            15 avril

 

            Un début de nuit très bruyant, musique, ballon, bla bla bla…. Mais une dernière averse dispersera  définitivement tout le monde.

            Le roi était là hier, il inaugurait la future construction d’un abattoir le plus grand du Maroc et sans doute d’Afrique, celle de l’autoroute ainsi que d’un hôpital.

            Beni Mellal, grande ville en pleine expansion, située entre Moyen Atlas et plaine céréalière de Tadla, est né de la présence de l’eau (de nombreuses sources abondent suite-0519.JPGautour de la ville). Des plantations d’orangers (parait qu’il s’agit des meilleures oranges nu Maroc) cohabitent avec une très grande oliveraie où se glissent des arbres fruitiers : figuiers, grenadiers, abricotiers et pêchers. C’est une des rares villes du Maroc à avoir un boulevard extérieur, de  belles et nombreuses villas y poussent comme des champignons.

            De gros nuages menaçants s’accumulent sur l’atlas et cachent définitivement le soleil.

            Un grand souk se tient à la sortie de la ville, une foule nombreuse colorée et bigarrée se presse. Des  camions, des voitures, des mobylettes, des vélos des charrettes tirées par des mulets ou des ânes envahissent la chaussée, difficile pour nous de se frayer un passage.

           CSC_0533.JPG La route est bonne, en ligne droite, nous pouvons, après l’effervescence, accélérer sans être chahutés, une belle allée d’eucalyptus aux troncs peints en blanc (visite royale oblige) puis d’oliviers nous accompagne.

            La vaste plaine de Tadla affiche ses immenses propriétés délimitées par des cyprès, des vergers d’orangers puis d’oliviers dont le feuillage argenté s’agite au moindre souffle.

            A mesure de notre progression les nuages se dispersent et jouent à cache cache avec un soleil timide. Cependant la température est très agréable. L’eau ne semble pas manquer les cultures céréalières, bien fournies, blondissent et  se heurtent aux derniers contreforts.

            L’on commence à enlever les drapeaux plantés là, sur les bords des routes mais beaucoup de taxi affichent encore le leur ainsi que la photo du roi. Il semble très aimé pas son peuple contrairement à son père.

            La route de Marrakech est chargée, beaucoup de camions y circulent, parfois les doubler devient périlleux. De nouvelles stations Afriquia voient le jour, bien décorées, bien fleuries avec restaurant et café, sans oublier la mosquée.

            Loin des rumeurs de la ville nous nous posons pour le repas de midi, sur un terre plein isolé (du moins en apparence), le vent est trop fort nous décidons de manger à l’intérieur. Peu après une horde de gamins surgit des maisons en torchis qui se confondaient avec la terre et que nous n’avions pas vu. De jeunes garçons et des ados fort bruyant, ne parlant pas français, nous demandent de l’eau. Nous faisons l’effort de leur donner des bouteilles, ils les vident sans même boire. La tension monte, la présence de nos hommes ne les calme même pas, l’appareil photo encore moins, ils posent, le téléphone non plus. Nous finissons de manger à la hâte et voilà que des filles, une dizaine au moins, arrivent réclamant des vêtements par signes. Tout se monde s’excite heureusement que nous ne comprenions pas leur langue…. Nos chauffeurs partent avec les camping-cars nous suivons à pieds espérant éviter les jets de pierres. C’est alors qu’un adulte en mobylette, ne parlant pas français, mais comprenant la situation vient à notre rescousse en les chassant. Nous lui répétons des mercis mais surtout des « chocran, chocran », pour qu’il soit sûr que nous le remercions chaleureusement.

 

     A la station le remplissage...

            suite-0526.JPG                                                  

 Nous partons rapidement et terminerons notre repas à la station après avoir fait le plein. Tout cela est désagréable, tout cela nous stresse, heureusement c’est la première fois que nous sommes confrontés à des enfants aussi effrontés et agressifs.

            Après El Kelaa, changement de paysage des collines dénudées moutonnent à l'infini.

             Nous arrivons sur Marrakech, les palmiers parfois un peu déplumés font leur apparition sur fond d’atlas encore bien enneigé. Nous cherchons notre route, sommes en direction de Ourzazate… demi tour… contournons finalement la ville par l’ouest, longeons les remparts et retrouvons notre direction. Premier embranchement raté, mauvaises indications par la gendarmerie, rebelote demi tour… cela devient un peu angoissant, l’heure tourne. Finalement le lac Lala Takertoust est fléché, mais la route est mauvaise… il se mérite….. Sera-t-il beau ?

             Mais le cadre est superbe, en cette fin d’après midi où la luminosité est excellente. Les rives de ce beau lac de sept kilomètres de long sont dominées par lesSDC11009.JPG sommets enneigés de l’atlas.  Il n’est pas très aisé d’y stationner, préférerons une petite plateforme près du restaurant « la Perla du lac »  à celle situé sur la colline voisine, les tours opérators  y ayant déversé leur flot de touristes pour une soirée aminée. 

            C’est entre deux gorges pittoresques de l’oued Nfiss que ce barrage de 357m de long, 62m de haut et 42 m d’épaisseur a été construit avec pour vocation première l’irrigation.

                  

               16 avril

 

            Ecoutons les infos… depuis hier au soir connaissons les perturbations des transports aériens suite à l’éruption volcanique d’Islande. Partiront-ils ?  Eliane et Michel n’ont aucune confirmation pour l’instant, seules les  liaisons sur les 25 aéroports du nord de la France sont interrompues. Et Lyon ???

           suite-0549.JPG                                                    Visite du restaurant la Perla du lac ingénieusement situé sur une colline, dominant  le magnifique lac émeraude sous le soleil matinal. Ce superbe restaurant, bien entretenu, au décor agréable dressent ses tables sur la terrasse sous tonnelles de canisses au milieu des fleurs et de la verdure. Il bénéficie d’une des plus belles vues à la fois sur le grand miroir et sur les sommets enneigés.

           

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  Balade rive gauche du lac, sans Lucien resté aux fourneaux…maintenant l il se pare de beaux reflets d’argent sous un ciel grisonnant et sans soleil. Nous le longeons de très près faisant fuir quelques tortues très agiles et quelques reinettes. Les petites vignes des alentours sont de véritables treilles formant de belles tonnelles.

           

 

             Rencontrerons des journalistes venus présenter des 4x4 Renault à la presse marocaine, il y en a au moins une dizaine, du modèle de base au modèle supérieur.

            A midi trente nous irons en compagnie d’Eliane et Michel manger au restau, en terrasse, sous la tonnelle, un délicieux tajine de bœuf aux pruneaux. Les petits pains ronds servis chauds sont excellents. Oranges à la cannelle en dessert. Ici le cadre se paye…. C’est notre repas d’adieux offert par Eliane et Michel.

 

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   La "Perla" du lac

 

 

 

 

   

              Vers  15h30 partons pour l’aéroport, Michel semble inquiet… Le passage en ville se fera en douceur, pas de problème d’itinéraire, pas trop de circulation.

            La confirmation a pu être faite et aux dernières nouvelles pas de vol annulé n’y d’horaires modifiés. Tout semble ok, verrons bien demain. Inch Allah.

            Ce soir c’est aussi apéro d’adieux chez nous.

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              Vers 22h une nouvelle info tombe sur le portable d’Eliane : Lyon st Exupéry serait fermé demain à 8H (Audrey par sms). Info bien réelle vérifiée sur Internet, mais le vol ne semble ni annulé ni retardé…. Que penser ? Demain sera un autre jour.

 

 

                 17 avril

            Comme prévu Eliane et Michel vont à l’aéroport à  4H15, nous retombons dans les bras de Morphée en toute tranquillité et nous nous levons comme à l’ordinaire vers 7h30. Personne à l’horizon, pensons que nos cousins sont partis au moins sur Casa et prenons le petit déjeuner sans souci.

            Huit heures surprise, surprise, Eliane et Michel sont là, ils n’ont pu partir et viennent prendre un café avec nous avant de tenter d’avoir plus de précision. Après un coup de fil ils seraient sur une liste d’attente pour 15h30. C’est peut être malgré tout la galère qui commence. Nous prenons cependant le chemin de Ouarzazate par le col du Tichka.

            Ce matin le contournement de Marrakech n’est qu’une simple formalité, malgré une circulation intense et plutôt anarchique. Il faut une attention de tous les instants, à nos chauffeurs chevronnés, pour déjouer tous les pièges.  

           photos-0578.JPG                                                  

          Marrakech : une grande ville très fleurie se déclinant en ocre, rose ou rouge suivant la luminosité et les heures de la journée, s’étire au milieu de la plaine du Haouz, entre palmeraie et haut atlas aux sommets encore enneigés. « Marrakech c’est comme un perle jetée sur l’atlas » ainsi en parlait une poétesse andalouse.

           

 

           Cette année nous ne ferons que passer et repasser sans visiter malgré le charme de cette ville berbère que nous aimons beaucoup mais où les Marrakchi sont encore un peu collants.

           suite-0586.JPG La  plaine d’Haouz que nous traversons n’est réellement cultivée que dans les parties bien irriguées, les autres terrains n’offrent qu’une agriculture rudimentaire.

            Nous allons donc emprunter la route du Tizi-n-Tichka , l’itinéraire qui franchit l’impressionnante barrière de l’atlas faisant communiquer Marrakech aux contrées présahariennes.

            Passé Aït Aourir notre route suit l’oued avant d’attaquer réellement la montagne, le ruban argenté formé pas les oliviers suit son cours.

           On pénètre dans une cluse où l’oued Zat se fraie un passage le long des pentes du djebel Tasghimout.

            Le paysage change dès le col Aït-Imguer à 1470m et l’on traverse alors des forêts de conifères et de chênes. La vallée dévoile quelques beaux villages de pisé à flanc CSC_0597.JPGde montagne qui se confondent avec la terre rouge du lieu. Au bord de la route le village de Taddert, village alpestre,  blotti dans les noyers, possède des petits bistrots et gargotes où les tagines fumantes sont entrain de mijoter. Dans la vallée des minuscules cultures en terrasses verdoient.suite-0587.JPG

           

          Vers 14h30 un sms d’Eliane nous confirme qu’ils ont trouvé une chambre sur Marrakech, out est bloqué et peut être lundi la situation évoluera. Inch Allah !!!

           

 

            Chemin faisant nous rencontrons d’innombrables vendeurs de géodes, malheureusement colorées  en rouge et sans grand intérêt ainsi que des stands de fossiles et de minéraux de plus en plus nombreux.

           galerie-membre,maroc,col-du-tichka-1[1]                                                   L’ascension  tout à fait spectaculaire se poursuit ensuite par une route plus étroite à grands lacets tracés sur les crêtes dans un paysage montagnard dégagé et où la végétation se réduit à de maigres prairies.

              Le col à 2260 m, le plus haut col du Maroc, offre un paysage dénudé de pierres sombres toujours balayé par le vent et des vues  sur les Djebels  Bou Ouriol et Tistouit. Malgré un soleil mitigé la température est pour nous relativement fraiche, bien qu’à 18°.

           

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              La descente rapide ménage de beaux points de vue  au milieu d’un paysage de roches rouges de toute beauté. On pourra remarquer des villages montagnards caractérisés par de petites maisons de pisé empilées comme des alvéoles, à toit plat et entourées de champs d’orge ou de blé cultivés en terrasses.

            Un peu plus bas le village d’Irherm-n-Ougdal  à 1970m pointe sont minaret rose devant un grenier forteresse construit au XVI siècle et maintenant  restauré. C’est une suite-0614.JPGsorte de casbah, aux murs borgnes, flanquée de quatre tours. Une vieille dame est venue nous ouvrir la porte et un jeune marocain s’est improvisé guide, nous donnant quelques explications. Autour d’une cour centrale éclairée par une ouverture à ciel ouvert, deux étages de cellules permettent aux familles d’entreposer des denrées et de profiter d’une surveillance collective. Il serait encore utilisé.

 

            Dans l’entrée à droite «le banc de justice » où siège le chef du village, en cas de différent entre les familles.

            Le village d’Agouim marque la fin de la descente, notre routsuite-0624.JPGe suit désormais l’assif Imini et quelques kilomètres plus loin

nous arrivons au camping Tissa village de Tabourahte où nous élirons domicile.

            L’accueil y sera chaleureux, un jeune marocain fort timide, que nous supposons être le propriétaire, nous invite à boire le thé accompagné de petits gâteaux et nous joue une mélodie au banjo.

                   Fin d’après midi lavage et nettoyage deux occupations de camping-caristes…..

 

             18 avril

 

            Journée de liaison pour aller rejoindre l’atlantique et amorcer, hélas, la remontée.

            Le vent à faibli et le ciel est d’azur et le soleil radieux, la température matinale fraiche mais nous sommes à 1240m, rien d’étonnant.

            Nous refaisons la route jusqu’à Taliouine, donc nous avons maintenant l’envers du décor. Toujours des paysages semi désertiques rougeoyants sous le soleil. Toujours les photos-0625.JPGmêmes scènes, des femmes et des ânes qui reviennent des champs fardeaux sur le dos, des femmes à l’oued Iriqui qui lavent leur linge, c’est la grande lessive.

            La route est étroite et devons souvent descendre sur les bas côtés pour les croisements, parfois périlleux quand les camions nous croisent à grande vitesse.

           

 

            En toile de fond nous avons toujours les neiges scintillantes de l’atlas.

            DSC07207.JPGArrêt à Tazenakht juste pour l’achat du pain, difficile de trouver une boutique, puis des baguettes. J’achète deux pains ronds et nous plaisantons avec le vendeur qui se marre. Sommes alors interpelées par un Monsieur fort rigolo par sa tenue vestimentaire qui nous conduit acheter des baguettes toutes chaudes quelques rues plus loin. Tout cela nous amuse, il rend même la monnaie à la place du marchand, nous fait l’article sur les œufs. Je veux donc lui donner mes deux pains ronds, mais il n’en veut pas, il grignote juste le quignon de la baguette de Brigitte. Chemin faisant il nous dit qu’il s’occupe d’une association et nous mène au magasin pour nous donner sa carte. Nous en resterons là, pas de déballage de tapis, ni d’insistance. Nos hommes perplexes nous attendent sans comprendre.

                                                                 aubergeJPG.jpgNous arrivons de bonne heure à l’auberge camping du Toubkal à Taliouine, une après midi de repos que chacun occupe à sa façon, les hommes bricolent les femmes surfent… mais galèrent....

 

 

             19 avril

 

            Ce matin nous ne pressons pas devons rendre visite, comme promis, à la famille Choucri, rencontrée lors de  notre premier voyage en camping-car en 2004.

            Départ vers 10h, arrêt au safran puis à la mairie pour rencontrer Zaccaria, l’ainé des enfants Choucri que nous n’avions pas vu lors de notre passage il ya trois semaines. Nous sommes très heureux de le rencontrer, plaisir partagé. Il quitte donc son travail et vient nous rejoindre chez sa maman.

            Tous les fils sont là pour nous saluer, toujours le même accueil, toujours la même gentillesse. Thé et petits gâteaux servis dans l’immense salon, remis en état depuis notre passage car les dernières et fortes pluies avaient fait beaucoup de dégâts.

            Zaccaria très bavard, très instruit s’intéresse à tout y compris à la politique et adore lire des livres français. Le dialogue est très facile et les échanges fort agréables. Il a des idées bien arrêtées, mais très lucides, il est le digne représentant de son papa décédé voilà maintenant plus de deux ans. Il connait parfaitement son pays, sa région et tous les douars environnants, déjà par son travail en mairie, mais aussi par toutes les associations dont il s’occupe. C’est un homme chaleureux que nous apprécions beaucoup.

            Kébira, la maman avait tout prévu et vers midi le repas est servi à l’autre bout du salon par Aziz l’autre fils. Petites salades marocaines, poulet grillé aux amandes et aux DSCN9730.JPGœufs. Et bien oui, encore un repas délicieux servi avec des gros pains ronds et chauds cuit au four traditionnel de la maison. En dessert semoule au sucre glace et aux cacahouètes et fruits. Le tout arrosé d’un jus d’orange maison. Quelle amabilité ! Nous ferions bien de prendre quelques leçons…

          DSCN9731.JPG                                                             

  Le thé et les petits gâteaux seront servis dans le jardin à l’ombre des oliviers, l’occasion de faire un tour dans la propriété où poussent des céréales et arbres fruitiers.

DSCN9742.JPG                                                                                                                                    Avant de partir nous irons voir le dernier né de la famille le petit Hassan (en l’honneur de son grand père) et sa maman Khadidja. Hassan un beau petit garçon de six mois et demi, bien éveillé, aux grands yeux noirs qui fait la joie de toute la famille. Khadija est très belle, parle très bien le français et à toujours le sourire.

            Kébira fera des confidences à Paul, petit problème de cohabitation avec sa belle fille…. Zaccaria ne manquera pas de nous faire remarquer que sa maman se plaint beaucoup, mais va très bien. Ce n’est que vers 16h que nous prendrons la route…

            Des fleurs jaune-orangé forment de vrais tapis, les céréales blondissantes ondulent sous la brise, de grosses taches vertes se mêlent aux collines rouges donnant un charme particulier aux paysages traversés.

 

                                                                                                                                     CSC_0627.JPG

La circulation est assez dense, surtout de gros camions avec de grands chargement emmaillotés dans de larges filets.

            Dès que l’on atteint la plaine fertile du Sous, les cultures s’intensifient, beaucoup de grands vergers d’oliviers et d’orangers.

           

 

   

 

 

 suite-0633.JPGArrivée sur Taroudant après avoir traversé l’oued Sous, à sec, mais qui a sans doute beaucoup  rugit cet hiver emportant au passage un pilier du pont.

 

            Juste trois place pour nous dans une contre allée face aux remparts. Il l’heure de « Plus belle la vie »….

 

 

           

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 23:59

 

                  08 avril

 

                  DSCN9509.JPGNous disons au revoir à Malika avec un pincement au coeur. N'avons pas envie de partir, elle est si généreuse, si accueillante, le coin est si beau... Nous lui laissons quelques vêtements car comme elle dit : il y a des malheureux dans la montagne. merci pour eux. Nous sommes ravis d'apporter notre goutte d'eau... Mais nous reviendrons.

 

photos-0300.JPG                   L'auberge de Tislite

            En quelques grands virages nous atteignons le col, l’occasion de faire une pause et d’admirer les canyons et les plissements qui s’offrent à nous. Là dans le lointain, un habitation et un champs vert entouré de peupliers sans doute une famille installée au milieu de nulle part dans un paysage désolé.  La descente s’avère périlleuse la route est si étroite qu’elle ne laisse aucune possibilité de se croiser, un peu stressant sur cinq cents photos-0307.JPGmètres, de plus l’oued prend la route pour son lit. Il a débordé généreusement  y laissant des gravats que nos camping-cars n’apprécient pas toujours.

            Les sommets ont encore quelques névés qui scintillent  au soleil. Selon l’altitude nous côtoyons des chênes des buis ou des petits lopins de terre fraichement cultivés mais aussi quelques arbres fruitiers. Un habitat dispersé, des paysans dans les champs, des enfants sur les routes, il semblerait qu’ils ne soient pas tous à l’école…. Des maisons très basses qui défient sans doute les rudes conditions climatiques de ces régions de montagnes. Les arbres : chênes, genévriers et même sapins côtoient de grands champs  d’hypothétiques céréales éparses et basses qui attendent la prochaine pluie. Inch Allah.

         photos 0326   Dans ces régions sauvages, Brigitte fait sa BA et distribue des vêtements  chauds à des mamans accompagnées de leurs enfants. Leurs yeux éclatants et leurs sourires sont les plus beaux remerciements. Passons un col à 1425m (Tizi N’Isly) au milieu des forêts et de quelques champs cultivés. Les dernières intempéries ont fortement détérioré la route déjà si étroite, la conduite requiert une très grande attention, le pont à Naour n’est pas facilement abordable pour nos longs véhicules. Mais la dextérité de nos chauffeurs nous permet de nous sortir de toutes les situations photos 0321même les plus contraignantes. La terre est de plus en plus rouge un contraste saisissant avec les verts des cultures ou des arbres.

            Dernière montée avant El Ksiba au milieu des forêts, une belle source d’eau captée au bord de la route nous permet de faire les pleins de nos réservoirs. Du bonheur pour tout le monde car nous étions en manque, nous les premiers en plus nous sommes quatre dans le camping-car. Repas à El Ksiba.

            Nous abordons maintenant la grande route qui se poursuit dans l’immense plaine de Tadla avec des grands champs à perte de vue. Quel contraste avec la région que nous venons de traverser. Dans tous les villages on peint, on  nettoie (surtout des femmes) on refait les trottoirs, les drapeaux sont installés…. Attendrait-on la visite de sa Majesté ?

           SDC10468                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 Magnifique Lac de Barrage Ahmed El Hansali  que nous longeons

 

 

  

             L’habitat change à nouveau les constructions sont en briques rouges, partout de petits immeubles, de nouvelles maisons. Que de changements depuis notre dernier passage.

            Khénifra la rouge semble directement sortie de la terre qui l’entoure, elle est traversé par l’Oum Er Rbia, un des plus long fleuve du Maroc.

            Mohamed est venu nous attendre à la gare routière avec Hiba toute intimidée. Nous voilà donc installés devant la maison des parents de Nadia, terrain pas très plat, mais nous nous en accommoderons. Ils sont heureux de nous voir et de présenter le petit Fadh qui est né le 13 mars. Il est très beau avec beaucoup de cheveux noirs et il est très sage, nous ne savons même pas comment il pleure. Réception habituelle avec thé à la menthe et une multitude d’excellents gâteaux que Nadia et sa belle sœur ont préparé.

            En compagnie de Mohamed et de son copain Ali nous irons visiter Khénifra, d’abord les souks des menuisiers d’où se dégagent de fortes odeurs de colle et de vernis SDC10482et où règne une poussière insoutenable. Les ouvriers travaillent sans protection dans de petits ateliers sans aération, que de conditions difficiles ! Le souk des forgerons nous permettra de voir leur travail, travail soigné, de belles grilles, de beaux portails. Nous verrons travailler deux jeunes dans un minuscule atelier au bruit étourdissant, des machines possédant des bobines de fils de SDC10479plusieurs couleurs leur permettent de tisser des très belles passementeries. C’est vraiment la première fois que nous voyons cela, sommes émerveillés par ce travail mais pensons à leurs pauvres oreilles….

                                                                     

 

 Traverserons le pont pour faire un tour au souk des tapis, puis dans la médina et irons dire un petit bonjour au papa de Mohamed, aurons ainsi l’occasion de voir sa belle- sœur, sa nièce et son neveu (le fils de Khadija que nous connaissons). Tout ce monde vit chez le papa, en l’absence du mari (à l’étranger) la belle-fille vit dans la belle famille.

            Ali a des chevaux dans la montagne, fait parfois des randonnés avec des clients et voudrait donc faire partager cela et nous inviter. Nous hésitons et puis acceptons. Rendez-vous pris pour le lendemain dix heures.DSCN9517

 

  DSCN9519         

 

Nous sommes donc invités chez les parents à Nadia, on se lave les mains traditionnellement et Nadia nous sert poulet et agneau grillé avec une délicieuse sauce aux oignons et autres aromates bien marocains. Nous savourons ce plat, Nadia est DSCN9521vraiment une excellente cuisinière. En dessert elle  nous a confectionné, comme la dernière fois à Fès, des vermicelles aux cacahouètes et aux amandes. Nous prenons des photos et les leurs développons.  La Belle sœur de Nadia est heureuse de pouvoir en envoyer à son mari qui est en Espagne, plaisir que nous partageons.

   

       

   Miam miam c'est excellent !!! 

 

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                    Les mains s'affairent !!!!!

    

 Notre nuit sera calme, notre gardien veille. Pas de souci.

 

                09 avril

 

            Nous avons passé une bonne nuit malgré notre stationnement en ville, pas de bruit et aucun tracas.

            Décrassage du frigo, celui de Lucien et Brigitte étant en panne. Nos hommes s’affairent, DSCN9552 aident du mieux qu’ils peuvent, parfois regardent seulement. Mais le résultat sera probant.  Je sais bien Lucien que tu as dû te mettre à genoux…. Un iman, passant par là t’a salué… il a cru voir un converti,  mais tu n’étais pas en position de la Mecque….

            Pendant ce temps Hiba et Fatima Zora jouent dans le camping-car avec Michel. L’heure tourne nous prenons congé, remerciant tout le SDC10498

monde de cette hospitalité gratuite et amicale, nous sommes toutjours triste de laisser des amis.

            Mohamed nous accompagne pour la sortie de la ville et allons retrouver Ali à une douzaine de kilomètres de là. Vers 10h nous voilà donc, après avoir un peu cherché, près de la maison. Point d’Ali et il ne semble pas être très connu. Nous sommes assez surpris, un peu perplexes… Patiemment nous attendons, nous téléphonons à Mohamed mais commençons à trouver le temps long. Nous sommes sur le point de partir quand il arrive en s’excusant.

            Il amène de quoi préparer le repas et récupère encore des petits pois fins, fraichement cueillis par une dame, apparemment sur ses terrains.

            Nous voilà donc installés sous de grands peupliers, bercés par le bruit de l’eau qui court, Ali nous présente les photos de ses randonnées qui le conduisent jusqu’à Imichil, nous fait voir quelques chevaux, donc un qui a l’air d’avoir beaucoup de caractère. Les DSCN9565femmes de la maison nous servent le thé à la menthe. Ali nous apporte les petits pois pour que nous les écossions, étonnant…

 DSCN9568          

           

 

 A midi on sauce du pain chaud, cuit au feu de bois traditionnel, dans une huile d’olive très goûteuse. Eh bien oui cela vous surprend… on devient un peu marocain et en plus on adore. C’est l’heure de la prière (on est vendredi) il va donc à la mosquée et nous laisse en compagnie de la famille qui nous montrera les autres chevaux. Les dames se laissent photographier avec leurs enfants. Eliane et Brigitte feront la nounou…

 

           DSCN9584DSCN9586

 

  

   Les plus courageux montent le cheval récalcitrant, mais fort heureusement, le  jockey est là.  

                 A son retour, nous sommes conviés à manger à l’intérieur, une pièce sombre  avec une minuscule cheminée dont le feu se fait à même le sol, où l’on s’assied sur des matelas, un coussin derrière le dos. Cette pièce doit servir de salle à manger mais aussi sans doute alide chambre. Sur une table basse Ali amène un immense plateau et y dépose nos petites salades, ensuite le ragout de poulet (tajine mijoté à cocotte minute) qui est délicieux, oranges en désert suivit du sacro saint thé, il sera pour la première fois à la verveine.

            Il est l’heure de partir nous remercions chaleureusement  tout le monde, Ali embrasse les hommes mais rien pour nous les femmes, même pas une poignée de main. Nous serons toujours surpris par le comportement des marocains.

            Après les belles maisons aux toits de tuiles les maisons aux toits de tôle…  Nous traverserons de grandes forêts de cèdres ou de chênes alternant avec de petits plateaux herbeux où paissent des moutons. La route est étroite, très étroite le goudron est si altéré que nos camping-cars sont bien trop larges et mordent les bas côtés, les croisements sont périlleux.

            Au milieu de la route une « Pijo » est arrêtée, son chauffeur allongé dessous, pensons à une panne. Arrêt immédiat pour tenter d’apporter un peu d’aide dans ce lieu isolé et désert. Surprise ce Monsieur a seulement la migraine… Sainte Brigitte, la salvatrice, lui donnera de l’eau et un cachet d’aspirine qu’il s’empressera de mettre dans sa poche.

photos-0342.JPG            Notre route se faufile toujours dans la forêt puis descend rapidement jusqu’au fleuve et nous voilà aux sources, sources de L'Oum Rbia. Sources et cascades jaillissent au pied de photos-0345.JPG

 

 

 

 

 

la paroi rocheuse dans un site impressionnant. Un petit sentier nous permet de voir de puissantes résurgences qui alimentent le plus grand fleuve du Maroc. Le débit y est toujours important et ce lieu attire beaucoup de marocains venus là pour prendre un verre ou se reposer. Construites au ras de l’eau de petites plateformes recouvertes de roseaux sont aménagées en salons avec tapis et petites tables basses. Tout le long il y a ainsi de nombreuses petites paillottes construites parfois de façon un peu anarchique. Peu de monde en cette saison, seuls quelques touristes comme nous s’y promènent.

            Passons un petit pont et nous nous engageons sur l’autre versant, un cruel dilemme se pose à nous au croisement. Prenons-nous la piste vers Mirt qui conduit à la grande route ou bien là route goudronnée. Après hésitations optons pour la seconde solution, elle ne sera peut être pas la meilleure car la route est faite d’une multitude de nids de poules, ils sont si nombreux qu’il est impossible de tous les éviter, ce revêtement détérioré nous photos-0354.JPGpousse à la prudence mais notre moyenne baisse inexorablement.

            De minuscules villages berbères s’offrent à nous, des maisons souvent couvertes de tôles, de plastiques ou de planches de cèdres. C’est la désolation, peu de changement d’ailleurs depuis notre passage en 2004.

 Sur photos-0356.JPGnotre droite on pourra remarquer des roches aux formes étranges, ces pierres calcaires ont été sculptées par l’érosion.

             Le petit lac Ouiouane dans son écrin de peupliers apparait au détour de la route qui traverse ensuite une forêt de cèdre pour atteindre Aïn-Leuh.

            Blotti dans un vallon étroit au milieu photos-0357.JPGdes arbres fruitiers, avec ses toits en tuiles cette bourgade semble évoluer rapidement. Des beaux immeubles et de belles maisons récentes y voient le jour.

            Nous rejoindrons enfin la grande route pour atteindre Azrou, de nuit. Pas évident de conduire dans cette ville grouillante où la plupart des voitures roulent en plein phare. L’installation  à l’Euro camping sera délicate, la forte montée aura raison de notre châssis Alco, nous resterons donc sur la première plateforme malgré la pente.

 

            10 avril

           

            Hier au soir sommes arrivés tardivement et n’avons vu que l’entrée monumentale.

L’Euro camping est digne d’un palais des milles et une nuits ou de Disneyland au choix…

photos-0359.JPGDu gigantisme par son entrée puis par sa grande cour dallée et sa superficie. Un premier niveau en pente et un deuxième inaccessible à la plupart des camping-cars, légèrement plus plat.

            Rien n’est fini correctement en plus il est sous-équipé vu le nombre de camping-cars qui peuvent y stationner. Pour l’instant côté femme, deux WC, deux douches, quelques éviers qui servent aussi de lavoir et une machine à laver le linge, un étendoir insignifiant, sont opérationnels. Bien peu au regard des personnes qui y séjournent. Il est vrai que nous avons tout ce qu’il faut à bord, mais lorsque nous sommes en camping, surtout un quatre étoiles, nous aimons profiter d’un confort supplémentaire.

            Pour un camping de cette envergure on s’attend vraiment à mieux, tout est couleur locale, ni fait à faire comme l’on dit souvent….à la mode marocaine…..

            Le personnel est souriant et sympathique mais rondement mené à la baguette. « L’émir ou le Pacha », comme vous voudrez, sans doute tout simplement le responsable de photos-0362.JPGla partie camping est un personnage haut en couleur déjà par sa tenu : chèche rouge et blanc, djellaba bleu ciel qui traine à même le sol, une  baguette à la main, un personnage hautain et dédaigneux, des lunettes de soleil sur un nez blanchi par la crème solaire, son harem autour de lui, secrétaires notant les caprices de Monsieur… Affalé sur un relax placé sur la plateforme de vidanges, avec un parapluie en guise de parasol il observe et commande, ou bien il arpente le camping réprimandant souvent le personnel qui court dès qu’il ouvre la bouche. Il était déjà là à 5H45, pas un bonjour, pas un sourire, pas un mot gentil pour qui que se soit.

            Aujourd’hui sera une journée relâche, mise en conditions, une journée surtout lessive et nettoyage.

Sans être franchement mauvais le temps est mitigé, ensoleillé avec des passages nuageux, une atmosphère lourde.

            Nous mangerons dehors sur des dalles mal jointes et un sol instable. Au menu ce midi soles grillées achetées à Agadir et « chichoumée » excellente, mitonnée avec amour par Eliane. Un plat simple, au goût de tout le monde mais qui a demandé beaucoup de temps.

            L’après midi se passe tranquillement chacun à sa façon….lecture, bavardage, micro etc.…

            L’apéro de ce soir sera écourté car le couscous offert par la maison sera servi de bonne heure. Une grosse assiettée par camping car, bon et suffisant.

            Le ciel, généreusement étoilé ce soir, se charge en peu de temps de gros nuages menaçants, le tonnerre gronde dans le lointain, se rapproche petit à petit et la pluie retentit sur nos cubes blancs. Et le tintamarre commence. Après quelques heures il se calmera et notre nuit commencera.  

 

            11 avril

 

            Ce matin « monsieur l’émir » comme on pourrait l’appeler à changé de tenu, nouveau chèche, nouvelle djellaba rose cette fois aussi longue que la précédente et encore plus de pommade que la veille. Mais pas un bonjour ne sort de sa bouche. Il nous ignore, nous faisons de même, sans scrupule.

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                                               A la sortie d'Azou  

            

   Après avoir traversé la petite plaine cultivée de Tigrigra notre route s’élève rapidement offrant de belles vues sur Azrou, ville animée et commerçante.

            Tantôt bordé de conifères et de chênes verts, tantôt dénudé le plateau s’étire à perte de vue. Quelques grands champs, cultures intensives, le modernisme côtoie l’archaïsme,  le tracteur côtoie l’âne ou le mulet avec son araire en bois, la pauvreté côtoie la richesse, les belles maisons aux toits de tuiles côtoient les masures à demi délabrées.

            Dès El Hejad le brouillard nous enveloppe, sans doute un résidu de l’orage d’hier. On plonge ensuite sur une vaste plaine agricole, la plaine du Saïs où les premiers pieds de vignes jouxtent avec les grands champs de céréales et les oliviers avant d’arriver dans la quatrième cité impériale du Maroc, Meknès. 

 

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                               Le bassin de l'Aguedal

 

   

                  Nous sommes en tête à l’arrivée en ville et sommes complètement perdus… nous ne reconnaissons plus rien, aussi nous tournons et retournons avant de nous trouver devant les greniers de Moulay Ismaïl et le bassin de l’Aguedal. Un immense réservoir d’eau, parait-il de quatre hectares, où l’on vient d’installer trois jets d’eau en vue du salon de l’agriculture tout proche. Ce bassin servait autrefois en cas de sécheresse ou de siège et accessoirement à l’irrigation de jardins royaux.  

                   Greniers de Moulay Isamïl ( 1647 à 1727). A son avènement comme Sultan , il avait 25 ans.C'est l' une des figures les plus curieuses de l'histoire marocaine.

On appelle également ce site "écuries de Moulay Ismaïl". C'est en fait la partie restante d'une immense Cité Impériale.Elle comprenait , Palais, Pavillons , Entrepôts, Ecuries, Caserne, Arsenal...

                  Subsiste aujourd'hui une salle unique de 23 nefs , d'une douzaine de mètres de hauteur soutenue par de puissants piliers et arcs massifs en pisé. Une partie est en restauration, car les toits ont disparus.

                  Là, nous trouvons un guide pour la visite, personnage sympathique qui nous rappellera l'histoire du site et de son fondateur avec beaucoup de faconde, entrecoupée de prises de vues photographiques avec nos appareils qu'il réquisitionne d'autorité amicale... !  Il connaît au centimètre près la place qu'il doit occuper et faire poser ses interlocuteurs. Une fois en place, il nous tourne le dos et dans un mouvement rotatif de grande ampleur théatrale se positione pour prendre la photo qui au résultat est très réussie! Et ce scénario se répète à plusieurs reprises en des lieux précis...à notre plus grand étonnement !Situation originale dans une ambiance de bonne humeur qui le conduit aussi à aller faire des prises de vues dans la partie interdite au public...! Merci à lui.  

               En sortant nous rejoignons le bassin de l'Aguedal où nous retrouvons nos maisons roulantes et où nous pouvons déjeuner en toute sérénité face à ce beau plan d'eau où un jet d'eau dont les essais de fonctionnement sont en cours de réalisation se voulant, peut-être, l'égal de Genève.

 

                                 Les greniers de Moulay Ismaïl

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            Pour notre repas de midi nous aurons ce bassin en toile de fond.

            Nous déplaçons nos camping-cars pour approcher de la médina, suivons une minuscule rue longeant le palais royal où des militaires montent la garde. Nous aurons quelques difficultés à tourner dans une rue à angle droit, seul passage possible, devront donc prendre la porte à reculons. Pas commun !!

            Bordée de tous les côtés par des remparts percés de passages voûtés la Place Lalla Aouda  sera le point de départ de notre tour dans la médina. A l’extrémité est se photos-0384.JPGtrouve la monumentale Bab El Mansour, une réalisation de Moulay Ismaïl qui régna pendant soixante ans et fit de Mekès sa capitale et y bâti de grandioses monuments à la hauteur de ses ambitions. Ses deux tours massives reposent sur de gracieuses colonnes de marbre. Elle marque l’entrée de la cité impériale et s’ouvre sur l’immense place El Edime que nous traverserons pour faire un tour dans les souks.

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                                                           Les souks

    

Ils rayonnent autour de la grande mosquée, sont très pittoresques et l’on peut s’y promener en toute sécurité sans craindre de s’y perdre, passerons devant la médersa Bou Inania pour arriver à nouveau à la place Lalla Aouda.

            Nous visiterons le tombeau de Moulay Ismaïl qui l’un de rares sanctuaires ouvert aux non-musulmans. On y pénètre par une porte très ouvragée décorée d’entrelacs et photos-0405.JPGsurmontée d’une avancée en tuiles vertes. Une enfilade de salles à ciel ouvert bordées de murs aveugles conduit à la salle des ablutions. L’on doit se déchausser pour pénétrer dans le sanctuaire orné de stuc et de faïences où repose Moulay Ismaïl.

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  Ainsi se terminera notre visite de Meknès. C’est à Fès que nous devons stationner ce soir. Notre route déviée deviendra cahoteuse nous obligeant à ralentir très souvenSDC10697.JPGt.                         

                   Au centre M’Aya un superbe marché aux légumes au bord de la route, un arrêt s’impose, les légumes sont fort bien disposés et vendus par lots. Difficile d’en avoir au kilo pourtant ils sont très beaux et frais.  En insistant un peu nous en achèterons encore des petits pois à  0,8 € le kilo, des artichauts, denrée assez rare au Maroc et des oranges à 0,5€ le kilo aussi. 

           

 

 

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  Un petit clin d'oeil à Anaïs et Yohan...

    Avez-vous fait votre déménagement ainsi !!

 

      Bonne installation

                          Amicalement.

 

 

  

 A l’approche de Fès beaucoup de gens sous les oliviers qui sont venus piqueniquer, et rechercher un peu de fraicheur et de tranquillité. Les enfants jouent au ballon, les femmes discutent. Les fassis ont laissé l’ambiance frénétique  de leur ville pour le calme de la campagne.

            A l'entrée de la ville, surprise, Mohamed est derrière nous en policier avec un collègue. Un petit tour à Marjane et direction le Diamant vert. Il est déjà tard, pas facile de programmer la visite de la ville impériale pour demain Ali n'est pas disponible.  Nous verrons bien.  Inch Allah.

 

 

             12 avril

 

            Grâce à l’amabilité des gardiens nous trouverons un guide avec voiture et chauffeur pour faire la visite de Fès….     Ali n'était pas libre.        

Capitale culturelle, intellectuelle, artistique et religieuse, berceau de la monarchie,  Fès est la ville impériale par excellence, fascinante, secrète, déconcertante, vivante, et animée, Fès étourdit et subjugue le promeneur.

La visite débutera par le palais royal, place des Alouites, qui oppose aux regards un magnifique portail en bronze martelé de style hispano-moresque, mais qui ne se visite pas. Quel contraste ! Encore une fois.

 

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Nous grimperons ensuite, en taxi bien sûr, à Borj sud, de cette forteresse dressée sur la colline un beau panorama se dégage sur la grande médina. Derrière ses hautes murailles la médina absorbe notre regard : des milliers de petites taches blanches des antennes paraboliques se dessinent sur les maisons de couleur ocre, de nombreux minarets blancs et verts émergent de ce dédale.

 

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suite-0436--2-.JPGEn contrebas, à l’est, d’épaisses fumées noires planent…. C’est le quartier des potiers. Les poteries sont très belles, solides mais chères, décorées d’un bleu intense à partir du cobalt, le célèbre bleu de Fès. On pourra observer toutes les étapes de la fabrication, dans des conditions difficiles. La taille, au marteau de minuscules morceaux de formes et couleurs diverses, puis l’assemblage minutieux à l’envers demande une dextérité à toute épreuve et une patience inouï pour la composition. Bien entendu à la sortie passage obligé par le magasin…. Pas de problème.

 

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Nous traverserons l’oued qui a été dompté, il court sous terre par endroit et déambulerons dans de minuscules petites rues parfois couvertes, sombres et si étroites que l’on peut difficilement s’y croiser. Cette médina est le cœur de Fès, un vrai labyrinthe où se presse un foule colorée de femmes, enfants vieillards où travailleurs avec leurs ânes ou leurs carrioles qui scandent « balek, balek » pour obtenir la priorité. Vaut mieux leur laisser le passage…. ici ils ne font pas de la figuration, ils sont les seuls livreurs dans ce dédale indescriptible où rien d’autre ne peut accéder.

Dès les premiers pas un tourbillon d’odeurs nous met l’eau à la bouche, nous traversons le « rayon traiteur », une quantité de bonnes choses sont exposées ainsi que des fruits et des légumes.

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Suivez nous dans la Médina en image

 

                                    Artisans au travail

 

 

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           Notre guide nous conduira dans un splendide restaurant « le Palais des Mérinides», le décor y est somptueux, la cuisine y sera excellente, le prix est en conséquence, mais c’est un super restaurant. La présentation est soigné, les entrées seront à la demande,  la pastilla sera délicieuse ainsi que les desserts. Depuis la terrasse sur le toit nous pourrons avoir une vue agréable sur toute la médina.

 

 

On arpente les ruelles toujours étroites et souvent en déclivité, dans une atmosphère bruyante où couleurs et odeurs se disputent la primeur. Ce musée à ciel ouvert est classé au patrimoine de l’Unesco, d’où des travaux d’amélioration et de sauvegarde. Certains palais sont transformés en restaurants, c’est le cas de celui où nous irons manger à midi. Au hasard d’une rue visiterons la médersa Chérratine, vaste édifice  fort bien décoré (stuc, balcons en cèdre), qui abritait plus de cent étudiants.    

La mosquée Karraouyine fût longtemps la plus grande mosquée d’Afrique du nord, fondée par Fatima El Fihria en 859. Dès sa construction elle devient le cœur de la ville, beaucoup de commerçants et d’artisans y sont regroupés par corporation. Elle n’est pas accessible aux non musulmans, nous l’apercevrons depuis le pas de la porte. Ses quatorze suite 0460 (2)portes s’ouvrent le vendredi, jour de prières. Tout près la place Néjjarine avec sa célèbre fontaine ornée de zelliges.

L’accès au tombeau de Moulay Idriss nous sera aussi interdit, pour la même raison que la mosquée. 

Le quartier des tanneurs : le parfum qui flotte dans l’air n’est pas des plus agréable, bien que nous ayons pris de la hauteur, mais notre DSCN9685.JPGbrin de menthe sous le nez l’estompe un peu. C’est vraiment un spectacle hallucinant de voir ces hommes au travail. Ces hommes, mal protégés, travaillent selon des techniques ancestrales, brassant et piétinant les peaux gluantes dans les fosses et répétant toujours les mêmes gestes. Nous nous trouvons face à une palette de couleurs éclatantes et naturelles : le jaune du safran, le bleu de l’indigo, le rouge du coquelicot et le marron du bois de cèdre. Le Maître des lieux nous donnera quelques explications et nous conduira ensuite vers la boutique, passage obligé….le choix des vêtements est important Lucien se laissera tenter par un blouson.

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 00:32

            31 mars

 

            Il est 8 heures « Toc toc…. » Omar devait surveiller l’ouverture des rideaux…  il nous amène 8 crêpes chaudes. C’est vraiment très gentil et nous apprécions.

                Nous allons saluer Claudie et son équipe et les remercier pour leur amabilité, nous leur laisserons encore du fromage, car ici ils en sont un peu privés.

 

DSC00134.JPG            Myriam et Patrick, nous quittent, Myriam ne peut retenir ses larmes, elle si heureuse d’avoir pu retrouver ses parents. Ils vont continuer leur périple vers les casbahs de Aît Ben Haddou et de Télouet , franchir le tizi N’Tichka, pour arriver à Marrakech (arnakech) où ils vont y passer quelques jours avant de reprendre l’avion. Et oui il y en a qui sont jeunes et travaillent !!!! Nous les chibanis nous pouvons continuer nos visites au gré de nos envies, sans se presser.

            Arrivé à Ouarzazate sommes accueillis par une grande route neuve bordée de très nombreux lampadaires.

            Au pied des reliefs grandioses du haut Atlas, au croisement d’éblouissantes vallées, la ville est, comme Agadir, synonyme de tourisme de masse. Entre contrées montagnardes et sahariennes la ville doit aussi son existence à l’industrie du cinéma. Aux confins du grand sud c’est une ville étape, récente, en plein essor, sortie des entrailles de la terre qui mène aux espaces infinis entre dunes, hamadas et oasis. Difficile de se perdre dans Ouarzazate : une grande rue principale, sinueuse, excessivement large et très longue.

            Prendrons le temps de flâner dans les souks, achetant épices, chaussures, ceintures, menthe. Nous pouvons regarder, discuter, marchander sans le moindre souci.

            Confortablement installés à la terrasse d’un salon de thé, à l’ombre des palmiers DSCN9468.JPG nous siroterons un verre offert par Eliane et Michel. Mais surtout nous ne manquerons pas d’aller acheter d’excellents petits gâteaux marocains.

            Peu de kilomètres après stationnerons au bord du lac artificiel du barrage El Mansour Eddahbi, bien en eau cette année, pour le repas de midi. Le cadre est très agréable, les eaux bleues où se mirent presque photos-0008.JPGles sommets enneigés de l’Atlas. C’est l’eau du Dadès et du Todra réunies qui assurent ensuite l’irrigation de la vallée du Draa.

            Très vite dans un paysage lunaire apparait un ensemble de casbahs neuves jouxtant le golf royal. Ce paysage toujours autant désertique se pare de rochers rouges et roses.

            Installation au camping Amerhidil, près de la casbah du même nom, camping très rustique mais qui nous permettra de laver notre linge et de le sécher rapidement, vue la température 31°. Après midi cool, chacun vaque à ses occupations ou ses loisirs.

          DSC_0036.JPG  Ce  n’est que vers 17h ici, 19h en France que nous irons seulement à quatre dégourdir un peu nos jambes. Franchirons l’oued Hajad à sec et admirerons la belle casbah d’Amerhidil encore habitée par ses propriétaires. Belle casbah du XVII siècle, aux dimensions surprenantes, en partie rénovée, servant de chambres d’hôtes. La seule beauté de ses façades mérite bien le détour.         

                  Poursuivrons notre ballade parmi les palmiers, les oliviers et les champs de céréales ou de fèves, écoutant le bruissement des feuilles où les cri cri des grillons qui chantent en cette fin d’après midi. Atteindrons la casbah Ben Moro, en bordure de route, elle aussi restaurée et servant d’hôtel.               

           Nos avons occulté ce soir plus belle la vie pour cette agréable promenade nous faisant découvrir des coins magnifiques. Au retour toasts et apéro offert par Barbel et Jack, la température est si clémente que nous avons pu apprécier tout cela dehors au clair de lune.

           

            1er avril

 

            Après une nuit calme et réparatrice nous prenons le temps, rien ne presse nous n’avons pas beaucoup de kilomètre à faire…. Nous devons aller au camping du soleil.

P1050853.JPG            Ce matin nous avons un nouvel artisan, sa devise : travail soigné à prix modéré. C’est Lu et Cie, échelle sous le bras qui nettoie les panneaux solaires et les lanterneaux.

 

         Dommage il manquent nos amis Barbel et Jack

 

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           Visite de la casbah Amerhidil : On franchit la porte et l’on rentre dans un petit patio planté de figuiers, de grenadiers, de palmiers dattiers et divisé en quatre petits jardins, un pour chaque épouse, comme pour une invitation à la pause avant de monter dans les étages par l’ascenseur berbère : escalier aux marches très inégales !!! Visiterons quelques pièces, les cuisines, la mosquée avant de monter sur la terrasse d’où la vue s’étend sur la palmeraie et l’Atlas.DSC_0032.JPG

            Café et thé traditionnel avant d’aller payer le camping. Qui paye ? Comme d’habitude les trois « nanas ». Voilà le patron déstabilisé nous demandant pourquoi se sont les femmes qui payent. C’est sans doute très surprenant pour le Maroc mais personne à ce jour ne nous a fait une réflexion.

            Nous traversons un immense plateau où la terre prend des couleurs rouges, parsemée par endroit de petites taches vertes, quelques vergers plantés là sans doute parce qu’il y a un peu d’eau avec une habitation qui se confond avec la terre.

            Au village d’El Kalaa M’Gouna nous retrouvons Josiane et Claude avec leurs amis, photos-0047.JPGsommes ravis de les rencontrer, ils arrivent de Mhamid. Cet arrêt sera l’occasion d’acheter une bouteille de gaz. Nouvelle réflexion du marchand au sujet des femmes qui payent….

            Nous traversons la ville, ratons l’embranchement de Tourbist et décidons de nous arrêter manger sur un terre plein devant l’école et une caserne car il est déjà 12h30.

            Nous reprenons la route en sens inverse pour retrouver notre embranchement pour la vallée des roses. Notre route prend d’assaut la colline et se faufile entre deux casbahs délabrées avec à leurs pieds l’oued M’goun boueux et son cordon de verdure. Les DSC_0071.JPGpaysages très divers, des roches colorées de carmin ou de magenta en passant par le rouge et le violet, un paysage à couper le souffle tant les couleurs sont belles. Par endroit les gorges serrées laissent juste passer l’oued, de grandes falaises semblables aux doigts de singes de la vallée du Dadés où à une cathédrale. La couleur rose domine c’est vraiment magnifique et pour l’instant pas de roses. La rosa damaskina , petite mais odorante est cultivée dans la région en haies épaisses. Il y a d’ailleurs deux distilleries et l’essence retirée est directement envoyée aux parfumeurs français. Cependant de nombreuses boutiques sur place se sont spécialisées dans les dérivés.

            Notre trajet est ponctué par de nombreux arrêts photos, les paysages sont si fantastiques et si spectaculaires que l’on a envie de les immortaliser. Cela nous permettra DSC_0076.JPGde discuter avec des jeunes femmes que j’avais photographiées par surprise et de les faire rire. Mais sans doute heureusement que nous ne comprenons pas leur langage…

            Barbel et Brigitte ont « craqué » pour deux toutes petites filles adorables qui n'ont rien demandé, dont l’une transportait un chevreau sur le dos et ont donné bonbons et peluches.

            Après quelques centaines de mètres de route difficile  Bou-Thrarar avec son architecture  berbère traditionnelle apparait. Surplombant l’oued M’Goun et sa  frange de verdure, les maisons du village se confondent avec les falaises environnantes. Les habitants vivent des ressources de leurs récoltes de pêches, amandes et noix. En berbère le village se nomme « Tamaloute » petite ombre  car une partie du village est ombragée le matin.

            Nous retrouverons Elboussine le patron de la casbah Tamaloute, un monsieur qui DSC_0102.JPGparle très bien le français rencontré un peu plus bas dans la vallée. Bien installés sur la terrasse nous boirons un thé à la menthe gentiment offert accompagné d’amandes de son verger. Comme il parle beaucoup il nous racontera sa venue en France, sa surprise lors d’une manifestation contre Sarco à Toulouse, nous expliquant qu’ici personne n’oserait critiquer le roi, de son étonnement sur les prix d’une robe courte, d’un café à Paris…. C’était sa première venue en France le choc a dû être terrible.DSC_0097.JPG

            Il nous fera visiter son établissement, très bien fait, très propre, avec des belles chambres douillettes, de grandes terrasses d’où la vue est splendide, et nous expliquera comment il en est arrivé là. C’est une affaire familiale avec frère, sœur, leurs conjoints et enfants, soit quinze personnes au total. Il doit susciter la convoitise et la jalousie dans les environs.

 

Si vous avez envie de passer quelques jours tranquilles ou envie de randonner dans le coin, vers le Mgoun, nous ne pouvons que recommander cet établissement où l'accueil et l'hospitalité ne sont pas de vains mots, comme dans la majorité des endroits au Maroc.

 

            Nous nous installerons au bord de l’oued, pas de risque pour cette nuit… le temps est au beau fixe. Elhoussine voudrait bien nous faire descendre dans l’oued, impossible pour nos camping-cars. Devinez ce qu’il voulait faire ? Refaire le chemin avec un bulldozer car il est le chef du village !!!

            Nous devions aller plus loin, dans la vallée de Todra, faire des courses à Tinérhir et bien tant pis restons ici, nous sommes très bien. C’est aussi cela le camping-car,  l’imprévu  et la possibilité de stationner là où l’on a envie, bien entendu sans gêner personne.

            Les enfants tournent sans cesse autour de nos petits cubes, tentant de voir nos intérieurs ou de récupérer quelque chose, y compris nos sacs plastiques qui se trouvent dans les vides poches de nos portes. Pas agressifs mais un peu agaçants….

            Ce soir, à l’inverse de l’an dernier, nos avons loué la salle de Brigitte et Lucien, impossible de boire l’apéro dehors, il y beaucoup trop yeux étonnés et curieux, pas question d’y renoncer pour autant, c’est ma fête. Et non ce n’est pas un poisson d’avril !!!!

            Les héraultais et Paul (trop curieux) ont rencontré des trekkeuses de Montpellier et l’accompagnateur local d’Allibert qui ne semble pas partager la façon de faire du patron de Tamaloute, sans doute un brin de jalousie…. Peu importe nous ne changeons pas d'avis pour autant.

            Avec nos camping-cars nous sommes un peu l’attraction du village, tout le monde sait que nous passons la nuit près de l’oued.

 

            02 avril

 

            Le nuit a été très calme, juste un petit ronronnement de l’eau et l’appel à la prière ce matin, que certains ont entendu.

            photos-0121.JPGDe nombreux trekkeurs passent avec accompagnateurs, mais aussi leurs muletiers transportant ainsi tout le nécessaire à une bonne organisation.

            Passerons dire au revoir à Elhoussine mais il n’était plus là, nous comprenons maintenant pourquoi il voulait que nous passions de bonne heure ce matin.DSC_0130.JPG

            La luminosité est excellente rendant naturellement certains endroits encore plus beaux que la veille. Tout en bas serpente le ruban boueux de l’oued le long des falaises DSC_0129.JPGplus

 

 

 

 

 

 

 

 

ou moins abruptes sur lesquelles apparaissent clairement des différentes couches géologiques de toutes les couleurs. Sur les rives poussent quelques peupliers blancs dont le feuillage argenté s’agite au moindre souffle.

            Rencontre inattendue avec nos amis les dromadaires, ces vaisseaux du désert que l’on dit pas beaux, à la démarche disgracieuse, à l’air dédaigneux et doté d’un fichu caractère, paissent tranquillement, certain nous regardent et semblent nous dire dirhams, dirhams….

           DSC_0136.JPG Les montagnes de l’atlas sont encore couronnées de neige étincelante.

            Après trente kilomètres de paysages fabuleux nous atteignons El Kelaa M’Gouna qui n’est qu’une suite de bâtiments et de maisons roses Marrakech, qui s’étalent jusqu’à Boulmane de Dadès. Point de souvenir ancré dans ma mémoire, est-ce un passage effacé où un changement notoire depuis notre dernier passage.

           

    Nous rencontrerons toujours des femmes revenant des champs et lourdement chargées, cela ne changent pas.

            Un arrêt à Tinerhrir nous permettra de faire quelques courses, pas de petit vendeur de salade avec son panier et sa bicyclette comme les années précédentes. Dommage il avait de beaux légumes. Nous devrons chercher car ici les légumes n’étaient pas très frais.

            Il est tard nous irons directement nous installer au camping du soleil. Mais en passant sur la plateforme nous pourrons admirer furtivement l’immense tapis verdoyant P1050900.JPGde la palmeraie dans un paysage dénudé de roches rouges et de vieilles casbahs délabrées. L’oasis déploie sous ses palmiers, de nombreux petits jardins, de minuscules champs cultivés et quelques vergers.                

             C’est l’heure du repas nous pouvons manger confortablement installés dehors car les places sont grand confort.

            Après midi cool chacun fait ce qu’il lui plait.

 

      Entrée du camping du soleil   

 

 

             03 avril

 

            Même à 1350m d’altitude nous pouvons prendre notre petit déjeuner dehors, un plaisir simple mais très agréable.

           DSC_0148.JPG Une balade fort sympathique dans la palmeraie;  nous allons faire un tour au camping de l’Atlas où Barbel et Jack ont séjourné lors d’un précédent voyage. Nous y retrouverons, les Bretons , rencontrés à Skoura, qui tractent une voiture.DSC_0173.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Traverserons l’oued sur un pont de fortune, un tronc de palmier. Deux Marocains qui voudraient nous accompagner sont là, insistant, nous suivant, tentant de nous guider et de nous donner quelques explications. Mais n’avons nullement envie de leur présence et ne prenons pas la direction qu’ils voudraient et ne pretons guère attention à leurs propos. Ils comprennent enfin !!! mais cela tourne aux discussions pas très agréables. Ils sont souvent collants et cela nous déplait fortement, c’est aussi cela le Maroc.

                                                             photos-0149.JPGCette belle palmeraie vert sombre est toute grouillante et bruissante : là des petits piaillements et des couic couic d’oiseaux invisibles, là des hommes avec des pioches qui retournent la terre ou qui ouvrent et ferment les canaux d’irrigations, des femmes serpettes en main qui ramassent de l’herbe ou encore les pas d’un âne lourdement chargé transportant du bois. Perchés sur les sommets des arbres les hommes, machettes à la main, coupent les palmes qui tombent bruyamment.  Une vie insoupçonnée que l’on ne voit que lorsque l’on se promène à l’ombre des palmiers ou des oliviers à travers ces petits jardinets et ces petits champs verdoyant et cultivés. photos-0178.JPG

          

  Furtivement en arrière plan, à travers les feuillages vert sombre ou argentés une vieille  casbah ocre et délabrée apparait, s’intégrant parfaitement à la falaise.  Les murets en pisé séparant les jardins, les pêchers aux belles fleurs roses, les cultures vert clair, les palmiers et oliviers prennent encore plus de relief et d’éclat en cette fin de matinée.

           

                                                                  C’est aussi l’heure de la lessive, les lavandières sont à pied d’œuvre au bord de DSCcop_0179.JPGl’oued avec des piles de linge. A genoux, dans l’eau ou encore penchées sur leur cuvier gris elles lavent inlassablement, nous jetant des regards inquiets. Un autre temps, une autre époque, un autre siècle…..Quelques silhouettes fugitives et effarouchées tentent de nous éviter d’autres au contraire nous saluent amicalement.

           

 

Les enfants pêchent avec un roseau qu’ils coupent au bord de l’oued, ici pas de canne à pêche sophistiquée en carbone….

            Retour par la rive droit de l’oued.

            Il est l’heure du repas, nous mangeons donc toujours dehors à l’ombre, chacun son DSC_0189.JPGtajine, soit végétarienne soit  agneau aux légumes quant à nous agneau aux pruneaux et amandes grillées. Un vrai régal.

            L’après midi sera relaxante pour tout le monde. Installée à l’intérieur du restaurant, en wifi, je mettrais ce blog à jour.

 

 

      

 

 

 

   

              04 avril

 

            Toujours notre petit déjeuner dehors même si le soleil est absent la température est très douce.

            Une légère brume vaporeuse enveloppe le paysage environnant. Premier arrêt sur la plateforme pour admirer la belle palmeraie qui s’étend à nos pieds sur un fond de casbahs et de collines ocre.

 photos 0191    

           Le deuxième arrêt sera pour nos courses à Tinerhir, d’abord au super marché et puis au souk où les légumes seront bien plus beaux que lors de notre dernier passage. La boulangerie manquera de baguettes mais en revanche y trouverons de bons petits gâteaux. J’achèterai un poulet rôti croyant le porter je le trouve froid, j’étais prête à râler quand Michel me confirme que c’était lui qui le transportait. Voilà une occasion supplémentaire de rigoler…. Au Maroc on est un peu déboussolé…

              La vue d’une femme assise à même le sol et buvant dans une plaque d’eau boueuse a bouleversé Barbel à tel point qu’elle a oublié ses légumes. Fort heureusement n’avons pas assisté à cette scène pénible.

 

            Troisième arrêt à seulement quelques centaines de mètres pour la pause café. Des gamins tournent autour, ils ne sont que trois et bavardent gentiment nous leur  donnerons un gâteau car leurs yeux en disent long….

            Notre route court dans une hamada noire désertique et sauvage, pas une âme à la ronde, pas une habitation à l’horizon. Le djebel Tisdafine étire sa chaine à notre gauche tandis qu’à droite le Djebel Ougnat profile ses pics grisâtres.

            Là planté au milieu de nulle part, de chaque côté de la route trône un porte rose indiquant sans doute le changement de province. Une nouvelle rencontre avec les dromadaires qui changent sans doute de pâture.

            L’heure tourne, avons fait peu de kilomètres mais il va être midi. Nous nous installons sur le grand parking des sources Lalla Mimouna que presque tout le monde visitera. Zaïd Abbou, calligraphe,  un personnage haut en couleur, très courtois, viendra nous souhaiter la bienvenue, nous offrant la possibilité de rester là même pour la nuit.   DSC00006.JPGC’est un musée consacré au Maroc traditionnel et à l’eau. Zaïd a investi dans la réhabilitation des ces sources séculaires laissées à l’abandon. Autour de ces sources d’une eau claire au pétillement délicat s’organise un village. Chacune d’elle expose une partie du patrimoine culturel marocain : costumes, artisanat, cuisine, agriculture et vie culturelle. Je ne revisiterai pas ce lieu qui m’avait beaucoup intéressé, il y a deux dans lors de notre passage, mais ce n’est DSC00002.JPGpas Saïd qui commentera la visite.

 

 

            Peu après traverserons Tinejdad, une bourgade administrative dans la palmeraie du Ferkla. Prendrons ensuite la petite route pour nous rendre à Goulmina où un passage défoncé par l’oued, ne pose pas de problème, une 4L y était en panne au milieu de la côte. Nos hommes sont descendus pour apporter de l’aide, mais il attendait quelqu’un…..

            Cette route est agréable, sans plus, traverserons une belle palmeraie où se niche le village.

    DSC00051       

                                                                                                                             Arrivée à Goulmina au camping les tamaris chez Michèle, un camping quelconque

où le bloc vaisselle et lavage s’avère délicat vu le peu d’eau qui coule.

            Il a fait très chaud aujourd’hui le mercure est monté allègrement à 33°, dans une atmosphère lourde et irrespirable. A l’heure où j’écris ces lignes  il fait encore 24°. Nous pensons à vous toutes et vous tous, restés au pays et où le temps Pascal ne semble pas au beau fixe.

            J’allais oublier, avons eu de bonnes nouvelles de Myriam et de Patrick qui sont rentrés dans la froidure de leur Bourgogne. Nous leur envoyons du soleil, quelques degrés et leur disons que nous avons été très heureux de faire leur connaissance.

 

 

            05 avril

 

            Nous sommes bercés par les roucoulements des tourterelles alors que nous prenons notre petit déjeuner dehors.

            Chacun s’active, alors que nos petits jeunes n’ont pas encore donné signe de vie. Seraient-ils asphyxiés ? Non non voilà Brigitte qui sort cheveux en bataille….Panne d’oreiller semble t-il !!! Problème d’heure !!!  N’auraient-ils pas trop usé ou abusé de « vas-y, vas-y » !!!

            Traversons une partie de Goulmina, une grande ville dans la vallée du Ghéris, une oasis regroupant de nombreux ksour. Nous allons donc visiter le vieux ksar de Goulmina. DSC_0198.JPGCes ksour possèdent un mur d’enceinte percé de portes et défendu par des tours d’une hauteur imposante.

            C’est par une porte semblable que Saïd, un guide officieux, comme il dit, nous fera pénétrer dans le ksar, un ksar du XV siècle, d’une belle unité architectural mais rénové où vivent encore de nombreuses familles. Nous trainerons dans ce labyrinthe à travers des ruelles couvertes, dans un dédale d’impasses et de rues plus ou moins sombres. Une vraie ville souterraine à l’abri de la lumière qui permet de garder une certaine fraicheur.

 RSCN9492.JPG           Les femmes s’activent et vont surtout chercher l’eau, avec de nombreux bidons plastiques soit chargés sur des brouettes soit sur des ânes soit sur leur dos,  l’eau distribuée par endroit par un robinet, les autres puisent à même le petit canal.  Elles acceptent parfois de l'aide avec un sourire radieux, photo ci-contre....

            Nous rentrerons dans une boutique d’artiste, travail sur bois.DSC_0210.JPG

            Avant de pénétrer dans la palmeraie pourrons voir des « étables à ciel ouvert ». Les vaches sont dans des espèces  d’enclos désastreux en terre battue, au  milieu des DSC_0214.JPGmaisons.

 

 

Elles ne bougent pas de là et leur nourriture est apportée des champs. Surprenant,  mais ces pauvres vaches  sont vraiment maigres et décharnées.

           

 

   

photos-0216.JPG Nous flânerons donc dans une belle palmeraie fort bien cultivée qui s’étire jusqu’à l’oued Ghéris.

            Saïd nous conduira dans une maison berbère où gentiment l’on nous offrira le thé, pain et huile d’olive. Dés qu’elles sont à l’intérieur les femmes sont dévergondées et se laissent facilement photographier, mais pas d’internet précisent-elles.  L’on nous fera visiter la maison qui est sur plusieurs étages, propre mais très rustique et peu éclairée. De la terrasse pourrons avoir une vue d’ensemble du ksar et de la palmeraie. Les maisons DSC_0227.JPGsont vraiment imbriquées les unes dans les autres, beaucoup de terrasses et de paraboles ou d’antennes en forme de nœud papillon.

            Poursuivrons notre route vers le nord dans cette ville toute en longueur où il y a beaucoup d’agitation, artisans au boulot, va et vient d’enfants sortant de l’école, de nombreuses femmes dans leur haïks noirs bordés d’un liseré très coloré rentant des champs avec un lourd fardeau sur le dos.     

           CSC_0229.JPGLe ‘modernisme’ arrive : de plus en plus les ânes remplacent les femmes pour le transport de l’herbe.

          

  Au milieu de cette steppe désertique de maigres champs de céréales tentent de survivre dans cet univers austère, leurs frêles épis bien maigres ne produiront guère de grains. Cà et là un troupeau de chèvres et de moutons cherche une maigre pâture.

            L’atmosphère est lourde, ciel et terre se confondent dans une espèce de brume laiteuse et poussiéreuse.

            Au village de Tahemdount les hommes jouent à la pétanque, encore jamais vu au Maroc.

            Un long cordon vert suit l’oued  Ghéris puis disparait aussi vite. Le lit est envahit par des lauriers roses qui commencent à fleurir. Nous commençons de traverser des collines ocre où de nombreux rochers défient toutes les lois de l’équilibre.

            Notre route se contorsionne ensuite dans de grandes falaises, les gués se DSC_0235.JPGmultiplient nous obligeant à réduire notre allure. Les intempéries de ces dernières années les ont considérablement dégradés, nos petits cubes sont alors fortement chahutés.

            Une grande plateforme au milieu de l’oud asséché sera notre salle à manger, à ciel ouvert bien sûr. Deux jeunes gens viendrons nous demander de l’eau, c’est avec plaisir que nous leur donnerons une bouteille et de surcroit deux bananes. Nous avons fait notre BA.

            photos-0254.JPGJe ne connais pas le menu de nos amis, mais ils sont sans doute devant un bon repas. Quant à nous mangerons un repas bien marocain : tartiflette…. Pas mal dans ce lieu.

           

 

 

 Nous croiserons de nombreux fourgons lourdement chargés de marchandises mais DSC_0256.JPGtransportant aussi beaucoup de marocains parfois accrochés aux portes arrières où installées au milieu des sacs et des chèvres sur les impériales, nous obligeant ainsi à descendre sur le bas côté. Il devait y avoir un souk dans les environs.

          

 

 SDC10386 Arrivés à Rich nous nous installerons, comme le mois dernier, devant les forces auxiliaires. Il est encore bonne heure nous irons donc faire un tour au souk, acheter des fruits et légumes toujours à des prix intéressants, un kilo de fraises pour même pas un euro.

 

            06 avril

 

            Avant de prendre la route nous irons faire du change au CA, c’est un directeur âgé et édenté qui fera la transaction, toujours à peu près le même cours.

            Toujours cette brume envahissante qui estompe les reliefs à tel point que nous avons beaucoup de mal à les distinguer.

            Traversons une immensité semi désertique où des troupeaux de  moutons et chèvres cherchent une maigre nourriture, quelques dromadaires alignés semblent faire une méharée.

            Notre route s’élève petit à petit, surplombe l’oued, elle est très belle, chose assez rare au Maroc donc nos oreilles sont ravies….nos petits cubes ne font pas de bruit.

            Dès que nous prenons un peu plus d’altitude les pins font leur apparition, le paysage devient alpestre  et passons le col Tagalm à 1907m. Après ce passage en altitude de gros genévriers noueux, torturés pas les intempéries et éparpillés parsèment les montagnes. Une forte déclivité en lacets serrés demande à nos chauffeurs une attention de tous les instants ainsi que beaucoup de précautions pour ménager nos freins.

            A Midelt notre spécialiste pierres semi précieuses, Brigitte, sera ravie de faire un tour dans les boutiques. Discuterons avec le vendeur et d’après lui la route Midelt Imichil n’est pas asphaltée. Nous redemanderons à notre vendeur de pain qui dit la même chose ainsi qu’un chauffeur de taxi, dernière confirmation par un gendarme.

            A regret nous rebroussons chemin pour repasser par Rich, résultat cent cinquante kilomètres pour rien. Cela me contrarie beaucoup, mais que faire. N’avons pas le choix ou nous nous retournons ou nous occultons cette partie que j’aimerai bien refaire et faire connaitre à nos amis.

            Un petit arrêt technique, tout le monde descend et voilà Brigitte et Lucien dehors, camping-car fermé avec les clés à l’intérieur. Panique à bord !! Que faire ? Comment faire ? Toutes les solutions sont envisageables : testons toutes les clés, portières, soute, arrêtons un camping-car pour essayer les siennes, peine perdue. Nous ne sommes pas bons cambrioleurs. C’est pourtant avec un porte manteau en ferraille que Lucien avec beaucoup de dextérité, décrochera  l’ergot d’une vitre latérale. Ouf quel soulagement…. Mais maintenant il faut rentrer par un espace étroit. Qui peut donc y passer ? Eliane ou moi… et me voilà hissée, poussée par des mains et des bras que je ne connais pas dans « la faille » j’arrive enfin à déverrouiller la portière passager. C’est avec beaucoup de mal que je m’extirperai de cette position inconfortable.  Quel bonheur surtout pour Brigitte qui était très angoissée. En peu de temps tout est solutionné et continuons notre périple.

            Il fait chaud, une chaleur lourde et oppressante qui avoisine les 33° et nos climatisations sont donc fort utiles.

             Nous longeons, suivons, contournons, traversons  l’oued Ziz qui se traine en zigzagant dans son lit bordé de peupliers blancs au feuillage printanier, arrosant au passage de nombreux champs verdoyants. Les cultures et les arbres forment un superbe camaïeu de verts. Dès que l’on s’éloigne de ce ruban d’argent qui scintille au soleil,  le paysage devient semi désertique mais de belles fleurs jaunes égayent notre passage et ne verdit que lorsqu’il le côtoie.

            Un appel retentit au talkie Walkie, Brigitte et Lucien ont un problème mécanique… un témoin rouge allumé… de l’eau dans le gas-oil…. Une simple purge suffira à résoudre cet incident. Ce n’est pas le jour, il y a des jours ainsi où parfois on ferait mieux de ne rien faire…

            La vallée s’élargit, des pommiers plein vent fleurissent, des noyers arborent leurs jeunes feuilles d’un beau vert brun et les sommets environnants portent encore des traces de neige. Nous franchissons ensuite de grandes dalles qui surplombent notre route sur DSC00144notre droite tandis que de magnifiques plissements nous accompagnent à notre gauche. Cette dernière est parfois en mauvais état, les fortes pluies ont eu raison de la mince couche de goudron et il est difficile d’éviter tous les trous.

            Beaucoup d’enfants dans les villages, ils nous hèlent et tentent de nous arrêter, mais restons imperturbables, ne cédant jamais à leurs sollicitations sauf pour un service rendu. Ils s’agglutinent autour de nos camping-cars, aux passages délicats, comme des mouches sur du miel.

            En cette fin d’après midi les rues d’Imichil sont très aminées, des femmes, des enfants, des hommes qui vont qui viennent qui nous font un petit signe amical.

            Arrivés à l’auberge de Tislite, Malika, nous accueillera par de grandes embrassades, elle nous reconnait et me dit avoir reçu les photos envoyées il y a deux ans déjà.DSCN9502.JPG

           

 

 

          acceuil de Malika 

 

 

 

 

 

 

 

SDC10413Nous stationnerons près du lac, les grosses pluies de ce printemps ont considérablement augmenté le niveau de l’eau. Après de nombreuses hésitations et n’ayant pas envie de caler Lucien et Jack stationnerons devant l’auberge, sur un terrain en forte pente.

            Malika, avec sa gentillesse habituelle, nous offrira  un succulent thé à la menthe accompagné d’excellents petits gâteaux et de cacahouètes.

 

            07 avril         

 

            Imichil, un village de montagne à 2160m d’altitude, dans un cadre austère et au climat rude a été surnommé par les français « le petit Tibet ».

            Chaque année fin août ou début septembre a lieu le moussem des fiancés, l’occasion de sacraliser leur union et de faire la fête. Les lacs sur le plateau avoisinant ont inspiré une légende bien romantique, en quelque sorte Roméo et Juliette marocains. Deux amoureux de tribus différentes dont les parents s’opposèrent à leur union pleurèrent amèrement tant et si bien que de leurs larmes naquirent deux lacs : le lac Tislit, lac de la fiancé et Isli, lac du fiancé. Une petite précision donnée par Guy, notre aimable organisateur du voyage en Mauritanie de l'an dernier. Il faut se baigner dans les deux lacs ou dans aucun sous peine de voir son couple chavirer. Ouf !!!! Nous l'avons échappé belle. Aucun des quatre couples ne s'est baigné. Merci Allah.

            Ce matin rando pour tout le monde après notre rendez-vous café, rando pour le lac Isli situé environ à 9 kilomètres. Nous partons tranquillement après les conseils de Malika : se protéger du soleil (Paul écoutera et mettra son chèche) et ne pas boire chez les nomades (personnes malades).

            Les montagnes environnantes fortement plissées se reflètent dans les eaux du  lac Tislit ternissant un peu sa couleur. Cependant le cadre est très beau et très agréable. Le niveau ayant considérablement monté la piste est sous l’eau.

  lac-copie-1

           

             C’est dans ce cadre austère que nous poursuivons notre balade. De nombreux bergers et leurs troupeaux de chèvres ou de moutons hantent  ces étendues désolées arides où souffle le vent.

            Malgré une altitude avoisinant les 2300m le soleil nous darde de ses chauds rayons et brunit ou rougit notre peau.

            Passons devant de nombreux bergers et bergères ainsi que quelques maisons isolées. Que la vie doit être rude sur ce haut plateau, surtout qu'ils y vivent en autarcie complète, quand les rigueurs de l’hiver se font sentir !!! Difficile à imaginer cette vie sans eau, sans électricité, sans contacts,  perdus dans cette campagne inhospitalière, pour nous européens.

            Les enfants courent à notre rencontre, nous sommes sans doute « leur distraction », nous bouleversons un peu leur quotidien monotone. Ils nous font des petits photos-0271.JPGsignes amicaux, parfois sans ne rien dire, parlent-ils notre langue ? D’autres plus hardis, un cabri sur le dos, viennent pour quelques dirhams, se faire photographier.

            Un nomade viendra nous proposer le thé, suivant les conseils prodigués, nous déclinerons son invitation amicalement.

         

 

 

 

           Enfin après deux heures trente de marche difficile parviendrons dans ce lieu magique aux couleurs étranges où se niche le lac d’Isli. Un lac rond couleur émeraude dans un cadre de montagnes sauvages et plissées dont les couleurs varient du rouge au violet en passant par le rose. Les « ta mal ou » sont un peu fatigués et ont les leurs estomacs dans les talons….Pause appréciée.

 

lac iseli1

           

           Saucisson et fromage bienvenus….Un chien de berger vient à notre rencontre, il dédaigne la peau de saucisson laissée sur place… un vrai chien musulman… Profitons de cet arrêt pour nous reposer, un vent frais vient nous chatouiller les narines, il nous accompagnera sur le chemin du retour.

  photos-0282.JPG

      

   

 

         

                Les "Ta mal où "  au repos

  

  

 

 

 DSC00184 photos 0283

 

 

 

 

            photos 0281 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

   Le soir le lac a une belle couleur émeraude. Chacun ses petits bobos, mal de hanche, de genoux, de pieds. Même trajet, même temps de marche. La douche sera plus que nécessaire, nous sommes couvert de poussière, Eliane et Michel la prendrons à l’auberge.

           DSCN9505.JPG Ce soir, rien à préparer, nos mettons les pieds sous la table avons commandé un couscous à Malika, couscous poulet et agneau. Il sera excellent.

            Avant d’aller nous coucher discuterons avec Malika, elle se relève d’une opération, il y a un mois seulement, opération dans une clinique de Marrakech. Elle semble inquiète pour le couscous et insiste pour savoir si nous avons été satisfaits. Il y avait beaucoup de monde et elle a du faire vite. Nous l’avons rassuré il était très bon.

          

  En novembre dernier le roi est passé, les généraux étaient à l’auberge, le roi a fait du bateau sur le lac, sur un petit nous dit-elle. C’est ainsi qu’ils ont refait les peintures et les tableaux en son honneur. Le roi est très vénéré au Maroc et peu de gens se permettraient de le critiquer ouvertement (pas comme chez nous).

            Quelques coups de tonnerre retentissent, quelques gouttes tintent sur notre toit puis le calme revient et les camping-cars se colorent en marron.... 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 23:46

                 24 mars

                Au revoir Tiznit, nous reviendrons !!!

            Nous sortons de la ville par une grande rue, quatre voies bordée d’orangers taillés en forme de cube, des employés s’activent pour biner leur pied et arracher les mauvaises herbes. Des lauriers roses fleurissent sur les bas côtés.

            Notre route, une grande ligne droite, traverse une immense plaine très fleurie, des fleurs jaunes, blanches, oranges, on croirait voir un tapis berbère posé là pour nous accueillir. Puis quelques maigres champs de céréales éparses poussent tant bien que mal avec çà et là un palmier solitaire.

            Des eucalyptus se profilent, tête légèrement courbés vers nous, comme pour nous faire une révérence, mais en réalité le vent océanique les a courbés, comme une vieille dame sous le poids de lourds fardeaux. Parfois des liserons rose vif se mêlent au vert tendre des herbes qui s’agitent sous la brise légère.

            Nous traversons ensuite des grands champs cultivés où les graminées sont très denses et avec de beaux épis bien fournis.

            Le soleil boude, se cachant dans la grisaille, mais il fait tout de même 24.

            Nous roulons sur la nationale 1, la circulation s’intensifie car nous sommes ne direction d’Agadir. A Had Belfa nous bifurquerons en direction de Sidi Ouaïssai, passons par Massa, une grande ville toute en longueur aux couleurs rose Marrakech.  Des artisans s’activent dans leurs échoppes, d’autres bavardent devant les magasins, beaucoup de gens dans les rues, hommes, femmes, écoliers, à pied, à vélo, à mobylette ou en voiture.

            Nous longeons l’oued Massa, cette réserve naturelle plantée de roseaux, où beaucoup d’oiseaux migrateurs font une halte. Nous le traverserons pour nous rendre à notre camping. Quelques aigrettes blanches pataugent dans les marécages à la recherche de leur pitance. L’oued Massa se jette là dans l’océan, son embouchure a inspiré de nombreuses légendes : c’est là qu’une baleine aurait recraché Jonas, prophète de la bible. C’est là qu’est attendu le mahdi, le sauveur du monde envoyé par Allah. Tout cela n’impressionne pas les oiseaux qui viennent y nicher….

           DSC00030.JPG Le camping est très bien placé, pied dans l’eau, en terrasse avec vue sur l’océan qui roule quelques douces vagues, avec pas mal de camping-caristes.

On nous propose des rideaux extérieurs pour le pare brise. Ils ne vont pas, ils doivent venir le lendemain avec le bon modèle. Ok Marché conclus. Jack et Barbel ont le leur.
            Le soleil nous accompagne maintenant pour le repas de midi que nous prenons dehors avec l’océan en toile de fond. Ses doux rayons caresseront notre peau, c’est la séance bronzette.

            DSC00029.JPGCheveux au vent, narines remplies d’effluves marines nous ferons une longue promenade le long de la côte, côte rocheuse battue par de petites vagues où seuls pêcheurs DSC00024.JPG






 

 

 

 

 

  se hasardent.

            Un chauffeur de 4X4 tente de nous amener plus loin dans notre balade, puis de nous ramener et enfin le retrouvons au bord inférieur du camping. Certains sentent les bonnes odeurs de gâteaux, moi je flaire plutôt une proposition. Cela ne rate pas il nous propose de nous préparer à manger.

            Nous décidons donc d’y aller demain midi, c’est une jeune hollandaise qui semble avoir les rênes qui prend notre commande.

 

            25 mars

 

            Ce matin nous avons du pain frais au petit déjeuner (ce n’est pas la première fois), et devinez grâce à qui ? A notre ami Jack, qui levé de bonne heure, est allé le chercher à la réception. Merci Jack.
                     Personne ne vient nous ramener les rideaux, heureusement n'avions pas donné d'acompte.

            DSCN9398.JPGA pas rapides nous foulons le sable humide qui crisse sous nos pieds. De petites vagues écumantes se brisent doucement sur la côte. Nous suivons nos traces, parait il on dirait des roues de tracteur !!!! Elles s’effacent lentement mais sûrement. De nombreux oiseaux se prélassent sur le sable humide, de tout petits très agiles s’enfuyant à toute vitesse dès que nous approchons, de majestueuses  mouettes qui de temps en temps sèchent leurs ailes au soleil ou qui font quelques pas , de petits vols sans se préoccuper de notre présence et des oiseaux noirs. Serait-ce des Ibis chauves ?

            Le clapotis des vagues nous apaise, nous nous sentons bien, libres de toutes contraintes entre océan et minuscules dunes de Sidi Rbat.

            L’oued Massa se jette dans l’océan, là sous nos yeux, nous contemplons ce paysage idyllique et perdons un peu la notion du temps.

            Pourtant nos estomacs ne manquent pas de nous faire remarquer que l’heure tourne, nous accélérons notre cadence car nous avons réservé au restaurant du  camping.

            Lucien et Brigitte nous y attendent déjà, à peine assis, nous sommes déjà servis : poisson, brochettes, calamars et tajines à l’agneau, cette dernière ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

            Comme tous les après midi la brise se lève et rafraichit considérablement l’atmosphère c’est donc au soleil, derrière les camping-cars que nous apprécierons le mieux nos relax. Voilà l’heure du repos, de la lecture et de la bronzette.

            Vers 17h nous irons « en ville »… quelle ville ? Ce n’est qu’un bled perdu entre océan et oued où seules quelques maisons roses entourent une belle mosquée. Que diable nous allons marcher dans la campagne au milieu des fleurs et des chardons surplombant enfin l’oued Massa.

 

            26 mars

 

            C’est le départ en direction d’Agadir (sans nos rideaux), nous reprenons la même petite route jusqu’à la nationale où nous retrouvons une circulation intense : son flot de camions avec de lourds chargements emmitouflés dans des filets ou des bâches, des voitures, de DSC_9855.JPGmobylettes, des vélos et parfois des ânes trainant des charrettes remplies d’herbe fraiche, alimentation favorite des vaches qui restent à l’étable.

            Des paysages verdoyants d’où émergent des maisons roses, toujours des fleurs sur les bas côtés, puis des serres et de beaux arganiers arborant des grosses noix vert clair. Traversons de nombreux villages animés où les artisans s’affairent, partout des gens qui marchent pour aller on ne sait où, partout des gens qui attendent on ne sait qui, on ne sait quoi, partout des gamins qui font souvent un signe amical, partout des vendeurs et de l’agitation.

            Arrivés sur Agadir petit détour à l’aéroport pour voir si éventuellement nous pourrions y stationner demain soir pour accueillir Eliane et Michel.

             Nous mangeons sur le parking de Marjane et puis allons faire nos courses. Au retour surprise.... nos vendeurs de rideaux sont là, il est fait correctement donc nous payons et nous voilà servis. Surprenant !!! Ah ces Marocains !! ils nous étonneront toujours.
            Agadir !!!  « Y a rien à dir !!! »

 

DSC_9852.JPGAgadir est une grande ville moderne, très européanisée, rien de spécial à voir,  une baie superbe, sept kilomètres de sable fin, protégée des vents du nord, de grands hôtels, mais la ville du renouveau et de la joie de vivre, jouissant d’un climat éternellement tempéré fort appréciée par les vacanciers mais aussi les camping-caristes, c’est le prélude de toutes nos découvertes, de la visite de l’arrière pays au

charme et à l’aventure du grand sud. Elle a été reconstruite suite à un tremblement de terre de 1960 qui semblait l’avoir frappée à mort et est devenue une des principales cités touristiques en plein essor. Son port de pêche est très actif, l’un des plus

importants du Maroc.DSC_9857.JPG

 

       

   Nous irons chez un coiffeur avenue Mohamed V, un coiffeur comme chez nous, seule Brigitte après beaucoup d’hésitations de viendra pas. Ils iront donc au camping Atlantica d’Imourane avec Paul, alors que Jack, très patient, nous attendra après avoir fait sa coupe.

            Le camping est sans doute un peu cher pour le Maroc, mais il est bien situé, les places sont grandes et biens marquées, il est très bien équipé et sensiblement aux normes européennes. Il est vrai qu’il y en a peu ainsi dans le pays. Vu le peu de fréquentation actuelle nous sommes assurés d’avoir calme et tranquillité.

            Demain nous aurons le plaisir de faire la connaissance de Myriam et de Patrick qui viennent passer une semaine au Maroc et profitent de l’occasion pour voir maman et papa.

 

            27 mars

 

            Rien de bien particulier ce jour, la brume, fidèle compagnon d’Agadir  est bien présente ce matin et enveloppe toute la région.

           DSC00061.JPG Irons faire un petit tour au rocher du diable, l’océan roule de grosses vagues qui se fracassent bruyamment sur les rochers, de grandes gerbes d’eau jaillissent.

            La marée est encore montante, décidons malgré tout de traverser pour monter sur le rocher du diable.

           

Je passe la première suivie de Paul et Barbel, traversée sans problème. Brigitte hésite,      tourne, vire, calcule la hauteur de la vague, son sens, s’engage  et la voilà DSC00066.JPGchahutée,  déstabilisée, arrosée. Heureusement Lucien était là sinon elle se noyait !!!!!  Catherine, ne blêmit pas, elle ne risquait rien ,simplement de se mouiller jusqu’aux cheveux et dans 50cm d’eau comme dit Lucien. Qu’elle est sexy notre Brigitte avec son pantalon transparent, mouillé jusqu’à la taille…. On croirait une Marocaine qui se baigne tout habillée…. C’est vraiment la rigolade mais cette scène est immortalisée, Jack était là l’œil sur la caméra.

            Le soleil est revenu, il fait très bon, une légère brise souffle maintenant une température très agréable nous accompagne. Nous mangerons dehors et nous prélasserons ensuite.

            Vers 17h nous ferons une petite balade au village pour voir Abdel et Kadija, ils ne sont pas là nous verrons seulement leur fille ainée et des copains et copines.

            Myriam et son ami arrivés avec beaucoup de retard ne viendrons pas ce soir. Nous les verrons demain.

            Allons partir à l’aéroport pour retrouver Eliane et Michel venus passer trois demaines avec nous, comme il y a deux ans.    

            Partons comme prévu cependant avant beaucoup de prudence, car pas mal de circulation plus ou moins anarchique, des mobylettes et des vélos sans éclairage, des piétons sur les bas côtés, de quoi stresser.

            Arrivée sans encombre à l’aéroport, la clé Wana passe à merveille j’en profite pour mettre les photos sur le blog. Eliane et Michel arrivent frais comme des roses et surtout très rapidement. Nous pourrons donc voir Agadir de nuit, les inscriptions sur la colline « Allah, la patrie et le roi » sont illuminées, encore jamais vu. Il est vrai que nous évitons la circulation de nuit trop dangereuse. C’est vers 1h 30 que nous que nous tenterons de nous blottir dans les bras de Morphée.

 

            28 mars

 

            Ce n’est que vers 8h que nous émergerons …la nuit fût brève mais bonne,  le soleil nous réchauffe déjà, nous prendrons donc notre petit déjeuner dehors. C’est alors que l’on nous propose du poisson, berk, pas très agréable. Notre vendeur a bien compris il repassera. Nous aurons donc un kilo de sole pour 50dh soit 4,6€.

            DSC_9872.JPG                                                 Après les traditionnelles occupations de camping-caristes nous irons encore faire un tour avec Eliane et Michel au rocher du diable, les vagues y sont superbes et toujours aussi bondissantes et écumantes. Malgré la marée montante nous franchirons la passe sans se mouiller.

     photos 9877

      

 

 

 

Au retour ferons la connaissance de Myriam et de Patrick et il sera l’heure de passer à table. Nos repas trainent en longueur, l’occasion de bavarder avec les nouveaux arrivants. Brigitte et Lucien semblent bien seuls dans leur petit coin.

            Briefing à dix…. Nous prévoyons donc les deux jours à venir…. Mardi serons chez Claudie et Lahcen à Ouarzazate.

            En taxi nous partons au souk, Myriam, Patrick, Barbel , Jack et Brigitte nous suivent dans la voiture de location. Ce brave chauffeur de taxi n’était pas de service et rentrait chez lui quand il nous a vus. Il nous propose de nous amener au centre artisanal Sous et puis au souk à Inezgane. Nous accepterons après concertation. Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour voir autre chose, surtout qu’il nous accompagne et nous reconduit au camping pour une somme modique.

           DSC00081.JPG                                                  Après avoir fait le tour des grands hôtels nous visiterons le centre artisanal où il y a de belles choses avant de nous rendre au souk. Un vrai souk, pas le souk à touristes (une grande partie a brulé, nous avions vu cela avec Babel sur internet). Nous nous arrêterons chez un herboriste très agréable, qui nous vente ses produits, sans nous harceler pour acheter, bien

   

au contraire… Il insiste beaucoup pour le  tous.JPG« viagra naturel » le « vas y vas y » auprès de ces Messieurs. Puis le fait goûter… c’est

Brigitte qui teste…. Il nous offrira même le thé

à la shiba. Ce grand souk mériterait une bonne demi-journée pour en explorer toutes les allées. Il est très agréable et l’on s’y sent très à l’aise sans le moindre harcèlement, je crois que les Marocains ont bien compris comment on fonctionne.

            Nous continuerons la sortie par la visite d’une coopérative d’argan où il semble que l’huile d’argan qui ne serait pas frelatée  comme dans certains endroits. Retour au camping en fin d’après midi.

            Je ne sais pas si c’est l’avis de tout le monde, mais pour notre part nous sommes très satisfaits de notre sortie, une bonne occasion de voir autre chose, autre chose que nous n’aurions pas vu seuls.

 

            29 mars

 

            Départ comme prévu vers 9h mais très rapidement  les arrêts se succèdent, le premier à Aourir pour les bananes, le deuxième seulement quelques kilomètres plus loin pour la banque, encore 500m et voilà la pose café. C’est la ségrégation, les femmes dedans et les hommes dehors, nous sommes au Maroc et prenons leurs habitudes, enfin certaines !!!! Résultat nous sortons d’Agadir en fin de matinée… Sur la rocade faisons très attention comme dit le chauffeur de taxi « les yeux de Sarkozy » sont souvent là…. Et oui il y a beaucoup de jumelles; c’est ainsi que les Marocains les nomment.

            La plaine du Sous, une grande plaine très fertile, à la lisière de l’Anti-Atlas, avec de l’eau  et la chaleur on fait des miracles… Beaucoup de grands champs de céréales où se mêlent des coquelicots, des vergers plantés d’orangers ou de citronniers et de serres sous lesquelles sont plantés  les bananiers. Tout le long de la route s’égrainent de nombreux villages très souvent grouillants, partout des va-et-vient incessants. Partout les mêmes scènes, des gens qui marchent qui s’agitent, des hommes accroupis qui discutent parfois couchés à même le sol devant les boutiques. Lorsque nous nous arrêtons aux passages cloutés les femmes sont hésitantes, surprises, n’auraient-elles pas l’habitude ?

            Les villes sont de plus en plus propres, mais les abords sont encore jonchés de sacs plastiques qui volent au moindre vent et s’accrochent partout.

            Nous quittons la grande route et bifurquons sur Ighern elle se perd dans l’immensité fleurie où poussent des arganiers épars, torturés pas les intempéries. Difficile de trouver une salle à manger aujourd’hui, la route est étroite, pas d’échappée en vue. C’est quand même en pleine nature, au milieu de nulle part entourés de fleurs que nous déjeunerons dehors comme la plupart du temps, encore une fois nous sommes les seuls, mais nous apprécions.

            Notre tranquillité ne fût que de courte durée, voilà trois enfants qui s’approchent discrètement, à petits pas, réclamant de l’eau. Ils tournent, virent mais nous les surveillons car ils sont près du camping-car, mais ne sont pas insistants. Nous leur donnons de l’eau et une banane à chacun (ils sont trois). Les voilà qui s’en vont. Mais en réalité ils sont revenus tout doucement vers le camping-car de Brigitte et Lucien et tentaient de dévisser un catadioptre. Décidément !!!!

            La route est très plaisante, les paysages changeants, des collines se profilent toujours avec des arganiers, puis se faufile en suivant les caprices du relief pour s’élever petit à petit et atteindre même les 1700m.  La végétation change les arganiers cèdent maintenant la place aux amandiers pour devenir presque inexistante. Nous évoluons alors sur un vaste plateau aride et austère  où les roches se parent de belles couleurs rouge violacé.

            Nous amorçons la grande descente toujours dans un paysage dénudé, alpestre, on croirait voir la Pierramenta…. Les montagnes qui encadrent la vallée, parfois couvertes de stries, dessinent des formes inattendues révélant une éblouissante palette de couleurs. Tout le long de vallée un liseré de villages, en terre battue, aux toits plats légèrement DSC_9907.JPGdébordants. La vallée aux teintes rouges est magnifique et le contraste avec les petits lopins de terre vert tendre est saisissant. Rien à voir avec les immenses champs de céréales de la plaine du Sous.

           

 

 

 

    

Mais les intempéries démesurées des derniers mois ont rendu les oueds encore plus capricieux et plus ravageurs, emportant tout sur leur passage y compris la route. Nous DSC_9919.JPGaurons quelques passages difficiles, mais nous sommes vaccinés depuis l’an passé.

            Spectacle lumineux et majestueux dans une solitude presque absolue à peine troublée par la présence épisodique d’un troupeau de chèvres ou de moutons en quête d’herbe. Dans le fond de vallée verdoyant beaucoup de femmes sont aux champs.

           

 

                                                                      

Arrivée sur Taliouine installation au      camping du Toubkal, Myriam et Patrick sont déjà et ce soir mangeons le couscous tous DSC09760.JPGensemble au restaurant. Soupe, couscous et yaourts et fruits.

 

 

            30 mars

 

            Le nuit fût très calme, le soleil brille toujours pour nous…. Le cadre est agréable.     Taliouine est une petite ville enserrée comme dans un corset par de multiples plissements géologiques de toute beauté qui semblent parfois des barrières DSC_9939.JPGinfranchissables. C’est la capitale de l’or rouge : le safran.  Nous irons donc à la coopérative Souktana, une charmante dame nous expliquera à la fois la culture, la cueillette et la façon de différencier le vrai du faux. Les bulbes de safran sont dissociés au mois d’avril et plantés au mois de septembre. Tout est délicatesse : la durée de la floraison est courte  et souvent tributaire des intempéries, les fleurs sont cueillies avec beaucoup de soins, d’octobre à novembre, à la main, de préférence le matin lorsqu’elles sont encore fermées, ensuite on extrait avec précautions les trois stigmates rouges en DSC00094.JPGforme de trompette qui forme le pistil. Ils seront séchés et empaquetés. Le safran est donc généralement formé de trois brins, qui ne teinte pas à sec mais qui mouillé laisse un couleur jaune. Il est légèrement amer au goût. Généralement il peut être remplacé par des filaments de viande, des artichauts ou encore du chardon. Le prix actuel est de 35 dh le gramme mais le cours peut varier plusieurs fois pas jour.

            Brigitte et Lucien sont à la recherche d’une bouteille de gaz bleue, difficile d’en trouver une pleine…. Enfin en voilà une pour 40dh.

            Lucien préfère rester au camping-car alors que nous allons rendre visite à la famille Choukri. Elliah est dans son salon de coiffure, il reconnait Paul et nous DSCN9458accompagne chez la maman. Kébira est très heureuse de nous voir et nous sommes accueilli, comme chaque fois avec beaucoup de gentillesse et d’amitié : petits gâteaux, pain frais, miel de sa production, beurre de sa fabrication, huile d’olive et olives, le tout accompagné d’un délicieux thé à la menthe. C’est avec beaucoup de plaisir que nos passerons un moment avec elle, Elliah et Aziz venu nous rejoindre. Zaccharia  a un petit garçon de quatre mois qu’il prénomme Hassan, comme son papa décédé voilà maintenant plus de deux ans. Nous DSCN9453.JPGleur promettons de passer le voir au retour, mais nous préviendrons. Kébira est conseillère municipal, ses fils en sont très fiers. Nous sommes tous venus les bras chargés et Kébira fera la distribution. Sa maison ainsi que le jardin ont subi pas mal de dégâts cette année avec les violentes pluies qui se sont abattues sur tout le Maroc, un souci supplémentaire maintenant qu’elle est veuve.

            Nous prenons la direction de Ouarzazate, un long ruban vert suit l’oued Zagmousen et notre route qui déjoue tous les pièges de ce relief plissé où l’ocre de la terre se confond avec celui des maisons, se contorsionne et prend de la hauteur dans ce paysage austère mais oh combien magnifique. Un grand plateau flirtant avec les 1500m où quelques maigres graminées tentent de photos-9949.JPGpousser nous laisse un sentiment d’isolement et de désolation. Par endroit des rochers, que je nommerais volontairement des doigts de fées, hérissent les collines comme pour leur donner un caractère encore plus sauvage.

            Depuis notre dernier passage tout s’améliore, les maisons s’embellissent, se colorent, des groupes scolaires se créent…..mais la route se défait !!! Seuls quelques minarets viennent troubler cette immensité désertique. Quelques belles chèvres noires à long poils cherchent désespérément d’hypothétiques brins d’herbes. C’est le seul signe de vie, avec des oiseaux qui volent çà et là et des vendeurs de fossiles ou de minéraux, que nous rencontrerons dans cette mer de rocailles.

            Tazenahkt, une ville sans grand intérêt, à la croisée des routes d’Ouarzazate et du grand sud, sur un plateau aride balayé par les vents, brulé par le soleil est renommé pour ses tapis de couleur rouge orangé teint avec le safran.

            Direction cap nord à travers le djebel Siroua  qui arbore des belles orgues balsamiques. La route de plus en plus étroite stresse nos chauffeurs les obligeant à descendirent sur les bas côtés nos stabilisés.

            Tout à coup, blotti dans un ilot de verdure, près d’un oued, encadré de montagnes rocheuse apparaît le petit village d’Anzel, sur fond d’Atlas enneigé, une vrai carte postale.

            La palette de couleur s’élargit et varie du rose au rouge en passant pas le violet DSC1_9981.JPGet l’ocre, les paysages sont époustouflants, différents à chaque virages mais toujours autant désertiques. Puis là miracle, un peu d’eau et trois malheureux palmiers émergent dans un ciel d’azur sur fond de cimes lointaines un peu enneigées, la beauté à l’état sauvage.

            Plus l’on s’approche de Ouarzazate plus les colorations deviennent roses et ocres, un vrai paysage lunaire.

            Nous nous installons à la Casbah Zitoune qui nous accepte exceptionnellement. Claudie est là et avec sa gentillesse habituelle pour nous accueillir et souhaiter la bienvenue.

           DSC00123.JPG                                                  

Ce soir nous prenons le repas au restaurant, mouton aux pruneaux et aux figues et poulet aux citrons confits accompagnés de riz et de frites. Un régal pour nos papilles.

  Claudie, Lhacen et leur équipe sont devenus au fil du temps des amis. Nous les revoyons tous les ans avec autant de plaisir. 

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 Si vous avez envie de passer quelques jours à Ouarzazate, dans un décor de rêve, Claudie et Lhacen vous accueilleront dans leur superbe maison d'hôtes située face à la casbah Tiffoultoute. Cette maison de charme offre une magnifique vue vu l'atlas, elle vous enchantera et vous fera apprécier l'hospitalité et la cuisine locale. Vous n'y serez pas déçus. 

 

 

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                 L'entrée de la Casbah Zitoune et son magnifique patio

 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 01:43

            17 mars

            La bonne humeur règne, Jack fait déjà le pitre, comme très souvent et tout le monde rit de bon cœur.

            Invariable avant chaque départ Paul pose la même question « Qui passe devant ? » Il y a rarement des volontaires. Pourquoi ? Nous aimerions savoir, un jour….

   CSC_9745.JPG         DSC 9743

Même route, mêmes ralentissements. Les collines sont verdoyantes, une herbe fine et rase est sans doute un don du ciel….la pluie qui est tombé en abondance ces dernières semaines a été bénéfique.

     

      CSC 9742

 

Les femmes lourdement chargées rentrent des champs. La condition féminine ne semble guère changer dans les campagnes. Les hommes sont assis devant leurs maisons, parfois à demi allongés à même le sol, cela semble être la position favorite de la gente masculine du Maghreb.

            Nous traversons de petits villages où les portes sont souvent colorées en bleu avec des dessins géométriques verts, jaunes et rouges.

            Taghjicht : une oasis où la plupart des maisons sont posées au milieu de la palmeraie.

            Notre route caracole ensuite au gré des collines verdoyantes et atteint un petit col vers 1100m d’altitude, quelques bergères gardent des troupeaux, quelques tentes nomades sont disséminées çà et là. Quel avenir ont-elles ?

            Petit à petit les palmiers font place aux oliviers dont le feuillage argenté ondule sous la brise et aux arganiers parfois encore un peu torturés par le vent.

            Eviterons Guilmim, radio camping-car, qui n’est pas toujours une radio exacte ni très objective, nous ayant signalé des caillassages à la fronde devant une gendarmerie impuissante. Nous préférons donc passer par Abeino, mais la route est étroite en en mauvais état.

            Le vent souffle, l’atmosphère est lourde et irrespirable, le soleil absent et le ciel laiteux.

            Après Abeino la route est bordée de tapis de fleurs jaunes qui s’agitent comme pour nous saluer.

            DSC_9750.JPGDes collines verdoyantes se profilent, notre route se faufile maintenant au milieu de grosses euphorbes aux fleurs jaunes clair qui forment de grosses touffes en forme de parasol et des figuiers de barbaries fort nombreux dans la région. On se croirait un peu chez nous les coquelicots et les marguerites se mêlent aussi aux céréales.

            Quel contraste avec les paysages désertiques de ces derniers jours, du vert que du vert et quelques douars dont les maisons en pisé se confondent parfois avec la terre.

            Nous voilà donc au nouveau camping de Sidi Ifni, le camping  Solymar. Le vent est fort la mer déchainée donc cet après midi nous resterons sur nos micros, dans nos camping-cars, branchés internet en wifi. Mais hélas on rame.

            18 Mars

 

            Le vent a soufflé toute la nuit et ce matin il n’a pas l’intention de faiblir. C’est donc cheveux au vent que nous partirons faire en ville faire nos courses. Nous irons donc rendre visite au boulanger, directement dans son fournil fort sombre. Las baguettes seront d’ailleurs très bonnes.

           DSCN9331.JPG Nous prendrons la rue principale en forte montée, traverserons le petit souk permanent, enfermé dans une muraille crénelée, où il n’y a d’ailleurs pas grand-chose, mais par bonheur nous achèterons des salades, aussi chères qu’en France, une fois n’est pas coutume, mais depuis un bon moment sommes en manque…. C’est une denrée rare au Maroc.

            Nous n’oublierons pas de passer à la pâtisserie,  Lucien  en tête… Longerons la falaise par le belvédère, cette promenade s’effrite petit à petit sous l’effet conjugué du DSCN9332.JPGl’océan et du vent. Bien qu’il vienne de la terre de gros rouleaux s’écrasent sur la plage et les véliplanchistes s’en donnent à cœur joie. Encore beaucoup de camping-cars dans les campings.

             Et ainsi se passe une matinée reposante.

            Après le repas, malgré le vent, nous resterons dehors sur nos relax car il fait vraiment très chaud. Vers 17h nous irons fouler le sable et les galets de la belle plage qui s’étire au bas de la falaise. De grandes traces  semblent des pas de géant tant la foulée est longue, cela nous amuse, nous aurions bien aimé voir qui DSCN9336.JPGfaisait de telles enjambées…. L’océan prend des allures d’argent sous le soleil couchant. C’est en marche rapide que nous rentrerons chez nous.

            Retrouvons Jack, qui nous a volontairement laissés, avec des amis rencontrés à une réunion Pilote. Ils prendront l’apéro chez eux, mais viendront aux nouvelles  de « Ninon » en rentrant.

DSCN9340.JPG   RSCN9351.JPG


        
Sidi Ifni est une ancienne enclave Espagnole, toute de blanc et bleu vêtue, située  au bord d’une  falaise rouge, d’où une certaine harmonie de couleurs, mais au charme suranné. Elle conserve de son passé quelques bâtiments coloniaux et un centre à l’aspect très hispanique. Il fait bon flâner dans ses rues à demi désertes mais au bout d’une demi-heure on a tout vu, tout connu.

 

            19 Mars

 

            Le vent a laissé sa course folle, la mer est presque d’huile, le ciel d’un bleu blafard. Direction le nord avec un but précis, un tajine aux poulpes à la plage El Gzira… 

            Que de changements en un an, une grande piste conduit à l’ancienne plateforme où nous pouvions faire du sauvage encore l’an dernier. Mais là des maisons ont poussé comme des champignons, d’une façon plutôt anarchique, tout est commencé et rien n’est fini.

            Nous serons obligés de descendre sur le parking derrière les restaurants, un camping-car est déjà là, son propriétaire ne semble pas très heureux de nous voir arriver et agresse verbalement Brigitte qui heureusement ne se laisse pas intimider.

            Descendons aux restaurants, tournons, retournons pour finalement commander divers tajines au poulet et des sars grillés. Pas de poulpes, somme un peu déçus. Chez Abdoul un grand écriteau nous invite à nous laver les pieds, Barbel tente d’en mettre un  dans le pédiluve croyant qu’il était sans eau et la voilà enfoncée dans une eau plutôt saumâtre… C’est l’éclat de rire général.

          DSC 9766  Longue balade sur la plage qui est relativement propre, devant une mer montante peu agitée, balade agréable les pieds dans l’eau. Le cadre est idyllique, trois grandes arches rouges se profilent devant nous, arches érodées par le vent, l’eau et le sel. Je pourrais marcher là des heures durant, dans ce sable humide qui s’enfonce sous mes pas, la tête dans le ciel à écouter le flux et le reflux des vagues qui s’agitent doucement et font rouler des petits galets de toutes les couleurs. Pendant deux heures cette mer m’apaise, pourtant je n’aime pas beaucoup l’eau….

 

 DSC_9787.JPG           DSC_9768.JPGDSC_9780.JPG Confortablement installés à la terrasse du restaurant, sous d’immenses parasols nous nous délecterons des ces tajines excellents ainsi que des sars grillés. Nous apprécierons aussi le thé à la menthe servi à volonté. Et que dire du prix !!!!! Vous ne devinerez jamais 306,60 dh  à six soit 29€ avec en plus deux bouteilles d’eau. Nous prenons notre temps, discutons, regardons cette côte rocheuse d’une beauté sauvage.

 

    DSC_9796.JPG

 

DSC_9801.JPGPuis à petit pas discrets avancerons de criques en criques, toujours les pieds dans l’eau au bord des falaises rouges qui se délitent lentement.

            Il est l’heure de filer vers nord, cependant rien ne presse. La chaleur dans nos petits cubes est étouffante entre 35 et 37°. Nous démarrons enfin mais la montée est si raide et caillouteuse que nos véhicules dérapent lamentablement, nos chauffeurs ont du mal à tenir la barre, car nous n’avions pas pu prendre suffisamment d’élan. Lucien a même été obligé de reculer pour repartir d’un bon pneu..... Nous sommes un peu inquiets mais tout se passe bien.

            Notre route se faufile entre océan et collines verdoyantes où l’euphorbe règne en maitre où les fleurs sont si nombreuses qu’elles forment d’immenses tapis jaunes, violets et blancs. Les lavandes de mer ou statices poussent ici en grand nombre grâce à la brume et à la rosée provoqués par les courants froids des Canaries. Elles sont recherchées en Europe pour les bouquets secs.

            Nous ferons un petit tour au port d’Aftness Rkoumt où il ya un parking cimenté, le lieu est agréable, mais une forte odeur de poisson nous incommode de plus les bateaux doivent sortir cette nuit à quatre heures du matin, donc nous continuons notre route dans ce paysage bucolique, là comme par enchantement un palmier esseulé pointe ses palmes vers le ciel comme une sentinelle.

            Mirleft, charmante ville de bord de mer étale ses maisons blanches aux portes bleues au dessus des falaises et aux pieds d’une forteresse française en ruine. A la sortie de la ville, le long de l’oued s’étirent de beaux petits jardins très verdoyants et bien cultivés.

            Par endroit nous avons de belles échappées sur la côte rocheuse, une véritable dentelle noire qui s’avance dans l’océan et où les vagues se brisent à grand fracas en immenses gerbes d’eau.

 

           DSC_9806.JPGDSC_9819.JPG

 

  Le port d’embarquement de Boulfdail et sa grande plateforme nous tend les bras c’est là que nous établirons notre chambre à coucher. Le lieu est très plaisant, calme, pas isolé quelques camping-cars y sont déjà installés.

            Le port est tout petit, les barques sont déjà à quai, je pense que peu de pêcheurs sont sortis à cause du vent des derniers jours. Seules deux rentrent et ramènent seulement quelques poulpes. Les filets sont tendus et demain il devrait y avoir du poisson. Pour remonter les barques les hommes attendent une vague puis la soulève à l’aide de gros billots et la hisse hors de l’eau.

           DSC_9821.JPG Les pêcheurs vivent parfois là, dans de petites cabanes en dur où ils entreposent aussi leur matériel. Les familles sont installées aux villages avoisinants. 

            Le soleil pâlît et se cache derrière les nuages sans  empourprer l’horizon. La mer d’argent se confond alors avec le ciel. Puis la nuit tombe rapidement seul le phare lance son éclat intermittent.

            Ce jour n’avons fait qu’un saut de puce seulement 47 kilomètres.

 

 

            20 mars

 

 

 DSC_9826.JPG        DSC_9843.JPG
  




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C’est par un petit sentier escarpé dominant la falaise, au milieu d’une multitude de fleurs, d’euphorbes et des cactées « les coussins de belle mère » que nous nous promènerons. Le climat sec de cette région présaharienne oblige les plantes à s’adapter aux rudes conditions. Elles se protègent : sont souvent naines ou épineuses offrant ainsi peu de surface à l’évaporation.           
DSC 9828 Pourrons encore admirer cette côte rocheuse déchiquetée, battue par les vagues qui offre par endroit de minuscules criques où il est presque impossible d’accéder. On rencontrera des pêcheurs, avec une longue gaule toute biscornue avec un trident au bout, c’est ainsi qu’ils pêchent les poulpes. D’autres Marocains ramassent des moules.

            C’est très apaisant de regarder cet océan qui roule sa colère contre les rochers où s’étire une grande frange d’écume blanche. 

            Après notre pause café et thé quotidienne nous prendrons la route pour Tiznit, nous voudrions avoir de la place au camping municipal. En effet il est très bien situé, en ville, près des commerces, mais hélas le gérant n’a pas toujours le sourire et la promiscuité y est quasi certaine. Mais pour quelques jours, le temps de faire nos housses et de visiter la ville, nous accepterons tous ces inconvénients.

            Un grand complexe touristique bien avancé est entrain de voir le jour entre route et océan un peu avant Aglou. Un peu plus loin c’est un grand ensemble de constructions de villas en bandes qui sort de terre. A Aglou  même de nouvelles villas ont vue le jour ainsi que le début d’un grand chantier. Est-ce que cette côte va être défigurée par des constructions désordonnées ? Dommage l’endroit était magnifique et sauvage.

            Le camping d’Aglou est presque vide, les camping-caristes bouderaient t-il ce lieu ? Une nouvelle route goudronnée permet d’accéder à un nouveau petit port avec criée vers les maisons troglodytes des pêcheurs.

            L’arrivée sur Tiznit est toujours aussi agréable, la grande artère est très propre agrémentée de jardins arborés. De nouvelles constructions poussent aussi.

            Nous aurons donc de la place au camping et pour ce matin le gérant à le sourire, nous aurons trois places côte à côte et à trois nous ferons notre patio…

            Alain et Denise, les amis de Barbel et Jack sont à côté de nous, on parle housse de camping-car. Et nous voilà donc chez Mohamed dans la rue à côté. Le travail est très soigné et il peut fournir le tissu, en plus du tissu uni genre Alcantara. Echantillons en main nous rentrons chez nous….Rendez-vous prit pour 14h30.

            Chacun vaque à ses occupations, Paul répare son store, Lucien court après l’électricité et Jack et Barbel commencent à manger. Nous ne mangerons qu’un peu plus tard, j’ai décidé de faire une tartiflette, il me faut donc un peu de temps.

            Mohamed est là comme convenu, voit les coussins et fait son prix. Il est si raisonnable que nous n’osons même pas marchander, marché conclu pour les assises.

            Il fait chaud dans « notre patio improvisé » sommes très heureux de nous prélasser dans nos relax.

            Avant d’aller au marché municipal passerons voir notre tapissier, le tissus n’est pas encore là. Son couturier nous fait voir les coussins de Denise, ils sont faits avec goût, les dessins des dossiers et des assises coïncident parfaitement. En passant dans le couloir j’explique à Mohamed que sur le forum on parlait de son travail parfait et voilà qu’il me fait une bise. Les copines semblent jalouses et crient au scandale… le voilà très gêné. Cela nous permet de rire et de plaisanter une fois de plus.

            Devinez qui nous avons rencontré dans la rue : Annie et René, des anciens du voyage en Lybie. Les paroles vont bons train, les souvenirs surgissent et à vrai dire il ne reste plus que les bons. Malheureusement apprendrons que Lucien (le boucher) est très malade. Nous sommes bien peu de chose, nous en profitons donc au maximum de ces moments de convivialité, sans arrière pensée.

            Courses au marché municipal, bien achalandé, enfin de la menthe et de bons melons…. Se promener en ville est toujours un vrai plaisir, ici personne ne nous hèle, ne réclame ni dirhams, ni bonbons, ni stylos, les enfants ne s’occupent plus de nous.

           DSCN9355 Le cercle s’agrandit ce soir à l’apéro, offert par Barbel et Jack, Denise, Alain et leurs amis sont là dans notre patio improvisé. Exceptionnellement Barbel est au Martini blanc bien frappé. Elle n’a même pas chaud…. Elle est des nôtres !!!! Elle a bu son verre comme les autres !!!

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             21 Mars

           

            Tiznit est une ville entourée d’imposants remparts d’argile rouge, situé dans une steppe aride entre l’Anti-Atlas et l’Atlantique, ces remparts crénelés de cinq kilomètres de long sont percés de plusieurs portes. Ici on trouve tout ce que l’on veut, à des prix plus que raisonnables.

            Un dimanche à Tiznit, d’abord la laverie le travail est bien fait et peu cher. Nous y rencontrerons un Monsieur qui nous fait part du Couscous géant au Mauritania, décidons donc d’y aller. Une visite chez Mohamed pour voir nos housses, le travail avance rapidement mais il est très bien fait. Puis nous flânerons en ville, vers les petits commerces surtout des légumes qui contrairement aux autres années sont aussi beaux qu’au marché municipal, achèterons des Croqs pour une bouchée de pain.           

            Dimanche n’est pas un jour férié ici, tous les petits artisans où commerçants sont au boulot et s’affairent dans leurs petites échoppes où ils travaillent souvent dans des conditions plus que médiocres. Nous achèterons du câble coaxial en vue de notre installation en cure et le payerons 1dh le mètre soit même pas 10 centimes d’euros.

           DSCN9357.JPG Puis il sera l’heure d’aller au restaurant, serons installés sur une table basse à l’étage, à l’écart du bruit. Le couscous royal se fera un peu désirer mais nous sommes, parait-il, cent quarante. Donc un peu de patience, mais nos estomacs commencent à crier famine. Servi en assiette il s’avèrera goûteux et copieux.

            Des musiciens viennent faire leur spectacle et nous y participons gaiement, vous verrez sans doute, beaucoup plus tard, quelques vidéos (les connexions sont si lentes que je ne peux pas mettre de photos pour l’instant). Viendra l’heure du thé et des petits gâteaux et nous serons choyés par notre jeune serveur. Dur dur la vie de camping-caristes…… DSCN9358

          
                               DSCN9371                            

 

 

 

 

  

 

 



         

 

 

   

 

 

 

 

 

           L’après midi se poursuivra dans la bonne humeur et le repos… Il faut bien digérer….

            Et ce soir apéro chez nous, à huit dans le camping-car, un peu comme des sardines en boite… nous avons invité René et Annie de St Clément 34, rencontrés pour la première fois lors de notre voyage en Lybie et il y a deux ans à Saïda. Soirée agréable et conviviale. 

 

 

  

                22 mars

 

            Ce matin Lucien c’est trompé d’une heure, il est donc en avance sur tout le monde, dès 9h la table est installée, la bâche en place…. Alors que nous on se lève péniblement….

            Les fonds sont en baissent…nous allons donc faire du change à la banque, sensiblement toujours le même taux. Nous nous promènerons en ville, faisant quelques achats, chaussures, croc’s, poulet frit ….. rien de sensationnel, mais ici on peut regarder, demander les prix sans que personne ne nous importune ou insiste pour que l’on achète. C’est ainsi que nous aimerions le Maroc, mais ce n’est pas le cas partout.

            Le camping se vide le matin mais le soir il y a encore plus de monde, Tiznit est une ville très prisée par les séniors européens.

            Repas dans notre patio, à l’ombre, car il fait assez chaud. Comme tous les jours nos relax ne chôment pas.

            Lorsque le soleil a calmé ses ardeurs nous irons faire nos courses au petit supermarché Itou, situé à cinq cents mètres du camping. Les prix  y sont relativement élevés, mais il est pas mal achalandé.

            DSCN9377Des ruelles étroites aux maisons d’argile nous conduiront à la grande mosquée, malgré un crépi récent cachant le pisé, le minaret est particulier, des rondins tordus en saillis le hérissent. Ils seraient destinés à recevoir l’âme des morts. Tout à côté la source bleue de Lala Tiznit, un bassin quelconque avec de l’eau qui aurait le pouvoir de guérir, une pécheresse repentie vivait là  et aurait donné son nom à la ville. Nous poursuivrons le long des remparts crénèles jusqu’à Bab Aglou, nous y rencontrerons beaucoup de femmes dans leur haïk vaporeux aux couleurs chatoyantes et RSCN9381.JPGrentrerons au camping après une halte à « Leclerc », un petit super marché dans la médina et une bonne marche.

            Les « ninonistes » rentreront ensuite au pas de charge pour ne pas rater leur feuilleton favori.



             23 mars

 

            C’est notre dernière journée à Tiznit, René et Annie viennent nous dire au revoir, ils partent pour Tafraoute. Ce matin courses au marché municipal, nous trouverons de belles fraises, mais encore pas beaucoup de goût, Paul va revoir son menuisier et doit encore faire quelques retouches à son casier à bouteilles.

            Repas de midi dehors toujours dans notre patio. Les débuts d’après midi ne varient pas beaucoup, nous restons sur nos relax avant d’aller faire un tour en ville au souk. Rentrerons sans achats, rien à notre convenance.

            Brigitte passe voir le couturier et revient en rigolant… je crois bien que Lucien ne va plus avoir de tee-shirts….  Ils sont tous coupés et celui qu’il a essayé de piquer est en lambeaux…… dommage pas de photos.  Le futur marié qui avait toujours le sourire est très contrarié. Suite demain matin quand le travail sera fait.  Nous allons faire un tour au souk, toujours très coloré, pas d'achat pour ce soir.DSC09678.JPG

            Ce soir une brise légère souffle faisant chuter la température, il faudra la petite laine mais il fait encore 20°. Aujourd’hui plus de sortants que d’entrants.

             Nous avons rencontré l’équipage de trois personnes qui ont fait la Lybie avec nous.

           
             Tiznit est un mélange de tradition et de modernité, on peut côtoyer de beaux immeubles modernes et de vieilles maisons rustiques en pisé, de gros camions ou de belles voitures et des ânes chargés de luzernes ou transportant des ferrailles.



 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 19:38

            08 mars

 

            Ce sera encore une journée tranquille avec peu de kilomètres au compteur puisque nous partons en direction de Taouz.

Mohamed est venu apporter les crêpes et a chargé Lucien de les donner  au « Pacha » à savoir Paul, encore dans les bras de Morphée. Devant s’absenter il viendra  saluer tout le monde, nous demandant de prendre des cartes de visite et de les donner aux camping-caristes. Ce que nous ferons lorsque l’occasion se présentera car nous sommes très satisfaits des prestations et de l’accueil.

            Personne n’est pressé, c’est internet pour les unes, réglage TV pour les autres…. Décollons donc vers 11h30 pour un arrêt en ville, pain, eau, chez un petit commerçant très aimable.

                                                              DSC 9376L’heure du repas approche, passons le dernier village et nous nous installons.

Manger dehors est un véritable plaisir, le lieu est calme et en toile de fond nous avons l’erg Chebbi et ses belles dunes orangées. A peine installés dans ce décor de rêve que les enfants viennent étaler leurs fossiles, un puis deux puis une ribambelle. Ils sont gentils, pas agressifs, mais tentent de nous soutirer quelque chose.

 

DSC_9378.JPG

           

        Roulons dans la hamada désolée et noire où poussent quelques arbres rabougris, des reliefs tabulaires noirâtres barrent l’horizon, seules des fleurs éparses roses ou jaunes égaient un peu cette route rectiligne et monotone. Les passages d’oueds sont un peu chaotiques et nous secouent, sans doute pour aider notre digestion….

           DSC_9380.JPG Taouz apparait, là s’arrête le bitume, là commence la piste…..  Taouz est une bourgade aux confins du désert, un village de militaires, avec un grand collège où les enfants sont internes et viennent même de Merzouga. Les petites maisons basses, carrées et en pisé possèdent un petit dôme borgne. Un peu plus loin le vieux village de Taouz, avec beaucoup de maisons abandonnées. Peu d’habitants y sont restés,  la plupart ont émigré depuis la sécheresse des dernières décennies, allant chercher ailleurs  le travail qu’ils ne trouvaient plus ici.

            Nous rebroussons chemin, puis virons à gauche et après trois kilomètres de bonne piste nous arrivons au Bivouac camping Znigue, une immense cour encadrée de murs aux pieds des dunes. Personne à l’horizon pas même le patron.

            Il fait chaud les relax sont les bienvenus même si une brise légère rafraichit un peu l’atmosphère, nous nous reposons, lisons ou nous prélassons.

            Ces magnifiques dunes m’attirent, personne ne peut venir, Paul a toujours sa « patte folle », le soleil est encore trop violent pour Barbel qui veut se protéger. C’est donc seule, à grandes enjambées, appareil photo à la main, que je parts à l’assaut de la première dune. Celle-ci sera vite gravie, le sable est assez dur et permet une progression rapide. Le panorama est immense, un esprit de liberté m’anime et mes idées vagabondent.

            Côté face le sable est lisse presque compact, côté file il est tout plissé, on croirait la peau ridée d’une vieille dame burinée pas les ans. Je monte, je descends, j’admire ces sculptures faites par le vent, au gré de mes envies. Escalader des dunes demande quelques efforts, dur dur parfois d’arriver au sommet de ces collines mouvantes où l’on fait souvent deux pas en avant et un en arrière.

           DSC_9396.JPG Il y a tant de scarabées bleus  et tant des traces de leurs petites pattes agiles que l’on croirait que  le rallye des sables est passé par là. Mais où est l’enjeu ? Un scarabée creuse un trou à la recherche d’un peu de fraicheur, sa tête avance lentement dans ce sable mou alors que les pattes arrières jouent le rôle de pelles et le  projettent à l’extérieur.  Amusant de voir cette vie dans un endroit aussi désert et aride.

            A l’abri du vent de petites graminées aux frêles épis semblent une providence de la nature, posées là pour retenir ce sable si fin et si mouvant qui ne demande qu’à se déplacer. DSC_9407.JPG

            Des dromadaires broutent des épineux et bien qu’entravés se déplacent lentement, levant parfois la tête pour me regarder d’un air interrogateur.  Quelle est donc cette intrus, en short et débardeur, un drôle d’objet à la main, qui se promène sur les crêtes ?

            Des dunes, encore des dunes, toujours des dunes, quel bonheur de les fouler sans contrainte. Encore un petit bout du monde comme je les aime, personne à l’horizon ou presque. Seuls, sous deux tentes blanches, des trekkeurs semblent attendre le coucher du soleil et peut être une nuit réparatrice après de longues heures de marche dans le désert.

           DSC_9409.JPG Ce sable façonné par le vent est changeant, une simple petite herbe peut tournoyer sur sa tige et décrire un cercle aussi bien qu’un compas, surprenante cette nature qui semble figée mais qui est en perpétuel mouvement.

            Du haut d’une belle dune les camping-cars ne semblent qu’une petite tache blanche, les amis autour, que des petits points noirs perdus dans l’immensité. Fouler ce sable chaud qui glisse sous mes pieds nus est un moment agréable.

            Le petit disque irisé pâlit tout doucement, ses rayons perdent leur ardeur et Barbel peut venir faire un petit tour avec moi dans ce coin magique où je me sens parfois grain de sable, infiniment petite et fragile, balancée par le vent et pas toujours maître de mon destin.

            Arrivée au bivouac j’essaye de retracer mon ressenti, de décrire ce que j’ai vu, mais les mots me manquent, le désert ne se raconte pas, il s’admire, il se vit.

            Paul et Lucien, en bons samaritains aident à décharger un camion. Le propriétaire, un homme jeune, au turban bariolé, vient nous voir, alors que des Néerlandais arrivent, Barbel fait l’interprète, le tarif sera de 15dh, une misère. Il est vrai que pour l’instant il n’y a pas grand chose (ci-dessous les sanitaires). Mais la beauté du lieu fait oublier tout cela, surtout que nous avons tout à porté de main, dans nos petits cubes.DSCN9292.JPG

            Le coucher du soleil est magnifique dommage, nous aurions dû monter sur la dune comme les trekkeurs. Le ciel s’embrase et puis c’est la nuit.

 

            09 mars

 

            Dés la grande route retrouvons avec beaucoup de plaisir le long cordon de dunes oranges de l’erg Chebbi qui s’étire bien après Merzouga. J’avais envie de m’arrêter juste pour admirer encore une fois ce paysage fabuleux et m’imprégner de la magie des lieux. Après c’est la hamada noire et monotone avec çà et là des petites touffes vertes. Au revoir Merzouga nous reviendrons…..

            Peu après Rissani prenons à gauche la Nle 12 qui se faufile au milieu d’une steppe aride, battue par le vent et écrasée sous le soleil, il fait déjà plus de 30°, la pierre se mêle encore un peu au sable roux. Puis c’est un paysage austère parfois grandiose, peu de villages, quelques rares palmiers un peu déplumés pointent leurs palmes vers un ciel d’azur et semblent lutter avec l’énergie du désespoir contre la sécheresse qui persiste depuis plusieurs années.

            CSC_9426.JPG Nous arrivons à Alnif.  La palmeraie verdoyante ressemble à un long et étroit ruban vert,  les femmes rentrent des champs avec leurs ânes lourdement chargés. Ici les graminées sont très hautes et leurs épis vert clair ondulent sous la brise.

            Le village de Tazzarine et sa vaste palmeraie apparaissent, c’est ici qu’il y deux ans, avons vue l’arrivée impressionnante du Marathon des sables. De temps à autre des arganiers un peu torturés sans doute par le climat tentent de résister dans ce milieu hostile et sec.

            Le village M’Cissi s’étale dans une petite palmeraie aux pieds du djebel Ougnat, sur ce vaste plateau l’altitude varie entre 600 et 800m. Les pommiers de Sodome ne sont pas encore en fleurs mais ils ont des allures d’arbustes aux gros troncs beiges. Le djebel prend des formes diverses et ressemble souvent à des tajines hérissés de rochers sombres ou forment de grands sillons transversaux.

           DSC_9441.JPG Poursuivant notre route dans ce milieu inhospitalier,  au milieu de nulle part, surgit une petite oasis  autour de N’Kob qui est un admirable village en pisé, très propre et bien restauré, à l’écart des grands circuits touristiques et qui a gardé son authenticité. Il comporte 45 casbahs dont certaines dates de plus d’un siècle, c’est le fief de la tribu des Aït Baha. Nous flânerons dans le village en toute tranquillité, avons d’ailleurs laissé nos trois camping-cars sous la surveillance d’un adolescent. N’Kob vit de l’agriculture, dans l’oasis, irriguée par les oueds venant du Djebel Sarho, à l’ombre de beaux palmiers poussent maïs, blé et fèves. C’est un véritable enchantement de voir la verdure éclatante des jardinets sous les palmiers dattiers.

            La route se glisse entre les versants plissés de couleur violine du Djebel Sarho, massif volcanique modelé par l’érosion à droite et du Djebel  Amou à gauche, elle sera entrecoupée de nombreuses déviations sur piste qui ressemble parfois à de la tôle ondulée, nous obligeant à ralentir considérablement, faisant ainsi chuter lamentablement notre moyenne et nous plongeant dans des nuages de poussières. Il fait très chaud, l’atmosphère est étouffante nous apprécierons nos climatisations.

           CSC_9452.JPG La route rejoint la vallée du Draa et sa majestueuse palmeraie et ne s’en éloigne guère jusqu’à Agdz. L’oued est très large et ses eaux encore boueuses témoignent des violentes pluies qui se sont abattues au Maroc ses dernières semaines. Le Draa est le plus long cours d’eau du Maroc, qui nait près de Ouarzazate mais qui n’atteint qu’exceptionnellement l’océan sauf lors de crues exceptionnelles et se perd dans les sables après le coude de Mhamid. Au niveau de la casbah de Tamnougalt la hauteur et la force de l’eau ne permettent plus de traverser le Draa, chose que nous n’avions encore jamais vu.

            Agdz est un site remarquable  dominé par l’étrange silhouette du Djebel Kissane qui culmine à 1531m et un bourg moderne qui s’étire le long d’une rue principale où des maisons à arcades abritent des marchands en tout genre. DSC_9483.JPG

            Installation au camping la palmeraie près de la casbah du Caïd Ali Aslim où il y beaucoup de monde. Le camping dans la palmeraie est très agréable par cette chaleur.

            Ce fût une longue étape de plus de trois cents kilomètres, une étape de transition qui nous a permis de découvrir encore une fois des paysages sauvages et désertiques mais toujours différents.

 

            10 mars

 

            La nuit fût calme et nous sommes réveillés tardivement par le roucoulement des tourterelles ou le gazouillis des oiseaux. Une fois n’est pas coutume, nous déjeunerons au pain frais et pas n’importe lequel : des baguettes. Il est parfois difficile de changer nos habitudes françaises…..       

            Ce matin saines occupations de camping-caristes avec changement de place vue les nombreux départs. Durant la traditionnelle pause café nous parlons repas et décidons d’aller voir à la réception et pourquoi ne pas rester un jour de plus. Le lieu est agréable, la palmeraie est superbe le temps est idéal et propice au farniente. Repas commandés pour demain puisque tout à l’heure allons visiter la casbah.

           DSC_9456.JPG Gaëlle, une parisienne, épouse d’Aldelaziz, fils du caïd, nous commentera la visite.

Tout d’abord elle nous parlera de la palmeraie et de la culture à trois étages, les palmiers, puis les arbres fruitiers et enfin céréales et légumes, avec deux récoltes par an. La pollinisation artificielle est beaucoup plus rentable car la production est environ triplée. Dans sa palmeraie il y a douze variétés de dattes, dans la vallée du Draa il y en a plus de cent. Leur prix peut aller de 1dh le kilo à 1dh la datte pour une variété très grosse et très prisée, qui est vendu très rapidement car elle procure un revenu substantiel.

            Cette année il y a eu tant de pluie que les barrages sont à 105 ou 115% de leur capacité et il y aurait des réserves pour 10ans. Le barrage de Ouarzazate déborde même d’où une arrivée d’eau importante, celle-ci n’est donc plus qu’à 4m dans les puits du domaine qui servent à l’irrigation. Belle aubaine pour le lieu.

            Nous visiterons ensuite la casbah, les chambres simples, mais agréables, climatisées naturellement, avec plafond décorés, s’ordonnent autour d’un immense patio à arcades roses.  Le site est classé monument DSC_9467.JPGhistorique au patrimoine du Maroc. Donc avec le concours d’universitaires allemands spécialisés dans la construction traditionnelle (qui permettent en même temps de former des marocains), une aide précieuse et peu couteuse, Gaëlle et son mari continue à restaurer la casbah familiale.

            Cette casbah date de 150 ans, y vivaient à l’époque 200 personnes et chaque groupe de femmes, par tranche d’âge, avait son rôle dans les travaux domestiques, mais il y avait changement toutes les semaines pour éviter les conflits. Actuellement il n’y aurait que 16 personnes, 9 enfants et 7 adultes. Les appartements étaient attribués en fonction du nombre d’enfants, ils restaient avec leurs parents jusqu’à l’âge de 7ans, après tous les enfants dormaient ensemble et vers 12 ans, à l’âge de la puberté, les garçons et les filles étaient séparés.

            A l’étage supérieur nous pourrons voir le bureau du Caïd orné de riches faïences et de la terrasse DSC_9479.JPGnous admirer le Djébel Kissane qui se détache au dessus de la palmeraie et de la vallée du Draa.

            Une après midi cool pour tout le monde, les relax sont fort utiles. Les plus courageux iront en ville, faire de petits achats car les légumes ne sont pas très beaux, espérons mieux demain, jour du souk hebdomadaire. Barbel et Huguette achèterons des œufs, voici donc deux DSC09410.JPG« cocottes » parmi les œufs….. Devinez qui a pris cette photo insolite......

Je crois que vous avez tous trouvé, c’est notre ami Jack, bien sûr….

            Le trajet ne fût pas très long contrairement aux apparences, au retour avec discuté avec de charmantes marocaines rentrant des champs sur une charrette, puis avec des jeunes filles sortant du collège. Je ne sais pas si c’est notre tenu vestimentaire qui les amusait mais en tout cas elles riaient de bon cœur en nous voyant.

           C’est devant le traditionnel apéritif que nous regarderons tous ensemble « Plus belle la vie ».

  DSC_9480.JPGDSC 9486

                    La casbah

            

                    La piscine du camping




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   Occupations de camping-caristes


             




             11 mars

 

            Ce matin encore, vers 4h30, du haut de son minaret le Muezzin lance son chant monocorde pour appeler à la prière. Cette dernière consiste à réciter un verset du coran, peut être faite n’importe où, mais il faut être tourné en direction de la Mecque, c’est l’un des cinq piliers de l’islam. C’est un peu dérangeant pour certains, personnellement à cette heure là je suis très souvent dans les bras de Morphée et cela ne me perturbe nullement.

            Les bobos de certains disparaissent, d’autres commencent, mais rien de grave.

            Ce matin c’est le souk au village, direction Zagora. Les trois « nanas » courageuses iront donc faire leurs courses sous la surveillance de Lucien…. Certains préférant le repos ou le « papotage »….

            DSCN9312.JPGCe souk hebdomadaire est presque une ville éphémère où se mêlent odeurs et couleurs. Dans un « désordre organisé » chaque vendeur s’installe sous de petites toiles où à même le sol surtout pour les fruits et légumes. Très tôt ce matin à dos de mulets ou d’ânes, les hommes sont venus vendre leur surplus de production, où le troquer contre des produits manufacturés comme l’huile , le thé, devant le souk verrons donc un parking improvisé que nous n’avons pas l’habitude de voir, un parking  pour nos amis à quatre pattes et leurs charrettes.  

            Les vendeurs sont regroupés, d’abord le souk aux moutons, puis aux vaches, les vendeurs d’épices, d’olives, les bazars avec leurs lots de babioles à trois sous, puis protégés sous des canisses les vendeurs de poissons avec leurs cagettes bien remplies mais contenant aussi de la glace.DSCN9309.JPG

            Nous faisons notre tour cherchons les meilleurs légumes, point de salades, nous sommes un peu en manque, achetons épices, olives.

            Il y a beaucoup de monde, nous voyons aussi des européens, qui comme nous font leur marché. Certaines  personnes qui viennent de loin profitent de cette occasion pour régler leurs problèmes administratifs ou financiers. En effet, ce matin, avons fait la queue pour le change tant il y avait de monde, des hommes surtout. Le taux sera le même que les fois précédentes à 10,989, contrairement à ce que l’on nous a dit avant-hier à Tazzarine.

           DSCN9315.JPG Chargés comme de petits bourriquots, rentrerons sous un soleil ardent au camping, le chemin du retour nous semble bien long, il est vrai que le souk était à l’extérieur sur la route de Zagora. En route serons guidé par nos nez……  une bonne odeur de gâteaux emplit nos narines. Nous rentrerons donc dans une toute petite boutique peu éclairée, Lucien en tête….. gentiment l’on nous fera déguster des sablés chauds, le tout à 50dh le kilo soit 4,6€. Voilà donc de quoi satisfaire les gourmands, je ne citerai pas de nom, ils reconnaîtront…..

           


DSCN9316p.JPGDSCN9318.JPG



Deux délicieux tajines et

     une excellente pastilla




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Tout va très bien, ce midi mangeons au restau du camping, face à la piscine. Après une salade marocaine chacun a choisi son plat principal : tajine au poulet pour Barbel et Jack, tajine au bœuf pour Brigitte et Lucien quant à nous avons préféré la pastilla,  excellente et très copieuse, dommage elle n’était pas suffisamment chaude. Gaëlle vient voir si tout va bien et nous fait amener le thé à la menthe.

           DSC09422.JPG L’après midi sera encore reposante pour tout le monde. Confortablement installée sur mon relax mi-ombre mi- soleil je resterai là rêver les yeux rivés sur les palmes des dattiers qui s’agitent doucement sous la brise légère avec en toile de fond un ciel d’azur où des petits nuages blancs et cotonneux s’effilochent. Que du bonheur de camping-caristes retraités qui ont le temps « de prendre du temps ». Quand on connait la météo et les températures en France on est doublement ravis, soleil et températures agréables sont devenus notre quotidien depuis pas mal de jours.

            Le soleil calme ses ardeurs Barbel, Paul et moi-même allons dégourdir nos jambes, la vie trop sédentaire ne nous convient pas vraiment et avons besoin de bouger un peu pour calmer nos vieilles douleurs récalcitrantes. Passerons entre les deux casbahs et filerons dans la magnifique palmeraie très verdoyante au gré des CSC_9525.JPGsentiers. C’est un labyrinthe, un véritable havre de paix avec ses jardins  ombragés et ses  palmiers où il très agréable de flâner. Nous irons même jusqu’au  Draa qui roule encore une boueuse et notre vue s’arrêtera sur le majestueux djebel kissane qui se dresse fièrement en obligeant ce puissant oued à faire un coude avant de poursuivre sa course.

 

DSC_9503.JPG         




        
            12 mars

 

            C’est Gaëlle qui nous reçoit ce matin, ma note tiendra compte du fait que je suis forumiste, plus une petite diminution car j’avais déjà visité la casbah il y a deux ans, très commercial tout cela. L’accueil était parfait, le lieu idéal par ce beau temps. Nous reviendrons…

            Le premier arrêt sera deux kilomètres plus loin, en ville, pour acheter eau et des produits de dépannage. Le deuxième sera seulement à la sortie de la ville à la station service pour faire les pleins de GO, gonfler les pneus ou encore donner un coup de soufflette dans la cheminée de notre frigo.

            Fort heureusement nous n’avons pas l’intention de faire beaucoup de distance ce jour. Nous roulons tranquillement entre les deux djebels aux teintes splendides allant du marron au violet en passant par toute une palette intermédiaire.  De temps à autre des palmiers tentent de survivent dans ce milieu sec et austère. Bien que ce lieu soit un lieu de désolation sans habitation le paysage est magnifique et changeant, une mer de collines à l’horizon infini.

          DSC 9529  La vallée se resserre laissant juste la place à une route tortueuse qui s’élève progressivement vers les mille mètres.  De gros troupeaux paissent une herbe rare, brûlée par le soleil ardent.

            A Bou Azzer nous pourrons voir la mine de cobalt qui occupe une grande place dans la vallée, d’un côté des habitations modestes en pisé, à toit plat avec des branchages, de l’autre côté des petites maisons coquettes aux toits de tuiles rouges. La vue s’entend au loin sur l’Atlas enneigé.

           



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Un petit incident qui aurait pu tourner au drame. Alors que nous allions stationner sur un terre plein, à droite, clignotant allumé, un motocycliste, après avoir doublé des deux camping-cars qui nous suivaient, à tenté de nous dépasser par la gauche. L’accident a été évité justesse grâce à ses bons reflexes. C’était un jeune instituteur qui reconnu ses torts.

            Nous avons peu roulé mais il est l’heure du repas, installés dehors au milieu de nulle part nous apprécierons notre pastilla chaude cette fois, d’ailleurs encore meilleure réchauffée.

            DSC_9546.JPGNotre route vire presqu’à angle droit à gauche laissant ainsi la direction de Ouarzazate. Malgré l’austérité du coin il est d’une beauté saisissante, des plissements tourmentés (parfois en forme de tarte aux pommes), des collines arrondies des pics acérés et déchiquetés et une multitude de couleurs.

            Là un village isolé où les maisons en pisé se confondent avec l’ocre de la terre, peu d’agriculture, juste une minuscule palmeraie. La première chose qui me vient à l’esprit : de quoi peuvent vivre ces pauvres gens ? Cela m’interpelle toujours, mais sans doute vivent-ils aussi bien que nous sinon mieux, sans futilités mais avec l’essentiel pour subsister.

            L’oued Ouhmidi, que l’on imagine fougueux tant il a fait des ravages, est presque à sec, l’eau se perd lamentablement dans le sable. La route en réfection nous oblige à prendre une déviation qui traverse l’oued puis le suit ; Il n’y a que peu d’eau mais les enfants nous guident afin que nous traversions correctement, pour une fois ils sont agréables, pas de même un peu plus loin….

            Encore un petit incident de parcours, les enfants, toujours les enfants…. Voilà une fronde qui dégaine, Brigitte et Lucien entendent un grand choc. Arrêt immédiat, mais les enfants sont déjà loin….Plus de peur que de mal, en réalité on ne retrouve pas l’impact. C’était à Lamhabid deuxième village avant Foum  Zguid. Quelques kilomètres plus loin la gendarmerie est confortablement installée au bord de la route. Nous leur signalons les faits, ils prennent cela à la rigolade étant donné qu’il n’y a pas de vitres cassées. « Ce n’est pas grave, Madame », diront-ils avec flegme à Brigitte. Que faire porter plainte mais pas d’impact visible, peut être le trouveront-ils lorsque le cc sera passé au lavage…. Nous repartons de mauvaise humeur….

            Une petite descente s’amorce et nous voilà à Foum Zguid, la ville semble à l’écart du tourisme, une ville indolente, à demi déserte, où il fait chaud en cette fin d’après midi.DSC 9564

            Installation au camping Khaïma Parc, dans la palmeraie. Etalée, au soleil, les yeux rivés sur un livre je me prélasserai.

 

            13 mars

 

            Voilà un mois que nous avons passé la frontière, et oui un mois déjà. Nous avons perdu un peu la notion du temps, des jours qui se passent presque sans repères, sans dates. Le temps file si vite qu’il semble nous échapper….

            Cette nuit fût agitée, les rafales étaient si fortes que notre chambre à coucher tanguait…elles ont rythmé notre sommeil. Au lever c’est déjà la chasse aux mouches elles sont nombreuses et virevoltent méchamment.

            Une nouvelle belle journée qui s’annonce, à 8h30 il fait déjà 18°. Nous partons comme d’habitude, sans précipitation encore une journée où nous ferons peu de kilomètres.

            C’est une immense plaine désertique et monotone qui s’offre à nous, puis des dunes de sable clair font leur apparition, enfin nous roulons dans une steppe où seuls quelques arganiers bizarres tentent de braver le temps. Comme dit Jack on se croirait dans la savane, mais là hélas point d’éléphants, point de zèbres, point de girafes ou d’autres animaux tropicaux, seuls de petits oiseaux voltigent et jouent à rase motte devant les camping-cars.

            Au loin l’on distingue une grande palmeraie qui dressent ses palmiers sur fond de montagne rocailleuse et Tissint, une petite bourgade rose avec des arcades comme dans beaucoup de ville au Maroc. DSC 9579  DSC_9584.JPG  Les cascades d’Atiq sur l’oued Tissint,  un lieu agréable, plutôt surprenant, avec un mini lac aux eaux bleues et des palmiers. Dans les rocailles et dans le sable poussent de nombreux câpriers.

             C’est ici que subsiste la maison délabrée où séjourna Charles de Foucault en 1883. C’était un officier de la cavalerie qui entreprit une reconnaissance du Maroc. Déguisé en juif, muni « d’un cahier de 5 centimètres carrés et d’un crayon de 2 centimètres » il parcourut le Maroc. Les connaissances géographiques rapportées lui valurent une médaille d’or. Trahi par l’inobservance d’un rite il dût passer en Algérie où il fut assassiné.

           DSC 9592 Le village d’Akka Igurn réparti ses maisons de pisé au dessus de l’oued et d’une petite  palmeraie. Des villageoises  sont dans l’oued entrain de laver. Plus loin la terre blanchâtre, curieusement plissée constitue un étonnant paysage lunaire où coule l’oued Tissint. Notre route se poursuit ensuite sur un plateau désertique.

           DSC_9600.JPG Peu après, posé sur la palmeraie

 

 






Tata surgit dans un paysage jusque là très minéral entre le djebel Bani et l‘Anti-Altlas.

            Tata est pour nous méconnaissable, c’est une grande ville moderne, écrase par le soleil, avec de grandes artères propres,  souvent à angle droit, parfois démesurément larges, avec de nouveaux bâtiments et des jardins.

           DSC_9608.JPG Installation au camping municipal, en ville, mais comme d’habitude surpeuplé. Nous sommes un peu comme dans une boite à sardine, l’on peut se toucher la main par la fenêtre, pour une nuit ce n’est pas très grave, de plus n’avons pas le choix, mais sommes côte à côte. Fort heureusement avons tout le confort chez nous…..

            Chacun s’occupe à sa façon, lecture, tv, blog, mots fléchés ou sodokus.

 

 

            14 mars

 

           DSC 9621DSC 9623 Ce matin nous avons décidé d’aller à Agadir Lehne, ce village à la particularité de posséder une « horloge à eau » très ancienne qui permet de déterminer le nombre d’heures pendant lesquelles chacun peut arroser sa parcelle. C’est une bassine en poterie remplie d’eau et d’un bol en laiton percé à la base. Ce dernier est graduée en quart, demi et trois quarts d’heure, lorsqu’il est plein une heure vient de s’écouler. Et à chaque heure un nœud est fait à la corde. C’était un comité de sept sages qui déterminaient le temps d’arrosage par parcelle, ceci perdure encore de nos jours. La nuit l’eau remplit un bassin et dès 5heures du matin on met l’horloge en fonctionnement, jusqu’à la nuit. Ce sont deux chibanis très aimables qui ont tenté de nous expliquer tout cela dans un français très approximatif.

             Nous sommes envahit par des hordes d’enfants, pas trop insistants mais que les hommes éloigneront. CSC_9635.JPGDes femmes, aux tenues colorées, avec un voile noir cachant même leur visage, viennent des champs avec de lourdes charges sur leur dos où sur leur tête. Certaines nous salueront. Difficile à immortaliser ses scènes d’un autre siècle.

            Plus au nord nous irons voir les grottes de Messalite, à cet endroit l’oued Tata formait une très grande chute d’eau, lors des changements climatiques le débit c’est réduit et les alluvions ont durci. L’eau de pluie occasionnelle a ensuite érodé la roche en  creusant des grottes.DSC09515

            Le paysage est de toute beauté, grands plissements aux couleurs allant de l’ocre au violet en passant par le rouge. Des jeunes filles viennent nous causer, profitant de notre pause café Jack, leur offrira des gâteaux.

            Nous côtoyons des palmiers rachitiques qui luttent contre une sècheresse persistante depuis de nombreuses années, espérons que les dernières pluies importantes leur seront bénéfiques.

            Nous longeons tantôt à droite, tantôt à gauche, une falaise aux roches noirâtres dont le sable roux vient leur lécher les pieds.

            Repas de midi sur une belle plateforme, près d’une palmeraie, des enfants, puis des adolescents viennent quémander, mais devant notre refus catégorique partiront tranquillement en nous disant au revoir.

            Notre route caracole dans une plaine aride, une immensité désolante et monotone où l’on se sent tout petit dans cet univers sauvage, loin de la civilisation et des touristes. Puis ô miracle un petit coin verdoyant, ce n’est pas un mirage, mais une réalité, juste un champ de céréales et puis plus rien sauf quelques acacias aux grandes épines leur permettant ainsi de s’adapter aux dures variations climatiques.

           DSC05499.JPG Arrivée à Icht, au relais Borj Biramane, très bien tenu, très propre où l’on se sent bien. Ici c’est le passage entre l’anti Atlas et le grand sud Saharien. Les plus courageux iront faire un petit tour au village, avec ses rues couvertes et dans la palmeraie.

 

            15 mars

 

            Paul l’un des propriétaires vient nous voir et discuter avec nous, il est d’ailleurs très critique vis-à-vis des marocains, un peu surprenant.

            Nous prenons notre temps, rien ne presse, nous n’allons qu’à Amtoudi. Nous longeons une barrière montagneuse aride, dans le lointain se profilent des collines d’un bleu laiteux, plus ou moins sombre en fonction de l’éloignement.

            C’est notre première rencontre avec de grands troupeaux de dromadaires, avec de nombreux petits qui tètent encore leur mère. Ils mangent avidement des épineux que nous n’oserions même pas approcher.  Ces vaisseaux du désert ne sont pas très beaux ni très gracieux, c’est malgré tout une bonne bête, connue DSC_9675---Copie.JPGsurtout pour sa sobriété et son endurance. C’est un bien précieux d’Allah, si les camions s’enlisent dans le sable, lui jamais, son lait est beaucoup plus riche que celui des vaches, c’est souvent la nourriture essentielle des nomades et sa chair fait le délice des amateurs, si elle est bien cuisinée. Son poil peut être utilisé pour fabriquer tapis et couvertures, son crottin comme combustible. Sa marche lente et chaloupée, la progression dans le silence des pas qui foulent le sable en font un animal sympathique qu’il est parfois agréable de monter pour faire une randonnée reposante.

            Nous quittons la nationale 12 mais notre petite route est bien dévastée, sans doute par les dernières intempéries. Certains passages sont étroits et difficiles, sommes souvent obligés de faire un tour dans l’oued, les ponts sont emportés. Comment ne le seraient-ils pas, il y a si peu de passage pour l’eau qu’elle entraine tout avec vivacité lors des grosses précipitations, les routes sont très fragiles construites à même la terre avec seulement deux centimètres de goudron, comment pourraient-elles résister aux montées subites et intempestives de l’eau.

            Au bout de cinquante kilomètres nous arrivons dans un petit cirque rocailleux admirable où trône l’imposant agadir It Aïssa et à ses pieds la palmeraie luxuriante dans la vallée supérieure de l’oued Sayad. Un petit bout du monde exceptionnel comme je les aime et où il fait bon se promener.

            Installation au camping auberge Ad Aïssa, il ya déjà pas mal de monde et l’accueil n’y est plus chaleureux, on se demande si on est les bienvenus. Le gérant nous fait déplacer à cinquante centimètres près, une foutaise….

            Nous pourrons quand même manger tranquillement dehors, puis se prélasser sur nos relax en lisant ou en rêvant. Il fait bon, une brise légère rafraichit l’atmosphère.

            Vers 17h les plus courageux monteront voir le grenier collectif du XII siècle, planté sur son piton dans un décor de rêve, c’est l’un des plus beaux du Maroc. L’édifice couronne un plateau accessible par un DSC_9685.JPGsentier escarpé. Il y a des citernes, actuellement asséchées, mais grâce à elles les gens ont pu survirent durant les périodes de siège. Il est protégé par des remparts crénelés et des tours de garde. Les Berbères ont construit de tels bastions pour se préserver des razzias dont ils étaient victimes et par temps de danger les habitants des villages s’y réfugiaient avec leurs biens.

            Sur notre route rencontrerons une petite fille de 12 ans Kadija qui parle très bien le français et qui est très agréable, elle nous conduira gentiment, avec un cousin, au sommet du piton, sans jamais rien demander.

            Notre premier arrêt sera pour l’auberge « on dirait le sud » dont tout le monde vante la cuisine, nous y rencontrerons Abdoul et lui commanderons pour demain deux tajines au chevreau.

            Nous poursuivrons donc notre montée dans un sentier caillouteux mais bien marqué et notre petite guide monte allègrement avec des claquettes plastiques aux pieds. Elle nous parle de la végétation, nous chante des chansons en français. Un peu essoufflés nous atteignons le but, mais hélas le gardien n’est pas là. Nous pourrons tout de même pénétrer dans la partie ouverte d’où la vue s’étale sur toute la vallée, le canyon, le ruban vert de l’oasis et les maisons en pisé, à toit plat qui s’y blottissent.DSC_9705.JPG

            Redescendrons par un autre sentier encore plus vertigineux qui fera souffrir quelques genoux. A mi-chemin le gardien nous appelle du haut, mais n’avons nullement envie de remonter. Il semble parler sévèrement à Kadija, mais elle me dit qu’il ne l’a pas grondée, avons hélas un peu de mal à la croire, pourtant avons trainé pas mal de temps au sommet tant la vue était agréable.

            Arrivés au camping nous remercierons notre petite accompagnatrice et son cousin, ballon, bonbons et vêtements. C’est comme cela que nous voudrions voir les enfants et pas en lanceurs de cailloux….

            Brigitte et Lucien se joindrons à nous pour le repas de demain après la visite de la palmeraie et de l’autre agadir.

 

            16 mars

 

            Ce matin nous chaussons nos basquets et partons tranquillement dans les superbes gorges taillées par l’oued. Marianne, une petite fille de 10 ans tente de nous accompagner gentiment, de nous montrer les boutiques mais au village doit nous laisser pour aller à l’école.

            Nous marchons dans un superbe canyon taillé par les eaux où un long ruban vert éclatant s’étale et où de petites maisons en pisé si blottissent. La palmeraie est luxuriante et la végétation très variée.

            Bientôt apparaitra un autre agadir fortifié, plus petit,  posé sur un piton encore plus escarpé. Les DSC 9727rochers et les pierres sont par endroit d’un noir brillant c’est ce que l’on appelle le vernis du désert, elles ont été polies par les tempêtes de sable du Sahara.

            Une jeune maman avec sa petite fille ramasse des branches de palmier, nous cause et nous demande de photographier l’enfant. Ce que nous faisons volontiers.  Et voilà la petite qui, sur les conseils de la maman, vient nous demander des bonbons. Déjà à la bonne école malheureusement nous n’avons rien à lui offrir.

            Nous poursuivrons par l’oued, un peu plus difficile car il y a de gros blocs, et quelques belles gueltas aux eaux claires. Vu l’heure tardive et les difficultés nous nous retournerons.

            Nous avons réservé au restaurant « ondiraitlesud », tenu par un français où nous mangerons un excellent tajine au chevreau et à l’agneau. Une très bonne chose après notre balade.

            L’après midi sera une après midi des plus calmes, nous apprécions beaucoup nos relax et personne n’aura le courage de monter au grenier.

 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 16:50

            28 février

 

Il fait toujours très beau ici, alors qu’en France tempête et pluie font rage partout, quelle chance d’être au soleil sous les palmiers !!! 

Ce matin les accros d’internet sont à pied d’œuvre, l’une dans son camping-car, les autres sur le trottoir, devant la maison des femmes, confortablement installées sur un bureau de fortune… pour une meilleure connexion. Brigitte à toujours quelques difficultés nous allons tenter de solutionner son problème du moins provisoirement.

Repas de midi dehors où il fait bon se prélasser. Avant de prendre la route nous voudrions bien terminer nos connexions, nous ne nous éterniserons pas car le vent se lève et avec lui sable et poussière.

Nous quittons à regret ce petit coin de Maroc authentique que j’aime particulièrement, où personne ne nous importune, où tout le monde nous salue et nous demande comment nous trouvons la ville. Ils semblent très fiers d’habiter Figuig. Nous avons trouvé ici un dépaysement complet, le calme, un accueil chaleureux sous des cieux très cléments.

Le vent souffle maintenant en rafales soulevant sable et poussière, nous essuyons une mini tempête de sable. Les collines sont blafardes, comme enveloppées dans un voile léger couleur ocre. L’atmosphère est lourde presque irrespirable, nos narines s’assèchent, nos bouches s’empâtent. Les petits grains légers virevoltent, tournoient et se faufilent partout, par endroits il est presque difficile de voir la route. Ce ciel tumultueux ne laisse rien présager de bon !!!

Arrivée à Bou Arfa, installation à l’hôtel climat du Maroc où le gardien ne semble pas ravi de nous voir, un camping-car est déjà installé. La température a considérablement chuté le thermomètre ici ne plafonne plus que vers 20°.

Attendons Abdellatif qui doit passer nous voir, il rentre d’Ich. Il s’excuse, mais ne pourra venir nous le verrons demain à l’école.

 

01 mars

 

Ce matin nous avons perdu 30° par rapport à hier en seulement 100kms parcourus, surprenant !! Le soleil est bien là mais le vent nous transperce.

Nous attendons un petit instant Abdel et tentons de bavarder avec les enfants que nous avons beaucoup de mal à comprendre. Abdel s’excuse pour son retard, bavardons avec lui, lui remettons les photos et c’est le départ vers Rich.

Nous traversons un plateau semi désertique bafoué par le vent et brulé par le soleil, où seules des touffes d’épineux résistent. Pas la moindre vie apparente sauf de gros troupeaux de moutons où se mêlent des biquettes noires accompagnées de petits chevreaux bondissants. Pas la moindre habitation à l’horizon, seules des collines dénudées et quelques dunes éparses nous accompagnent.

Après plus de 40kms de cette campagne monotone et désolée l’eau doit être présente, eau source de vie : voilà quelques maisons, des arbres et de minuscules champs verdoyants, plantés là au milieu de nulle par dans un décor presque irréel.

Notre route est, par endroit, si étroite que nos chauffeurs doivent passer sur le bas côté lors des dépassements ou des croisements, la couche de goudron est si mince que les bords se délitent rendant la conduite parfois un peu délicate, fort heureusement il y a peu de circulation et nos chauffeurs sont des chauffeurs chevronnés.

Notre halte café quotidienne se fait en bordure de la route, près de tentes berbères. A notre grande surprise deux Messieurs viennent nous saluer, nous demander comment nous allons et repartent tranquillement chez eux.

Traversons l’oued Zelou qui coule paisiblement et un long ruban de verdure suit son photos-9031.JPGcours. La route est longue et monotone, un troupeau de dromadaire viendra l’égayer.

Ce n’est qu’après plus de 130kms que nous rencontrons un gros bourg entouré de verdure, beaucoup d’enfants dans les rues, les filles souvent en blouses blanches, beaucoup de sourires et de saluts amicaux, ici pas de gestes déplacés, comme dans certaines régions.

Repas de midi dans ce désert austère. Nous sommes les seuls à manger dehors sans doute parce que j’apprécie particulièrement les doux rayons de soleil qui caressent ma peau et la brise qui chatouille mes narines. Devant cette immensité un sentiment de paix et de liberté m’envahit… Les yeux rivés sur l’infini, je pourrai, rester là des heures à rêver.

Boudnid est une grande ville, une vraie fourmilière grouillante d’enfants, les toutes petites filles portent des blouses roses.

Nous quittons la nationale 10 pour la direction de Rich et notre petite route s’élève rapidement au bord de l’oued Guir qui coule entre de magnifiques falaises, nous faisons de CSC_9066.JPGnombreuses haltes photos. Ici et là des palmiers bordent l’oued, puis apparaissent de magnifiques palmeraies fort bien cultivées. C’est un décor de rêve que nous apprécions.

A Tazouguerte, un petit village, une petite gamine, haute comme trois pommes,  lance des graviers sur le camping-car de Jack et Barbel, n’avons pas même le temps de réagir elle est rentée à la course chez elle. Espérons que cela ne va pas recommencer, sinon nous allons réagir. Un peu plus loin certains tenteront de nous barrer la route avec de gros fils noir. Ah ces enfants !!! A Kadoussa, tous les garçons sont dans la cour de récréation et tous en blouse bleue, nous l’avons échappé belle….

De près ou de loin suivons toujours l’oued qui scintille au soleil. Des peupliers parés de leur robe de printemps vert tendre se mêlent aux feuillages sombres de palmiers et au vert argenté des quelques oliviers, créant ainsi une symphonie de vert très agréable.

Un passage d’oued un peu difficile, le pont est en construction nous devons le P1050317.JPGtraverser  mais il y a environ 30cm d’eau et le sol est sablonneux. Nos chauffeurs hésitent, vérifient l’état des lieux et finalement  décident de passer. Nous avons failli sortir nos bouées…. Pas de problème.

L’entrée de Gourama est infecte des « corbeaux » partout maintenant il y  aussi des « tourterelles » et des « pigeons » (en effet depuis peu il y a des sacs plastiques blancs et gris).  C’est aussi cela le Maroc, le bien peut côtoyer le mal….Malgré tout beaucoup de progrès depuis notre premier séjour en camping-car en 2004.

Dans le lointain se profile le Djebel Ayachi avec ses pics enneigés. Progressivement l’altitude s’élève atteignant les 1400m, la végétation change, des conifères font leur apparition.

Arrivée à Rich après plus de 300kms, Rich est une grosse bourgade qui étale des maisons saumon aux pieds des plissements calcaires du Djebel Bou Hanid. Nous élirons domicile, sur une place près de la protection civile, donc sous haute protection, le lieu semble très calme

 

02 mars

 

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, la pluie à tambouriné presque toute la nuit rythmant ainsi notre sommeil et tombe toujours ce matin.

Rien ne presse, nous prenons notre temps, aujourd’hui sera une journée cool…. Nous décidons de nous arrêter et de tenter de capter la TV pour voir « Plus belle la vie », peine perdue, elle reste muette. Les enfants vont à l’école, mais on entend « donne moi un stylo, donne moi un dirham, donne moi un dollar » et ils commencent à devenir un peu agressif, c’est alors que je sors l’appareil photo et les voilà qui partent comme une volée de moineaux après le coup de fusil d’un chasseur. 

Le ciel est menaçant et bas et le brouillard enveloppe généreusement les cimes des djebels. Le Ziz, boueux zigzague paresseusement. Né dans le djebel Ayachi le Zig est un oued typiquement saharien, le plus souvent à sec mais susceptible de crues terribles, il arrose le Taflilat avant de se perdre dans les sables du côté de Taouz, après un cours de 200 kms.
        DSC_9094.JPG                                                             Il creuse des gorges profondes et impressionnantes, ce passage étroit était, par le passé, un passage stratégique. En effet en 1930 les légionnaires, armée de pioches ont creusé, à la sueur de leur front, le tunnel du légionnaire. Cet oued fort sensible aux caprices du temps donne vie à un chapelet d’oasis jusqu’à la grande palmeraie du Tafilat vers Erfoud. Les gorges sont magnifiques même sous la pluie et cette route nous conduira en deux jours aux portes du désert. La route en corniche plonge dans les eaux boueuses de l'oued qui contrastent avec le rouge des roches. Le paysage est sublime malgré le temps. De petits villages en torchis se confondent avec la roche, seules de grandes taches vertes se détachent.

Le Ziz, peu avant Er Rachidia, est retenu par un grand barrage, le barrage Hassan Addakhil, qui est sensé le réguler, évitant ainsi les inondations dans les villages du cours inférieur. Ce lac, malgré la pluie qui tombe abondamment et le ciel noir, est bleu pétrole. Nous regrettons vraiment l’absence de ce soleil si généreux les jours derniers.

A la lisière du haut Atlas Er Rachidia est une grande ville moderne en pleine expansion, c’est un chef lieu de province, une capitale administrative crée par la France en 1916. L’armée marocaine est le principal employeur de la ville.

Après une vingtaine de kms vers le sud, à la lisière de l’oasis du Ziz se trouve la source bleu de Meski qui nait dans une cavité rocheuse et  alimente une piscine construite DSC_9115.JPGpar les légionnaires dans les années cinquante. Vu les pluies récentes qui viennent de tomber le camping est fort boueux, mais le lieu est agréable et de la falaise qui surplombe la palmeraie on a un beau point de vue sur l’oasis, la vallée et le vieux ksar abandonné de Meski.

Après cette route austère de hamada, la vallée du Ziz apparait comme un large ruban vert qui contraste avec l’aspect désertique du relief tabulaire qui l’encadre. De vieux villages en pisé, aux maisons cubiques, aux toits en terrasse, s’étalent tout le long de la route, ksour et kasbah se succèdent pour le plus grand plaisir de nos yeux curieux. Quelques dunes de sables roux donnent un avant goût du grand erg tout proche.

A Zoulà nous bouderons le camping Tissirt un peu trop exigu et un peu boueux et préférons continuer notre route vers Erfoud. Erfoud est une bourgade grouillante, photos-9102.JPGentourée de palmiers, c’est aussi un centre commercial, c’est l’entrée du désert et le début d’une expérience inoubliable, mystérieuse et attirante. Avec ses grandes rues rectilignes plantées de tamaris, Erfoud rappelle qu’elle fût à l’origine une garnison française crée en 1914. De nombreux et beaux hôtels, style casbahs, fleurissent le long de la route qui conduit à l’erg Chebbi.

Une dizaine de kms plus loin nous nous installerons au camping Tifina, un nouveau camping tenu par des français associé à un marocain. Un superbe camping, propre et agréable. Nous commanderons un repas servi au camping car, le tajine au poulet sera excellent.

 

03 mars

 

Le soleil est de retour et nous l’apprécions. Matinée cool, café dehors confortablement installés et saines occupations de camping-caristes. Depuis plusieurs photos-9152.JPGjours des odeurs de gaz se dégagent des grilles de nos frigos, ce matin est donc propice au ramonage ou au bricolage sur l'antenne. C’est sans doute le butane qui est la cause de ces petits désagréments.

Luc vient discuter avec nous, il est très agréable et fort sympathique, il parle de couscous, donc nous en prévoyons un pour ce soir.

Bien qu’un peu collant, Echatri vient nous proposer ses sorties en 4X4. Papier et crayon à l’appui il nous décrit le circuit qui part de Tifina. Nous demandons un peu de réflexion. 1500 dh pour le 4X4 quel que soit le nombre de personnes, en l’occurrence nous sommes six. Le trajet nous convient et le prix aussi, nous ne le discutons même pas, une fois n’est pas coutume.

Le départ se fera donc demain à 9H du camping et retour vers 17H. Nous allons donc rester deux nuits supplémentaires ici. C’est aussi cela le Maroc, rien n’est réellement programmé, même si nous avons tissé un fil conducteur. Il faut laisser place à l’aventure et à l’imprévue. C’est comme cela que je conçois le voyage dans un pays où « les gens pressés sont déjà morts » calmement au gré de nos coups de cœur.

Le camping est très agréable, très propre, avec des emplacements spacieux bien délimités possédant des prises électriques,  pour le moment sans ombre, mais cela n’est nullement gênant car en plus certains possèdent une petite pergola, une table et parfois une arrivée d’eau. Il est conçu en matériaux traditionnels : le pisé qui est isolant thermique très apprécié sous cette latitude. Les douches sont très grandes équipées en plus d’un grand lavabo en pierre d’Erfoud, incrustée de fossiles, les sanitaires sont propres, les bacs à linge sont alimentés en eau chaude, il y a aussi machine à laver, étendoir et une vrai aire de vidange pour les camping-cars. C’est le luxe aux portes du désert avec en plus un accueil très chaleureux.

Après midi Luc nous amène en ville en 4X4, dans un super café où l’on peut se connecter à Internet. Confortablement installés à l’ombre des palmiers, les trois « nénettes » surferont patiemment en sirotant un excellent thé à la menthe. Un petit P1050350.JPGincident de parcours, à noter tout de même, heureusement sans gravité, Brigitte s’assied sur le coussin débordant et « patatras », la voilà au sol. Sur le coup, elle est, comme l’on dirait dans le midi « toute estourbie ». Elle va avoir quelques beaux hématomes et quelques douleurs supplémentaires, dès ce soir. Comme nous voudrions prolonger notre surf, Luc s’en va et passera nous reprendre tout à l’heure.  Ce n’est donc que quelques heures plus tard que l’on viendra nous chercher. Cela est fort appréciable. Quel accueil !! Nous reviendrons.

Le coucher du petit disque d’or est magnifique, il se cache rapidement derrière deux minuscules mamelons laissant ainsi un ciel rougeoyant pendant de longs instants.

Ce soir couscous au poulet, très bon aussi et oranges à la cannelle. Bravo Luc.

 

04 mars

 

DSC_9175.JPGA 8h45, notre chauffeur, Hassan, est déjà là, rare pour un marocain d’être en avance sur l’horaire. Partons donc sur Erfoud, arrêt pain pour notre casse croûte de midi et café pour notre conducteur, passons vers le petit marché couvert, le souk aux moutons, traversons le Ziz et continuons à rouler sur le goudron. De grands cairns bien pointus, placés sur tous les mamelons, délimitent la première carrière de fossiles. Après 17kms de goudron empruntons une piste bien roulante pour aller voir une autre carrière, personne ne travaille, nous verrons de gros blocs brut qui servent à la fabrication des divers objets. La masse rocheuse remplie de fossiles s’étend sans discontinuer d’un seul bloc jusqu’à la frontière Algérienne. Les vendeurs de fossiles voyant un 4X4, synonyme de touristes et d’acheteurs éventuels, arrivent à vélo ou mobylettes. Mais Hassan veille afin que nous ne soyons pas importunés, il est vrai que nous n’aimons pas trop être harcelés.

Dans cet hostile désert de pierraille, à l’aire primaire s’étendait une mer chaude et il y a quatre cent cinquante mille ans y vivaient des goniatites, des trilobites et des orthocères d’où la présence de fossiles.

La hamada n’a plus de secret pour nous : immensité plate, morne et grisâtre dont la surface est parsemée de millions de cailloux noirs, parfois une minuscule dune vient troubler cette monotonie. Mais au fil des kilomètres, sur notre droite s’étale l’erg Chebbi et ses magnifiques dunes orangées ou roses dont la couleur varie en fonction de l’éloignement. Le paysage devient magnifique et cette sortie me plait particulièrement, j’aime ce désert qui me fascine, j’aime ce sable roux, doux et changeant et je me sens toute petite dans cette immensité, mais en parfait accord avec ce lieu magique. A notre gauche on aperçoit le rebord de la hamada du Guir située pour la plupart sur le territoire Algérien, où se dressent des postes militaires.

DSC_9193.JPGNous faisons de nombreuses haltes photos et en même temps Hassan nous montre des oignons sauvages qui poussent dans au milieu des cailloux où dans le sable, ils sont fort difficiles à arracher, mais gentiment Hassan le fait pour nous. Des Canadiens viendraient les ramasser et parait que cela se vent 100dh le kilo dans les grandes villes. Nous allons goûter cela dès demain.

La petite oasis de Tisrdmine n’est qu’un village militaire entourée de verdure, un poste de garde marocain se dresse sur la colline. Il n’est là que pour la sécurité touristique, les militaires ne resteraient  en poste qu’une semaine afin d’éviter tout échange avec leurs collègues Algériens.

Notre piste passera par l’oasis aux dromadaires, endroit où pousse l’herbe plus ou moins épineuse et où les chameliers amènent paitre leurs animaux.

Une nouvelle halte vers les nomades, les vrais, ceux qui ne sont pas là pour le business ou le folklore, sera l’occasion de boire le thé sous une tente berbère, de voir DSC05321.JPGfaire cuire le pain rond contre les parois d’un petit four à bois en terre cuite. Je ne résisterai pas à donner une peluche aux deux petits enfants présent, mais cela ne semble guère les intéresser. Hassan nous précise qu’ils ne savent pas jouer avec, effectivement d’autres peluches trainent à même le sol ou sur le toit de la petite maison carré en pisé. Des branchages d’épineux posés sur des piquets à soixante centimètres du sol servent d’abris à beaucoup de petits chevreaux qui veinent de naitre.

Nous continuons par la piste, (Brigitte à mis ses deux ceintures de …… l’une autour du cou, l’autre autour de la taille pour éviter les secousses, bien que notre chauffeur conduise de façon irréprochable) pour atteindre le village des Français (Mifis). Seules quelques maisons sont occupées par des militaires dont le poste de garde se trouve juste au dessus. Ce village en deux parties, l’une toute simple pour les ouvriers, l’autre beaucoup plus cossue pour les chefs, a été construit lors de l’exploitation des mines de plomb qui se situent un peu plus haut. Ces dernières ainsi que la plupart des habitations tombent en ruines. Nous pourrons voir les entrées des galeries, trous dans la nature sans protection.

 Après un passage sablonneux, passé sans encombre, une belle halte photo s’impose, nous voulons profiter encore un dernier instant de cette vue étrange et mythique des dernières dunes magnifiquement sculptées par le vent qui rougeoient sous le soleil. C’est un petit coin magique, c’est l’envers du décor de Merzouga (ci-dessous) où il y a encore peu de touristes et où il fait bon flâner.

  

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Nos estomacs commencent à crier famine, il est près de 13h30, nous arrivons au village africain des gnaouas, descendants d’esclaves soudanais. Depuis notre passage en 2004 le lieu a vraiment changé, la petite école est toujours là, mais sur la place des tentes berbères sont installées avec des tables pour recevoir les touristes, le lieu est propre. On nous offre le thé de bienvenue et nous mangeons nos casse-croûtes.

Après le repas sommes invités « aux pigeons du désert » où les africains donnent DSC_9234.JPGleur petit spectacle. Ils jouent du tambour ou du crotale (sorte de castagnette en fer faite d’une tige renflée en forme de coque à chaque extrémité). Nous participons, à notre manière, Jack et Lucien font un peu les clowns… Les gnaouas, en djellabas blanches, chantent des chants religieux en arabe et le rythme saccadé de leur musique peut conduire les danseurs en état de transe. Nous leurs laisseront quelques vêtements et quelques peluches ainsi qu’un pourboire.

Notre balade se poursuit sur la route de Taouz à Merzouga, les campings auberges fleurissent avec le flot des touristes. C’est du centre ville que nous apprécierons le mieux la dimension de la grande dune qui fait 170m de haut, mais dont la hauteur peut varier en fonction du vent. Le sable fin et fluide y créait des microreliefs aux formes douces et arrondies d’un bel orangé. C’est magnifique mais il faut déjà partir.

Traversons le village pour nous diriger vers le lac Dayet Srgi qui a beaucoup d’eau depuis 2006, date où Merzouga a connu une catastrophe suite à un très violent orage 005.JPGtombé dans la région la nuit du 27 ou 28 mai. Plus de six cents familles ont été touchées ainsi que certaines structures hôtelières, certaines ont beaucoup de mal à s’en remettre, Peu de flamands roses sur le lac, trop souvent dérangés par les 4X4  ou les mobylettes des vendeurs de fossiles attendant un hypothétique client. Hassan, en chauffeur attentionné, nous conduira de l’autre côté du lac pour que nous puissions l'admirer avec en toile de fond les dunes prenant une teinte ocre en cette fin d’après midi.

Après quelques kilomètres parcourus sur le bitume en direction de Rissani nous retrouverons la piste pour atteindre Erfoud. Ainsi « la boucle est bouclée »…

Un arrêt à la fabrique de pierres fossilisées nous apprendra comment des grands blocs que nous avons vu ont été transformés en divers objets, le tout artisanalement, notamment des tables et des vasques. Nous verrons de très belles pièces, un peu foncées à notre goût.

Retour au camping, Hassan très bavard nous a parlé en toute simplicité de ses ressentis sur la Maroc, a fait le maximum pour nous satisfaire et nous éviter le harcèlement des vendeurs de fossiles qu’il à éloigné discrètement. Nous l’en remercions. 

Voilà une journée bien remplie, très enrichissante et appréciée de nous tous.

 

 

05 mars

 

Ce matin c’est sous la tonnelle que nous prendrons thé, café et petits gâteaux, sous un ciel mitigé et une température très agréable 21°.

Départ vers d’autres lieux, départ pour le désert…. Ce matin c’est Jack le chef de file et Lucien le petit dernier. Nous roulons d’abord sur une route bordée de tamaris puis dans une agréable palmeraie luxuriante ou circulent quelques beaux tracteurs, laissant supposer de grandes exploitations

 

 

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  La porte de la ville

 

  

 Un petit arrêt à Rissani, toujours le même problème avec des jeunes qui s’improvisent gardiens et qui n’en sont pas… Peu fréquentée par les touristes la ville a gardé son authenticité. Nos hommes restent aux camping-cars et nous partons en ville faire les courses dans le souk, peu vivant ce matin et dans les ruelles semi couvertes avons beaucoup de mal à trouver nos légumes, mais les commerçants sont très agréables.

La plupart des femmes sont en habit noir et très voilées, souvent seul un œil est visible, rien ne semble avoir changé depuis notre dernier passage. Les saluts sont presque inexistants, on se sent un peu intrus.

Nous avons décidé de prendre le chemin des écoliers donc de suivre la route touristique que personne ne connait. Notre route très étroite louvoie dans une immense palmeraie, traverse de nombreux ksour dépeuplés, parfois en ruine, des casbahs à DSC_9262.JPGl’abandon. Mais partout des hordes d’enfants qui nous suivent, nous hèlent et montent même sur les marche pieds de nos camping-car nous obligent même à descendre tant il y a des risques, d’ailleurs les filles sont parfois plus virulentes que les garçons. Le ksar Oulad Abdel Halim est un des mieux conservé et des plus beaux du Tafilet.

Deux kilomètres plus loin entrons dans le village de Moulay Ismaël où se dresse le mausolée de Moulay Ali Chérif. Nous sommes vendredi, c’est l’heure de la prière, nous nous installons sur la place pour manger mais les enfants tournent autour et réclament, stylos, bonbons ou dirhams. Cela commence à devenir très pénible, mais ne cédons pas. Dès que les adultes sortent les enfants disparaissent.

Nous irons visiter le mausolée, un charmant jeune homme fort élégant dans son turban jaune et sa djellaba bleu, s’exprimant dans un bon français vient nous donner P1050492quelques explications fort gentiment. Nous acceptons volontiers car il est très agréable. Le mausolée est entièrement reconstruit. Le patio avec palmiers, fontaine et zelliges est très reposant et agréable. La chambre funéraire n’est accessible qu’aux musulmans mais nous pourrons la voir depuis la porte, ainsi que la mosquée aux belles portes en cèdre coloré avec des couleurs naturelles.

 

 

 

 

 

 

 

                   Le patio du mausolée

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Notre guide prendra quelques instants pour nous faire visiter le ksar Akbar, essentiellement fait de  ruelles couvertes avec en leur centre une rigole qui sert d’égout et de longs couloirs sombres avec de temps à autre un puits de lumière. Un puits intérieur à double palan permet de monter l’eau salée dans une outre faite avec des pneus. Cette eau sert à la lessive ou au breuvage des animaux. Dans ce ksar vivent environ 150 familles, les plus aisées ont un puits personnel.

Sur les indications de notre guide mais sans insistance nous irons voir la coopérative artisanale, il se retirera sur la pointe des pieds et nous laissera faire le tour en toute tranquillité. Un whisky berbère nous sera servi par le maitre des lieux. De retour au camping-car nous retrouverons notre guide venu nous souhaiter une bonne continuation. Nous ne manquerons pas de lui donner un pourboire, nous avons été très satisfait de ses services, il a été très discret nous proposant son aide sans agressivité ni insistance. C’est comme cela que nous aimerions toujours visiter le Maroc.

Par contre les enfants sont très agressifs et nous devons nous fâcher car l’un d’eux, plus hardi se dit gardien et réclame des dirhams, ce que nous refusons d’ailleurs et cela sous les yeux de certains adultes qui ne réagissent même pas. Jack doit même descendre de son camping-car car, de colère l’adolescent a donné un coup de pied . C’est alors qu’un adulte voyant la scène l’amène par le bras.

Après Rissani la route file au milieu du désert de pierres noires où se mêle parfois un peu de sable blond, conférant au paysage une certaine âpreté, puis les premières dunes roses ou blondes de l’erg Chebbi se profilent à l’horizon donnant alors une certaine volupté.

Arrivée à Merzouga c’est une immersion saharienne avec cette étonnante barrière photos-9296.JPGde dunes offrant un dégradé de tons d’une infinie douceur.

Ici encore rien n’a changé, les rabatteurs sont encore là, à mobylette ou à pied et presque au milieu de la route…. Quand comprendront-ils que nous européens n’avons que faire de leurs agissements et de leurs sollicitations qui font souvent l’effet contraire de l’effet escompté.

Nous avions décidé d’aller à la Gazelle bleue et rien ne nous a fait changer d’idée. Nous y sommes donc installés en toute tranquillité et fort bien reçus par Mohamed, le patron.

Il est encore tôt, nous partons donc en amoureux faire un tour dans les dunes aux pieds desquelles sommes installés. C’est main dans la main, à petits pas chaloupés (comme les vaisseaux du désert) que nous foulons se sable fin qui glisse délicatement sous nos chaussures ou nos pieds nus. Quel plaisir de se laisser aller à la contemplation de ce paysage fabuleux, inhabituel pour nous, qui, même si nous le connaissons, ne nous est pas familier ou encore de dévaler les pentes à grandes enjambées. Un plaisir simple que nous savourons pleinement et qui me ressource particulièrement.

Au retour les trois « accros » d’internet, vous avez deviné qui !!! Pas besoin de les nommer !!! surferont pour donner des nouvelles en France ou encore alimenter le blog.

 

06 mars

 

Ce matin se sont les mouches qui nous réveillent tant elles sont pénibles. « Toc, toc » on frappe à la porte c’est Jack une assiette à la main qui vient nous apporter crêpes et beignets offerts par la patronne. Qu’elle gentillesse !!

 

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Le soleil semble bouder, peu importe nous avons décidé de monter sur les dunes, nous partons donc comme prévu, les petits jeunes héraultais ne semblent pas décidés nous partons donc à quatre. Suivant le conseil de DSC 9301Mohamed, affronterons la dune par la gauche, la montée, plus longue sera moins pentue et ménagera nos jambes et genoux. Un petit air frais et agréable nous accompagne.

Des nombreuses traces laissées par des scarabées bleus partent dans tous les sens, il y a aussi beaucoup d’autres traces qui s’estompent petit à petit mais ne savons pas les identifier. Difficile d’imaginer cette vie invisible mais bien réelle.

Nous pieds légers s’enfoncent délicatement dans ce sable doux et fluide, suivent la DSC_9306.JPGligne de crête, déclenchant au passage de mini avalanches qui roule doucement avant de s’arrêter.

Nous nous immergeons dans cet univers de sable fin, rose ou beige orangé qui prend au fil des heures une intensité merveilleuse car le petit disque d’or devient de plus en plus rutilent.

La montée est rude, de petites pauses sont les bienvenues, assis sur ce sable léger nous pouvons admirer ces  véritables sculptures mouvantes en forme de draperies aux couleurs changeantes.

Deux petites taches, l’une blanche, l’autre verte, chacune sur deux jambes nous intriguent….nous surprennent…  A pas lents elles avancent dans nos traces. Les jumelles DSC_9313.JPGnous permettent de distinguer clairement nos petits héraultais qui nous suivent de très près. Nous continuons notre progression et arrivons au sommet de la première dune. Barbel est très heureuse, nous aussi, elle ne pensait pas y arriver, sa ténacité a eu raison de ses douleurs. La, dans un silence total, nos regards s’égarent sur ce sable aux couleurs changeantes et se perdent à l’infini.

Nous encourageons chaleureusement Brigitte et Lucien qui nous rejoignent rapidement. Bravo Brigitte. Après une nouvelle halte bien méritée nous repartons à DSC_9324.JPGl’assaut des deux autres grandes dunes. Le plus difficile est derrière nous, nous progressons rapidement jusqu’à la plus haute. Nous savourons ces moments de liberté et de joie à six.

La descente, à grandes enjambées, face à la pente, nous procure des moments agréables et enchanteurs qui nous font oublier que la montée fût rude. Qu’il est bon de se laisser       glisser dans ce sable mouvant, tantôt chaud, tantôt froid.DSC_9346.JPG

 

Pour le retour nous suivrons la route depuis le camping de la tradition, passerons devant Ksar Sania de Gérard et Françoise, non il ne s’agit pas de nos amis Meylanais… à qui, en passant nous faisons un petit coucou.

 

 

 

 

 

 

 

Par chance nous avions commandé nos repas au restaurant. Nous n’avons donc qu’à mettre les pieds sous la table et nous faire       servir. Après une douche rafraichissante DSC07374et bienfaitrice nous mangerons harira pour les uns et super salade pour les autres. C’est un excellent couscous qui suivra, un couscous poulet aux sept légumes qui régalera nos papilles, en dessert oranges et bananes. Que du bonheur pour tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

                               Miam miam....                c'est très appétissant !!!

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Le temps du repos est venu, mais le vent forcit, le ciel s’assombrit, la pluie n’est pas loin, d’ailleurs Mohamed vient nous prévenir qu’il faut rentrer notre linge. Tout cela laisse présager une tempête de sable, mais il n’en est rien. Nous n’aurons que quatre grosses gouttes, juste de quoi salir nos camping-cars. 

 

Les « accros » du mulot se remettront sur internet confortablement installées dans la salle à manger.

Ce soir apéro chez nous, nous passons ainsi d’agréables moments à rigoler et à plaisanter.

          Demain sera un autre jour…. Nous verrons en fonction du temps et de nos envies, mais nous restons sur Merzouga. Encore un petit coin de paradis où pour l’instant il n’y a pas trop de monde.

 

07 mars

 

Ce matin le soleil est toujours au rendez-vous, vers 7H30 on tape à la porte, une main me tend une assiette avec des crêpes, je passe la tête, ce n’était pas Mohamed mais Lucien qui se cachait pour faire une blague. Nous sommes vraiment chouchoutés et l’on apprécie vraiment cet accueil, un petit déjeuner par ordinaire dans le désert.

On bavarde, on boit thé et café, on déguste de petits gâteaux. Et on part en balade dans le village et la palmeraie. Quelques enfants viennent nous saluer et demandent des « caramels » et de surcroit mou, devant notre refus ils n’insistent pas et tout se passe bien.

Plusieurs auberges font aussi camping, des camping-cars y stationnent, les lieux ont l’air très bien entretenus.

Un nouvel petit accident de parcours, une nouvelle chute…. Paul met le pied dans photos-9364.JPGune ornière et le voilà au sol, replié sur lui-même, mais avec une petite entorse. Il continue tout de même avec nous, traversons la palmeraie mais ne verrons pas la source, seulement un canal d’irrigation. Il rentrera en compagnie de Jack tandis que nous irons en ville chercher le pain et eau.

Sa cheville a considérablement enflée malgré les soins prodigués, donc après midi relax et TV.

Repas de midi dehors ombre ou soleil au gré de chacun.

Le thermomètre indique 28°  alors qu’en France, du moins en Isère il neige. Nous avons du mal à imaginer, nous qui sommes si bien ici (à la lecture de forum nous verrons que sur la côte Atlantique Marocaine il pleut). Donc restons au frais dans la salle à manger devant nos micros.

DSC_9359.JPGJack et Lucien font une partie de pétanque, Brigitte lit, Barbel et moi-même allons faire une petite balade dans les petites dunes. Le soleil commence à descendre à l’horizon, la luminosité est telle que les grandes dunes nous paraissent encore plus belles, leurs formes encore plus douces et leurs contours encore plus en relief.

Nous cheminons tranquillement vers Hassi Labied, bavardons et admirons toujours ce paysage magique aux couleurs changeantes où les quelques touches vertes des arbres s’intègrent parfaitement dans ce milieu orangé. Un petit tour dans le village où l’on nous réclame encore des caramels. C’est bien, pour l’instant, le seul endroit où l’on entend cela. Rentrons à la tombée de la nuit, ravies de notre promenade.

P1050536.JPGCe soir apéro chez Brigitte et Lucien, remarquez bien les verres, trois verres d’orange… un de coca-cola et pour les deux autres : vodka nature (et un bon verre…) et pastis. Cherchez l’erreur !!!!  pour ceux qui nous connaissent, je suis sûre que vous avez trouvé. Si vous ne trouvez pas je vous dévoilerai le secret plus tard.









 

  

 

 

 

 

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 22:48

 

 


                     BONJOUR L’AFRIQUE ET SALAM ALEIKOUM MAROCCO

13 février

 

            Après environ une heure trente de traversée nous voilà au port de Tanger, Tanger la blanche blottie sur la colline, point de rencontre entre la Méditerranée et l’Atlantique, nous contemple.

photos-0924.JPG            C’est toujours la même pagaille et l’attente se poursuit, des concerts de klaxons ne changent rien à la chose. Les camping-cars français devant nous semblent bloqués volontairement par les douaniers, en effet seuls les marocains espagnols avancent. Nos amis passent sans trop de difficulté et nous attendent à l’extérieur où nous finirons par les rejoindre. Vu l’heure tardive nous mangerons sur le parking, ferons encore un peu de change cette fois à 10,99.

            Lors de l’entrée au Maroc c’est toujours un peu le choc. Mais nous serons très vite dans l’ambiance, déjà la circulation est dense et désordonnée, des voitures, des charrettes, des mobylettes et des piétons un peu partout. Nous allons rapidement nous adapter et accepter leur devise « les gens pressés sont déjà mort ».

            Direction Tétouan. Le soleil boude, des gros nuages menaçants agrippés à la chaine de Rif laissent tomber quelques larmes qui seront de courte durée. Nous traversons des paysages alpestres où dominent les pins puis des collines verdoyantes se profilent à l’horizon, des vendeurs de palmiers jalonnent la route. Les rifaines ont revêtues le costumes traditionnel, les hommes leurs burnous.DSCN8432

                 Tout le long de la route les drapeaux marocains sont hissés, à chaque rond point les policiers veillent, un 4X4 flambant neuf sur le bas côté, nous supposons une visite royale de prévue.         

             Nous atteignons Tétouan, Tétouan la blanche accrochée aux contreforts du Djebel Dersa surplombe une étroite vallée fertile où coule l’oued Martil fort boueux en ce moment. Des champs inondés laissent présager que ces jours derniers il a du pleuvoir abondamment.

            Arrêt à Marjane pour l’installation de la clé Wana, après quelques hésitations nous l’achèterons.  L’installation sera un peu laborieuse sur le micro de Barbel, impeccable sur le mien. Cherchez l’erreur ? Nous avons le même notebook, la même config et acheté le même jour, à la même heure, dans le même magasin !!!!

            A Martil nous achèterons une bouteille de gaz bleue, puisque la plus répandue d’après Nour, 110dh tout compris. Nous longeons le boulevard de front de mer, quelques beaux rouleaux écumants se fracassent sur la plage, à l’extrême nord le cap Négro pointe son nez.

            Brigitte a pu récupérer ses messages, impossible de les envoyer… La connexion semble quelque peu problématique.  A suivre…… 

            14 février

 

            Le temps est tristounet, le ciel est gris, la température relativement douce, mais il est vrai que nous attendions le soleil……           

Ce jour est jour de repos, chacun se lève à son heure, heure tardive pour nous qui aimons flemmarder un peu. Puis chacun vaque à ses occupations, occupations de camping-caristes, c'est-à-dire pleins, vidanges, lavage linge et camping-cars.

DSCN8433.JPG            Nos chibanis n’ont pas ouDSCN8434blié ce 14 février jour de la St Valentin. Nous la fêterons chacun à notre façon, les uns dans l’intimité feutrée de leur camping-car, les autres au restaurant du camping dans la froidure hivernale (jugez par vous même).

            Une après midi cool, après un kawa agrémenté de rose des sables préparées par Barbel,  nous irons faire un tour en ville le long de la promenade du front de mer malgré un brise rafraichissante. Cherchons en vain une boutique Wana car notre clé est un peu défaillante et nous nous posons encore beaucoup de questions car nous avons beaucoup de difficultés à recevoir ou envoyer nos mails.

            Ce soir sacrosaint apéritif agrémenté de toasts, une occasion de plaisanter et de passer de bons moments ensemble, mais aussi de prévoir la journée du lendemain.

 

            15 février

 

            Pluie, pluie et encore pluie !!! Même si elle fût intermittente elle à rythmé notre nuit.

            Toujours le même problème avec Wana , Brigitte patauge…

            Ce matin ciel et mer se confondent dans une grisaille indéterminée, seules de grosses vagues déferlent sur la plage.

            Direction Marjane à Tétouan, les champs ressemblent à de mini lacs boueux où quelques aigrettes furètent avec leurs longs becs à la recherche d’une maigre pitance. 

            Wana reste pour l’instant notre souci, le technicien n’est pas là nous reviendrons donc vers 15h00 cet après midi. Nous profitons pour faire quelques courses et ensuite mangerons sur le parking.

            Les petits Français  restés au pays dans la froidure nous allons quand même vous faire rêver :

                        Une baguette aux céréales coûte 0,18 €, une kg d’olives à la grecque 1,64€, un kg d’orange 0,33 € ….  Qui dit mieux ???

 

            Ici on se croirait au mois de mars, de grosses giboulées alternent avec un soleil furtif mais les températures oscillent entre 15 et 16 degrés.DSCN8444

            La halte Marjane sera plus longue prévue, Aziz, notre technicien, a un peu de retard et en plus ne peut solutionner notre problème. Chacun a sont lot de petits soucis, TV, pare choc, micro, rien de grave….

            Une petite route tortueuse surplombant des oueds boueux et tumultueux nous conduira à Chefchaouen. « La ville bleue » est une petite cité accueillante du Rif qui ne se découvre qu’au détour d’un virage, elle apparait comme une tâche lumineuse blanche et bleue au milieu de montagnes ocre, massif calcaire en forme de cornes et de la campagne verdoyante irriguée par l’oued Laou. Mais en cette fin d’après midi, la pluie est si dense que nous ne verrons rien de ce paysage magnifique. Nous aurons même beaucoup de mal à retrouver la route du camping  tant il y a du changement. L’installation fût un peu épique et n’altère rien à notre bonne humeur. Seul le temps nous préoccupe…. Que ferons-nous demain ? Nos projets vont être modifiés, mais c’est aussi cela les vacances au Maroc, l‘imprévu ?

 

            16 février

 

 Quelle nuit !!!  Une pluie violente, quasi incessante à tambouriné sur nos petites maisons roulantes et un vent violent nous a secoué toute la nuit. Les rares accalmies nous ont permis de nous reposer un peu. Depuis le camping municipal Azilan, perché sur la montagne, la vue sur la ville et la vallée est pratiquement nulle tant il y a de la brume et de la pluie.

Le moral des troupes s’en ressent, nous ne savons pas trop comment s’organiser au mieux, sortons donc de la ville, après une halte café et prendrons la décision d’aller sur Fés.

Nous traversons des paysages méditerranéens avec chênes, chênes-lièges, genévriers, lauriers roses et oliviers. Les « Zitounes » sont déjà ramassées et en tas sur des bâches mais les moulins ne semblent pas encore fonctionner. Le vert tendre des céréales mêlé au vert argenté des oliviers et à la terre couleur ocre nous offre un beau tableau pastoral qui s’assombrit ou s’illumine en fonction des nuages ou de quelques rayons furtifs qui font de brèves apparitions. L’habitat est dispersé, maisons cubiques souvent blanches isolées ou petit village autour d’une petite mosquée dont le minaret point son nez. Malgré la pluie les femmes sont aux champs, les bergers ou bergères à leur poste.

 

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Voilà à quoi ressemble

     un oued en crue

 

 

 

 

 

 

Après Ouazanne une magnifique allée d’eucalyptus nous accompagne un petit bout de chemin. Ensuite la vallée s’élargit et nous voici dans une vaste plaine, un vrai patchwork en dégradé de vert ou de marron. Terre de contraste ou cohabitent lopins de terres cultivés où l’on voit des ânes et des charrues de bois et grandes propriétés irrigables travaillées au tracteur.

Dés le milieu de l’après midi la pluie redouble et ne nous lâche plus. Arrivés sur Fés nous prenons la direction de Sefrou, passons devant « Makro » que nous reconnaissons, mais ensuite devons demander notre route. Un Monsieur fort aimable et serviable nous y conduira en nous précédent avec sa voiture. Les Marocains sont toujours accueillants. Il nous laissera son numéro de téléphone et nous proposera les services de son frère qui est guide. Vu le temps n’avons pas l’intention de visiter, mais espérons voir Mohamed, Nadia et leur petite famille.

Ce soir Mohamed nous a téléphoné nous avons rendez-vous avec lui demain 12h30.


           17 février

 

Encore une nuit bruyante, pluie, toujours cette pluie désagréable que nous redoutons et même grêle. C’est général dans tout le Maroc et même en Algérie. Alerte rouge sur la côte entre Agadir et Laayoune. Hier à Essaouira par endroit cinquante centimètres d’eau et certains campings du sud sont impraticables. D’après les spécialistes météo c’est exceptionnel, mais voilà nous sommes là et subissons les caprices du temps. Inch Allah !!!

Après une matinée cool nous partons en Rapido vers 11h30 pour Ben Souda à l’ouest de Fès vers Métro où Mohamed nous attend. Quelques petits tours pour rien et le voilà avec Hida en R12. Nous le suivrons jusqu’à son appartement et retrouverons avec beaucoup de plaisir Nadia qui attend un bébé pour le début mars. Elle est amaigrie et semble très fatiguée, mais elle à toujours le même sourire et la même gentillesse. Nous remettons tous les cadeaux que nous avons apportés ainsi que quelques chocolats. DSC06897.JPG

 

Comme à l’accoutumé elle nous sert thé à la menthe et un excellent gâteau aux fraises qu’elle a fait elle même. Hiba joue avec nous et ses coloriages, Hala part rapidement pour son collège car elle a une demi heure de marche pour l’atteindre. Quant à Houda toute souriante et timide reste avec nous, elle aide beaucoup Nadia et semble se rapprocher d’elle. Mohamed a des idées bien précises sur l’éducation des filles et doit être très sévère avec elle. Elle se rapproche beaucoup de nous et comprend pas mal le français même si elle ne le parle pas très bien.

Toujours le même accueil, la même gentillesse Nadia en excellente cuisinière nous sert un poulet rôti, mais ce n’est pas un poulet rôti comme chez nous !!! Déjà il y en a DSCN8461.JPGquatre, ils sont farcis avec du riz aux condiments et avec une sauce au curry et aux aromates. C’est succulent, nous n’en avons jamais mangé de semblables. Nous mangeons à la marocaine et trouvons normal d’adapter leurs coutumes : donc mangeons avec nos doigts et le pain, nous y arrivons très facilement. Nous ne pouvons résister tant il est bon. En dessert vermicelles aux cacahouètes grillées et sucre glace. Nous trouvons cela surprenant mais c’est très très goûteux, contrairement à ce que l’on pourrait penser c’est léger et nos papilles se régalent.

Le soleil fait son apparition et montons le prendre sur la terrasse confortablement installés sur des sièges ou contre le mur pour la séance photo de groupe. Houda, un peu moins timide, essaye de parler avec nous en français, échangeons même nos blogs. Elle semble très heureuse en notre présence et très déçue lorsque nous partons ainsi que petite sœur Hida.

Nous prenons congé, les remercions chaleureusement pour leur accueil et leur amabilité et leur promettons de revenir lorsque le bébé sera arrivé.

La pluie revient un peu plus timide mais persistante tout de même. Un retour un peu chaotique mais retrouverons le camping sans trop de difficultés.

 

18 février

 

Ouf !! Un peu de répit, pas de pluie cette nuit. Mais hélas il sera de courte durée car dès 8 heures il recommence à pleuvoir. Nous nous dirigeons vers Oujda, premier arrêt à Marjane pour les courses, puis café petits aux petits palmiers.

La périphérie de Fès a beaucoup changé, nouvelles constructions, nouvelles routes, nouveaux ronds-points, nouveaux Marjane. Un petit rassemblement avec des banderoles, cela semble une mini manifestation….

Traverserons une grande plaine cultivée aux champs verdoyants ou plantés d’oliviers et partout des oueds boueux se frayant un passage un peu n’importe où et photos-8904.JPGn’importe comment. Les terrains fraichement labourés d’un marron sombre contrastent avec le vert tendre des graminées. Après les gorges notre route zigzague jusqu’au col (à la vitesse des camions lourdement chargés que nous ne pouvons doubler) d’où la vue sur la campagne environnante est imprenable.

A notre droite des belles montagnes enneigées scintillent dans le lointain. Durant le repas de midi un bref rayon de soleil viendra nous réjouir, mais il fût bien furtif. Après Abdeljelil  vue plongeante sur le lac de barrage Idriss 1er qui reflète un ciel triste et photos-8892.JPGmenaçant. Son niveau doit être plus important qu’à l’accoutumée car des palmiers ont vraiment les pieds dans l’eau.

Après quelques hésitations resteront sur la nationale 6, nous avons abandonné l’idée de faire le tour du Djebel Tazzeta qui culmine à 1980m car il a un peu la tête dans les nuages et le temps est pour le moins très incertain.

Taza, « Taza la farouche » a un passé tumultueux, c’est une capitale provinciale située dans un étroit vallon entre Rif et Moyen Atlas, un passage stratégique. Nous ne verrons que la ville nouvelle, alors que la ville ancienne bâtie à l’extrémité d’un plateau escarpé est une véritable citadelle entourée de remparts.

Le Djébel Tazzeta, boisés de chênes se dresse fièrement et sous ce ciel tumultueux d’où filtre quelques rayons de soleil il a un air sauvage et parait inaccessible. Nous atteindrons le col Zhazha 559m et évoluerons sur un plateau profondément ciselé par les photos-8903.JPGpluies qui le ravinent très profondément par endroit. Ce paysage modelé par le temps est très agréable surtout que le soleil est maintenant bien présent et que le ciel bleu a photos-8905.JPGfait son apparition. Les paysages deviennent plus austères, peu ou pas de cultures, la steppe avec quelques plantations d’eucalyptus. A droite comme à gauche dans le lointain se dessinent des petites montagnes dénudées.

Nuit sur l’aire d’accueil des MRE (Marocains résidents à l’étranger), un peu avant Taourirt, nous sommes volontiers acceptés car il n’y a pas de camping dans les environs, et chose rare sans pluie.


19 février

 

Ce matin, pas de pluie mais depuis 5 h un vent violent nous secoue sans ménagement. La route est bonne et nos roulons à vive allure sans le moindre souci. La ville de Touarrit est en travaux, travaux d’embellissement de la rue principale bordée de superbes maisons.

Ce matin nouveau chef de file, Jack nous conduit d’une main de maître sur une route agréable souvent bordée d’eucalyptus qui agitent leurs branchages comme pour nous saluer, au milieu de la steppe ou seuls quelques troupeaux de moutons paissent tranquillement faisant fi du vent qui perdure. Très peu d’habitations sur ce plateau austère et dénudé.

Lors de notre café quotidien, rencontre avec un marocain marathonien vivant à Dijon qui vient gentiment nous saluer et bavarder. Dans une demi-heure il sera de retour de sa ferme avec des légumes et nous demande de l’attendre. Nous l’attendons patiemment mais c’est une demi-heure marocaine, trop longue et nous devons donc continuer notre route vers Oujda.

Encore un arrêt Marjane !!!  Repas et courses.

Nous téléphonerons donc à la famille Hafidi, c’est la fille cadette qui viendra nous chercher sur la grande route près de l’oued et du garage Ford et nous conduira chez elle. La maman rentrera rapidement. L’accueil est très sympathique, nous pouvons bavarder aisément, elle comprend et parle très bien le français. Thé à la menthe et petits gâteaux maisons le tout excellent. La voisine se joindra à nous ainsi que sa fille qui rentre de l’école. Monsieur  Hafidi rentrera de son travail vers 17h 3O. Nous bavarderons avec lui, parlerons chasse et ball-trap.DSCN8487.JPG

Nous sommes invités pour le petit déjeuner de demain.

Nous visiterons leur belle maison : deux grands salons avec des sofas marocains de chaque côté de l’entrée, du marbre et de la faïence partout, une belle cuisine, une petite cour intérieure obligatoire pour l’aération. A l’étage deux belles chambres, l’une avec une terrasse, un salon, une salle de bains. Au sous-sol, un salon, une cuisine d’été.

Nous stationnons devant chez eux, sur le parking de l’école, nous devons mettre les cales mais peu importe, le gardien a été prévenu de notre présence.


20 février

 

Ce matin il fait beau, le soleil est bien présent mais de gros nuages cotonneux apparemment inoffensifs trainent dans un ciel d’azur et cela nous met du baume au cœur.

DSCN8489.JPG Nous voilà prêt pour le petit déjeuner, je vais vous mettre l’eau à la bouche…… petits gâteaux, pain frais, croissants, miel, huile DSCN8491.JPGd’olive, café noir ou au lait et bien sur thé à la menthe. Un vrai délice même huile  d’olive dans laquelle nous sauçons notre pain.

Khalid adore la chasse, il en parle avec passion, Amina, sa femme, aime beaucoup moins. L’heure tourne, nous prenons congé en promettant de revenir l’an prochain. Ils voudraient que nous restions plusieurs jours afin nous faire visiter la région. Nous aimerions aussi les recevoir en France puisqu’ils y viennent souvent voir la famille. Ce sont des gens charmants avec qui nous avons beaucoup de plaisir à discuter et que nous reverrons bien volontiers. Quelle belle leçon d’hospitalité.

Nous quittons Oujda à regret, nous étions si bien. Oujda est une grande ville moderne cosmopolite en pleine expansion, un pôle économique et agricole, dominée par des collines en amphithéâtre dans la plaine des Angad. La région est protégée des influences océaniques par les barrières du Rif et du Moyen Atlas et de celles de la Méditerranée par les Mont des Beni Snassen. La région a été épargnée par les dernières intempéries qui ont fait rage sur la plupart du Maroc ces jours derniers et ainsi les oueds sont presque à sec.

Après plusieurs kilomètres de petits Djebels semblent nous barrer la route Djebel Metsilla, Mahsor où plus au loin les monts de Tlemcen, en Algérie toute proche, tout en ombres chinoises qui leur confèrent un aspect fantasmagorique. Traversons le petit village de Guenfouda, un petit village surprenant avec ses toits en tuiles rouges.

Evoluerons ensuite sur un plateau environ à 750m d’altitude puis les petites montagnes se parent de sapins et nous atteignons le col de Jureda à 1150m au milieu d’une végétation méditerranéenne et de touffes d’Alfa. Notre route dessine de grandes lignes droites mais joue à saute mouton.

Dans ce paysage semi-désertique, au milieu de nulle part se dressent quelques tentes nomades et quelques bergers y gardent leurs troupeaux de moutons et de chèvres. Ce paysage présaharien s’étend à perte du vue, sans vie apparente, les nuages s’effilochent de plus en plus pour ne laisser place qu’à un ciel d’azur.

Repas de midi sur l’aire de repos à quarante kilomètres au nord de Tandrara, nous pourrons apprécier ce soleil qui nous faisait tant défaut ces jours derniers. Les enfants restent au loin, très gentiment et nous n’entendrons pas « stylos, bonbons, Msiou ». C’est très agréable de ne pas être sollicité en permanence.

A Tendera notre premier contrôle de police, ils prennent nos fiches avec le sourire et passons rapidement sans le moindre souci. Cette ville a bien changé depuis deux ans mais à la sortie les poubelles sont encore là, dommage !!!

Encore des lignes droites, des ralentissements au niveau des oueds pour bitume défoncé et deux nouveaux petits djebels se profilent à l’horizon annonçant la ville de Bou Arfa. Une ville moderne qui a bien évolué depuis notre passage en 2008, une ville qui a un aéroport peu utilisé pour le moment, ville aux trottoirs refaits et repeints ainsi que la plupart des façades des maisons.

Très bon accueil à l’hôtel Climat du Maroc même en l’absence du patron, nuit dans la cour. Contact avec Abdellatif, attendons de ses nouvelles. Inch Allah !!!

 

21 février

 

Encore une petite pluie cette nuit puis le soleil revient et nous pouvons prendre le café dehors quel bonheur !!! Tentons de changer pour une tenue plus légère mais peine perdue, nous devons admettre que c’est encore la mauvaise saison.

Attendons Abdelattif qui nous a donné rendez-vous. Rencontre inattendue avec M.Abdel, le patron qui nous souhaite la bienvenue. C’est un Monsieur très bien de sa personne, haut en couleur, beau parleur et plus parisien que marocain. Son hôtel est un trois étoiles, pas mal, avec de beaux salons, une immense salle de conférence, mais désert en ce moment.

C’est donc une journée relâche aux simples occupations de camping-caristes. Une brise légère agite les feuillages mais fait chuter la température qui oscille entre 13 et 14 degrés.

 

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     Hôtel climat du Maroc et son jardinet

 

 

Abdel, un instituteur rencontré sur le forum du Maroc vient nous voir, il s’exprime dans un français parfait, doucement et calmement. Il parle de sa petite école, hélas bien trop petite, construite par les parents eux même. Il espère que les choses vont changer depuis la récente visite du roi dans la région. C’est un homme timide et réservé, il ne connait pas notre emploi du temps mais serait heureux de nous faire voir les anciennes mines de manganèse. Nous acceptons volontiers mais avons toujours peur de déranger. Rendez-vous pris pour 15h.

 

Nous cherchons en vain un restaurant en ville (impossible de manger à l’hôtel) nous devrons nous contenter d’un poulet rôti acheté au village mais pour la première fois depuis notre arrivée nous le savourerons dehors au soleil.

A l’heure précise Abdel accompagné de Mohamed, un collègue instituteur, nous guide jusqu’à l’ancienne mine de manganèse : minerai grisâtre utilisé dans la fabrication d’aciers spéciaux (nous sommes confortablement installés dans le camping-car de Jack à DSC06952.JPGhuit). Rencontre inattendue, sur le site, avec un Monsieur  qui tente de donner quelques explications à Brigitte, C’est notre « google » à défaut d’internet….

Mohamed nous invite chez lui et nous sommes très très bien reçus : Thé à la shiba, crêpes, beignets, huile d’olive, olives et confiture d’orange. Sa femme et son fils de deux ans sont dans la famille à Figuig. Quel accueil et quelle gentillesse spontanée. Même après six voyages dans ce magnifique pays les marocains nous surprennent encore.DSCN8507.JPG

Les conversations sont agréables et bon enfant, on peut parler aisément, connaitre leur culture et c’est toujours très enrichissant.

Ce soir couscous chez Abdel, chaque région a sa façon de le préparer, nous verrons cela tout à l’heure.

Après une petite marche en compagnie d’Abdel et de Mohamed nous nous installons confortable dans un beau salon bleu nuit à la marocaine. Sa femme Zhara nous a préparé un couscous au poulet qui est exquis. Au fil de la conversation avions dit que nous aimions les pois chiches. Savez-vous que la cuisinière en a ajouté tout simplement pour nous faire plaisir. Quelle attention. Nous nous délectons de ce succulent couscous à la manière de Bouarfa, bien relevé et avec de nombreux légumes. Orange et Thé comme toujours.DSCN8509.JPG

Le papa d’Abdel vient nous rejoindre, c’est un iman, un vrai patriarche qui parle un peu français mais semble mieux le comprendre.

Discussions amicales et enrichissantes jusqu’à une heure tardive, discussions sur la religion en toute simplicité, devant un coran traduit en français et c’est là que nous retrouverons pas mal d’éléments de la religion catholique. DSCN8510.JPG

Sur le chemin du retour les blagues et les rires fusent.

 

 

22 février

 

Ce matin est une autre journée il fait grand beau et déjà chaud, après avoir remercié le gardien allons faire nos courses au petit marché et prenons la direction d’Ich. Surprise, encore une rencontre inattendue Mohamed d’Ich est là et nous allons le ramener au village. Mohamed est un homme affable (que nous avions rencontré en 2008) qui s’occupe beaucoup de son village.

Notre premier arrêt sera à l’usine de gaz où nous pourrons, sans difficulté, faire remplir nos bombonnes pour une somme modique 40dh soit 3€65, de quoi faire rêver même si c’est du butane.

Passé la porte de Bou Arfa ferons une nouvelle halte pour aller voir Abdel et ses élèves. Il officie dans une minuscule école, sans fenêtre, comme la plupart au Maroc, où il a deux cours. Les enfants sont sages, souriants mais un peu intimidés par notre présence. Nous prendrons une photo de groupe et de retour de Figuig en donnerons une à chaque enfant. Nous leur laissons quelques fournitures scolaires et leur distribuons quelques bonbons.DSC_8919.JPG

Nous roulons dans une immensité désertique avec des djebels des deux côtés plongés dans une brume de chaleur qui les enveloppe délicatement. DSCN8532.JPG

Deuxième arrêt à l’école de Mohamed, l’école semble bien mieux lotie que la précédente, plus spacieuse et mieux installée, avec une petite bibliothèque. Nous rencontrerons aussi son collègue et le directeur. Photos, distributions de bonbons et de fournitures scolaires. On nous offre même le thé.

Les djebels se parent d’une multitude de couleurs qui vont vu vert au rouge violet en passant pas le jaune, l’ocre et le rose, parfois un sable orangé donne au site une luminosité exceptionnelle.DSC_8953.JPG Il est vrai que l’astre divin brille de mille éclats donnant ainsi un aspect plus riant à ce lieu à la fois austère et mystique. Les collines environnantes sont hérissées de roches ressemblant à des crêtes de coq. Paysage fabuleux où l’on se sent tout petit.

Sur les conseils de Mohamed nous ferons un troisième arrêt… au milieu de nulle part, à 500 mètres de la route, perdu dans les sables, une école insoupçonnée est bien là.  Deux charmantes jeunes filles, l’une d’Essaouira l’autre de Kénifra y font l’école. Elle loge sur place et semble presque en autarcie complète, l’eau provient d’un puits.

 

 

 

CSC 8941 Apparemment le papa ou le frère de l’une d’entre elle reste là aussi, sans doute pour les rassurer. Nous sommes un peu effarés de cette situation qui semble normale au Maroc, mais insoutenable pour nous européens. Nous leur laisserons aussi bonbons, gâteaux et fournitures scolaires. Elles semblent ravie de nous rencontrer nous allons leur laisser quelques photos demain au passage. Serons-nous retrouver le lieu, tant il est isolé ?

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Peu après l’oued nous ferons notre dernière halte, halte repas avant d’arriver à Ich. Nous inviterons Mohamed, sardines, poulet, pommes de terre et orange.

Nous sommes tout près du village mais ce n’est qu’au détour d’un virage qu’il apparait, près de l’oued surplombant la palmeraie avec ses maisons en pisée cernant un minuscule minaret blanc. Ich veut dire  « l’isolé », « l’unique », en effet c’est un petit bout du monde fort agréable à la frontière Algérienne, un petit bout de monde ou le temps semble s’être arrêté…presque au siècle dernier….. Ich ne ressemble à aucun autre village il faut le voir on en peut pas vraiment le décrire, c’est une petite oasis de montagne, d’un autre temps où vivent environ 30 à 35 familles, l’électricité est fournie seulement le soir par un groupe électrogène, pas la moindre boutique. La vie y est sans doute très dure presque même inimaginable pour nous, mais pourtant bien réelle.


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Installation sur la plateforme, à l’entrée, près du poste militaire. L’adjudant vient nous saluer et vérifier nos identités.DSCN8590.JPG

Mohamed nous amène chez lui, dans un labyrinthe de ruelles couvertes où il est difficile d’avancer sans une torche. Nous pénétrons par une porte en bois brut dans une humble demeure en pisé à demi obscure, seul un minuscule puits de lumière laisse entrer une vague clarté, mais nos yeux s’habituent. Il nous présente Fatima, sa jeune femme très souriante. Il nous servira le thé traditionnel  accompagné de crêpes et de miel. Il nous proposera une balade dans la palmeraie pour faire quelques photos ensuite sur le plateau pour voir les gravures rupestres.

DSCN8592Nous sommes un peu déçus, l’école est fermée, l’instituteur n’est plus là depuis environ 25 jours et l’institutrice est partie hier ou ce matin alors que les vacances commence vendredi. C’est incompréhensible mais cela semble presque normal.

En bon samaritain Mohamed fait ce qu’il peut, aide de son mieux les habitants du village, les enfants, mais ce n’est pas facile pour lui.

Ce soir nous sommes invités chez lui, sa femme Fatima nous a fait un excellent coucous, nous rencontrerons ses deux filles et sa belle mère. Sommes installés sur des matelas au ras du sol et nos vieux genoux cagneux et nos reins fragiles n’apprécient guère. Pour seuls meubles une table basse, une télévision et un lecteur DVD (nous pourrons voir les gravures rupestres d’Ich et des environs).DSC07047.JPG La cuisine est minuscule, équipée seulement d’un petit meuble, d’un réchaud posé sur une bouteille de gaz, à même le sol et des quelques ustensiles de cuisine. Dans la pièce à côté se trouve l’ordinateur où il peut consulter internet. Il nous fera voir quelques photos d’Ich dans les années cinquante. Il nous présentera la douche traditionnelle, comme il dit, une cheminée au foyer minuscule alimenté par des feuilles de palmier chauffe une marmite d’eau permettant ainsi de se doucher.

Nous avons passé une excellente journée, riche en évènements et en rencontres et nous avons l’impression d’avoir apporté un tout petit peu d’aide à ces enfants qui vivent dans la difficulté et qui font parfois jusqu’à 9 kilomètres pour aller à l’école, à pieds bien sûr. Alors que nos petits chérubins ne sont sans doute pas capables de faire 100 mètres !!!!

 La rencontre avec Mohamed un homme pittoresque, dynamique et plein de bonne volonté nous émeut, nous l’aidons avec nos petits moyens avec beaucoup de plaisir.

Le Maroc c’est aussi cela, c’est l’école de la vie, cela nous interpelle mais pour nous la vie à Ich est insoutenable.

 

 

23 février    

 

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Ce matin les militaires nous offrent le thé, du pain qu’ils ont sans doute fabriqué et DSCN8600.JPGcuit eux-mêmes et de huile d’olive. Tout cela est très convivial, n’avons pas l’habitude d’être reçu ainsi, quelle hospitalité et surtout dénué de tout intérêt dans cette région.

Nous reprenons notre route en direction de Figuig, elle nous parait plus agréable qu’à l’aller, nous marquons des pauses photos et apprécions ces grandes étendues désertiques.

Nouvel arrêt à la dernière école visitée, chose promise, chose due… Nous amènerons les photos des élèves et de leurs institutrices. Elles sont ravies et nous remercient chaleureusement. Peut être à une prochaine fois… Inch Allah.

Partout de grands troupeaux de moutons mais aussi de biquettes qui paissent une herbe rare, parfois hypothétique. Pas de ramasseurs de truffes cette année.

Ce matin nous ferons notre BA, prendrons un Monsieur qui attendait patiemment sur le bord de la route. Il y a si peu de véhicule qui emprunte ce trajet que nous avons pitié de lui. Il apprécie sans doute, mais hélas les échanges seront brefs, juste des salutations, il ne parle pas notre langue et nous ne parlons pas la sienne….

La route que nous empruntons ensuite est un peu moins chaotique, seuls des nombreux gués nous obligent à ralentir considérablement. Nous retrouvons un peu plus de vie même si nous évoluons en zone désertique, des habitations çà et là font leur apparition et nous traversons un minuscule village. Puis curieusement nous trouvons des terrains clos avec un portail, posé là au milieu de nulle part et puis plus rien. D’autres par contre sont plantés d’oliviers et de palmiers et au milieu se trouve une maison d’habitation. Première rencontre avec un vaisseau du désert qui broute des épineux.

Contrôle de police et vérification des nos passeports tout près de Figuig

Figuig apparait comme un gros bourg tout en longueur, avec de nombreuses mosquées qui étirent leur minaret vers un ciel d’azur. C’est une oasis de montagne l’on s’attend à voir des palmiers, ô surprise l’on ne voit que des habitations.

A 900m d’altitude à l’extrémité est du Maroc, à l’écart des circuits traditionnels Figuig est un petit havre de paix au bord d’une dépression avec une palmeraie comptant environ 90 000 palmiers, née de la présence de sources artésiennes et qu’une falaise nommée « sorf » sépare en deux parties . Encore un magnifique petit bout du monde, à la frontière Algérienne que nous allons découvrir pour la deuxième fois.

Installation au camping de Figuig hôtel, un petit camping propre, agréable planté d’oliviers; ici on est loin du tourisme de masse et de la concentration de certains campings de la côte atlantique. Nous sommes six et apprécions.

Nous saluons les camping-caristes déjà installés et notre premier souci est la lessive. Tout le monde s’active, mais fort heureusement il y a une machine à laver qui nous simplifiera bien notre corvée.

Mohamed, de Bou Arfa nous téléphonera, il sera là jeudi et voudrait bien nous rencontrer avec sa femme et son fils.

 

             24 février 

             

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     Il fait grand beau ce matin, le soleil brille, le ciel est bleu et les oiseaux chantent…  les esprits s’échauffent un peu.

On est venu chercher le calme, la sérénité et la chaleur, elle est bien là, en milieu de matinée il faisait 31°. Ici c’est le dépaysement complet dans un cadre très agréable.

Figuig est une ville de 14 000 habitants constituée de 7 ksour pittoresques  occupant une cuvette où la le palmier est roi.

           Tandis que les hommes tentent de régler la parabole défaillante, nous allons en ville chercher notre pain et quelques légumes et surtout repérer le lieu wifi où nous pourrons nous connecter, vous permettant ainsi de lire ces quelques lignes.

            Il est agréable de ne rien faire ou presque et d’admirer depuis la terrasse de l’hôtel une mer de palmes qu’une brise légère agite doucement.

Repas de midi à l’ombre des palmiers, par 30°, des plaisirs simples mais très agréables, loin du tumulte. Je ne connais pas le menu des amis mais  le notre se compose d’un cassoulet au saucisse de beaufort.  Pas question de se laisser abattre !!!.

 

           Trop chaud, pas trop…. Les uns à l’ombre, les autres au soleil, les avis sont partagés. On traine, on se prélasse, on lit, on bricole et ainsi se passe une après midi relax.

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             Nous allons pouvoir tester la connexion wifi, voila les trois « nanas » partis, sacoche sous les bras, sous les trois palmiers devant l’ancienne église. La connexion rame un peu mais finalement nous recevrons nos messages et y répondrons sans trop de difficultés. Le blog sera même mis à jour, bien sûr pour l’instant sans photo.

DSC07140.JPGTraditionnel apéro, ce soir chez Barbel et Jack l’occasion de plaisanter un peu et de passer d’agréables moments tous ensemble.

 

25 février

 

Le soleil de Figuig est toujours agréable une douce brise tempère l’atmosphère bien qu’en ville le mercure attient allègrement les 32 ou 33°. Nous nous prélassons, nous discutons, échangeons des idées de voyages, radio camping-car fonctionne très bien dans ce coin isolé.

              Les lyonnais sont très bavards ils ont fait beaucoup de voyages, ils nous confortent dans  nos idées, la Turquie est un pays merveilleux à visiter sans modération, ce pays sera très certainement une de nos prochaines destinations. Echangeons nos adresses.

              Nous prenons le repas de midi sous les palmiers et oliviers, mi ombre mi soleil. Il est toujours agréable de lézarder mais ce soleil ardent hâle notre peau fragile, la rougit même. Croyez-nous c’est dur dur la vie de camping-cariste.

DSCN8607.JPGLes girondins, installés sur la place, nous rejoignent et vers 16 heures partons visiter le ksar Zenaga, c’est le plus important de Figuig. Nous longeons la palmeraie et par un petit sentier pénétrons en son cœur. Les cultures de l’oasis sont étagées sur trois niveaux : les céréales, les fèves et les légumes en bas, puis les arbres fruitiers tels grenadiers au deuxième niveau et les palmiers dattiers au troisième. L’eau est ici apprivoisée et des séguias (rigoles à ciel ouvert) distribuent le précieux liquide vers les champs et les jardins. Au gré de notre feeling,  par de curieuses ruelles traversons le village, de minuscules échoppes y sont installées, tout le monde nous salut. Agréable balade  dans ce dédale de petites  rues souvent couvertes et obscures où l’on a l’impression de se perdre. Déboucherons  sur la plateforme de Figuig d’où la vue est imprenable. Face à nous le ksar Zenaga et ses nombreuses mosquées, le djebel Tarhla à gauche et le djebel Zenaga, djebels dénudés dont aucune végétation ne vient cacher la magnifique brutalité sous un soleil couchant.

 

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Published by Les pollhuguett's - dans Tour du Maroc 2010
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